vendredi 31 mai 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Caen |
| Section | Tribunal Administratif de Caen |
| N° Dossier | TA14-2201713 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Formation | 2ème chambre |
| Avocat requérant | BONTOUX AVOCAT |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 18 juillet 2022, Mme C D et M. B A, représentés par la SELARLU Bontoux avocat, doivent être regardés comme demandant au tribunal :
1°) de prononcer la réduction des cotisations primitives d'impôt sur le revenu auxquelles ils ont été assujettis au titre des années 2019 et 2020, à concurrence des bénéfices non commerciaux qu'ils ont réalisés à compter du 14 octobre 2019 ;
2°) de mettre à la charge de l'État une somme au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Ils soutiennent que :
- ils peuvent prétendre au bénéfice d'une exonération d'impôt sur le revenu en application des dispositions de l'article 44 quindecies du code général des impôts et des paragraphes 160 et 190 des commentaires administratifs publiés le 4 septembre 2019 au Bulletin officiel des finances publiques (BOFiP) - Impôts sous la référence BOI-BIC-CHAMP-80-10-70-20 dès lors que la commune d'Argentan a été classée en zone de revitalisation rurale à compter du 1er juillet 2017 et qu'ils ont transféré leur activité médicale dans un pôle santé de la commune le 14 octobre 2019 ;
- l'administration fiscale a méconnu le principe d'égalité dès lors que des médecins ayant procédé à des transferts de cabinets comparables ont bénéficié de rescrits favorables à cette exonération.
Par un mémoire en défense, enregistré le 19 octobre 2022, le directeur départemental des finances publiques du Calvados conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que les moyens exposés dans la requête ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code général des impôts et le livre des procédures fiscales ;
- l'arrêté du 16 mars 2017 constatant le classement de communes en zone de revitalisation rurale ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Pillais, première conseillère ;
- et les conclusions de M. Blondel, rapporteur public.
Considérant ce qui suit :
1. Mme D et M. A font partie du même foyer fiscal et exercent leur activité professionnelle de médecins libéraux à Argentan (Orne) depuis les années 1990. Ils ont déménagé leurs cabinets médicaux au sein d'une maison médicale également située à Argentan le 14 octobre 2019. Par un arrêté du 16 mars 2017, la commune d'Argentan a été classée en zone de revitalisation rurale (ZRR) à compter du 1er juillet 2017. Le 3 janvier 2022, Mme D et M. A ont saisi l'administration fiscale d'une réclamation contentieuse tendant à bénéficier de l'exonération en faveur des entreprises implantées en ZRR à compter du transfert de leur activité et à la décharge des cotisations d'impôt sur le revenu assises sur les bénéfices non commerciaux réalisés depuis le 14 octobre 2019 au titre des années 2019 et 2020. Par une décision du 17 mai 2022, l'administration fiscale a rejeté leur réclamation. Par la présente requête, Mme D et M. A demandent la décharge des cotisations objet de leur demande préalable.
2. En premier lieu, aux termes de l'article 44 quindecies du code général des impôts dans sa version applicable à l'espèce : " I. - Dans les zones de revitalisation rurale mentionnées à l'article 1465 A, les entreprises qui sont créées ou reprises entre le 1er janvier 2011 et le 31 décembre 2020, soumises de plein droit ou sur option à un régime réel d'imposition de leurs résultats et qui exercent une activité industrielle, commerciale, artisanale au sens de l'article 34 ou professionnelle au sens du 1 de l'article 92, sont exonérées d'impôt sur le revenu ou d'impôt sur les sociétés à raison des bénéfices réalisés, à l'exclusion des plus-values constatées lors de la réévaluation des éléments d'actif, jusqu'au terme du cinquante-neuvième mois suivant celui de leur création ou de leur reprise et déclarés selon les modalités prévues à l'article 53 A./ () / Les bénéfices ne sont soumis à l'impôt sur le revenu ou à l'impôt sur les sociétés que pour le quart, la moitié ou les trois quarts de leur montant selon qu'ils sont réalisés respectivement au cours de la première, de la deuxième ou de la troisième période de douze mois suivant cette période d'exonération. () / III. - () / L'exonération ne s'applique pas aux créations et aux reprises d'activités dans les zones de revitalisation rurale mentionnées au I consécutives au transfert, à la concentration ou à la restructuration d'activités précédemment exercées dans ces zones, sauf pour la durée restant à courir si l'activité reprise ou transférée bénéficie ou a bénéficié de l'exonération prévue au présent article. /() ".
