vendredi 28 juin 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Caen |
| Section | Tribunal Administratif de Caen |
| N° Dossier | TA14-2201529 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Formation | 2ème chambre |
| Avocat requérant | GARAY |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 28 juin 2022, la SAS Formapart, représentée par Me Garay, doit être regardée comme demandant au tribunal :
1°) de la décharger, en droits et intérêts de retard, des cotisations supplémentaires d'impôt sur les sociétés auxquelles elle a été assujettie au titre des années 2017, 2018 et 2019 et des rappels de taxe sur la valeur ajoutée auxquels elle a été assujettie au titre de la période comprise entre le 1er janvier 2017 et le 31 décembre 2019 ;
2°) de condamner l'Etat à lui verser une indemnité d'un montant de 1 000 euros en réparation de son préjudice moral ;
3°) de mettre à la charge de l'État une somme de 3 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- la procédure d'imposition est irrégulière, dès lors que la première intervention de l'agent vérificateur dans le cadre de la procédure de vérification de comptabilité a eu lieu le 6 novembre 2020, pendant une période de confinement lié au Covid ;
- le droit de reprise dont bénéficie l'administration est prescrit, s'agissant des impositions supplémentaires établies au titre de l'année 2017 ;
- l'administration fiscale revient illégalement sur la décision créatrice de droits qu'elle a prise le 29 juin 2020 en reconnaissant son droit aux crédits d'impôts innovation au titre des années 2017, 2018 et 2019 qu'elle a accepté de lui restituer et méconnait le principe de sécurité juridique ;
- l'administration fiscale s'est fondée sur une expertise technique de la direction régionale des entreprises, de la concurrence, de la consommation, du travail et de l'emploi (DIRECCTE) d'Ile de France dépourvue de fondement juridique et établie en méconnaissance du contradictoire et signé par une autorité dont la compétence n'est pas établie de sorte que ses droits de la défense au sens de l'article 6 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ont été méconnus ainsi que ses droits civils au sens conventionnel ;
- elle remplit les conditions pour prétendre au crédit d'impôt innovation au titre des années 2017, 2028 et 2019, contrairement à ce qu'affirme la DIRECCTE, tant au regard des dispositions de l'article 244 quater B du code général des impôts que des commentaires administratifs publiés le 13 juillet 2021 au Bulletin officiel des finances publiques (BOFiP)-Impôts sous la référence BOI-BIC-RICI-10-10-10-20 ;
- l'administration fiscale a fait du décret n° 2015-1412 du 4 novembre 2015 une interprétation erronée ;
- l'administration fiscale méconnait l'article 1er du premier protocole additionnel à la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et le principe de prévisibilité de la loi fiscale ;
- l'illégalité commise par l'administration fiscale est de nature à engager la responsabilité de l'Etat qui a causé à la société Formapart un préjudice moral constitué par l'anxiété vécue par ses dirigeants qui doit être réparé par une indemnité de 1 000 euros.
Par des mémoires en défense, enregistrés les 6 janvier et 10 juillet 2023, la directrice du contrôle fiscal Nord conclut au rejet de la requête.
Elle fait valoir que les moyens exposés dans la requête ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le premier protocole additionnel à la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code général des impôts et le livre des procédures fiscales ;
- l'ordonnance n° 2020-306 du 25 mars 2020 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Pillais, première conseillère ;
- et les conclusions de M. Blondel, rapporteur public.
Considérant ce qui suit :
1. La société Formapart, domiciliée à Honfleur (Calvados) et exerçant une activité de " conseil pour les affaires et autres conseils de gestion ", spécialisée dans la facilitation, a fait l'objet d'une vérification de comptabilité initiée en novembre 2020 sur la TVA et l'impôt sur les sociétés au titre des exercices 2017, 2018 et 2019 à la suite de laquelle l'administration a, notamment, remis en cause le bénéfice du crédit d'impôt innovation prévu par le k de l'article 244 quater B du code général des impôts dont la société Formapart a bénéficié et l'a assujettie à des rappels de TVA et d'impôts sur les sociétés au titre des exercices clos en 2017, 2018 et 2019 qui ont été mis en recouvrement le 19 octobre 2021. Par la présente requête, elle demande la décharge en droits et intérêts de retard de ces cotisations d'impositions supplémentaires auxquelles elle a été assujettie pour un montant de 148 376 euros et la condamnation de l'Etat à l'indemniser du préjudice moral qu'elle subit du fait de l'illégalité fautive commise par l'administration fiscale.
