vendredi 26 juillet 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Caen |
| Section | Tribunal Administratif de Caen |
| N° Dossier | TA14-2200019 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | 1ère chambre |
| Avocat requérant | TAFOREL |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 5 janvier 2022, M. A B, représenté par Me Taforel, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 2 novembre 2021 par laquelle le garde des sceaux, ministre de la justice a rejeté sa demande de versement de la somme de 3 834,35 euros brut au titre des arriérés de salaires non perçus ;
2°) d'enjoindre au garde des sceaux, ministre de la justice de lui verser la somme de 3 834,35 euros brut relative au rappel de salaire dû ;
3°) de condamner l'Etat à lui verser la somme de 2 200 euros en réparation des préjudices subis ;
4°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 500 euros à verser à son conseil en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.
Il soutient que :
- la décision est entachée d'illégalité dès lors que les heures comptabilisées sont erronées ;
- il est fondé à demander la somme de 405,24 euros brut au titre des arriérés de salaires liés au support d'engagement au travail de novembre 2018 pour le poste d'auxiliaire qu'il a occupé du 22 novembre 2018 au 16 janvier 2019 ;
- il est fondé à demander la somme de 3 429,11 euros brut au titre des arriérés de salaires liés au support d'engagement au travail de janvier 2019 pour le poste d'opérateur qu'il a occupé du 17 janvier 2019 au 15 janvier 2020 ;
- l'erreur commise dans le calcul de ses salaires lui a causé un préjudice moral qu'il évalue à 2 000 euros et un préjudice financier qu'il évalue à 200 euros.
Par un mémoire enregistré le 14 novembre 2022, le garde des sceaux, ministre de la justice, conclut au rejet de la requête.
Il soutient que les moyens soulevés par le requérant ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de procédure pénale ;
- le code pénitentiaire ;
- le code de la sécurité sociale ;
- l'ordonnance n° 96-50 du 24 janvier 1996 ;
- le décret n° 2017-1719 du 20 décembre 2017 ;
- le décret n° 2018-1173 du 19 décembre 2018 ;
- le décret n° 2019-1387 du 18 décembre 2019 ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Groch,
- le rapport de M. Bonneu, rapporteur public.
Les parties n'étaient ni présentes ni représentées.
Considérant ce qui suit :
1. M. A B, détenu au centre pénitentiaire de Caen du 20 novembre 2018 au 15 janvier 2020, a exercé des activités professionnelles durant sa détention sur un poste d'auxiliaire puis sur un poste d'opérateur au sein d'une unité de production. Estimant avoir reçu une rémunération inférieure à celle qu'il aurait dû percevoir, il a adressé au directeur interrégional des services pénitentiaires une réclamation préalable, reçue le 10 septembre 2021, afin d'obtenir le versement total des arriérés de salaire non perçus au titre des deux supports d'engagement de travail, qu'il a évalué à la somme de 3 834,35 euros bruts. Sa demande a été rejetée par une décision du 2 novembre 2021. Par la présente requête, M. B demande la condamnation de l'Etat à lui verser la somme de 3 834,35 euros ainsi qu'une indemnité de 2 200 euros au titre des préjudices qu'il estime avoir subi.
Sur l'aide juridictionnelle provisoire :
2. M. B n'a pas déposé de demande d'aide juridictionnelle. Par suite, il n'y a pas lieu de statuer sur ses conclusions à fin d'admission provisoire à l'aide juridictionnelle.
Sur les conclusions indemnitaires :
3. Aux termes de l'article 717-3 du code de procédure pénale, désormais codifié à l'article L. 412-20 du code pénitentiaire : " () / La rémunération du travail des personnes détenues ne peut être inférieure à un taux horaire fixé par décret et indexé sur le salaire minimum de croissance défini à l'article L. 3231-2 du code du travail. Ce taux peut varier en fonction du régime sous lequel les personnes détenues sont employées. ". Aux termes de l'article D. 432-1 de ce code, repris à l'article D. 412-64 du code pénitentiaire : " (), la rémunération du travail effectué au sein des établissements pénitentiaires par les personnes détenues ne peut être inférieure au taux horaire suivant : / 45 % du salaire minimum interprofessionnel de croissance pour les activités de production ; / () / ; 20 % du salaire minimum interprofessionnel de croissance pour le service général, classe III. () ". L'article 1er du décret n° 2017-1719 du 20 décembre 2017 fixe le montant du salaire interprofessionnel de croissance à 9,88 euros l'heure à compter du 1er janvier 2018. Le décret n° 2018-1173 du 19 décembre 2018 fixe ce montant à 10,03 euros l'heure à compter du 1er janvier 2019 et le décret n° 2019-1387 du 18 décembre 2019 fixe ce montant à 10,15 euros l'heure à compter du 1er janvier 2020.
