vendredi 26 mai 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Caen |
| Section | Tribunal Administratif de Caen |
| N° Dossier | TA14-2101667 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | 1ère chambre |
| Avocat requérant | BOUTHORS-NEVEU |
Vu les procédures suivantes :
I.- Par une requête et deux mémoires, enregistrés sous le n° 2101667, les 27 juillet, 3 décembre 2021 et 5 mai 2022, Mme A B, représentée par Me Schlosser, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 16 février 2021 par lequel le maire de Deauville a décidé d'une retenue sur salaire pour absence de service fait du 12 au 18 janvier 2021 ;
2°) d'annuler la décision du 23 février 2021 par laquelle la directrice de l'établissement public industriel et commercial Les Franciscaines a pris une décision de retenue de rémunération pour la période du 12 au 18 janvier 2021 pour absence injustifiée ;
3°) d'annuler la décision du 28 mai 2021 par laquelle le maire de Deauville a rejeté son recours gracieux et sa demande préalable ;
4°) d'annuler la décision du 28 mai 2021 par laquelle le maire de Deauville a décidé d'une retenue sur salaire pour absence de service fait du 13 au 17 janvier 2021 ;
5°) de condamner la commune de Deauville à lui verser une somme de 1 000 euros en réparation de ses préjudices compte tenu de l'illégalité de ces décisions, avec intérêts au taux légal ;
6°) de mettre à la charge de la commune de Deauville une somme de 2 000 euros en application des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique.
Elle soutient que :
- les décisions des 16, 23 février et 28 mai 2021 ont été prises par des autorités incompétentes ;
- elles sont entachées d'un défaut de motivation ;
- elles sont entachées d'erreur de fait ; elle a travaillé durant la période litigieuse.
Par des mémoires en défense, enregistrés les 12 novembre 2021, 10 février et 7 juillet 2022, la commune de Deauville et l'établissement public industriel et commercial Les Franciscaines, représentés par Me Labrusse, concluent au rejet de la requête et demandent à ce que soit mise à la charge de la requérante une somme de 2 500 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Ils soutiennent que :
- les conclusions dirigées contre la décision du 16 février 2021 sont irrecevables, cet arrêté ayant été modifié ;
- les conclusions dirigées contre la décision du 23 février 2021 sont irrecevables, dès lors qu'elle constitue une décision confirmative ;
- la décision du 28 mai 2021 ayant été modifiée par une décision du 24 septembre 2021, il y a lieu de prononcer un non-lieu partiel pour la période allant du 16 au 17 janvier 2021 ;
- les autres moyens présentés par la requérante ne sont pas fondés.
Mme B a été admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle partielle par décision du 13 janvier 2022.
II.- Par une requête et un mémoire enregistrés sous le n° 2102668, les 3 décembre 2021 et 5 mai 2022, Mme A B, représentée par Me Schlosser, demande au tribunal :
1°) de lui accorder le bénéfice de l'aide juridictionnelle à titre provisoire ;
2°) d'annuler l'arrêté du 24 septembre 2021 par lequel le maire de Deauville a décidé d'une retenue sur salaire pour absence de service fait du 13 au 15 janvier 2021 ;
3°) d'enjoindre à la commune de Deauville de lui verser son salaire pour la période du 13 au 15 janvier 2021 dans un délai de dix jours à compter de la notification du présent jugement et sous astreinte de 50 euros par jour de retard ;
4°) de mettre à la charge de la commune de Deauville une somme de 2 500 euros en application des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique.
Elle soutient que :
- la décision a été prise par une autorité incompétente ;
- elle est entachée d'erreur d'appréciation dès lors qu'elle a travaillé durant la période litigieuse.
Par des mémoires en défense, enregistrés les 10 février et 7 juillet 2022, la commune de Deauville et l'établissement public industriel et commercial Les Franciscaines, représentés par Me Labrusse, concluent au rejet de la requête et demandent à ce que soit mise à la charge de la requérante une somme de 2 500 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Ils soutiennent que les moyens présentés par la requérante ne sont pas fondés.
Mme B a été admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle partielle par décision du 7 avril 2022.
Vu les autres pièces des dossiers.
Vu :
- la loi n° 83-634 du 13 juillet 1983 ;
- la loi n° 61-825 du 29 juillet 1961 ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Arniaud,
- les conclusions de M. Bonneu, rapporteur public,
- les observations de Me Lebey, substituant Me Schlosser, représentant la requérante, et celles de Me Labrusse, représentant la commune de Deauville.
