LogoMeilleurAvocats.fr
AvocatsAssistant IABlogPrix
ConnexionDéposer ma demande

Vous avez un problème juridique ?

Décrivez votre situation en 2 minutes — un avocat spécialisé vous répond sous 24h.

Déposer ma demandeJe suis avocat
Logo MeilleurAvocats.frMeilleurAvocats.fr

Mise en relation avocat–client par l'IA. Gratuit pour les particuliers.

Particuliers

  • Déposer une demande
  • Trouver un avocat
  • Assistant IA gratuit
  • Bibliothèque juridique
  • Guides pratiques
  • Jurisprudence

Avocats

  • Pour les avocats
  • Espace avocat
  • Tarifs et formules
  • Recevoir des leads
  • Programme d'affiliation
  • Contact commercial

Spécialités

  • Droit général
  • Droit du travail
  • Droit de la sécurité sociale et de la protection sociale
  • Droit fiscal et droit douanier
  • Droit de la famille, des personnes et de leur patrimoine
  • Droit immobilier

Légal

  • Mentions légales
  • Confidentialité
  • CGU
  • Cookies
  • Contact

Newsletter juridique hebdomadaire

Décisions clés, évolutions législatives, conseils pratiques — chaque semaine.

© 2026 MeilleurAvocats.fr— KONSEIL SAS. Tous droits réservés.

Mentions légales|Confidentialité|Cookies

BOB★La messagerie française & cryptée pour des échanges confidentiels entre avocats et clients.

En savoir +TéléchargerBOB
AccueilJurisprudence administrativeN° TA14-2100528

Tribunal Administratif de Caen — Décision N° TA14-2100528

vendredi 24 novembre 2023

JuridictionTribunal Administratif de Caen
SectionTribunal Administratif de Caen
N° DossierTA14-2100528
TypeDécision
RecoursPlein contentieux
PublicationC
Formation1ère chambre
Avocat requérantBOURDON VINCENT

Texte intégral

Vu les procédures suivantes :

I. Par une requête n° 1902870, des mémoires et des pièces complémentaires, enregistrés le 13 décembre 2019, le 10 mai 2021, le 22 mai 2023, le 14 juin 2023, le 20 juillet 2023 et le 22 septembre 2023, Mme K L, M. E L, M. F L, Mme I L, Mme G L et M. C L, en leur nom propre et en qualité d'ayants droit de M. B L et de Mme H L, représentés par Me Joseph-Oudin, demandent au tribunal dans le dernier état de leurs écritures :

1°) de joindre les procédures n° 1902870 et n° 2100528 ;

2°) d'annuler la décision du 14 octobre 2019 du directeur de l'office national d'indemnisation des accidents médicaux (ONIAM) et de condamner le centre hospitalier universitaire (CHU) de Caen à leur verser la somme de 135 704,69 euros au titre de dommages et intérêts, et de mettre à la charge du centre hospitalier de Caen la somme de 5 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative ;

3°) à titre subsidiaire, d'annuler la décision implicite du 13 janvier 2021 du centre hospitalier de Caen rejetant leur demande d'indemnisation et de condamner solidairement le centre hospitalier de Caen et l'office national d'indemnisation des accidents médicaux (ONIAM) à leur verser la somme de 135 704,69 euros au titre de dommages et intérêts, et de mettre à la charge du centre hospitalier de Caen et de l'ONIAM la somme de 5 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, ainsi que les entiers dépens ;

4°) à titre très subsidiaire, de condamner l'ONIAM à leur verser la somme de 85 704,69 euros au titre de dommages et intérêts, et de mettre à la charge de l'ONIAM la somme de 5 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, ainsi que les entiers dépens ;

5°) à titre infiniment subsidiaire, d'annuler la décision du 14 octobre 2019 du directeur de l'ONIAM rejetant leur demande d'intervention en substitution du responsable et d'indemnisation, et de condamner l'ONIAM à intervenir en substitution du centre hospitalier de Caen pour le versement de la somme de 135 704,69 euros au titre de dommages et intérêts, et de mettre à la charge de l'ONIAM la somme de 5 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, ainsi que les entiers dépens.

Ils soutiennent que :

- la prise en charge par le CHU de Caen n'a pas été conforme aux règles de l'art, la pose initiale d'une sonde urinaire n'étant pas justifiée ; une manipulation fautive a eu lieu lors de la mobilisation de M. L ; le traitement anticoagulant révèle une abstention fautive ;

- l'infection nosocomiale est d'origine urinaire ;

- la perte de chance de survie est liée aux manquements du CHU de Caen ;

- la perte de chance de survie de M. L doit être évaluée à hauteur de 60 % ;

- en l'absence de faute reconnue du CHU de Caen, les conditions de mise en œuvre de la solidarité nationale sont remplies ;

- les ayants droit de M. B L sont bien fondés à solliciter, sous réserve de l'évaluation des préjudices patrimoniaux liés aux dépenses de santé, la somme de 12 738 euros en réparation de ses préjudices, dont 738 euros de déficit fonctionnel temporaire, 1 200 euros de préjudice esthétique temporaire, 4 800 euros de souffrances endurées et 6 000 euros de préjudice d'angoisse de mort imminente ;

