LogoMeilleurAvocats.fr
AvocatsAssistant IABlogPrix
ConnexionDéposer ma demande

Vous avez un problème juridique ?

Décrivez votre situation en 2 minutes — un avocat spécialisé vous répond sous 24h.

Déposer ma demandeJe suis avocat
Logo MeilleurAvocats.frMeilleurAvocats.fr

Mise en relation avocat–client par l'IA. Gratuit pour les particuliers.

Particuliers

  • Déposer une demande
  • Trouver un avocat
  • Assistant IA gratuit
  • Bibliothèque juridique
  • Guides pratiques
  • Jurisprudence

Avocats

  • Pour les avocats
  • Espace avocat
  • Tarifs et formules
  • Recevoir des leads
  • Programme d'affiliation
  • Contact commercial

Spécialités

  • Droit général
  • Droit du travail
  • Droit de la sécurité sociale et de la protection sociale
  • Droit fiscal et droit douanier
  • Droit de la famille, des personnes et de leur patrimoine
  • Droit immobilier

Légal

  • Mentions légales
  • Confidentialité
  • CGU
  • Cookies
  • Contact

Newsletter juridique hebdomadaire

Décisions clés, évolutions législatives, conseils pratiques — chaque semaine.

© 2026 MeilleurAvocats.fr— KONSEIL SAS. Tous droits réservés.

Mentions légales|Confidentialité|Cookies

BOB★La messagerie française & cryptée pour des échanges confidentiels entre avocats et clients.

En savoir +TéléchargerBOB
AccueilJurisprudence administrativeN° TA14-2200473

Tribunal Administratif de Caen — Décision N° TA14-2200473

mardi 19 décembre 2023

JuridictionTribunal Administratif de Caen
SectionTribunal Administratif de Caen
N° DossierTA14-2200473
TypeDécision
RecoursPlein contentieux
Formation3ème chambre JU
Avocat requérantGAUDRE COEUR-UNI

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 24 février 2022, la SARL Atlantique Façonnage, représentée par Me Gaudré Cœur-Uni, demande au tribunal :

1°) de condamner l'Etat à lui verser la somme de 1 281,95 euros, avec intérêts au taux légal à compter du 7 juin 2019 et capitalisation des intérêts, en réparation des préjudices subis du fait du mouvement social des surveillants de prison qui s'est déroulé le 7 mars 2019 ;

2°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 500 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

- du fait du mouvement de grève, elle n'a pas pu accéder à ses ateliers de production du centre de détention de Caen le 7 mars 2019 et a, ce faisant, subi une perte de production ; en ne lui permettant pas d'accéder aux ateliers et employer la main d'œuvre pénale devant être mise à sa disposition, la directrice du centre de détention n'a pas respecté ses obligations contractuelles telles que définies dans le contrat de concession ;

- elle a subi un manque à gagner de production, évalué à la somme de 795,73 euros HT, auquel s'ajoute le coût du constat d'huissier, soit la somme de 272,56 euros ; son préjudice total est de 1 281,95 euros TTC.

Par un mémoire enregistré le 19 octobre 2022, le garde des sceaux, ministre de la justice conclut au rejet de la requête au motif que la demande de la SARL Atlantique Façonnage n'est pas fondée.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de procédure pénale ;

- le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné Mme Macaud, vice-présidente, en application de l'article R. 222-13 du code de justice administrative, pour statuer sur les litiges relevant de cet article.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme Macaud,

- et les conclusions de M. A.

Considérant ce qui suit :

1. Le 18 juillet 2016, la SARL Atlantique Façonnage a conclu avec l'Etat, en application de l'article D. 433-2 du code de procédure pénale, un contrat de concession de main-d'œuvre pénale lui permettant de faire réaliser, dans les ateliers du centre de détention de Caen et par les détenus dudit centre, des activités de façonnage, assemblage, montage, conditionnement et de sous-traitance industrielle, le contrat de concession prévoyant que la société peut employer au maximum trente personnes détenues. La SARL Atlantique Façonnage n'ayant pu, le 7 mars 2019, accéder aux ateliers du centre de détention en raison d'un mouvement de grève nationale des surveillants de prison, elle a adressé à la directrice du centre de détention de Caen, par courrier du 7 juin 2019, une demande d'indemnisation des préjudices subis du fait de l'impossibilité d'exercer son activité, demande rejetée par une décision du 29 mai 2020.

