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AccueilJurisprudence administrativeN° TA14-2202433

Tribunal Administratif de Caen — Décision N° TA14-2202433

lundi 12 février 2024

JuridictionTribunal Administratif de Caen
SectionTribunal Administratif de Caen
N° DossierTA14-2202433
TypeDécision
RecoursPlein contentieux
Formation3ème Chambre
Avocat requérantRODIER & HODE

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et un mémoire, enregistrés le 27 octobre 2022 et le 10 juillet 2023, le département du Calvados, représenté par Me Gorand, demande au tribunal :

1°) de condamner la société Colas Ile-de-France Normandie à lui verser la somme de 204 115,20 euros toutes taxes comprises, augmentée des intérêts au taux légal et de leur capitalisation, au titre des travaux de reprise des désordres affectant la chaussée des routes départementales n° 304 et 77 au niveau de la traversée de la commune de Noues de Sienne ;

2°) de condamner la société Colas à lui verser la somme de 6 690,34 euros toutes taxes comprises en remboursement des frais et honoraires de l'expertise judiciaire, liquidés et taxés par ordonnance du tribunal administratif de Caen du 2 juin 2021 ;

3°) de mettre à la charge de la société Colas la somme de 7 533,03 euros toutes taxes comprises sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

- la responsabilité de la société Colas, titulaire du marché de travaux, est engagée, sur le fondement de la garantie décennale, en raison des désordres apparus à compter de 2017 sur la voirie, sous la forme de faïençage et d'affaissement de la chaussée sur une superficie d'environ 808 m2 ; leur ampleur et leur caractère évolutif rendent l'ouvrage impropre à sa destination et de nature à porter atteinte à sa solidité ;

- la société Colas avait une obligation de conseil et le cahier des clauses techniques particulières lui imposait la reconnaissance des supports ; la faculté qu'avait le maitre d'ouvrage de réaliser des études préalables ne dispensait en aucun cas la société Colas de s'assurer de la compatibilité du revêtement de la chaussée avec le sous-sol ;

- le montant des travaux de reprise s'élève à la somme de 204 115,20 euros toutes taxes comprises ; les désordres affectant la chaussée sont intégralement imputables à la société Colas ;

- la somme réclamée au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative comprend les honoraires d'avocats exposés pour les opérations d'expertise, soit la somme de 5 533,02 euros.

Par un mémoire enregistré le 12 avril 2023, la société Colas Ile-de-France Normandie, représentée par Me Rodier, conclut au rejet de la requête, subsidiairement à ce que sa responsabilité soit limitée à 20 % et sa condamnation à la somme maximale de 22 826,88 euros hors taxes et à ce que la somme de 4 000 euros soit mise à la charge du département du Calvados au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

- sa responsabilité ne saurait être recherchée au titre de la garantie décennale dès lors que les désordres constatés ont pour origine un défaut de conception lors de la définition du programme des travaux ; le département du Calvados, en qualité de maître d'œuvre, est seul responsable des désordres ;

- subsidiairement, sa part de responsabilité ne saurait excéder 20 % ;

- le devis de la société Jones TP porte sur une surface de 3 930 m² alors que le marché de travaux portait sur une surface totale de 2 636 m2 ; à défaut pour le département de justifier l'existence d'une surface supplémentaire et de la nécessité de la reprendre, le devis doit être réduit à due proportion ; en outre, le coût de réfection de la structure de la voirie doit rester à la charge du maître d'ouvrage.

Vu :

- l'ordonnance du 2 juin 2021 du vice-président du tribunal portant liquidation et de taxation des frais et honoraires d'expertise ;

- les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de la commande publique ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme Sénécal,

- les conclusions de Mme A,

- et les observations de Me Sanson, représentant le département du Calvados.

Considérant ce qui suit :

1. Par un acte d'engagement du 19 juin 2014, le département du Calvados et la commune de Courson, devenue commune de Noues de Sienne, constitués en un groupement de commande, ont conclu avec la société Colas Ile-de-France Normandie un marché public, un montant de 55 649,74 euros, pour la réalisation de travaux d'aménagement de la traverse du bourg sur les routes départementales nos 304 et 77. Les travaux ont été réceptionnés sans réserve le 5 janvier 2015, la date retenue pour l'achèvement des travaux étant fixée au 2 septembre 2014 pour la tranche ferme et au 2 août 2014 pour la tranche conditionnelle. Par un courrier du 19 décembre 2017, le département a informé la société Colas avoir constaté deux types de désordres, plus particulièrement l'apparition de faïençage sur les deux rives le long des caniveaux et l'affaissement de la couche de roulement dans l'axe de la chaussée juste avant le plateau, entraînant la formation d'un important nid de poule. La société Colas ayant décliné toute responsabilité dans l'apparition de ces désordres, le département du Calvados a saisi le juge des référés du tribunal administratif qui, par une ordonnance du 15 mars 2019, a ordonné une expertise. L'expert désigné a déposé son rapport le 22 mai 2021. Le département du Calvados demande au tribunal de condamner la société Colas à l'indemniser des préjudices subis du fait des désordres affectant la chaussée des routes départementales nos 304 et 77 au niveau de la traversée de la commune de Noues de Sienne.