4. Aux termes de l'article D. 433-4 du code de procédure pénale, dont les dispositions ont été reprises à l'article D. 412-67 du code pénitentiaire : " Les rémunérations pour tout travail effectué par une personne détenue () sont soumises à cotisations patronales et ouvrières selon les modalités fixées, pour les assurances maladie, maternité et vieillesse, par les articles R. 381-97 à R. 381-109 du code de la sécurité sociale () ". S'agissant de l'assurance maladie et maternité, l'article R. 381-99 du code de la sécurité sociale fixe ainsi le taux de la cotisation à 4,20 % du montant brut des rémunérations versées aux détenus et prévoit que cette cotisation est à la charge de l'employeur. S'agissant de l'assurance vieillesse, l'article R. 381-104 du code de la sécurité sociale prévoit que les cotisations, salariale et patronale, sont fixées au taux de droit commun du régime général et assises sur le total des rémunérations brutes des détenus et l'article R. 381-105 dispose que : " Lorsque le travail est effectué pour le compte de l'administration et rémunéré sur les crédits affectés au fonctionnement des services généraux, les cotisations, salariale et patronale, sont intégralement prises en charge par l'administration. () ". Enfin, aux termes de l'article R. 381-107 du même code : " La part de cotisation à la charge du détenu est précomptée sur sa rémunération lors de chaque paie, sous réserve de l'application de l'article R. 381-105 "
5. Par ailleurs, aux termes de l'article L. 136-1 du code de la sécurité sociale : " Il est institué une contribution sociale sur les revenus d'activité et sur les revenus de remplacement à laquelle sont assujettis : 1° Les personnes physiques qui sont à la fois considérées comme domiciliées en France pour l'établissement de l'impôt sur le revenu et à la charge, à quelque titre que ce soit, d'un régime obligatoire français d'assurance maladie. () ". Aux termes de l'article L. 136-2 du même code : " I.- La contribution est assise sur le montant brut des traitements, indemnités, émoluments, salaires () ". Par ailleurs, aux termes de l'article 14 de l'ordonnance n° 96-50 du 24 janvier 1996 relative au remboursement de la dette sociale : " I.- Il est institué une contribution sur les revenus d'activité et de remplacement mentionnés aux articles L. 136-2 à L. 136-4 du code de la sécurité sociale perçus du 1er février 1996 jusqu'à l'extinction des missions prévues à l'article 2 par les personnes physiques désignées à l'article L. 136-1 du même code. Cette contribution est assise sur les revenus visés et dans les conditions prévues aux articles L. 136-2 à L. 136-4 et au III de l'article L. 136-8 du code de la sécurité sociale () ". Ces dispositions sont rendues applicables aux rémunérations dues, sur le fondement des dispositions susmentionnées du code de procédure pénale, aux personnes détenues en contrepartie du travail qu'elles effectuent, par les articles 717-3, D. 366, et D. 433-4 du code de procédure pénale.
6. Il résulte de l'ensemble de ces dispositions que la cotisation d'assurance maladie et maternité et la cotisation patronale pour l'assurance vieillesse auxquelles sont soumises les rémunérations versées pour tout travail effectué par une personne détenue sont prises en charge par l'employeur, tandis que la cotisation salariale pour l'assurance vieillesse reste en principe à la charge de la personne détenue sauf dans le cas où celle-ci effectue un travail pour le compte des services généraux de l'administration pénitentiaire. Par ailleurs, quelle que soit la nature de leur activité, toutes les personnes détenues sont assujetties à la contribution sociale généralisée et la rémunération qu'elles perçoivent en contrepartie du travail qu'elles effectuent dans les conditions prévues à l'article 717-3 du code de procédure pénale entre dans l'assiette de la contribution sociale généralisée ainsi que dans celle de la contribution pour le remboursement de la dette sociale. La part salariale du taux de cotisation des assurances vieillesse et veuvage est fixée en application de l'article D. 242-4 du code de la sécurité sociale à 6,90 % de la rémunération dans la limite du plafond prévu au premier alinéa de l'article L. 241-3 de ce code et à 0,40 % sur la totalité de la rémunération.