Sur les conclusions aux fins de décharge :
En ce qui concerne la régularité de la procédure d'imposition :
2. En premier lieu, la circonstance que, dans le cadre de la procédure de vérification de comptabilité, la première intervention de l'agent vérificateur a eu lieu le 6 novembre 2020, pendant une période de confinement liée au Covid, est, en tant que telle, sans influence sur la régularité de la procédure de vérification.
3. En deuxième lieu, aux termes de l'article L. 168 du livre des procédures fiscales, dans sa version applicable à l'espèce : " Les omissions totales ou partielles constatées dans l'assiette de l'impôt, les insuffisances, les inexactitudes ou les erreurs d'imposition peuvent être réparées par l'administration des impôts ou par l'administration des douanes et droits indirects, selon le cas, dans les conditions et dans les délais prévus aux articles L. 169 à L. 189, sauf dispositions contraires du code général des impôts ".
4. Il résulte des dispositions précitées que l'intervention d'une décision de remboursement d'un crédit d'impôt ne fait pas obstacle, lorsque l'administration estime ultérieurement avoir consenti un tel remboursement à tort, à ce que celle-ci émette, dans le délai de reprise ainsi prévu, un titre en vue de procéder au recouvrement des impositions qu'elle entend rétablir. Par suite, contrairement à ce que soutient la société Formapart, l'administration fiscale a pu légalement remettre à sa charge, dans le délai de reprise, sans que lui soit opposable la règle générale relative au délai de retrait des actes administratifs individuels créateurs de droit, les impositions dont elle avait auparavant prononcé le remboursement et, ainsi, réparer l'erreur qu'elle estimait avoir commise. En procédant ainsi, l'administration, à qui il appartient d'établir et de mettre en recouvrement les impositions prévues par la loi, dans le respect des règles de procédure, n'a pas méconnu le principe de sécurité juridique ni le principe de prévisibilité de la loi fiscale.
5. En troisième lieu, aux termes de l'article 1er du premier protocole additionnel à la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " Toute personne physique ou morale a droit au respect de ses biens. Nul ne peut être privé de sa propriété que pour cause d'utilité publique et dans les conditions prévues par la loi et les principes généraux du droit international. / Les dispositions précédentes ne portent pas atteinte au droit que possèdent les Etats de mettre en vigueur les lois qu'ils jugent nécessaires pour réglementer l'usage des biens conformément à l'intérêt général ou pour assurer le paiement des impôts ou d'autres contributions ou des amendes ".
6. Il résulte des termes mêmes de cet article que le droit au respect de ses biens reconnu à toute personne physique ou morale ne porte pas atteinte au droit de chaque Etat partie au protocole additionnel de mettre en œuvre les lois qu'il juge nécessaires pour assurer le paiement des impôts. Il s'ensuit que la circonstance que, dans le respect du délai de reprise fixé par la loi, l'administration rapporte une décision de remboursement qu'elle estime erronée et remette l'imposition en cause à la charge du contribuable ne saurait être regardée comme portant atteinte au respect des biens au sens de l'article 1er de ce protocole. Ainsi, le moyen tiré par la société requérante de la méconnaissance de ces stipulations doit être écarté.
7. En quatrième lieu, la circonstance que l'administration a saisi pour avis les services de la direction régionale des entreprises, de la concurrence, de la consommation, du travail et de l'emploi d'Ile-de-France alors qu'aucun texte ne prévoit expressément qu'ils puissent se prononcer sur l'éligibilité de dépenses au crédit d'impôt innovation est sans influence sur la régularité de la procédure d'imposition. Il en va de même, à plus forte raison, de la circonstance que le rapport établi par ces services serait entaché d'incompétence.
8. En dernier lieu, si la société requérante soutient que le rapport mentionné au point précédent n'a pas été établi de manière contradictoire, en méconnaissance de l'article 6 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, elle ne peut utilement se prévaloir des stipulations de cet article, dès lors qu'elles ne sont applicables qu'en matière pénale ou en cas de contestations sur des droits et obligations à caractère civil.