Considérant ce qui suit :
1. Mme A B, adjointe territoriale au sein de la commune de Deauville, a été mise à disposition de l'établissement public à caractère industriel et commercial Les Franciscaines du 1er janvier 2020 au 31 décembre 2022. Par un courrier du 22 janvier 2021, la directrice de l'établissement a sollicité de Mme B les justificatifs d'absence à compter du 11 janvier 2021. Par un courrier du 26 janvier 2021, Mme B a indiqué avoir été en télétravail et en congé. Par une décision du 16 février 2021, la commune de Deauville a décidé d'une retenue de salaire pour service non effectué du 12 au 18 janvier 2021. Par un courrier du 23 février 2021, la directrice de l'établissement a répondu au courrier de Mme B du 26 janvier 2021. Mme B a présenté un recours gracieux le 16 avril 2021 en sollicitant également l'indemnisation de son préjudice. Par une décision du 28 mai 2021, le maire de la commune de Deauville a fait partiellement droit au recours gracieux de Mme B et lui a transmis une nouvelle décision du même jour portant modification de l'arrêté du 16 février 2021 et fixant la période d'absence de service fait du 13 au 17 janvier 2021. Par la requête enregistrée sous le n° 2101667, Mme B sollicite l'annulation des décisions des 16 et 23 février et du 28 mai 2021 et la condamnation de la commune à lui verser la somme de 1 000 euros en réparation de ses préjudices. Par arrêté du 24 septembre 2021, le maire de la commune de Deauville a modifié l'arrêté du 28 mai 2021 en ramenant la période d'absence de service fait du 13 au 15 janvier 2021. Par la requête n° 2102668, Mme B demande l'annulation de cette décision.
Sur la jonction :
2. Les requêtes ci-dessus visées n° 2101667 et n° 2102668, présentées par Mme B, concernent le même litige et ont fait l'objet d'une instruction commune. Il y a lieu de les joindre pour statuer par un seul jugement.
Sur les conclusions relatives à l'aide juridictionnelle provisoire :
3. Mme B a été admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle partielle par décisions des 13 janvier et 7 avril 2022. Par suite, il n'y a plus lieu de statuer sur ses conclusions à fin d'admission provisoire à l'aide juridictionnelle.
Sur la décision du 23 février 2021 et la fin de non-recevoir opposée en défense :
4. Par un courrier du 22 janvier 2021, la directrice de l'établissement a demandé à Mme B de justifier de son absence à compter du 11 janvier 2021. Dans un courrier du 26 janvier 2021, Mme B a indiqué avoir été en télétravail et en congé. Par une décision du 16 février 2021, la commune de Deauville a décidé d'une retenue de salaire pour service non effectué du 12 au 18 janvier 2021. La directrice de l'établissement, dans sa réponse au courrier de Mme B, a rappelé la situation et indiqué qu'en l'absence de service effectif du 12 au 18 janvier 2021, une retenue sur salaire serait opérée. Un tel courrier, alors que la retenue sur salaire résulte d'une décision antérieure du maire de la commune le 16 février 2021, constitue une mesure confirmative insusceptible de recours.
5. Par suite, les conclusions tendant à l'annulation de cette décision ne peuvent qu'être rejetées.
Sur les autres conclusions à fin d'annulation :
En ce qui concerne le cadre du litige et les exceptions de non-lieu :
6. Le juge de l'excès de pouvoir ne peut, en principe, déduire d'une décision juridictionnelle rendue par lui-même ou par une autre juridiction qu'il n'y a plus lieu de statuer sur des conclusions à fin d'annulation dont il est saisi, tant que cette décision n'est pas devenue irrévocable. Il en va toutefois différemment lorsque, faisant usage de la faculté dont il dispose dans l'intérêt d'une bonne administration de la justice, il joint les requêtes pour statuer par une même décision, en tirant les conséquences nécessaires de ses propres énonciations. Dans cette hypothèse, toutes les parties concernées seront, en cas d'exercice d'une voie de recours, mises en cause et celle à laquelle un non-lieu a été opposé, mise à même de former, si elle le souhaite, un recours incident contre cette partie du dispositif du jugement.
7. A ce titre, lorsque le juge est parallèlement saisi de conclusions tendant, d'une part, à l'annulation d'une décision et, d'autre part, à celle de son retrait et qu'il statue par une même décision, il lui appartient de se prononcer sur les conclusions dirigées contre le retrait puis, sauf si, par l'effet de l'annulation qu'il prononce, la décision retirée est rétablie dans l'ordonnancement juridique, de constater qu'il n'y a plus lieu pour lui de statuer sur les conclusions dirigées contre cette dernière.