Sur les conclusions à fin de condamnation :

En ce qui concerne la responsabilité de la société Colas Ile-de-France Normandie :

2. Il résulte des principes qui régissent la garantie décennale des constructeurs que des désordres apparus dans le délai d'épreuve de dix ans, de nature à compromettre la solidité de l'ouvrage ou à le rendre impropre à sa destination dans un délai prévisible, engagent leur responsabilité, même s'ils ne se sont pas révélés dans toute leur étendue avant l'expiration du délai de dix ans. Cette garantie est due par les constructeurs, en l'absence même de faute imputable à ces derniers, dès lors que les désordres peuvent être regardés comme leur étant imputables au titre des missions qui leur ont été confiées par le maître de l'ouvrage. Est notamment réputé constructeur de l'ouvrage tout architecte, entrepreneur, technicien ou autre personne liée au maître de l'ouvrage par un contrat de louage d'ouvrage. Le constructeur ou le fabricant dont la responsabilité est recherchée en application desdits principes n'est fondé à se prévaloir vis-à-vis du maître de l'ouvrage de l'imputabilité à un autre constructeur cocontractant du maître de l'ouvrage, de tout ou partie des désordres litigieux, et à demander, en conséquence, que sa responsabilité soit écartée ou limitée que dans la mesure où ces désordres ou cette partie des désordres ne lui sont pas également imputables. Les constructeurs ne peuvent s'exonérer de cette responsabilité présumée qu'en prouvant que les désordres proviennent d'une cause étrangère à leur intervention ou relèvent, en tout ou partie, d'un cas de force majeure ou d'une faute du maître de l'ouvrage.

3. Il résulte de l'instruction, en particulier du rapport d'expertise, que les désordres constatés se manifestent par un faïençage de la voirie et un affaissement de la chaussée des routes départementales nos 304 et 77, désordres qui rendent l'ouvrage impropre à sa destination et sont de nature à porter atteinte à sa solidité en raison de leur ampleur et leur caractère évolutif. Il résulte du rapport du laboratoire CBTP du 19 janvier 2021, qui a procédé à des carottages et une étude de dimensionnement de la chaussée, que l'épaisseur de la couche de forme en matériau granulaire n'est pas assez importante compte tenu des matériaux rencontrés en arase et alors que les sols sont fins et sensibles à l'eau avec un niveau de portance qui peut être variable au cours de l'année en fonction de l'hygrométrie des matériaux. Le laboratoire CBTP a également relevé qu'aucune couche d'assise en grave bitume n'avait été réalisée, alors qu'elle est nécessaire pour la structure de chaussée, que la structure de chaussée théorique est sous-dimensionnée et que l'épaisseur moyenne d'enrobé en place est largement inférieure à l'épaisseur nécessaire. Il conclut que la combinaison de ces éléments avec des périodes de gel et sous l'effet du trafic a pu amplifier et accélérer la dégradation de la plateforme, la couche de roulement en enrobé apportant une protection thermique quasi nulle. Il résulte de l'ensemble de ces éléments que les désordres constatés ont pour origine un support qui n'est pas apte à la remise en état de la chaussée, une absence de couche d'assise en grave bitume ainsi qu'une épaisseur d'enrobé insuffisante.

