mardi 10 septembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Caen |
| Section | Tribunal Administratif de Caen |
| N° Dossier | TA14-2100872 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Formation | 2ème chambre JU |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés le 20 avril 2021 et le 30 octobre 2021, la S.C.I Odas demande au tribunal de la décharger de la cotisation de taxe foncière sur les propriétés bâties à laquelle elle a été assujettie au titre de l'année 2020, à raison de l'inoccupation de trois logements situés au 36 rue Henri Véniard à Flers (61100).
La S.C.I Odas soutient que :
- s'agissant du logement n° 2, la vacance s'explique par une procédure judiciaire à l'encontre de son locataire qui a dû être engagée pour accéder au logement et par des travaux de remise en état de la porte palière ;
- s'agissant du logement n° 5, après un état des lieux de sortie réalisé en février 2020, un dégât des eaux a été constaté suivi du confinement, et l'appartement n'a été reloué qu'à compter du 3 novembre 2020 ;
- s'agissant du logement n° 6, le locataire a quitté les lieux le 29 avril 2020 et la location suivante est intervenue que le 2 septembre 2020.
Par des mémoires en défense, enregistrés le 8 octobre 2021 et le 16 février 2022, la direction départementale des finances publiques du Calvados conclut au rejet de la requête.
Elle soutient que, d'une part, le quantum du litige doit être limité à la somme de 500 euros, et d'autre part, les moyens ne sont pas fondés.
La présidente du tribunal a désigné Mme A en application de l'article R. 222-13 du code de justice administrative, pour statuer sur les litiges visés audit article.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code général des impôts et le livre des procédures fiscales ;
- le code de justice administrative.
La magistrate désignée a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le rapport de Mme A a été entendu au cours de l'audience publique tenue en présence de M. Lounis, greffier.
Les parties n'étaient ni présentes, ni représentées.
Considérant ce qui suit :
1. La S.C.I Odas est propriétaire d'un immeuble situé au 36 rue Henri Véniard à Flers, dans le département de l'Orne, composé de plusieurs locaux à usage d'habitation. Elle a été assujettie à une cotisation de taxe foncière sur les propriétés bâties, au titre de l'année 2020, à raison de ce bien. L'imposition a été mise en recouvrement pour un montant de 2 582 euros. Le 4 janvier 2021, la S.C.I Odas a sollicité un dégrèvement pour vacance d'immeuble sur le fondement de l'article 1389 du code général des impôts, concernant trois appartements. Le 25 février 2021, la direction générale des finances publiques a accepté le dégrèvement pour l'appartement n° 5 pour les mois de mars à juillet 2020, et a refusé le dégrèvement pour les appartements n°s 2 et 6. Par la présente requête, la S.C.I Odas demande au tribunal de prononcer la décharge de la cotisation de taxe foncière sur les propriétés bâties à laquelle elle a été assujettie au titre de l'année 2020, à raison de l'inoccupation de ces trois logements situés au 36 rue Henri Véniard à Flers.
Sur le quantum du litige :
2. Si la S.C.I Odas sollicite la décharge de la cotisation de taxe foncière sur les propriétés bâties à laquelle elle a été assujettie au titre de l'année 2020, à raison de l'inoccupation de trois logements situés au 36 rue Henri Véniard à Flers, elle n'en chiffre pas le quantum. Toutefois, il résulte de l'instruction, et notamment du courrier d'acceptation partielle de la réclamation de la société requérante en date du 25 février 2021, que l'avis d'impôt de taxe foncière a été mis en recouvrement le 31 août 2020 pour un montant de 2 582 euros d'une part, et que l'administration fiscale a chiffré à 500 euros le quantum du litige, ce que la requérante accepte dans son mémoire enregistré le 30 octobre 2021, d'autre part. Par suite, le quantum du litige, qui porte sur la seule taxe foncière sur les propriétés bâties au titre de l'année 2020, s'élève au montant de 500 euros.
Sur les conclusions à fin de décharge :
3. Aux termes de l'article 1415 du code général des impôts : " La taxe foncière sur les propriétés bâties, la taxe foncière sur les propriétés non bâties et la taxe d'habitation sur les résidences secondaires et autres locaux meublés non affectés à l'habitation principale sont établies pour l'année entière d'après les faits existants au 1er janvier de l'année de l'imposition. ". Aux termes de l'article 1380 du même code : " La taxe foncière est établie annuellement sur les propriétés bâties sises en France à l'exception de celles qui en sont expressément exonérées par les dispositions du présent code ". Enfin, aux termes de l'article 1389 de ce code : " I. - Les contribuables peuvent obtenir le dégrèvement de la taxe foncière en cas de vacance d'une maison normalement destinée à la location ou d'inexploitation d'un immeuble utilisé par le contribuable lui-même à usage commercial ou industriel, à partir du premier jour du mois suivant celui du début de la vacance ou de l'inexploitation jusqu'au dernier jour du mois au cours duquel la vacance ou l'inexploitation a pris fin. / Le dégrèvement est subordonné à la triple condition que la vacance ou l'inexploitation soit indépendante de la volonté du contribuable, qu'elle ait une durée de trois mois au moins et qu'elle affecte soit la totalité de l'immeuble, soit une partie susceptible de location ou d'exploitation séparée. () ".