- les ayants droit de Mme H J épouse L sont bien fondés à solliciter, la somme de 47 420,92 euros en réparation de ses préjudices, dont 1 707,90 euros de frais d'obsèques, 8 713,02 euros de perte de revenus des proches, 18 000 euros de préjudice d'affection, 9 000 euros de préjudice d'accompagnement et 10 000 euros de préjudice moral résultant de l'absence d'offre d'indemnisation émise par le CHU de Caen ;

- M. E L est bien fondé à solliciter la somme de 15 000 euros en réparation de ses préjudices, dont 9 000 euros de préjudice d'affection et 6 000 euros de préjudice d'accompagnement ;

- Mme K L est bien fondée à solliciter la somme de 15 000 euros en réparation de ses préjudices, dont 9 000 euros de préjudice d'affection et 6 000 euros de préjudice d'accompagnement ;

- M. F L est bien fondé à solliciter, sous réserve de l'évaluation des préjudices patrimoniaux liés aux frais de transport, la somme de 27 245,77 euros en réparation de ses préjudices, dont 750 euros de frais d'expertise, 1 495,77 euros de frais de transport, 9 000 euros de préjudice d'affection, 6 000 euros de préjudice d'accompagnement et 10 000 euros de préjudice moral résultant de l'absence d'offre d'indemnisation émise par le CHU de Caen ;

- Mme I M épouse L est bien fondée à solliciter la somme de 12 700 euros en réparation de ses préjudices, dont 1 800 euros de préjudice d'affection, 900 euros de préjudice d'accompagnement et 10 000 euros de préjudice moral résultant de l'absence d'offre d'indemnisation émise par le CHU de Caen ;

- Mme G L est bien fondée à solliciter la somme de 17 800 euros en réparation de ses préjudices, dont 6 000 euros de préjudice d'affection, 1 800 euros de préjudice d'accompagnement et 10 000 euros de préjudice moral résultant de l'absence d'offre d'indemnisation émise par le CHU de Caen ;

- M. C L est bien fondé à solliciter la somme de 17 800 euros en réparation de ses préjudices, dont 6 000 euros de préjudice d'affection, 1 800 euros de préjudice d'accompagnement et 10 000 euros de préjudice moral résultant de l'absence d'offre d'indemnisation émise par le CHU de Caen.

Par des mémoires et des pièces complémentaires, enregistrés le 15 octobre 2020, le 22 mai 2023 et le 27 juin 2023, la caisse primaire d'assurance maladie (CPAM) du Calvados, représentée par Me Bourdon, demande au tribunal :

1°) de condamner le CHU de Caen à lui verser la somme de 57 889,23 euros au titre de ses débours et subsidiairement une fraction de cette somme par application d'un coefficient de chance perdue, avec intérêts au taux légal à compter du 15 octobre 2020, date d'enregistrement du premier mémoire ;

2°) de mettre à la charge du CHU Caen Normandie la somme de 1 162 euros au titre de l'indemnité forfaitaire de gestion ;

3°) de mettre à la charge de l'office national d'indemnisation des accidents médicaux la somme de 1 200 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que, compte tenu de la prise en charge médicale de M. L, elle est fondée à solliciter la somme de 57 889,23 euros au titre de ses débours et de 1 162 euros au titre de l'indemnité forfaitaire de gestion.

Par des mémoires en défense, enregistrés le 6 avril 2020, le 3 mai 2021 et le 30 juin 2023, le centre hospitalier universitaire de Caen, représenté par Me Labrusse, conclut au rejet de la requête en l'absence de faute lors de la prise en charge de M. L et en l'absence de chiffrage des préjudices, au rejet des conclusions de la CPAM du Calvados, ou de leur appliquer un taux de 50 % de perte de chance.

Il soutient que :

- le CHU de Caen n'a commis aucune faute ;

- les sommes à allouer en réparation des préjudices ne sont pas chiffrées ;

- les sommes à allouer au titre des débours de la CPAM ne peuvent couvrir la période du 9 mars au 2 avril 2017, ces frais étant liés à la perte d'autonomie, la pneumopathie et les chutes à répétition de M. L, et doivent se voir appliquer le taux de perte de chance de 50 % ;

- les autres moyens de la requête ne sont pas fondés.

Par des mémoires en défense enregistrés le 13 mai 2020 et le 30 juin 2023, l'office national d'indemnisation des accidents médicaux, des affections iatrogènes et des infections nosocomiales (ONIAM), représenté par Me Ravaut, conclut à sa mise hors de cause sur les conclusions en substitution de l'assureur du CHU de Caen et au rejet de la requête ; à titre subsidiaire, à ce qu'il soit fait droit à son action récursoire contre le CHU de Caen ; à ce que soit mise à la charge du CHU de Caen la somme de 2 500 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Par un mémoire, enregistré le 22 septembre 2023, Mme K L et M. E L déclarent se désister purement et simplement de leur requête.

