vendredi 12 juillet 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Caen |
| Section | Tribunal Administratif de Caen |
| N° Dossier | TA14-2201390 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Formation | 2ème chambre |
| Avocat requérant | SCP DILLENSCHNEIDER |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés les 13 juin 2022 et 20 novembre 2023, Mme B A, représentée par la SCP Dillenschneider, demande au tribunal :
1°) de condamner la société La Poste à lui verser une indemnité d'un montant de 87 568 euros, majorée des intérêts au taux légal à compter de la date de réception de sa réclamation préalable et de leur capitalisation ;
2°) de mettre à la charge de la société La Poste une somme de 2 500 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Mme A soutient que :
- la responsabilité pour faute de la société La Poste est engagée à raison des illégalités fautives qu'elle a commises à son égard ;
- le comité médical supérieur devait être saisi préalablement à sa mise à la retraite pour invalidité ;
- la société La Poste aurait dû lui faire bénéficier d'un avancement au grade 1.3 compte tenu de la bonne notation dont elle faisait l'objet ainsi que d'un avancement indiciaire ;
- la société La Poste ne l'a pas indemnisée de quarante-six jours de congés payés à hauteur de 4 600 euros ;
- elle a subi un préjudice lié à l'absence de communication de son dossier administratif qui sera évalué à la somme de 500 euros ;
- elle a subi un préjudice lié à l'absence de saisine du comité médical supérieur qui sera évalué à la somme de 1 000 euros ;
- elle a subi un préjudice lié au retard pris par La Poste à régler sa situation administrative qui sera évalué à la somme de 3 000 euros ;
- elle a subi un préjudice de carrière qui sera évalué à la somme de 10 000 euros ;
- elle a subi un préjudice tenant à la perte de remboursements de sommes dues par sa mutuelle en raison de l'absence de transmission par La Poste de certaines pièces, qui sera évalué à la somme de 3 468 euros ;
- elle a subi un préjudice moral qui sera évalué à la somme de 5 000 euros.
Par un mémoire enregistré le 20 octobre 2023, la société La Poste, représentée par la SELARL HMS Avocats, conclut au rejet de la requête et à ce que soit mise à la charge de Mme A une somme de 2 500 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- la requête est irrecevable en l'absence de démonstration de la date de réception de la demande indemnitaire préalable ;
- les conditions d'engagement de la responsabilité pour faute de la société La Poste ne sont pas réunies.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la directive 2003/88/CE du 4 novembre 2003 ;
- la loi n° 84-16 du 11 janvier 1984 ;
- la loi n° 90-568 du 2 juillet 1990 ;
- le décret n° 86-442 du 14 mars 1986 ;
- le décret n° 84-972 du 26 octobre 1984 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Silvani, conseillère ;
- les conclusions de M. Blondel, rapporteur public ;
- et les observations de la SELARL HMS Avocats, avocate de la société La Poste.
Considérant ce qui suit :
1. Mme A a été titularisée le 4 mai 1990 au grade de préposée des services de la distribution et de l'acheminement du service public des postes et télécommunications. Le 4 mai 2005, elle a été nommée au grade d'agent professionnel qualifié de premier niveau (APN1) du corps des agents professionnels qualifiés de la société La Poste. Mme A a été placée en congé de longue maladie du 14 février 2013 au 13 février 2014, puis en congé de longue durée du 14 février 2014 au 2 août 2015, du 10 janvier 2016 au 19 juillet 2018. Elle a ensuite été placée en disponibilité d'office pour raisons de santé du 20 juillet 2018 au 31 octobre 2021. Par une décision du 8 octobre 2021, Mme A a été admise d'office à faire valoir ses droits à la retraite pour invalidité à compter du 1er novembre 2021. Par sa requête, Mme A demande la condamnation de la société La Poste à lui verser une indemnité de 87 568 euros, assortie des intérêts au taux légal et de leur capitalisation, en raison de divers préjudices qu'elle estime avoir subis.