En ce qui concerne la prescription du droit de reprise de l'administration :
9. Aux termes de l'article L. 169 du livre des procédures fiscales, dans sa version applicable à l'espèce : " Pour () l'impôt sur les sociétés, le droit de reprise de l'administration des impôts s'exerce jusqu'à la fin de la troisième année qui suit celle au titre de laquelle l'imposition est due () ". Aux termes de l'article L. 176 du même livre : " Pour les taxes sur le chiffre d'affaires, le droit de reprise de l'administration s'exerce jusqu'à la fin de la troisième année suivant celle au cours de laquelle la taxe est devenue exigible conformément aux dispositions du 2 de l'article 269 du code général des impôts () ". Aux termes de son article L. 189 : " La prescription est interrompue par la notification d'une proposition de rectification, par la déclaration ou la notification d'un procès-verbal, de même que par tout acte comportant reconnaissance de la part des contribuables et par tous les autres actes interruptifs de droit commun () ". Aux termes de l'article 10 de l'ordonnance n° 2020-306 du 25 mars 2020 : " I.- Sont suspendus à compter du 12 mars 2020 et jusqu'au 23 août 2020 inclus et ne courent qu'à compter de cette dernière date, s'agissant de ceux qui auraient commencé à courir pendant la période précitée, les délais : 1° Accordés à l'administration pour réparer les omissions totales ou partielles constatées dans l'assiette de l'impôt, les insuffisances, les inexactitudes ou les erreurs d'imposition et appliquer les intérêts de retard et les sanctions en application des articles L. 168 à L. 189 du livre des procédures fiscales ou de l'article 354 du code des douanes lorsque la prescription est acquise au 31 décembre 2020 ; 2° Accordés à l'administration ou à toute personne ou entité et prévus par les dispositions du titre II des première, deuxième et troisième parties du livre des procédures fiscales, à l'exception des délais de prescription prévus par les articles L. 168 à L. 189 du même livre, par les dispositions de l'article L. 198 A du même livre en matière d'instruction sur place des demandes de remboursement de crédits de taxe sur la valeur ajoutée ainsi que par les dispositions de l'article 67 D du code des douanes ; () ".
10. Il résulte de la combinaison des dispositions précitées que le délai de reprise dont disposait l'administration concernant l'impôt sur les sociétés et la taxe sur la valeur ajoutée au titre de l'année 2017, qui expirait initialement le 31 décembre 2020, a été suspendu à compter du 12 mars 2020 et jusqu'au 23 août 2020, pour une durée égale à la durée juridiquement protégée de cent soixante-cinq jours de sorte que l'administration disposait d'un délai courant jusqu'au 14 juin 2021 pour contrôler l'exercice clos 2017 et notifier une proposition de rectification au titre de l'impôt sur les sociétés et de la TVA pour 2017. Il s'ensuit que le moyen tiré de la tardiveté de l'exercice du droit de reprise s'agissant des impositions établies au titre de l'année 2017 doit être écarté.
En ce qui concerne le bien-fondé des impositions :
S'agissant de la loi fiscale :
11. Aux termes des dispositions de l'article 244 quater B du code général des impôts applicables à l'espèce : " I. - Les entreprises industrielles et commerciales ou agricoles imposées d'après leur bénéfice réel ou exonérées en application des articles 44 sexies, 44 sexies A, 44 octies A, 44 duodecies, 44 terdecies à 44 septdecies peuvent bénéficier d'un crédit d'impôt au titre des dépenses de recherche qu'elles exposent au cours de l'année. () / ( ) II. - Les dépenses de recherche ouvrant droit au crédit d'impôt sont : a) Les dotations aux amortissements des immobilisations, créées ou acquises à l'état neuf et affectées directement à la réalisation d'opérations de recherche scientifique et technique, y compris la réalisation d'opérations de conception de prototypes ou d'installations pilotes. Toutefois, les dotations aux amortissements des immeubles acquis ou achevés avant le 1er janvier 1991 ainsi que celles des immeubles dont le permis de construire a été délivré avant le 1er janvier 1991 ne sont pas prises en compte ; () k) () les dépenses exposées par les entreprises qui satisfont à la définition des micro, petites et moyennes entreprises donnée à l'annexe I au règlement (UE) n° 651/2014 de la Commission du 17 juin 2014 déclarant certaines catégories d'aides compatibles avec le marché intérieur en application des articles 107 et 108 du traité et définies comme suit : 1° Les dotations aux amortissements des immobilisations créées ou acquises à l'état neuf et affectées directement à la réalisation d'opérations de conception de prototypes ou installations pilotes de nouveaux produits autres que les prototypes et installations pilotes mentionnés au a ; 2° Les dépenses de personnel directement et exclusivement affecté à la réalisation des opérations mentionnées au 1° ; 3° Les autres dépenses de fonctionnement exposées à raison des opérations mentionnées au 1° ; ces dépenses sont fixées forfaitairement à la somme de 75 % des dotations aux amortissements mentionnées au 1° et de 43 % des dépenses de personnel mentionnées au 2° ; 4° Les dotations aux amortissements, les frais de prise et de maintenance de brevets et de certificats d'obtention végétale ainsi que les frais de dépôt de dessins et modèles relatifs aux opérations mentionnées au 1° ; 5° Les frais de défense de brevets, de certificats d'obtention végétale, de dessins et modèles relatifs aux opérations mentionnées au 1° ; 6° Les dépenses exposées pour la réalisation d'opérations mentionnées au 1° confiées à des entreprises ou des bureaux d'études et d'ingénierie agréés selon des modalités prévues par décret. / Les dépenses mentionnées aux 1° à 6° entrent dans la base de calcul du crédit d'impôt recherche dans la limite globale de 400 000 € par an ./ Pour l'application du présent k, est considéré comme nouveau produit un bien corporel ou incorporel qui satisfait aux deux conditions cumulatives suivantes : - il n'est pas encore mis à disposition sur le marché ; - il se distingue des produits existants ou précédents par des performances supérieures sur le plan technique, de l'écoconception, de l'ergonomie ou de ses fonctionnalités. / Le prototype ou l'installation pilote d'un nouveau produit est un bien qui n'est pas destiné à être mis sur le marché mais à être utilisé comme modèle pour la réalisation d'un nouveau produit () ".