II. Par une requête n° 2100528, des mémoires et des pièces complémentaires, enregistrés le 10 mars 2021, le 10 mai 2021, le 30 août 2022, le 14 juin 2023, le 20 juillet 2023 et le 22 septembre 2023, Mme K L, M. E L, M. F L, Mme I L, Mme G L et M. C L, en leur nom propre et en qualité d'ayants droit de M. B L et Mme H L, représentés par Me Joseph-Oudin, demandent au tribunal, dans le dernier état de leurs écritures :

1°) de joindre les procédures n°1902870 et n° 2100528 ;

2°) d'annuler la décision implicite du 13 janvier 2021 du centre hospitalier de Caen rejetant leur demande d'indemnisation et de condamner le centre hospitalier de Caen à leur verser la somme de 135 704,69 euros au titre de dommages et intérêts, et de mettre à la charge du centre hospitalier de Caen la somme de 5 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, ainsi que les entiers dépens ;

3°) à titre subsidiaire, d'annuler la décision implicite du 13 janvier 2021 du centre hospitalier de Caen rejetant leur demande d'indemnisation et de condamner solidairement le centre hospitalier de Caen et l'office national d'indemnisation des accidents médicaux (ONIAM) à leur verser la somme de 135 704,69 euros au titre de dommages et intérêts, et de mettre à la charge du centre hospitalier de Caen et de l'ONIAM la somme de 5 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, ainsi que les entiers dépens ;

4°) à titre très subsidiaire, de condamner l'ONIAM à leur verser la somme de 85 704,69 euros au titre de dommages et intérêts, et de mettre à la charge de l'ONIAM la somme de 5 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, ainsi que les entiers dépens ;

5°) à titre infiniment subsidiaire, d'annuler la décision du 14 octobre 2019 du directeur de l'ONIAM rejetant leur demande d'intervention en substitution du responsable et d'indemnisation, et de condamner l'ONIAM à intervenir en substitution du centre hospitalier de Caen pour le versement de la somme de 135 704,69 euros au titre de dommages et intérêts, et de mettre à la charge de l'ONIAM la somme de 5 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, ainsi que les entiers dépens.

Ils soutiennent que :

- la prise en charge par le CHU de Caen n'a pas été conforme aux règles de l'art, la pose initiale d'une sonde urinaire n'étant pas justifiée ; une manipulation fautive a eu lieu lors de la mobilisation de M. L ; le traitement anticoagulant révèle une abstention fautive ;

- l'infection nosocomiale est d'origine urinaire ;

- la perte de chance de survie est liée aux manquements du CHU de Caen ;

- la perte de chance de survie de M. L doit être évaluée à hauteur de 60 % ;

- en l'absence de faute reconnue du CHU de Caen, les conditions de mise en œuvre de la solidarité nationale sont remplies ;

- les ayants droit de M. B L sont bien fondés à solliciter, sous réserve de l'évaluation des préjudices patrimoniaux liés aux dépenses de santé, la somme de 12 738 euros en réparation de ses préjudices, dont 738 euros de déficit fonctionnel temporaire, 1 200 euros de préjudice esthétique temporaire, 4 800 euros de souffrances endurées et 6 000 euros de préjudice d'angoisse de port imminente ;

- les ayants droit de Mme H J épouse L sont bien fondés à solliciter la somme de 47 420,92 euros en réparation de ses préjudices, dont 1 707,90 euros de frais d'obsèques, 8 713,02 euros de perte de revenus des proches, 18 000 euros de préjudice d'affection, 9 000 euros de préjudice d'accompagnement et 10 000 euros de préjudice moral résultant de l'absence d'offre d'indemnisation émise par le CHU de Caen ;

- M. E L est bien fondé à solliciter la somme de 15 000 euros en réparation de ses préjudices, dont 9 000 euros de préjudice d'affection et 6 000 euros de préjudice d'accompagnement ;

- Mme K L est bien fondée à solliciter la somme de 15 000 euros en réparation de ses préjudices, dont 9 000 euros de préjudice d'affection et 6 000 euros de préjudice d'accompagnement ;

- Me. F L est bien fondé à solliciter, sous réserve de l'évaluation des préjudices patrimoniaux liés aux frais de transport, la somme de 27 245,77 euros en réparation de ses préjudices, dont 750 euros de frais d'expertise, 1 495,77 euros de frais de transport, 9 000 euros de préjudice d'affection, 6 000 euros de préjudice d'accompagnement et 10 000 euros de préjudice moral résultant de l'absence d'offre d'indemnisation émise par le CHU de Caen ;

- Mme I M épouse L est bien fondée à solliciter la somme de 12 700 euros en réparation de ses préjudices, dont 1 800 euros de préjudice d'affection, 900 euros de préjudice d'accompagnement et 10 000 euros de préjudice moral résultant de l'absence d'offre d'indemnisation émise par le CHU de Caen ;

- Mme G L est bien fondée à solliciter la somme de 17 800 euros en réparation de ses préjudices, dont 6 000 euros de préjudice d'affection, 1 800 euros de préjudice d'accompagnement et 10 000 euros de préjudice moral résultant de l'absence d'offre d'indemnisation émise par le CHU de Caen ;

- M. C L est bien fondé à solliciter la somme de 17 800 euros en réparation de ses préjudices, dont 6 000 euros de préjudice d'affection, 1 800 euros de préjudice d'accompagnement et 10 000 euros de préjudice moral résultant de l'absence d'offre d'indemnisation émise par le CHU de Caen.