Sur la responsabilité de l'Etat :

2. Il est constant que la société requérante n'a pu accéder, le 7 mars 2019, du fait du mouvement de grève des surveillants de prison, aux ateliers qui lui ont été concédés pour l'exercice de son activité à l'intérieur du centre de détention alors que le contrat de concession prévoit notamment, à l'article 5.3 de sa première partie, que " l'administration s'emploie à fournir au concessionnaire l'ensemble des moyens qu'elle s'est engagée à mettre à sa disposition. Le chef d'établissement veille tout particulièrement à ce que l'effectif des détenus au travail () soient conformes aux engagements portés aux clauses et conditions particulières du contrat ". Dans ces conditions, et ainsi que l'admet d'ailleurs le garde des sceaux, ministre de la justice, l'Etat, qui n'a pas respecté ses obligations contractuelles, a commis une faute de nature à engager sa responsabilité.

Sur les préjudices :

3. En premier lieu, la SARL Atlantique Façonnage demande la condamnation de l'Etat à lui verser la somme de 795,73 euros H.T. qui correspondrait à une journée d'inactivité pour treize détenus avec une marge moyenne journalière de 61,21 euros. Toutefois, il ne résulte pas de l'instruction, en particulier de l'attestation de l'expert-comptable du 21 février 2022, que la société requérante aurait subi une perte de chiffre d'affaires directement imputable à l'indisponibilité, pendant une seule journée, des ateliers concédés, l'attestation de l'expert-comptable indiquant, au demeurant, une marge brute journalière moyenne, et non nette, de 61,21 euros et ne permettant pas de déterminer si elle concerne les deux sites d'exploitation de la société requérante ou le seul centre de détention de Caen. En outre, il ne résulte pas de l'instruction que la société requérante mobilise effectivement, hors période de grève, treize détenus pour l'activité en ateliers. L'existence du préjudice allégué n'étant pas établie, la demande présentée au titre d'un manque à gagner ne peut qu'être rejetée.

5. En second lieu, il ne résulte pas de l'instruction que le recours à un huissier pour constater le blocage de l'établissement pénitentiaire du fait du mouvement de grève national des surveillants de prison, en réaction à une violente agression de surveillants au centre de détention de Condé-sur-Sarthe, présentait une utilité pour conserver les droits de la société requérante, ainsi qu'elle le prétend. Dans ces conditions, la demande tendant à ce que soit mise à la charge de l'administration la somme de 272,56 euros à ce titre doit être rejetée.

6. Il résulte de tout ce qui précède que la SARL Atlantique Façonnage n'est pas fondée à demander la condamnation de l'Etat à lui verser la somme de 1 281,95 euros. Il y a lieu, par voie de conséquence, de rejeter ses conclusions relatives aux frais de l'instance.

D E C I D E :

Article 1er : La requête de la SARL Atlantique Façonnage est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à la SARL Atlantique Façonnage et au garde des sceaux, ministre de la justice.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 19 décembre 2023.

La magistrate désignée,

SIGNÉ

A. MACAUD

La greffière,

SIGNÉ

E. BLOYETLa République mande et ordonne au garde des sceaux, ministre de la justice en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme

la greffière,

E. Bloyet

Décisions similaires

TA13Plein contentieux

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110

Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.

01/06/2026

TA13Plein contentieux

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580

Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.

01/06/2026

TA14Plein contentieux

Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609

Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.

01/06/2026

TA25Plein contentieux

Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163

Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.

01/06/2026

← Retour aux décisions