Sur les conclusions indemnitaires :
2. En premier lieu, aux termes de l'article 29 de la loi du 2 juillet 1990 : " Les personnels de La Poste et de France Télécom sont régis par des statuts particuliers, pris en application de la loi n° 83-634 du 13 juillet 1983 portant droits et obligations des fonctionnaires et de la loi n° 84-16 du 11 janvier 1984 portant dispositions statutaires relatives à la fonction publique de l'Etat, qui comportent des dispositions spécifiques dans les conditions prévues aux alinéas ci-après, ainsi qu'à l'article 29-1. () ". Aux termes de l'article 9 du décret du 14 mars 1986 : " Le comité médical supérieur, saisi par l'autorité administrative compétente, soit de son initiative, soit à la demande du fonctionnaire, peut être consulté sur les cas dans lesquels l'avis donné en premier ressort par le comité médical compétent est contesté () ". Aux termes de l'article 42 du même décret : " () Si, au vu du ou des avis prévus ci-dessus, le fonctionnaire est reconnu inapte à exercer ses fonctions, le congé continue à courir ou est renouvelé. Il en est ainsi jusqu'au moment où le fonctionnaire sollicite l'octroi de l'ultime période de congé rétribué à laquelle il peut prétendre. / Le comité médical doit alors, en même temps qu'il se prononce sur la prolongation du congé, donner son avis sur l'aptitude ou l'inaptitude présumée du fonctionnaire à reprendre ses fonctions à l'issue de cette prolongation. () S'il est présumé définitivement inapte, son cas est soumis à la commission de réforme qui se prononce, à l'expiration de la période de congé rémunéré, sur l'application de l'article 47 ci-dessous ". Aux termes de l'article 47 de ce décret : " Le fonctionnaire ne pouvant, à l'expiration de la dernière période de congé de longue maladie ou de longue durée, reprendre son service est soit reclassé dans un autre emploi, en application du décret n° 84-1051 du 30 novembre 1984 pris en application de l'article 63 de la loi n° 84-16 du 11 janvier 1984 portant dispositions statutaires relatives à la fonction publique de l'Etat en vue de faciliter le reclassement des fonctionnaires de l'Etat reconnus inaptes à l'exercice de leurs fonctions, soit mis en disponibilité, soit admis à la retraite après avis de la commission de réforme. () ". Aux termes de l'article 48 de ce décret : " () Le renouvellement de la mise en disponibilité est prononcé après avis du comité médical. Toutefois, lors du dernier renouvellement de la mise en disponibilité, l'avis est donné par la commission de réforme ".
3. Il résulte de ces dispositions que lorsque le fonctionnaire est placé en disponibilité d'office pour raisons de santé, le renouvellement de la mise en disponibilité est prononcé après avis du comité médical et, s'agissant du dernier renouvellement, de la commission de réforme. Si l'avis du comité médical peut être contesté par l'autorité administrative compétente, à son initiative ou à la demande du fonctionnaire, devant le comité médical supérieur, aucune disposition ne prévoit, en revanche, la possibilité de contester l'avis rendu par la commission de réforme sur l'aptitude de l'agent à reprendre ses fonctions au terme du dernier renouvellement de la mise en disponibilité.