Par des mémoires et des pièces complémentaires, enregistrés le 26 avril 2021, le 29 avril 2021, le 22 mai 2023 et le 27 juin 2023, la caisse primaire d'assurance maladie (CPAM) du Calvados, représentée par Me Bourdon, demande au tribunal :

1°) de condamner le CHU de Caen à lui verser la somme de 57 889,23 euros au titre de ses débours et subsidiairement une fraction de cette somme par application d'un coefficient de chance perdue, avec intérêts au taux légal à compter du 15 octobre 2020, date d'enregistrement du premier mémoire ;

2°) de mettre à la charge du CHU Caen Normandie la somme de 1 162 euros au titre de l'indemnité forfaitaire de gestion ;

3°) de mettre à la charge de l'office national d'indemnisation des accidents médicaux la somme de 1 200 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que, compte tenu de la prise en charge médicale de M. L, elle est fondée à solliciter la somme de 57 889,23 euros au titre de ses débours et 1 162 euros au titre de l'indemnité forfaitaire de gestion.

Par des mémoires en défense, enregistrés le 3 mai 2021, le 28 juin 2021 et le 30 juin 2023, le centre hospitalier universitaire de Caen, représenté par Me Labrusse, conclut au rejet de la requête en l'absence de faute lors de la prise en charge de M. L et en l'absence de chiffrage des préjudices, au rejet des conclusions de la CPAM du Calvados, ou de leur appliquer le taux de 50 % de perte de chance.

Il soutient que :

- le CHU de Caen n'a commis aucune faute ;

- les sommes à allouer en réparation des préjudices ne sont pas chiffrées ;

- les sommes à allouer au titre des débours de la CPAM ne peuvent couvrir la période du 9 mars au 2 avril 2017, ces frais étant liés à la perte d'autonomie, la pneumopathie et les chutes à répétition de M. L et doivent se voir appliquer le taux de perte de chance de 50 pourcents ;

- les autres moyens de la requête ne sont pas fondés.

Par des mémoires en défense enregistrés le 14 avril 2021, le 16 février 2022 et le 30 juin 2023, l'office national d'indemnisation des accidents médicaux, des affections iatrogènes et des infections nosocomiales (ONIAM), représenté par Me Ravaut, conclut à sa mise hors de cause sur les conclusions en substitution de l'assureur du CHU de Caen, et au rejet de la requête ; à titre subsidiaire, à ce qu'il soit fait droit à son action récursoire contre le CHU de Caen ; à ce que soit mise à la charge du CHU de Caen la somme de 2 500 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Par un mémoire, enregistré le 22 septembre 2023, Mme K L et M. E L déclarent se désister purement et simplement de leur requête.

Par deux ordonnances du 24 juillet 2023, la clôture de l'instruction de chaque dossier a été fixée au 9 octobre 2023.

Vu :

- le rapport de l'expert enregistré le 9 mai 2023.

- les autres pièces des dossiers.

Vu :

- le code de la santé publique ;

- le code de la sécurité sociale ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de M. Martinez,

- les conclusions de M. Bonneu, rapporteur public,

- et les observations de Me Labrusse représentant le CHU de Caen.

M. F L, Mme I L, Mme G L et M. C L, la CPAM du Calvados et l'ONIAM n'étaient ni présents, ni représentés.

Considérant ce qui suit :

1. M. B L, alors âgé de 91 ans, a été admis au service des urgences du CHU de Caen le 8 mars 2017 à la suite d'une chute à son domicile. Le compte rendu d'hospitalisation du service des urgences établi le même jour fait apparaître qu'une sonde vésicale a été posée. Il a été pris en charge au service gériatrie du CHU de Caen du 9 au 24 mars 2017, date de son transfert vers une maison de retraite médicalisée, puis à nouveau hospitalisé du 2 au 14 avril 2017 dans le service d'urologie du CHU de Caen en raison de difficultés lors du changement de sonde urinaire. M. B L est décédé le 3 mai 2017 à la suite d'un œdème pulmonaire lié à une insuffisance rénale aiguë dans un contexte de septicémie à staphylococcus aureus multi-résistant. L'expert désigné par la commission de conciliation et d'indemnisation (CCI) a déposé son rapport le 24 septembre 2019. La CCI a rendu son avis le 19 juillet 2018. Par une ordonnance du 21 septembre 2021, le juge des référés du présent tribunal a fait droit à une demande d'expertise médicale. Le rapport d'expertise a été déposé le 9 mai 2023. Par la présente requête, Mme K L, M. E L, M. F L, Mme I L, Mme G L et M. C L, en leur nom propre et en qualité d'ayants droit de M. B L et Mme H L, sollicitent la condamnation du CHU de Caen à leur verser la somme de 135 704,69 euros en réparation des préjudices subis. La caisse primaire d'assurance maladie (CPAM) du Calvados demande la condamnation du CHU de Caen à lui verser la somme de 57 889,23 euros au titre de ses débours.