7. Enfin, en application des dispositions des articles L. 136-1-1, L. 136-2, L. 136-8 et D. 242-2-1 du code de la sécurité sociale, la contribution sociale mentionnée à l'article L. 136-1 du code de la sécurité sociale s'élève à 9,2 % du montant brut des rémunérations, préalablement réduit de 1,75 %, et, depuis le 1er janvier 2020, après exclusion de l'assiette de la contribution de 38 % des revenus concernés. Et en application des dispositions des articles 14 et 19 de l'ordonnance n° 96-50, la contribution prévue par l'article 14 de l'ordonnance n° 96-50 s'élève à 0,5 % de ce montant, préalablement réduit de 1,75%.
En ce qui concerne les conclusions indemnitaires relatives à la période du 22 novembre 2018 au 16 janvier 2019 :
8. Il résulte de l'instruction que M. B a été affecté en qualité d'auxiliaire relevant de la classe III au sein du service général du centre pénitentiaire de Caen du mois de novembre 2018 au 16 janvier 2019. Il soutient que le nombre d'heures travaillées en tant qu'auxiliaire en novembre et décembre 2018 et janvier 2019, ainsi que le taux horaire brut retenu, sont erronés.
9. D'une part, si le requérant allègue avoir travaillé en tant qu'auxiliaire 84 heures du 22 au 30 novembre 2018, il ne produit pas de fiche de paie de novembre 2018 ni de justificatif d'un travail effectué durant cette période. Au surplus, il résulte des mentions du support d'engagement de travail, non signé par le requérant et produit au dossier, que la décision de la commission de classement est datée du 29 novembre 2018. Ainsi, contrairement aux allégations du requérant, il ne peut être soutenu qu'il aurait travaillé durant le mois de novembre 2018. Par ailleurs, en se bornant à produire le support d'engagement de travail et la fiche de poste d'auxiliaire, qui font seulement mention des horaires où l'auxiliaire s'engage à être disponible " de 7h à 20h " et " de 7h30 à 19h30 " cinq jours par semaine avec l'obligation de " se rendre sur les lieux de travail aux jours et heures du planning et en tenue de travail ", le requérant n'établit pas que le nombre d'heures réellement travaillées s'établirait à 12 heures par jour et serait différent de celui indiqué sur ses fiches de paie.
10. D'autre part, contrairement à ce que le requérant soutient, il ne résulte pas des modalités de calcul de sa rémunération brute en qualité d'auxiliaire au sein du service général qu'elle était inférieure au taux horaire de 20 % du salaire minimum interprofessionnel de croissance (SMIC) fixé à 9,88 euros brut par heure pour 2018 et 10,03 euros brut par heure pour 2019. En application des articles L. 136-2 et L. 136-8 du code de la sécurité sociale ainsi que des articles 14 et 19 de l'ordonnance précitée du 24 janvier 1996, devaient être déduites de sa rémunération brute la contribution sociale généralisée (CSG) et la contribution pour le remboursement de la dette sociale (CRDS) selon les taux indiqués au point 6. Il ressort des fiches de paie fournies par le requérant qu'il a travaillé 105 heures en décembre 2018 et 110 heures pour la période du 1er janvier au 16 janvier 2019, et que la rémunération effectivement perçue par le requérant pour son activité professionnelle d'auxiliaire en décembre 2018 est de 207,90 euros et de 221,10 euros pour janvier 2019. Or, le calcul réalisé selon les règles rappelées ci-dessus met en évidence qu'auraient dû être déduites de sa rémunération brute la contribution sociale généralisée (CSG) et la contribution pour le remboursement de la dette sociale (CRDS) selon les modalités et les taux indiqués. L'administration pénitentiaire n'ayant pas soustrait de la rémunération brute de M. B les cotisations relatives à la CSG et au CRDS, la rémunération perçue par le requérant au titre de décembre 2018 et de la période du 1er au 16 janvier 2019 est supérieure à celle à laquelle il pouvait prétendre. Par suite, M. B n'est pas fondé à soutenir qu'il aurait subi un préjudice lié à une erreur de liquidation en raison d'un tarif horaire et d'une base d'heures travaillées erronés.