3. Il résulte de ces dispositions que l'exonération instituée à l'article 44 quindecies du code général des impôts, qui n'a pas pour objet de subventionner des activités existantes, mais d'encourager, dans les zones de revitalisation rurale, la création de nouvelles activités ou la reprise d'activités existantes, ne peut être ouverte à une entreprise créée ou ayant commencé son activité avant que la commune dans laquelle cette activité est exercée ait été classée en zone de revitalisation rurale, au sens de l'article 1465 A du code général des impôts, c'est-à-dire avant la date à laquelle les ministres ont décidé de faire prendre ses effets de droit au classement qu'il leur appartient d'établir.
4. Il résulte de l'instruction que Mme D et M. A exerçaient déjà leur activité dans la commune d'Argentan quand, par arrêté du 16 mars 2017 prenant effet au 1er juillet 2017, la commune a été classée en zone de revitalisation rurale. Dans ces conditions, et alors même que les contribuables ont intégré le pôle santé après la prise d'effet de l'arrêté, c'est à juste titre que l'administration fiscale leur a refusé le bénéfice de l'exonération au titre des activités exercées dans une zone de revitalisation rurale.
5. En deuxième lieu, Mme D et M. A ne peuvent utilement se prévaloir des paragraphe 160 et 190 des commentaires administratifs publiés le 4 septembre 2019 au Bulletin officiel des finances publiques (BOFiP) - Impôts sous la référence BOI-BIC-CHAMP-80-10-70-20, qui ne rajoutent rien à la loi fiscale.
6. En troisième lieu, peuvent se prévaloir de la garantie prévue à l'article L. 80 B du livre des procédures fiscales pour faire échec à l'application de la loi fiscale les contribuables qui se trouvent dans la situation de fait sur laquelle l'appréciation invoquée a été portée ainsi que les contribuables qui, à la date de la prise de position de l'administration, ont été partie à l'acte ou ont participé à l'opération qui a donné naissance à cette situation sans que les autres contribuables puissent utilement invoquer une rupture à leur détriment du principe d'égalité.
7. En l'espèce, il résulte de ce qui a été dit au point 6 que Mme D et M. A ne peuvent utilement invoquer une rupture d'égalité à leur détriment en se prévalant de la garantie instituée par l'article L. 80 B du livre des procédures fiscales concernant des prises de position formelles de l'administration fiscale en faveur de l'exonération appliquée à d'autres médecins qui ont transféré leur cabinet dans des ZRR.
8. Il résulte de ce qui précède que Mme D et M. A ne sont pas fondés à demander la réduction des cotisations primitives d'impôt sur le revenu auxquelles ils ont été assujettis au titre des années 2019 et 2020.
9. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions à fin de réduction des cotisations d'impôt sur le revenu doivent être rejetées ainsi que, par voie de conséquence, celles présentées au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de Mme D et M. A est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme C D, à M. B A et au directeur départemental des finances publiques du Calvados.
Délibéré après l'audience du 16 mai 2024, à laquelle siégeaient :
M. Marchand, président,
Mme Pillais, première conseillère,
Mme Silvani, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 31 mai 2024.
La rapporteure,
Signé
M. PILLAIS
Le président,
Signé
A. MARCHANDLa greffière
Signé
A. D'OLIF
La République mande et ordonne au ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Le greffier,
J. Lounis
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026