Sur la jonction des requêtes :

2. Les requêtes visées ci-dessus, présentées par les mêmes requérants, concernent la prise en charge médicale d'un même patient et présentent à juger des questions semblables. Elles ont fait l'objet d'une instruction commune et il y a donc lieu de les joindre pour qu'il y soit statué par un seul jugement.

Sur les désistements :

3. Par un mémoire enregistré le 22 septembre 2023, Mme K L et M. E L déclarent se désister purement et simplement de leur requête. Rien ne s'oppose à ce qu'il en soit donné acte.

Sur les conclusions indemnitaires :

En ce qui concerne la responsabilité du CHU de Caen :

4. Aux termes de l'article L. 1142-1 du code de la santé publique : " I. - Hors le cas où leur responsabilité est encourue en raison d'un défaut d'un produit de santé, les professionnels de santé mentionnés à la quatrième partie du présent code, ainsi que tout établissement, service ou organisme dans lesquels sont réalisés des actes individuels de prévention, de diagnostic ou de soins ne sont responsables des conséquences dommageables d'actes de prévention, de diagnostic ou de soins qu'en cas de faute () ".

5. Il résulte de l'instruction, en particulier du rapport de l'expert du 9 mai 2023, que M. L, alors âgé de 91 ans, a été admis au service des urgences du CHU de Caen le 8 mars 2017 à la suite d'une chute à son domicile. Le compte rendu d'hospitalisation du service des urgences établi le même jour fait apparaître qu'une sonde vésicale a été posée sans qu'il soit établi l'existence d'une prescription médicale. Il a été pris en charge au service gériatrie du CHU de Caen du 9 au 24 mars 2017, date de son transfert vers une maison de retraite médicalisée, puis à nouveau hospitalisé du 2 au 14 avril 2017 dans le service d'urologie du CHU de Caen en raison de difficultés lors du changement de sonde urinaire. M. L est décédé le 3 mai 2017 à la suite d'une œdème pulmonaire lié à une insuffisance rénale aiguë dans un contexte de septicémie à staphylococcus aureus multi-résistant. L'expertise judiciaire relève, en accord avec le rapport du 24 septembre 2019 de l'expert désigné par la CCI, que la pose de la sonde vésicale a été réalisée sans justification explicite dans le dossier médical, dans des conditions inconnues et que, lors d'une mobilité de M. L, une maladresse fautive a induit une traction sur la sonde, provoquant des hématuries, des caillotages nécessitant de multiples manipulations et changements de sonde, et qu'une infection nosocomiale a été contractée pendant le séjour en soins et à la suite de la réadaptation à l'institution Thalatta. Selon cette même expertise, la prise en charge initiale de la septicémie le 2 avril 2017 n'a pas été réalisée dans les règles de l'art en ne la traitant pas par une antibiothérapie à large spectre, et la persistance de l'état septique est la cause d'une décompensation multiviscérale. L'expert conclut que les actes de soins pratiqués par le CHU de Caen n'ont pas été " attentifs, ni diligents, ni conformes aux données acquises de la science médicale " en ce qu'aucune traçabilité de la pose de la sonde vésicale n'a été réalisée, une mauvaise manipulation a eu lieu lors d'un examen de M. L, aucune gestion du traitement anticoagulant n'a eu lieu entre 8 mars et le 2 avril 2017 entraînant une prolongation de l'hospitalisation. En outre, l'antibiothérapie initiale du 3 avril 2017 était selon l'expert non conforme aux règles de l'art et le dossier du patient ne comporte aucun élément d'information. Il résulte enfin de l'instruction que l'infection urinaire constatée le 2 avril 2017, sans que cela soit contesté en défense, résulte d'une contamination contractée à l'occasion des soins de sonde. Par ailleurs, l'expert précise qu'une bonne gestion de l'anticoagulation aurait permis l'arrêt des saignements et un retour à domicile dès le 24 mars 2017. Dès lors, le CHU de Caen a commis une pluralité de fautes de nature à engager sa responsabilité en lien direct et certain avec le décès de M. L.

En ce qui concerne la perte de chance :

6. L'expert précise que la perte de chance de survie de M. L peut être estimée à 60 %, tenant compte de ses comorbidités cardio-vasculaires, broncho-pulmonaires et d'insuffisance rénale mais avec un état général apparent satisfaisant et une grande autonomie sans trouble cognitif. Il y a donc lieu de retenir une perte de chance de survie de 60 % compte tenu des fautes commises.