11. Il résulte de ce qui précède que M. B n'est pas fondé à soutenir que l'administration pénitentiaire a commis une faute qui lui est préjudiciable dans les calculs de sa rémunération en qualité d'auxiliaire.
En ce qui concerne les conclusions indemnitaires relatives à la période du 17 janvier 2019 au 15 janvier 2020 :
12. Si le requérant allègue qu'il a exercé une activité de production en qualité d'opérateur à partir du 17 janvier 2019, il ne l'établit pas. En l'absence de fiche de paie pour la période du 17 au 31 janvier 2019, il résulte de l'instruction que M. B a exercé une activité de production en qualité d'opérateur du 1er février 2019 au 15 janvier 2020 inclus. Conformément aux dispositions préalablement mentionnées de l'article D. 432-1 du code de procédure pénale alors applicable, sa rémunération brute ne pouvait être inférieure au taux horaire correspondant à 45 % du SMIC, soit un montant brut de 4,52 euros l'heure pour l'année 2019 et un montant brut de 4,57 euros l'heure pour l'année 2020.
13. Le requérant soutient qu'il n'a pas été rémunéré conformément aux dispositions précitées des articles 717-3 et D. 432-1 du code de procédure pénale alors en vigueur, dès lors que le support d'engagement de travail signé le 22 janvier 2019 indique un tarif horaire de 4,45 euros et que les heures portées sur ses bulletins de salaire, qui ont été minorées par rapport aux heures qu'il a effectivement réalisées, sont erronées. Il fait valoir que cette incohérence ressort de ses bulletins de salaire, lesquels ne font pas apparaître de taux horaire ni de corrélation avec le nombre d'heures effectuées, ce qui selon lui avait pour objectif de dissimuler le fait qu'il était rémunéré à la pièce alors qu'une telle pratique est illégale.
14. S'il ne ressort pas des dispositions légales et réglementaires que la rémunération " à la pièce " est par principe prohibée, il résulte en revanche des dispositions précitées que la rémunération individuelle globale qui en résulte ne peut pas correspondre, compte tenu du nombre d'heures effectivement travaillées, à un taux horaire inférieur au minimum prévu par ces dispositions, en fonction de l'activité exercée. En l'espèce, M. B soutient, sans être contredit, avoir exercé un travail de production en qualité d'opérateur de 7h30 à 13h30 du lundi au vendredi et de 7h30 à 12h le samedi, et ne conteste les rémunérations versées qu'au titre de l'année 2019. En ce qui concerne les rémunérations qui lui ont été versées en contrepartie de ce travail, il résulte de l'instruction qu'aucun des montants de rémunération brute qui ont été déterminés au titre de l'année 2019 ne correspond au nombre d'heures travaillées figurant sur les bulletins de salaire, multiplié par le taux horaire brut de 4,52 euros, mettant ainsi en évidence une minoration systématique du nombre d'heures rémunérées, à l'exception du calcul effectué pour le mois de février 2019. Or, ce constat n'est pas sérieusement contesté en défense par le garde des sceaux, ministre de la justice qui se borne à indiquer, sur la base d'un tableau de calcul élaboré en appliquant aux heures de travail initialement retenues en 2019 et 2020 dans les fiches de paie, les taux horaires correspondant à 45 % du SMIC, et sans produire le moindre document, émanant notamment de l'entreprise concessionnaire, permettant de justifier du nombre d'heures effectivement travaillées par M. B sur l'année 2019. Dans ces conditions, il y a lieu de tenir pour établi le décompte de ses heures produit à l'instance par le requérant entre le 1er février 2019 et le 31 décembre 2019, et faisant état d'un volume total d'heures travaillées au cours de cette période de 1 584 heures.