4. Ces dispositions subordonnent le dégrèvement de la taxe foncière sur les propriétés bâties à la condition, notamment, que la vacance de l'immeuble normalement destiné à la location soit indépendante de la volonté du propriétaire, le caractère involontaire de la vacance s'appréciant eu égard aux circonstances dans lesquelles cette vacance est intervenue et aux démarches accomplies par le propriétaire, selon les possibilités qui lui étaient offertes, en fait comme en droit, pour la prévenir ou y mettre fin.
5. Le contribuable qui prétend obtenir le bénéfice de la décharge des cotisations de taxe foncière sur les propriétés bâties doit apporter la preuve qu'il a accompli toutes diligences pour mettre l'immeuble en location et démontrer ainsi que la vacance est indépendante de sa volonté, eu égard notamment à l'impossibilité de le louer ou de le vendre malgré des démarches engagées en ce sens, ou à la nécessité de travaux pour rendre le logement habitable et au coût de tels travaux éventuels compte tenu de ses capacités financières.
En ce qui concerne l'appartement n° 2 :
6. La S.C.I requérante soutient que la vacance du logement n° 2 est indépendante de sa volonté dès lors qu'elle est due à une procédure judiciaire et à la nécessité de remplacer la porte palière de l'appartement, chantier réalisé le 26 janvier 2021. A l'appui de sa demande, la société requérante produit un constat d'accord daté du 22 septembre 2020, un constat de carence du 28 juillet 2020 ainsi qu'une ordonnance d'homologation rendue le 1er octobre 2020 par le tribunal de proximité de Flers. Or, tous ces éléments ne portent que sur la récupération des loyers impayés et la dégradation de la porte palière de l'appartement. Si la société requérante évoque un départ anticipé de son locataire sans qu'elle n'en soit informée, ainsi que l'existence d'un état des lieux de sortie, elle n'apporte aucun justificatif de nature à étayer ses allégations. D'ailleurs, il résulte des pièces du dossier qu'entre la date du constat de carence et celle du constat d'accord, le montant des loyers dus par le cautionneur du locataire défaillant n'a pas cessé d'augmenter, passant d'un montant de 1 317, 89 € à 3 570 €. Dès lors, la société requérante ne rapporte pas la preuve, qui lui incombe, de ce que la vacance de l'appartement était indépendante de sa volonté.
En ce qui concerne l'appartement n° 5 :
7. Il résulte de la décision d'acceptation partielle de la réclamation datée du 25 février 2021, que l'administration fiscale a dégrevé la période du 1er mars 2020 au 27 juillet 2020 et ce, en raison de la vacance justifiée par la réparation d'un dégât des eaux. Si la société requérante soutient que la mise en location a ensuite été retardée en raison du confinement, elle se borne à produire une seule publicité d'annonce publiée sur internet datée du 10 juillet 2020, ainsi qu'une attestation d'une agence immobilière datée du 12 mars 2021 témoignant de la gestion de biens locatifs à cette date et non à compter de juillet 2020. Au surplus, la société requérante ne fournit aucun élément permettant d'évaluer le retard engendré à raison de la crise sanitaire et des mesures de confinement. Ainsi, il ne résulte pas de l'instruction que la vacance du bien est indépendante de la volonté de la S.C.I Odas.
En ce qui concerne l'appartement n° 6 :
8. Si la société requérante allègue une impossibilité de faire visiter le bien en raison de la crise sanitaire, elle n'établit avoir effectué toutes les mesures appropriées et diligences nécessaires pour favoriser la location de son bien. Par suite, elle n'est pas fondée à soutenir qu'elle peut prétendre, en application des dispositions précitées de l'article 1389 du code général des impôts, au dégrèvement de la cotisation de taxe foncière.
9. Il résulte de ce qui précède que les conclusions de la S.C.I Odas tendant à la décharge de la cotisation de taxe foncière sur les propriétés bâties à laquelle elle a été assujettie au titre de l'année 2020 à raison du bien sis 36 rue Henri Véniard à Flers, doivent être rejetées.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de la S.C.I Odas est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera adressé à la direction départementale des finances publiques du Calvados et à la S.C.I Odas.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 10 septembre 2024.
La magistrate désignée,
Signé
C. A
Le greffier,
Signé
J. LOUNIS
La République mande et ordonne au ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme
Le greffier,
J. Lounis
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026