En ce qui concerne la réparation des préjudices :

7. Aux termes de l'article L. 376-1 du code de la sécurité sociale : " Lorsque, sans entrer dans les cas régis par les dispositions législatives applicables aux accidents du travail, la lésion dont l'assuré social ou son ayant droit est atteint est imputable à un tiers, l'assuré ou ses ayants droit conserve contre l'auteur de l'accident le droit de demander la réparation du préjudice causé, conformément aux règles du droit commun, dans la mesure où ce préjudice n'est pas réparé par application du présent livre ou du livre Ier. / Les caisses de sécurité sociale sont tenues de servir à l'assuré ou à ses ayants droit les prestations prévues par le présent livre et le livre Ier, sauf recours de leur part contre l'auteur responsable de l'accident dans les conditions ci-après. / Les recours subrogatoires des caisses contre les tiers s'exercent poste par poste sur les seules indemnités qui réparent des préjudices qu'elles ont pris en charge, à l'exclusion des préjudices à caractère personnel. / Conformément à l'article 1346-3 du code civil, la subrogation ne peut nuire à la victime subrogeante, créancière de l'indemnisation, lorsqu'elle n'a été prise en charge que partiellement par les prestations sociales ; en ce cas, l'assuré social peut exercer ses droits contre le responsable, par préférence à la caisse subrogée. / Cependant, si le tiers payeur établit qu'il a effectivement et préalablement versé à la victime une prestation indemnisant de manière incontestable un poste de préjudice personnel, son recours peut s'exercer sur ce poste de préjudice () ".

8. Il résulte de ces dispositions que le juge, saisi d'un recours de la victime d'un dommage corporel et d'un recours subrogatoire d'un tiers payeur doit, pour chacun des postes de préjudices, déterminer le montant du préjudice en précisant la part qui a été réparée par des prestations et celle qui est demeurée à la charge de la victime. Il lui appartient, ensuite, de fixer l'indemnité mise à la charge de l'auteur du dommage au titre du poste de préjudice en tenant compte, s'il a été décidé, du partage de responsabilité avec la victime. Le juge doit allouer cette indemnité à la victime dans la limite de la part du poste de préjudice qui n'a pas été réparée par des prestations, le solde, s'il existe, étant alloué au tiers payeur.

9. En l'espèce, la caisse primaire d'assurance maladie du Calvados exerce, sur les réparations dues au titre des préjudices subis par M. L, le recours subrogatoire prévu à l'article L. 376-1 du code de la sécurité sociale.

Quant aux préjudices de M. B L entrés dans sa succession :

S'agissant du déficit fonctionnel temporaire :

10. Il résulte de l'instruction que M. L a subi un déficit fonctionnel temporaire total sur la période du 24 mars au 3 mai 2017. Il sera fait une juste appréciation de ce préjudice en l'évaluant, après application du taux de perte de chance, à la somme de 400 euros.

S'agissant des souffrances endurées :

11. L'expert a évalué les souffrances endurées par M. L induites par les changements de sondes urinaires, les séances de décaillotage et une anesthésie générale pour mettre en place une sonde, à 3 sur une échelle allant de 1 à 7. Il sera fait une juste appréciation de ce préjudice en allouant, après application du taux de perte de chance, la somme de 2 400 euros.

12. Il résulte de l'instruction que M. L a été conscient de son état d'insuffisance rénale grave, de son insuffisance cardiaque et de l'absence de perspectives thérapeutiques avant la mise en place en concertation avec sa famille de soins de confort. L'existence d'un préjudice d'angoisse de mort imminente doit ainsi être regardée comme établie. Il en sera fait une juste appréciation en fixant, après application du taux de perte de chance, son indemnisation à 3 000 euros.

S'agissant du préjudice esthétique temporaire :

13. Dans son rapport, l'expert a évalué le préjudice esthétique temporaire à 1 sur une échelle allant de 1 à 7. Il sera fait une juste appréciation de ce préjudice en allouant, après application du taux de perte de chance, la somme de 600 euros.

Sur les préjudices de Mme H L entrés dans sa succession :

S'agissant des préjudices patrimoniaux :

Quant aux frais funéraires :

14. Il résulte de l'instruction qu'une facture des frais d'obsèques de 2 846,50 euros a été émise à l'attention de Mme L, veuve de M. L, et acquittée par cette dernière. Il y a lieu d'allouer 60 % de cette somme, soit 1 707,90 euros.

Quant aux pertes de revenu :

15. Le préjudice économique subi par les ayants droit appartenant au foyer de la victime décédée est constitué par la perte des revenus de la victime qui étaient consacrés à l'entretien de chacun d'eux. Le préjudice économique subi par l'ensemble des membres du foyer est déterminé par référence à un pourcentage des revenus de la victime affectés à l'entretien de la famille, mais en prenant également en compte les revenus propres des membres survivants, ainsi que les éventuelles prestations reçues en compensation du décès.

16. En l'espèce, il ressort du dernier avis d'imposition commun sur les revenus 2016 que le revenu global annuel du foyer était de 44 113 euros. M. et Mme L, seuls membres du foyer, tous deux retraités, bénéficiaient d'un montant de revenus proches. Dès lors que le couple n'avait plus d'enfant à charge, la part du revenu du ménage consacrée à la consommation personnelle de M. L peut être évaluée à 40 %, laissant un revenu annuel global au foyer de 26 488 euros. Il ressort des avis d'imposition postérieurs au décès de M. L que Mme L a bénéficié d'un revenu annuel de 28 349 euros en 2018 et de 29 014 euros en 2019. Par conséquent, la perte économique de Mme L du fait du décès de son époux a été compensée et la demande doit être rejetée.