4. En l'espèce, il résulte de l'instruction que par un courrier du 26 octobre 2021, la société La Poste a notifié à Mme A la décision du 8 octobre 2021 l'admettant d'office à faire valoir ses droits à la retraite pour invalidité ainsi qu'une copie du procès-verbal de la commission de réforme en date du 23 juin 2021 ayant rendu un avis favorable à son placement en retraite pour invalidité. Par un courrier du 29 novembre 2021, Mme A a indiqué à la société La Poste qu'elle contestait l'avis émis par la commission de réforme le 23 juin 2021. Si la requérante reproche à la société La Poste de ne pas avoir saisi le comité médical supérieur de la contestation qu'elle avait formée contre l'avis de la commission de réforme le 23 juin 2021, il résulte toutefois des principes énoncés aux points 2 et 3 que le comité médical supérieur n'est pas compétent pour connaître d'une contestation formée contre l'avis rendu par la commission de réforme sur l'aptitude de l'agent à reprendre ses fonctions au terme de la dernière période de disponibilité pour raisons de santé. Par suite, la requérante n'est pas fondée à soutenir qu'en ne saisissant pas cette instance, la société La Poste a commis une illégalité fautive ouvrant droit à son profit à réparation.
5. En deuxième lieu, la requérante soutient que son dossier administratif ne lui a pas été communiqué, en dépit de la demande qu'elle en a faite. Toutefois, il résulte de l'instruction, et il n'est pas contesté par la requérante, que, par un courrier du 30 juillet 2019, la société La Poste a indiqué à Mme A qu'elle pouvait accéder à son dossier soit par le biais d'un envoi postal soit sur place. Si la société La Poste indique ne pas avoir été en mesure de lui adresser l'intégralité de son dossier par voie postale eu égard à son caractère volumineux, elle soutient sans être contestée que l'intéressée n'a pas donné suite à sa proposition de consultation du dossier en personne. Dans ces conditions, la requérante n'est pas fondée à soutenir que la société La Poste aurait commis une illégalité fautive en refusant de lui communiquer son dossier administratif.
6. En troisième lieu, aux termes de l'article 50 de la loi du 11 janvier 1984 : " () La disponibilité est prononcée, soit à la demande de l'intéressé, soit d'office à l'expiration des congés prévus aux 2°, 3° et 4° de l'article 34. () ". Aux termes de l'article 34 de cette loi : " Le fonctionnaire en activité a droit : () / 2° A des congés de maladie dont la durée totale peut atteindre un an pendant une période de douze mois consécutifs en cas de maladie dûment constatée mettant l'intéressé dans l'impossibilité d'exercer ses fonctions. () / 3° A des congés de longue maladie d'une durée maximale de trois ans dans les cas où il est constaté que la maladie met l'intéressé dans l'impossibilité d'exercer ses fonctions, rend nécessaire un traitement et des soins prolongés et qu'elle présente un caractère invalidant et de gravité confirmée. Le fonctionnaire conserve l'intégralité de son traitement pendant un an ; le traitement est réduit de moitié pendant les deux années qui suivent. () / 4° A un congé de longue durée, en cas de tuberculose, maladie mentale, affection cancéreuse, poliomyélite ou déficit immunitaire grave et acquis, de trois ans à plein traitement et de deux ans à demi-traitement. Le fonctionnaire conserve ses droits à la totalité du supplément familial de traitement et de l'indemnité de résidence. / Sauf dans le cas où le fonctionnaire ne peut être placé en congé de longue maladie à plein traitement, le congé de longue durée n'est attribué qu'à l'issue de la période rémunérée à plein traitement d'un congé de longue maladie. Cette période est réputée être une période du congé de longue durée accordé pour la même affection. Tout congé attribué par la suite pour cette affection est un congé de longue durée. ". Enfin, aux termes de l'article 48 du décret du 14 mars 1986 : " La mise en disponibilité prévue aux articles 27 et 47 du présent décret est prononcée après avis du conseil médical sur l'inaptitude du fonctionnaire à reprendre ses fonctions. / Elle est accordée ou renouvelée par période de six à douze mois dans la limite de trois ans consécutifs. () / Si, à l'expiration de la dernière période de disponibilité, le fonctionnaire n'a pu bénéficier d'un reclassement, il est, soit réintégré dans son administration s'il est physiquement apte à reprendre ses fonctions, soit, en cas d'inaptitude définitive à l'exercice de tout emploi, admis à la retraite ou, s'il n'a pas droit à pension, licencié ".