4. Il résulte également de l'instruction qu'en application de l'article 1.2.2 du cahier des clauses techniques particulières, les travaux à réaliser par le titulaire du marché public consistaient en l'élargissement ponctuel de chaussée, la réalisation des reprofilages de chaussée, de trois portes d'entrée d'agglomération, de purges de chaussée, du tapis général et de la signalisation de chantier. L'élargissement ponctuel de chaussée comprenait la réalisation de terrassements sur 74 centimètres d'épaisseur, un compactage du fond de forme, la fourniture et la mise en place d'un géotextile, l'emploi de grave non traitée 0/120 (R4 ou R6) sur 50 centimètres d'épaisseur, l'emploi de grave non traitée 0/31,5 (GNT2) sur 10 centimètres d'épaisseur, l'imprégnation, l'emploi de grave bitume 0/14 (classe III) sur 9 centimètres d'épaisseur et une couche d'accrochage pour tapis final. La réalisation des reprofilages de chaussée était prescrite en grave bitume 0/14 (classe III). S'agissant de la réalisation de trois portes d'entrée d'agglomération, le constructeur devait réaliser les terrassements sur 20 centimètres d'épaisseur, compacter le fond de forme, fournir et poser des bordures T2 ainsi qu'un géotextile, employer de la grave non traitée 0/31,5 (GNT2) sur 20 centimètres d'épaisseur, procéder à l'imprégnation, fournir et poser les tuyaux ciment de diamètre 400 avec tête de sécurité et réaliser un bicouche rouge. Quant à la réalisation des purges de chaussée, elle était prescrite en grave bitume 0/14 sur 17 centimètres d'épaisseur et impliquait la réalisation du tapis général, en béton bitumineux semi-grenu 0/10 (classe II). L'article 2.1 du cahier des clauses techniques particulières précise, en outre, que le titulaire du marché est responsable de la qualité des granulats fournis et s'engage sur les caractéristiques figurant sur les fiches techniques produit jointes aux études de formulation et de performances mécaniques des enrobés. Aux termes de l'article 3.6 du cahier des clauses techniques particulières relatif aux opérations préalables et annexes : " 3.6.1 Reconnaissance du support : L'entrepreneur est tenu, avant tout début des travaux de procéder à la reconnaissance du support et d'en informer au moins cinq jours avant le début des travaux des défectuosités rencontrées. / 3.6.2 Purges : Sur toute partie de chaussée de consistance insuffisante, qu'elle soit décelée par le maître d'œuvre ou l'entrepreneur, il est effectué une purge de chaussée, après accord du maître d'œuvre dans le second cas. / Les purges sont exécutées par chaussée. La purge, son comblement et le compactage des matériaux correspondant, doivent être exécutés dans la même journée ". En application de l'article 3.7 du même cahier des charges, la mise en œuvre des graves bitumes et enrobés doivent satisfaire aux dispositions de l'article 4-14 de la NF P 98-150.

5. D'une part, il résulte de ces stipulations, en particulier de la lecture combinée des articles 1.2.2 et 3.6.1 du cahier des clauses techniques particulières, qu'il appartenait à la société Colas, au titre des opérations préalables et annexes, de procéder à la reconnaissance du support avant tout début des travaux et d'alerter le maître d'œuvre des défectuosités rencontrées afin d'envisager d'exécuter une purge de chaussée. Or, il est constant qu'aucune remarque n'a été formulée par la société Colas à propos du support. Il ne résulte pas davantage de l'instruction que de telles défectuosités tenant au défaut de consistance du support n'étaient pas décelables pour un homme de l'art et auraient nécessité de réaliser une étude de structure préalable. Par ailleurs, en vertu de l'article 1.2.2 du cahier des clauses techniques particulières, il lui incombait de réaliser une couche d'assise en grave bitume dans le cadre des travaux d'élargissement ponctuel de chaussée. Enfin, la mise en œuvre d'enrobés, conformément aux stipulations de l'article 3.7 du cahier des clauses techniques particulières, lui était également confiée. Il résulte de l'ensemble de ces éléments que les désordres constatés, mentionnés au point 3 du présent jugement, ont pour origine un défaut d'exécution imputable à la société Colas en charge des travaux litigieux.

6. D'autre part, contrairement à ce que soutient la société Colas, il ne résulte pas de l'instruction que les désordres constatés auraient pour origine un défaut de conception imputable au département du Calvados, en sa qualité de maître d'œuvre, la société Colas, spécialisée dans la construction et l'entretien des infrastructures de transport, devant, selon les termes du marché qu'elle a conclu, s'assurer, avant la réalisation des travaux, de la compatibilité du revêtement de la chaussée avec le sous-sol et, en cas de difficulté, en informer le maître d'œuvre. Dans ces conditions, la société Colas ne saurait invoquer la faute du maître d'œuvre pour s'exonérer, même partiellement, de sa responsabilité.

7. Le département du Calvados est fondé à engager la responsabilité décennale de la société Colas à raison des désordres affectant la chaussée des routes départementales nos 304 et 77.

En ce qui concerne les préjudices :