S'agissant des préjudices extrapatrimoniaux :

17. Il sera fait une juste appréciation du préjudice d'accompagnement et du préjudice d'affection de Mme L, veuve de M. B L, en lui allouant la somme globale de 12 600 euros après application du taux de perte de chance.

Sur les préjudices de M. F L :

Quant aux frais de transport :

18. Il y a lieu d'indemniser les frais de déplacement engagés par M. F L, fils de M. B L, pour se rendre aux expertises du 5 février 2018 (66 kilomètres), du 29 juin 2018 (504 kilomètres), du 4 mars 2022 (788 kilomètres) et du 3 février 2023 (788 kilomètres). Il sera fait une juste appréciation de ces frais de transport, eu égard à la puissance fiscale de la voiture du requérant et du taux de remboursement à prendre en compte pour les années en cause, en allouant la somme de 1 400 euros.

Sur le préjudice moral des enfants, petits-enfants et de Mme I M épouse L :

19. Compte tenu du lien de parenté avec la victime, de son âge, des conditions de son décès et de l'absence de domicile commun en ce qui concerne les enfants de M. L, il sera fait une juste appréciation du préjudice d'affection et d'accompagnement de M. L, en l'évaluant, après application du taux de perte de chance, à 3 600 euros et, en ce qui concerne les petits-enfants de M. L, G et C L, à 2 400 euros chacun. En revanche, la réalité des liens entre Mme M, belle-fille de M. L, et le défunt n'étant pas établie, les conclusions aux fins d'indemnisation de ses préjudices doivent être rejetées.

Sur les conclusions indemnitaires présentées sur le fondement de l'article L. 1142-14 du code de la santé publique :

20. Aux termes du neuvième alinéa de l'article L. 1142-14 du code de la santé publique : " Si le juge compétent, saisi par la victime qui refuse l'offre de l'assureur, estime que cette offre était manifestement insuffisante, il condamne l'assureur à verser à l'office une somme au plus égale à 15 % de l'indemnité qu'il alloue, sans préjudice des dommages et intérêts dus de ce fait à la victime. ". Il résulte des dispositions du neuvième alinéa de l'article L. 1142-14 du code de la santé publique précitées qu'il appartient au juge, s'il est saisi de conclusions en ce sens par la victime ou ses ayants droit, et s'il estime que l'offre d'indemnisation faite par l'assureur de l'établissement de santé responsable du dommage était manifestement insuffisante, de condamner l'assureur au paiement d'une indemnité destinée à réparer les préjudices ayant résulté directement pour la victime ou ses ayants droit de ce caractère manifestement insuffisant. Ce préjudice est constitué par le fait, pour la victime ou ses ayants droit, de s'être vu proposer une offre d'indemnisation manifestement insuffisante au regard du dommage subi et d'avoir dû engager une action contentieuse pour en obtenir la réparation intégrale en lieu et place de bénéficier des avantages d'une procédure de règlement amiable.

21. Il résulte de l'instruction que les conclusions indemnitaires sont exclusivement dirigées contre le CHU de Caen et non contre son assureur. Dès lors, les conclusions présentées par les requérants sur le fondement de l'article L. 1142-14 du code de la santé publique contre le CHU de Caen ne peuvent qu'être rejetées.

Sur les demandes de la CPAM :

22. Par un mémoire enregistré le 27 juin 2023, la CPAM a sollicité la mise à la charge du CHU de Caen de la somme de 57 889,23 euros au titre des dépenses de santé. La CPAM produit une attestation d'imputabilité établie par son médecin conseil. Ces débours sont cohérents au regard des périodes concernées et détaillées par le rapport d'expertise. Par suite, il y a lieu d'allouer, après application du taux de perte de chance, la somme globale de 34 733,5 euros à la CPAM au titre de ses débours.

Sur les intérêts :

23. Lorsqu'ils sont demandés, les intérêts au taux légal sur le montant de l'indemnité allouée sont dus, quelle que soit la date de la demande préalable, à compter du jour où cette demande est parvenue à l'autorité compétente ou, à défaut, à compter de la date d'enregistrement au greffe du tribunal administratif des conclusions tendant au versement de cette indemnité.

24. La CPAM sollicite que la somme qui lui est allouée soit assortie des intérêts au taux légal à compter du 15 octobre 2020, date du premier mémoire indemnitaire. Il y a lieu de faire droit à cette demande.

Sur l'indemnité forfaitaire de gestion :

25. Aux termes de l'article 376-1 du code de la sécurité sociale : " En contrepartie des frais qu'elle engage pour obtenir le remboursement mentionné au troisième alinéa ci-dessus, la caisse d'assurance maladie à laquelle est affilié l'assuré social victime de l'accident recouvre une indemnité forfaitaire à la charge du tiers responsable et au profit de l'organisme national d'assurance maladie. Le montant de cette indemnité est égal au tiers des sommes dont le remboursement a été obtenu, dans les limites d'un montant maximum de 910 euros et d'un montant minimum de 91 euros. À compter du 1er janvier 2007, les montants mentionnés au présent alinéa sont révisés chaque année, par arrêté des ministres chargés de la sécurité sociale et du budget () ". L'article 1er de l'arrêté du 15 décembre 2022 relatif aux montants minimal et maximal de l'indemnité forfaitaire de gestion prévue aux articles L. 376-1 et L. 454-1 du code de la sécurité sociale pour l'année 2023 fixe à 115 euros et 1 162 euros les montants minimum et maximum de l'indemnité pouvant être recouvrée par l'organisme d'assurance maladie.