12. Il appartient au juge de l'impôt d'apprécier au terme de son instruction si le contribuable remplit les conditions pour bénéficier du crédit d'impôt recherche institué par l'article 244 quater B du code général des impôts.
13. Il résulte de l'instruction et en particulier du dossier de présentation du projet de la société Formapart, dénommé " Formasoft ", que celui-ci, démarré en 2016, consiste en " un nouveau produit incorporel : la facilitation à distance ", que la société a décidé entre 2017 et 2019 de réorienter ses travaux en s'éloignant de l'édition d'un logiciel pour définir une plateforme de facilitation en ligne mettant en synergie les diverses fonctionnalités disponibles sur le marché pour permettre de créer des dynamiques de groupe à distance et mettre en œuvre son service de facilitation à distance. Il en résulte que l'administration fiscale est fondée à contester l'éligibilité au crédit d'impôt recherche des dépenses réalisées en 2017, 2018 et 2019 par la société Formapart pour la conduite de son projet " Formasoft " dès lors que la société n'a pas orienté ses dépenses vers la conception d'un nouveau bien, comme l'aurait été un logiciel, mais vers la conception d'un nouveau service sur la base d'outils déjà disponibles, qui ne répond dès lors pas aux critères d'éligibilité du crédit d'impôt précisés au k de l'article 244 quater B du code général des impôts précité, qui n'ouvre le crédit d'impôt qu'aux seules innovations de biens à l'exclusion des innovations de services. La circonstance que la société ait bénéficié d'un prêt par la banque publique d'investissement est, à cet égard, sans incidence sur la qualification du projet concerné et des dépenses afférentes au regard de l'article 244 quater B du code général des impôts.
14. La circonstance que l'administration fiscale aurait fait du décret n°2015-1412 du 4 novembre 2015 une interprétation erronée est, en tant que telle, sans incidence sur le bien-fondé des impositions.
S'agissant de l'interprétation administrative de la loi fiscale :
15. La société requérante ne peut utilement se prévaloir des commentaires administratifs publiés le 13 juillet 2021 au BOFiP-Impôts sous la référence BOI-BIC-RICI-10-10-10-20 qui concernent la définition des activités de recherche et développement éligibles au crédit d'impôt alors que le litige porte sur l'éligibilité au crédit d'impôt de certaines dépenses d'innovation réalisées par des petites et moyennes entreprises.
16. Il résulte de tout ce qui précède que la société Formapart n'est pas fondée à demander la décharge, en droits et intérêts de retard, des impositions contestées et qu'elle n'est pas non plus fondée à se prévaloir d'une faute commise par l'administration fiscale. Il s'ensuit que ses conclusions à fins de décharge et d'indemnisation de la requête doivent être rejetées ainsi que, par voie de conséquence, celles présentées sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de la société formapart est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à la société Formapart et à la directrice du contrôle fiscal Nord.
Délibéré après l'audience du 13 juin 2024, à laquelle siégeaient :
M. Marchand, président,
Mme Pillais, première conseillère,
Mme Silvani, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 28 juin 2024.
La rapporteure,
Signé
M. PILLAIS
Le président,
Signé
A. MARCHANDLe greffier,
Signé
J. LOUNIS
La République mande et ordonne au ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Le greffier,
J. Lounis
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026