8. Il ressort des pièces du dossier que la décision du 16 février 2021 prononçant une retenue pour absence de service fait du 12 au 18 janvier 2021 a été modifiée par une décision du 28 mai 2021 qui a ramené la période d'absence de service fait du 13 au 17 janvier 2021. Ainsi, la décision du 28 mai 2021 doit être regardée comme retirant celle du 16 février 2021. Par ailleurs, par une décision du 24 septembre 2021, le maire de la commune a décidé de modifier la décision du 28 mai 2021 pour fixer une retenue sur salaire pour absence de service fait sur la seule période du 13 au 15 janvier 2021. Par cette décision, le maire de la commune doit être regardé comme ayant retiré la décision du 28 mai 2021. Compte tenu de ce qui a été dit précédemment, il y a lieu de statuer par priorité sur la légalité de la décision du 25 septembre 2021.
En ce qui concerne la décision du 24 septembre 2021 :
9. Aux termes de l'article 20 de la loi du 13 juillet 1983 dans sa rédaction alors en vigueur : " Les fonctionnaires ont droit, après service fait, à une rémunération comprenant le traitement, l'indemnité de résidence, le supplément familial de traitement ainsi que les indemnités instituées par un texte législatif ou réglementaire. ".
10. Par ailleurs, l'article 4 de la loi du 29 juillet 1961 de finances rectificative pour 1961 précise, dans sa rédaction alors applicable : " L'absence de service fait, pendant une fraction quelconque de la journée, donne lieu à une retenue dont le montant est égal à la fraction du traitement frappée d'indivisibilité en vertu de la réglementation prévue à l'alinéa précédent./ Il n'y a pas service fait :1°) Lorsque l'agent s'abstient d'effectuer tout ou partie de ses heures de services ; () ".
11. Il appartient au juge de l'excès de pouvoir de former sa conviction sur les points en litige au vu des éléments versés au dossier par les parties. S'il peut écarter des allégations qu'il jugerait insuffisamment étayées, il ne saurait exiger de l'auteur du recours que ce dernier apporte la preuve des faits qu'il avance. Le cas échéant, il revient au juge, avant de se prononcer sur une requête assortie d'allégations sérieuses non démenties par les éléments produits par l'administration en défense, de mettre en œuvre ses pouvoirs généraux d'instruction des requêtes et de prendre toutes mesures propres à lui procurer, par les voies de droit, les éléments de nature à lui permettre de former sa conviction, en particulier en exigeant de l'administration compétente la production de tout document susceptible de permettre de vérifier les allégations du demandeur.
12. La décision attaquée a été prise au motif que Mme B, en mi-temps thérapeutique et en télétravail, n'aurait pas effectivement travaillé durant trois jours, du mercredi 13 au vendredi 15 janvier 2021. La commune fait valoir que Mme B n'apporte aucune preuve d'un travail effectif durant cette période. Mme B transmet des courriels qu'elle a envoyés le 12 janvier 2021, en particulier un courriel concernant l'organisation de cérémonies pour lesquelles elle indique attendre la fin de semaine pour obtenir des informations complémentaires. Elle transmet deux courriels de participant ou organisateur attestant avoir été en contact avec Mme B jusqu'au 27 janvier 2021 pour l'organisation d'une cérémonie. Si Mme B ne transmet pas d'autres éléments concernant le travail effectué durant ces trois jours, la commune, en se bornant à indiquer que Mme B ne justifie pas d'un travail effectif sur cette période et en faisant valoir que la circonstance qu'aucune plainte n'ait été émise concernant son travail est indifférente, n'apporte aucun élément permettant d'établir l'absence de travail effectif. Par suite, Mme B est fondée à soutenir que la décision est entachée d'erreur de fait et doit être annulée.
13. Il résulte de ce qui précède, sans qu'il soit besoin d'examiner les autres moyens de la requête, que la décision du 24 septembre 2021 doit être annulée.
En ce qui concerne la décision du 28 mai 2021 :
14. Par la décision du 28 mai 2021 contestée, la période d'absence de service fait a été fixée du 13 au 17 janvier 2021. Conformément à ce qui a été dit au point 12 du présent jugement, cette décision est entachée d'erreur de fait concernant l'absence de service pour la période du 13 au 15 janvier 2021. Par ailleurs, il est constant que les samedi 16 et dimanche 17 janvier 2021 correspondaient à des jours de repos hebdomadaires. Par suite, la décision attaquée est également entachée d'erreur de fait et doit être annulée, sans qu'il soit besoin de se prononcer sur les autres moyens de la requête.