26. En application des dispositions précitées et compte tenu de la somme à allouer à la CPAM, celle-ci a droit à l'indemnité forfaitaire régie par les dispositions de l'article L. 376-1 du code de la sécurité sociale pour un montant de 1 162 euros. Il y a lieu de mettre cette somme à la charge du CHU.

Sur les frais liés au litige :

27. En premier lieu, aux termes de l'article R. 761-1 du code de justice administrative : " Les dépens comprennent les frais d'expertise, d'enquête et de toute autre mesure d'instruction dont les frais ne sont pas à la charge de l'État. / Sous réserve de dispositions particulières, ils sont mis à la charge de toute partie perdante sauf si les circonstances particulières de l'affaire justifient qu'ils soient mis à la charge d'une autre partie ou partagés entre les parties () ".

28. Les dépens de l'instance sont constitués des frais et honoraires des expertises rendues les 14 avril 2022 et 9 mai 2023 par le docteur A, à qui il a été adjoint le docteur D comme sapiteur. Ces frais ont été liquidés et taxés, par ordonnance du 6 juin 2023, aux sommes de 7 225,83 euros et de 1 850 euros non soumises à la TVA. Dans les circonstances de l'espèce, ces frais, sous déduction des allocations provisionnelles si celles-ci ont été versées, sont mis à la charge définitive du CHU Caen Normandie.

29. En second lieu, aux termes de l'article L. 761-1 du code de justice administrative : " Dans toutes les instances, le juge condamne la partie tenue aux dépens ou, à défaut, la partie perdante, à payer à l'autre partie la somme qu'il détermine, au titre des frais exposés et non compris dans les dépens. Le juge tient compte de l'équité ou de la situation économique de la partie condamnée. Il peut, même d'office, pour des raisons tirées des mêmes considérations, dire qu'il n'y a pas lieu à cette condamnation ".

30. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge du CHU de Caen le versement à Mme K L, M. E L, M. F L, Mme G L et M. C L de la somme globale de 2 000 euros, à la CPAM du Calvados la somme de 1 200 euros et à l'ONIAM la somme de 1 200 euros au titre des frais exposés par eux et non compris dans les dépens.

D E C I D E :

Article 1er : Il est donné acte du désistement de la requête de Mme K L et de M. E L.

Article 2 : Le centre hospitalier universitaire de Caen est condamné à verser la somme globale de 30 507,90 euros à M. F L, Mme G L et M. C L.

Article 3 : Le centre hospitalier universitaire de Caen versera la somme de 34 733,50 euros à la CPAM, avec intérêts au taux légal à compter du 15 octobre 2020.

Article 4 : Le centre hospitalier universitaire de Caen versera à la CPAM la somme de 1 162 euros sur le fondement des dispositions de l'article L. 376-1 du code de la sécurité sociale.

Article 5 : Les frais et honoraires d'expertise, liquidés et taxés, par ordonnance du 6 juin 2023, aux sommes de 7 225,83 euros et de 1 850 euros, sous déduction des allocations provisionnelles si celles-ci ont été versées, sont mis à la charge définitive du CHU Caen Normandie.

Article 6 : Le centre hospitalier universitaire de Caen versera une somme globale de 2 000 euros à Mme K L, M. E L, M. F L, Mme G L et M. C L, une somme de 1 200 euros à la caisse primaire d'assurance maladie du Calvados et une somme de 1 200 euros à l'office national d'indemnisation des accidents médicaux, des affections iatrogènes et des infections nosocomiales, sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Article 7 : Le surplus des conclusions des parties est rejeté.

Article 8 : Le présent jugement sera notifié à Mme K L, M. E L, M. F L, Mme I M épouse L, Mme G L et M. C L, à la caisse primaire d'assurance maladie du Calvados, à l'Office national d'indemnisation des accidents médicaux et au centre hospitalier universitaire de Caen.

Délibéré après l'audience du 9 novembre 2023, à laquelle siégeaient :

M. Cheylan, président,

M. Martinez, premier conseiller,

Mme Groch, première conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 24 novembre 2023.

Le rapporteur,

Signé

P. MARTINEZ

Le président,

Signé

F. CHEYLAN

La greffière,

Signé

C. BÉNIS

La République mande et ordonne au préfet du Calvados en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

La greffière,

C. Bénis

N°s 1902870 - 2100528

Décisions similaires

TA13Plein contentieux

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110

Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.

01/06/2026

TA13Plein contentieux

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580

Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.

01/06/2026

TA14Plein contentieux

Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609

Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.

01/06/2026

TA25Plein contentieux

Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163

Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.

01/06/2026

← Retour aux décisions