7. Il résulte des dispositions précitées qu'à l'expiration de ses droits à congés, l'agent qui ne peut être reclassé dans un autre poste est placé en disponibilité d'office pour raisons de santé après avis du conseil médical sur son aptitude à reprendre ses fonctions, pour une période maximale de trois ans consécutifs.
8. Si la requérante soutient que la société La Poste a tardé à régler sa situation administrative en la maintenant en disponibilité d'office durant trois années, il ne résulte pas de l'instruction que Mme A aurait pu, au cours de cette période, être régulièrement placée dans une autre position administrative, ce que l'intéressée ne soutient au demeurant pas. Dans ces conditions, et alors qu'elle n'établit pas, par ailleurs, le caractère certain et direct du préjudice allégué, la requérante n'est pas fondée à soutenir que la société La Poste a commis une illégalité fautive en la maintenant en disponibilité d'office durant trois ans.
9. En quatrième lieu, si Mme A soutient que la société La Poste a commis une illégalité fautive en la maintenant au grade 1.1 alors qu'elle aurait dû être avancée au grade 1.3 et en s'abstenant d'augmenter son indice, elle n'apporte aucun commencement de preuve au soutien de ses allégations. De même, si la requérante soutient que la société La Poste aurait commis une faute en ne transmettant pas " certains papiers " à sa mutuelle, la privant de remboursements à hauteur de 3 468 euros, elle ne l'établit pas, alors en outre que la société La Poste fait valoir, sans être contestée, qu'elle n'était tenue à aucune obligation à ce titre. Il en résulte que les illégalités fautives alléguées ne sont pas établies.
10. En cinquième lieu, aux termes de l'article 7 de la directive 2003/88/CE du Parlement européen et du Conseil du 4 novembre 2003 : " 1. Les Etats membres prennent les mesures nécessaires pour que tout travailleur bénéficie d'un congé annuel payé d'au moins quatre semaines, conformément aux conditions d'obtention et d'octroi prévues par les législations et/ou pratiques nationales. / 2. La période minimale de congé annuel payé ne peut être remplacée par une indemnité financière, sauf en cas de fin de relation de travail ". Selon la jurisprudence de la Cour de justice de l'Union européenne, ces dispositions font obstacle à ce que le droit au congé annuel payé qu'un travailleur n'a pas pu exercer pendant une certaine période parce qu'il était placé en congé de maladie pendant tout ou partie de cette période s'éteigne à l'expiration de celle-ci. Le droit au report des congés annuels non exercés pour ce motif n'est toutefois pas illimité dans le temps. Si, selon la Cour, la durée de la période de report doit dépasser substantiellement celle de la période au cours de laquelle le droit peut être exercé, pour permettre à l'agent d'exercer effectivement son droit à congé sans perturber le fonctionnement du service, la finalité même du droit au congé annuel payé, qui est de bénéficier d'un temps de repos ainsi que d'un temps de détente et de loisirs, s'oppose à ce qu'un travailleur en incapacité de travail durant plusieurs années consécutives, puisse avoir le droit de cumuler de manière illimitée des droits au congé annuel payé acquis durant cette période.
11. Aux termes de l'article 1er du décret du 26 octobre 1984 : " Tout fonctionnaire de l'Etat en activité a droit, dans les conditions et sous les réserves précisées aux articles ci-après, pour une année de service accompli du 1er janvier au 31 décembre, à un congé annuel d'une durée égale à cinq fois ses obligations hebdomadaires de service. Cette durée est appréciée en nombre de jours effectivement ouvrés ". Aux termes de l'article 5 du même décret : " Le congé dû pour une année de service accompli ne peut se reporter sur l'année suivante, sauf autorisation exceptionnelle donnée par le chef de service. / Un congé non pris ne donne lieu à aucune indemnité compensatrice ". Ces dispositions réglementaires, qui ne prévoient le report des congés non pris au cours d'une année de service qu'à titre exceptionnel, sans réserver le cas des agents qui ont été dans l'impossibilité de prendre leurs congés annuels en raison d'un congé de maladie, sont, dans cette mesure, incompatibles avec les dispositions de l'article 7 de la directive citée au point 10 et, par suite, illégales.