15. Pour calculer les reliquats de salaire tirés des activités de production dus à M. B, il y a lieu de retrancher à la rémunération brute à laquelle il avait droit les montants dus au titre de la contribution sociale généralisée (CSG), de la contribution pour le remboursement de la dette sociale (CRDS) et de la cotisation salariale pour l'assurance vieillesse, ainsi que la somme qu'il a déjà perçue pour le travail effectué. S'il résulte de l'instruction que le taux de CSG appliqué aux rémunérations de M. B pour les mois de février à décembre est de 5,7 %, les dispositions applicables aux salaires en litige prévoyaient un taux de CSG de 9,2 % pour l'année 2019. En outre, en application des dispositions des articles L. 136-1-1, L. 136-2 et L. 136-8 du code de la sécurité sociale ainsi que des articles 14 et 19 de l'ordonnance du 24 janvier 1996, le taux de CSG ainsi fixé s'est appliqué à compter du 1er janvier 2020 sur une assiette de 98,25 % de 62 % du salaire brut. Par suite, il résulte des dispositions précitées du code de la sécurité sociale qu'il y a lieu de calculer le salaire dû à M. B en mettant en œuvre un taux d'assurance vieillesse de 7,3 % du salaire brut, un taux de CSG de 9,2 % appliqué sur une assiette de 98,25 % du salaire brut pour les rémunérations perçues en 2019 et sur une assiette de 98,25 % de 62 % du salaire brut pour les rémunérations perçues à compter du 1er janvier 2020, ainsi qu'un taux de CRDS de 0,5 %, du salaire brut également préalablement réduit de 1,75 %.
16. Il résulte de ce qui précède que le montant horaire garanti, pour une durée totale de 1 584 heures de travail réalisées au titre de la période du 1er février 2019 au 31 décembre 2019, auxquelles s'ajoutent les 85 heures de travail non contestées entre le 1er et le 15 janvier 2020 et, après déduction de la CSG et de la CRDS déterminées en tenant compte de ce qui a été précisé au point précédent, ainsi que de la part salariale de l'assurance vieillesse, donnait droit à une rémunération nette de 6 291,10 euros. Au vu des salaires nets déjà perçus entre le 1er février et le 15 janvier 2020 s'élevant à la somme totale de 4 012,82 euros, M. B justifie d'un reliquat de rémunération nette lui restant dû d'un montant de 2 278,28 euros. Par suite, il y a lieu de condamner l'Etat à lui verser ce montant.
17. M. B, qui se borne à invoquer un préjudice moral dans la mesure où il a été obligé d'introduire un recours contentieux afin d'obtenir le versement des arriérés de salaire, ne fait état d'aucun élément précis et n'établit pas les conséquences concrètes des erreurs de calcul commises par l'administration sur sa situation. Par ailleurs, si les frais de justice et d'assistance juridique sont susceptibles d'être pris en compte dans le préjudice résultant de l'illégalité fautive imputable à l'administration lorsqu'ils ont été exposés en conséquence directe d'une faute de l'administration, M. B ne justifie pas des 200 euros allégués qui résulteraient de frais de procédure engagés pour la demande de versement de rappel de salaire dû. Dans ces conditions, il n'établit pas qu'il aurait subi des préjudices distincts du préjudice financier résultant des erreurs de calcul commises par l'administration dans la détermination du montant de sa rémunération. Par suite, sa demande tendant au versement de la somme de 2 200 euros en réparation des préjudices subis doit être rejetée.
18. Il résulte de tout ce qui précède que M. B est seulement fondé à demander, dans la limite de ses conclusions, la condamnation de l'Etat à lui verser la somme de 2 278,28 euros net qu'il réclame au titre d'arriérés de salaires en tant qu'opérateur du 1er février 2019 au 15 janvier 2020.
Sur les conclusions relatives aux frais d'instance :
19. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de l'Etat le versement à M. B d'une somme de 1 000 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er : Il n'y a pas lieu de statuer sur les conclusions à fin d'admission à l'aide juridictionnelle à titre provisoire.
Article 2 : L'Etat est condamné à verser à M. B une somme de 2 278,28 euros au titre des arriérés de salaires qui lui sont dus pour la période du 1er février 2019 au 15 janvier 2020.
Article 3 : L'Etat versera à M. B une somme de 1 000 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 4 : Le surplus des conclusions de la requête de M. B est rejeté.
Article 5 : Le présent jugement sera notifié à M. A B, à Me Taforel et au garde des sceaux, ministre de la justice.
Délibéré après l'audience du 20 juin 2024, à laquelle siégeaient :
M. Cheylan, président,
M. Martinez, premier conseiller,
Mme Groch, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 26 juillet 2024.
La rapporteure,
Signé
N. GROCH
Le président,
Signé
F. CHEYLANLa greffière,
Signé
C. BÉNIS
La République mande et ordonne au garde des sceaux, ministre de la justice en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente ordonnance.
Pour expédition conforme,
La greffière,
C. Bénis
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
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