vendredi 5 avril 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Caen |
| Section | Tribunal Administratif de Caen |
| N° Dossier | TA14-2200888 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Formation | 1ère chambre |
| Avocat requérant | APPAULE |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 14 avril 2022, la SARL Up conseils et l'EURL Atelier Léopoldine, représentées par Me Appaule, demandent au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 17 novembre 2021 par laquelle le directeur régional Normandie de l'Agence de services et de paiement a rejeté la demande de paiement de la subvention relative à l'aide en faveur des investissements de transformation vers l'industrie du futur, ensemble la décision du 14 février 2022 par laquelle le directeur régional Normandie de l'Agence de services et de paiement a rejeté leur recours gracieux ;
2°) d'enjoindre à l'Agence de services et de paiement de verser la somme due au titre de la demande en paiement de la subvention, sous astreinte de 50 euros par jour de retour à compter du quinzième jour suivant la notification du jugement à intervenir ;
3°) de condamner l'Agence de services et de paiement à verser à la SARL Up conseils une somme de 2 473,72 euros en réparation de son préjudice économique ;
4°) de condamner l'Agence de services et de paiement à verser à la SARL Up conseils et l'EURL Atelier Léopoldine une somme de 2 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elles soutiennent que :
- les décisions sont entachées d'incompétence ;
- les décisions sont insuffisamment motivées ;
- les décisions sont entachées d'illégalité, l'article 2 de la décision du 3 juin 2021 portant attribution de la subvention étant lui-même illégal ;
- les décisions sont entachées d'une erreur d'appréciation et d'une erreur de droit ;
- la SARL Up conseils est fondée à demander l'indemnisation de son préjudice économique de 2 473,72 euros né du rejet de la demande de paiement.
Par un mémoire en défense, enregistré le 17 mai 2022, l'Agence de services et de paiement conclut au rejet de la requête.
Elle soutient que les moyens soulevés par la SARL Up conseils et l'EURL Atelier Léopoldine ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le décret n° 2018-514 du 25 juin 2018 ;
- le décret n° 2021-535 du 30 avril 2021 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Martinez,
- les conclusions de M. Bonneu, rapporteur public.
Les parties n'étaient ni présentes ni représentées.
Considérant ce qui suit :
1. L'EURL Atelier Léopoldine, entreprise spécialisée en fabricant de textile et de création de vêtements, a déposé le 15 décembre 2020 une demande de subvention relative à l'aide en faveur des investissements de transformation vers l'industrie du futur. Par une décision du 3 juin 2021, le directeur régional Normandie de l'Agence de services et de paiement a accepté la demande de subvention. Par deux décisions du 17 novembre 2021 et du 14 février 2022, dont il est demandé l'annulation, le directeur régional Normandie de l'Agence de services et de paiement a rejeté la demande de paiement de cette subvention ainsi que le recours gracieux. Par la présente requête, la SARL Up conseils demande en outre le paiement de la somme de 2 473,72 au titre de son préjudice économique.
Sur les conclusions aux fins d'annulation :
2. En premier lieu, par une décision 9 novembre 2021 régulièrement publiée au bulletin officiel du ministère en charge de l'agriculture, le président directeur général de l'Agence de services et de paiement a donné délégation à Mme B A, directrice adjointe de la direction régionale Normandie, à l'effet de signer les décisions attributives d'aides. Le moyen tiré de l'incompétence de la signataire de l'acte doit, par suite, être écarté.
3. En deuxième lieu, les requérantes soutiennent que la décision du 17 novembre 2021 ne motive l'irrecevabilité de la demande de paiement que sur le fait que " les acomptes ont été payés le 17 novembre 2020, soit antérieurement à la réception de la demande de subvention ". Toutefois, il ressort des pièces du dossier que la décision vise l'article 2 de la décision du 3 juin 2021 accordant sous conditions le bénéfice de la subvention et énonce les faits de façon chronologique. La décision mentionne ainsi les considérations de droit et de fait qui en constituent le fondement, de manière suffisamment circonstanciée pour mettre les destinataires en mesure d'en discuter utilement les motifs. En conséquence, le moyen tiré de l'insuffisance de motivation doit être écarté.
4. En dernier lieu, aux termes de l'article 3 du décret n° 2021-535 du 30 avril 2021 relatif à l'aide en faveur des investissements de transformation vers l'industrie du futur des PME et ETI : " () Aucun commencement d'exécution du projet d'investissement ne peut être effectué avant la date de réception de la demande de subvention auprès de l'Agence de services et de paiement () ". Aux termes de l'article 5 du décret n° 2018-514 du 25 juin 2018 relatif aux subventions de l'Etat pour les projets d'investissement : " I. - Le commencement d'exécution est réputé constitué par le premier acte juridique passé pour la réalisation du projet. A défaut, une déclaration sur l'honneur signée par le demandeur peut attester du commencement d'exécution. II. - Aucun commencement d'exécution du projet ne peut être opéré avant la date de réception de la demande de subvention () ".
5. Il résulte de l'instruction que la demande de subvention déposée le 15 décembre 2020 par la SARL Up conseils au nom de l'EURL Atelier Léopoldine concerne l'achat d'un logiciel de conception. Il ressort des pièces produites, en particulier de deux factures du 28 janvier 2021 et du 26 février 2021, que, par deux contrats passés le 6 novembre 2020 et en exécution desquels un acompte a été versé le 18 novembre 2021, l'EURL Atelier Léopoldine a bénéficié de formations en vue de l'achat du logiciel de conception. Ces contrats assortis d'acomptes, antérieurs à la date de la demande de subvention du 15 décembre 2020, sont les premiers actes juridiques passés pour la réalisation du projet objet de la subvention. Ainsi, l'Agence de services et de paiement a pu à bon droit prendre sa décision du 3 juin 2021 de rejet de subvention sur le fondement des dispositions précitées des articles 3 du décret n° 2021-535 du 30 avril 2021 et 5 du décret n° 2018-514 du 25 juin 2018. Par suite, les moyens tirés du défaut de base légale et de l'erreur d'appréciation doivent être écartés.
Sur la demande indemnitaire :
6. Il résulte de ce qui précède que l'Agence de services et de paiement, en rejetant le paiement de la demande de subvention formalisée par la SARL Up conseils au nom l'EURL Atelier Léopoldine, n'a pas commis d'illégalité fautive de nature à engager sa responsabilité. Dès lors, les conclusions aux fins d'indemnisation ne peuvent qu'être rejetées.
7. Il résulte de tout ce qui précède que la requête de la SARL Up conseils et l'EURL Atelier Léopoldine doit être rejetée dans l'ensemble de ses conclusions, y compris les demandes d'injonction et les conclusions sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de la SARL Up conseils et l'EURL Atelier Léopoldine est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à la SARL Up conseils, à l'EURL Atelier Léopoldine et à l'Agence de services et de paiement.
Copie sera transmise au ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique.
Délibéré après l'audience du 21 mars 2024, à laquelle siégeaient :
M. Cheylan, président,
M. Martinez, premier conseiller,
Mme Groch, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 5 avril 2024.
Le rapporteur,
Signé
P. MARTINEZ
Le président,
Signé
F. CHEYLAN
La greffière,
Signé
C. BÉNIS
La République mande et ordonne au ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
C. Bénis
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026