12. En l'absence de dispositions législatives ou réglementaires fixant ainsi une période de report des congés payés qu'un agent s'est trouvé, du fait d'un congé maladie, dans l'impossibilité de prendre au cours d'une année civile donnée, le juge peut en principe considérer, afin d'assurer le respect des dispositions de la directive 2003/88/CE du 4 novembre 2003, que ces congés peuvent être pris au cours d'une période de quinze mois après le terme de cette année. La Cour de justice de l'Union européenne a en effet jugé, dans son arrêt C-214/10 du 22 novembre 2011, qu'une telle durée de quinze mois, substantiellement supérieure à la durée de la période annuelle au cours de laquelle le droit peut être exercé, est compatible avec les dispositions de l'article 7 de la directive. Ce droit au report ou, lorsqu'il est mis fin à la relation de travail, à indemnisation financière, s'exerce toutefois, en l'absence de dispositions sur ce point dans le droit national, dans la limite de quatre semaines par année de référence prévue par cet article 7. La demande est présentée au cours de la période de quinze mois qui suit l'année au titre de laquelle les droits à congé annuels ont été ouverts.
13. Le droit à l'indemnité financière de remplacement des congés annuels non pris doit s'apprécier à la date de la fin de la relation de travail mentionnée à l'article 7 de la directive 2003/88/CE du 4 novembre 2003, soit pour Mme A au 20 juillet 2018, date à laquelle elle a été mise en disponibilité pour raison de santé dès lors que seuls les agents en position d'activité bénéficient de droits à congés. Eu égard au délai de report de quinze mois, qui court à compter de la fin de l'année de référence au titre de laquelle Mme A avait droit à des congés annuels et devait en solliciter le bénéfice, ses droits à congés étaient définitivement perdus à compter du 20 octobre 2019. Il résulte de ce qui précède que la requérante, qui a formé sa demande le 18 février 2022, n'est pas fondée à demander l'indemnisation de quarante-six jours de congés payés dont elle ne précise pas au demeurant la période au titre de laquelle ils se rapportent.
14. En dernier lieu, si Mme A soutient qu'elle a subi un préjudice moral tenant à l'impossibilité qui lui a été faite de reprendre une activité professionnelle à compter de 2019, il ne résulte pas de l'instruction que l'intéressée aurait pu être placée dans une autre position que celle de la disponibilité d'office pour raisons de santé, ainsi qu'il a été dit au point 8. Dans ces conditions, le préjudice moral invoqué par la requérante n'est pas établi.
15. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions indemnitaires présentées par Mme A doivent être rejetées, sans qu'il soit besoin de se prononcer sur leur recevabilité.
Sur les frais liés au litige :
16. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce qu'une somme soit mise à ce titre à la charge de la société La Poste, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance. Il y a lieu, en revanche, dans les circonstances de l'espèce, de condamner Mme A à verser à La Poste la somme de 1 500 euros sur le fondement de ces mêmes dispositions.
D É C I D E :
Article 1er : La requête de Mme A est rejetée.
Article 2 : Mme A versera à La Poste la somme de 1 500 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à Mme B A et à la société La Poste.
Délibéré après l'audience du 27 juin 2024, à laquelle siégeaient :
M. Marchand, président,
Mme Pillais, première conseillère,
Mme Silvani, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 12 juillet 2024.
La rapporteure,
Signé
C. SILVANI
Le président,
Signé
A. MARCHAND La greffière,
Signé
A. D'OLIF
La République mande et ordonne au ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
la greffière,
E. Bloyet
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026