En ce qui concerne la décision du 16 février 2021 :
15. La décision du 16 février 2021 litigieuse prononce une retenue pour absence de service fait du 12 au 18 janvier 2021. Conformément à ce qui a été dit aux points 12 et 14 du présent jugement, cette décision est entachée d'erreur de fait concernant l'absence de service pour la période du 13 au 17 janvier 2021. Par ailleurs, il est constant que Mme B s'était vue accorder un jour de congé pour la journée du 18 janvier 2021 et qu'elle a justifié de son travail lors de la journée du 12 janvier 2021. Par suite, la décision attaquée est également entachée d'erreur de fait et doit être annulée, sans qu'il soit besoin de se prononcer sur les autres moyens de la requête.
16. La décision du 28 mai 2021 portant rejet de son recours gracieux doit, pour les mêmes motifs, être annulée.
Sur les conclusions à fin d'injonction :
17. Eu égard à ses motifs, le présent jugement implique, dans le cas où une retenue sur salaire de Mme B pour la période du 12 au 18 janvier 2021 a été réalisée, que la commune procède à la restitution des sommes indûment retenues. Il y a lieu d'enjoindre à la commune de Deauville d'agir en ce sens dans un délai de quinze jours à compter de la notification du présent jugement. Il n'y a pas lieu d'assortir cette injonction d'une astreinte.
Sur les conclusions indemnitaires :
18. L'illégalité de la retenue est constitutive d'une faute de nature à justifier que la responsabilité de la commune soit engagée.
19. Mme B fait valoir que l'illégalité des décisions des 16 février et 28 mai 2021 lui a causé un préjudice moral et des difficultés dans les conditions d'existence du fait de la retenue de salaire effectuée. Si elle ne justifie pas des troubles dans les conditions d'existence qu'elle aurait subis compte tenu de la retenue de salaire, elle soutient que son préjudice moral est lié, d'une part, à l'angoisse née de la situation conflictuelle engendrée par les décisions illégales et nécessitant de sa part de présenter différents recours administratif et contentieux, d'autre part, à la remise en cause de son travail et de son sérieux. Il sera fait une juste appréciation de ce préjudice moral, né de la remise en cause de l'effectivité et du sérieux de son travail à l'occasion de plusieurs décisions illégales malgré les justificatifs apportés, en lui allouant la somme de 300 euros.
20. Cette somme sera assortie des intérêts au taux légal à compter du 17 avril 2021, date de réception par la commune de sa réclamation préalable.
Sur les frais liés au litige :
21. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de Mme B, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance, la somme que la commune de Deauville demande au titre des frais exposés et non compris dans les dépens. Il y a lieu en revanche, dès lors que Mme B a obtenu le bénéfice de l'aide juridictionnelle partielle, de faire application de ces dispositions et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991, et de mettre à la charge de la commune une somme de 1 500 euros à verser à Me Schlosser, son avocate, au titre des frais de même nature.
D E C I D E :
Article 1er : Il n'y a plus lieu de statuer sur les conclusions relatives à l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle.
Article 2 : Les décisions des 16 février 2021, 28 mai 2021 et 24 septembre 2021 relatives à la retenue de salaire de Mme B et portant rejet de son recours gracieux, sont annulées.
Article 3 : Il est enjoint à la commune de Deauville de restituer les sommes indûment retenues en application des décisions annulées dans un délai de quinze jours à compter de la notification du présent jugement.
Article 4 : La commune de Deauville est condamnée à verser à Mme B la somme de 300 euros, avec intérêts au taux légal à compter du 17 avril 2021.
Article 5 : La commune versera à Me Schlosser, avocate de Mme B, la somme de 1 500 euros en application des dispositions combinées de l'article 37 alinéa 2 de la loi du 10 juillet 1991 et de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 6 : Le surplus des conclusions des parties est rejeté.
Article 7 : Le présent jugement sera notifié à Mme A B, à l'établissement public industriel et commercial Les Franciscaines, à Me Schlosser et à la commune de Deauville.
Délibéré après l'audience du 11 mai 2023, à laquelle siégeaient :
M. Cheylan, président,
M. Martinez, premier conseiller,
Mme Arniaud, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 26 mai 2023.
La rapporteure,
Signé
C. ARNIAUD
Le président,
Signé
F. CHEYLAN
La greffière,
Signé
C. BÉNIS
La République mande et ordonne au préfet du Calvados en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
la greffière,
A. Godey
Nos 2101667, 2102668
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026