8. Il résulte de l'instruction, en particulier du rapport d'expertise et de l'étude de dimensionnement de la chaussée du 19 janvier 2021 du laboratoire CBTP, que la reprise des désordres implique de procéder au décaissement de la voirie, de 14 centimètres sur la chaussée de la route départementale n° 304 Sud et de 16 centimètres sur le route n° 77 Sud ainsi qu'à la réfection des ouvrages, impliquant la réalisation d'une couche d'assise en grave bitume puis d'une couche de roulement en béton bitumineux semi-grenu, la chaussée de la route départementale n° 304 Nord devant être constituée d'une structure de chaussée de vingt-deux centimètres et d'une couche de forme d'une épaisseur minimale de quarante centimètres sur géotextile ou de cinquante centimètres sans géotextile avec des matériaux de qualité insensible à l'eau et non gélive. Il résulte du rapport d'expertise que le montant des travaux nécessaires pour remédier aux désordres s'élèvent à la somme de 204 115,20 euros, montant résultant d'un devis établi à l'occasion des opérations d'expertise et sur lequel les parties ont, d'ailleurs, manifesté leur accord. Si la société Colas fait valoir que ce devis retient une surface supplémentaire de réfection de 1 294 m2, il ne résulte pas de l'instruction que la surface retenue dans le devis soit erronée, notamment au regard du dernier relevé des désordres établi le 20 novembre 2019. Il ne résulte pas davantage de l'instruction que le coût des études sur le dimensionnement de la voirie, études nécessaires à la réfection de l'ouvrage pour déterminer les travaux de reprise adaptés, entraînerait un enrichissement sans cause du maître de l'ouvrage. En tout état de cause, le devis d'un montant de 204 115,20 euros ne comporte aucun poste relatif à ces études préalables. Dans ces conditions, le préjudice subi par le département du Calvados au titre de la réparation des désordres doit être fixé à la somme de 204 115,20 euros.

9. Il résulte de ce qui précède que le département du Calvados est fondé à demander la condamnation de la société Colas à lui verser la somme de 204 115,20 euros toutes taxes comprises au titre des travaux de reprise des désordres affectant la chaussée des routes départementales nos 304 et 77.

Sur les intérêts et la capitalisation des intérêts :

10. Aux termes de l'article 1231-6 du code civil : " Les dommages et intérêts dus à raison du retard dans le paiement d'une obligation de somme d'argent consistent dans l'intérêt au taux légal, à compter de la mise en demeure. () " et aux termes de l'article 1343-2 du même code : " Les intérêts échus, dus au moins pour une année entière, produisent intérêt si le contrat l'a prévu ou si une décision de justice le précise ".

11. Le département du Calvados a droit aux intérêts au taux légal afférents à l'indemnité de 204 115,20 euros à compter du 27 octobre 2022, date d'introduction de sa requête. En outre, la capitalisation des intérêts prend effet à compter du 27 octobre 2023, date à laquelle les intérêts étaient dus pour une année entière, puis à chaque échéance annuelle ultérieure à compter de cette date.

Sur les dépens :

12. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge définitive de la société Colas les frais de l'expertise taxés et liquidés par une ordonnance du vice-président du tribunal administratif de Caen du 2 juin 2021 à la somme de 6 690,34 euros toutes taxes comprises.

Sur les frais exposés et non compris dans les dépens :

13. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de la société Colas une somme de 1 500 euros au titre des frais d'avocats exposés par le département du Calvados au titre de la présente instance et non compris dans les dépens.

14. En revanche, si le département du Calvados a fait appel à un cabinet d'avocats pour l'assister lors des opérations d'expertise à laquelle il était partie et a ainsi acquitté des frais dont il demande le remboursement à hauteur de la somme de 5 533,02 euros, il résulte de l'instruction que ces frais, que la collectivité maître d'ouvrage n'était, au demeurant, pas contrainte d'exposer, correspondent à des honoraires d'avocat établis à des dates antérieures à l'introduction de la présente instance et ne sauraient, dans ces conditions, être regardés comme des frais exposés au titre de cette instance. En tout état de cause, il n'est produit aucune facture correspondant au montant réclamé ni aucune pièce permettant de considérer que le département du Calvados s'est effectivement acquitté d'une somme à ce titre.

15. Enfin, les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge du département du Calvados, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance, la somme demandée par la société Colas Ile-de-France Normandie au titre des frais de l'instance.

D E C I D E :

Article 1er : La société Colas Ile-de-France Normandie est condamnée à verser au département du Calvados la somme de 204 115,20 euros toutes taxes comprises, assortie des intérêts au taux légal à compter du 27 octobre 2022 et de la capitalisation des intérêts à compter du 27 octobre 2023 puis à chaque échéance annuelle.

Article 2 : Les frais et honoraires d'expertise, liquidés et taxés à la somme de 6 690,34 euros toutes taxes comprises, sont mis à la charge définitive de la société Colas Ile-de-France Normandie.

Article 3 : La société Colas Ile-de-France Normandie versera au département du Calvados la somme de 1 500 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Article 4 : Les conclusions de la société Colas Ile-de-France Normandie tendant au bénéfice des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.

Article 5 : Le présent jugement sera notifié au département du Calvados et à la société Colas Ile-de-France Normandie.

Délibéré après l'audience du 23 janvier 2024 à laquelle siégeaient :

- Mme Macaud, présidente,

- Mme Sénécal, première conseillère,

- Mme Remigy, conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 12 février 2024.

La rapporteure,

Signé

I. SENECAL

La présidente,

Signé

A. MACAUD

La greffière,

Signé

E. BLOYET

La République mande et ordonne au préfet du Calvados en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

La greffière,

E. BLOYET

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