Texte intégral
Vu la procédure suivante :
Par une requête et des mémoires, enregistrés le 6 janvier 2023, le 8 février 2024 et le 16 avril 2025, la société Antemalex, représentée par Me Laclau, demande au tribunal :
1°) d’annuler les quatre titres de perception émis à son encontre le 30 août 2022 pour un montant total de 31 616 euros et correspondant à un trop-perçu d’aide versée dans le cadre du fonds de solidarité, ensemble la décision du 21 octobre 2022 par laquelle la direction départementale des finances publiques du Calvados a rejeté sa réclamation préalable ;
2°) de la décharger de l’obligation de payer la somme de 31 616 euros mise en recouvrement par ces titres de perception ;
3°) de mettre à la charge de l’Etat la somme de 2 500 euros en application de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- les titres en litige méconnaissent les dispositions des articles 3-10, 3-14, 3-24 et 3-26 du décret n° 2020-371, dès lors que ces dispositions visent uniquement les cas où l’intéressé a fait l’objet d’une interdiction d’ouverture au public et non d’une interdiction portant sur sa seule activité principale ;
- contrairement à ce que soutient l’administration fiscale, elle a fait l’objet d’une telle interdiction quand bien même son activité de vente en détail a pu se poursuivre durant cette période ;
- l’administration ne peut ajouter une nouvelle condition d’obtention des subventions prévues par ces dispositions sans commettre d’erreur de droit ;
- l’activité de bar, qui a fait l’objet d’une interdiction d’ouverture au public, constitue l’activité principale de la société, ainsi qu’en attestent les chiffres d’affaires mensuels présentés au soutien de ses demandes ;
- le seul code NAP de la société ne saurait suffire à déterminer son activité principale, dès lors qu’elle dégage un chiffre d’affaires plus important avec l’activité bar et location de matériel réunies et que ce code n’a aucune valeur juridique ;
- concernant les seuls mois de novembre 2020 et d’avril 2021, l’aide versée n’est pas indue dès lors que les activités qu’elle gère relèvent toutes de celles d’un débit de boissons qui est également visée par l’annexe I du décret du 30 mars 2020 ;
- en retenant que l’activité de commerce de détail qu’elle gère ne relève pas des débits de boissons, l’administration méconnaît les dispositions des articles 3-14 et 3-26 de ce décret ;
- l’administration, qui exclut sa demande du champ d’application des articles 3-14 et 3-24 du décret du 30 mars 2020, n’explique pas son calcul lui attribuant une aide de 1 500 euros au titre des mois de novembre 2020 et de mars 2021 ;
- il résulte d’un arrêt rendu par la cour administrative d’appel de Nantes qu’elle a effectivement fait l’objet d’une interdiction d’accueil du public et que les dispositions invoquées n’imposent pas que cette interdiction porte uniquement sur l’activité principale de l’entreprise ;
- ni l’ordonnance du 25 mars 2020 ni le décret n° 2020-371 du 30 mars 2020 n’ont donné compétence à l’administration fiscale aux fins de préciser les critères d’attribution des aides du fonds de solidarité ;
- l’administration fiscale n’est pas fondée à lui opposer la foire aux questions (FAQ) portant sur le fonds de solidarité qui constitue une ligne directrice adoptée par une autorité incompétente.
Par un mémoire en défense, enregistré le 24 mai 2023, la direction départementale des finances publiques conclut au rejet de la requête.
Elle soutient que :
- la requérante n’a jamais déféré aux demandes de communication de documents, notamment les grands livres comptables, permettant d’établir les chiffres d’affaires réalisés en 2019 et des mois d’octobre 2020, novembre 2020, mars 2021 et avril 2021 ;
- si la requérante gère effectivement une activité de bar correspondant à une activité de débit de boissons, cette activité est accessoire à l’activité principale de commerce de détail ;
- l’activité principale de la requérante n’a jamais fait l’objet d’une interdiction d’accueil du public ; dès lors, conformément à la doctrine administrative reprise par la FAQ, elle ne pouvait prétendre au versement d’aucune aide pour ce motif ;
- l’activité principale de la requérante étant celle de commerce de détail et non l’activité de bar, elle n’est pas fondée à prétendre que son activité relève de celles énumérées en annexe 1 ou 2 du décret du 30 mars 2020 ;
- en tout état de cause, la requérante ne justifie pas d’une perte de chiffre d’affaires d’au moins 50% au cours des mois d’octobre 2020, de novembre 2020, de mars 2021 et d’avril 2021.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le décret n °2020-371 du 30 mars 2020 relatif au fonds de solidarité à destination des entreprises particulièrement touchées par les conséquences économiques, financières et sociales de la propagation de l’épidémie de covid-19 et des mesures prises pour limiter cette propagation ;
- le décret n° 2020-1310 du 29 octobre 2020 prescrivant les mesures générales nécessaires pour faire face à l’épidémie de covid-19 dans le cadre de l’état d'urgence sanitaire ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l’audience.
Ont été entendus au cours de l’audience publique :
- le rapport de M. Cheylan,
- les conclusions de M. Martinez, rapporteur public.
Les parties n’étaient ni présentes, ni représentées.
Considérant ce qui suit :
1. La SARL Antemalex, qui exploite à Mondeville (Calvados) sous l’enseigne « V and B », un établissement de vente de boissons alcoolisées à consommer sur place et à emporter, a vu son chiffre d’affaires diminuer en raison de l’épidémie de covid 19. Elle a sollicité, au titre des mois d’octobre 2020, novembre 2020, mars 2021 et avril 2021, l’aide financière exceptionnelle prévue par l’ordonnance du 25 mars 2020. Ces demandes ont donné lieu au versement de subventions pour un montant total de 34 616 euros. Par une lettre du 10 juin 2022, l’administration fiscale a informé la société Antemalex que celle-ci avait indument perçu cette aide à concurrence de 31 616 euros. Cette somme a été mise en recouvrement par quatre titres de perception, émis le 30 août 2022 et correspondant aux aides versées au titre des mois d’octobre 2020, novembre 2020, mars 2021 et avril 2021. La société Antemalex a saisi l’administration fiscale d’une réclamation contre ces titres, qui a été rejetée le 21 octobre 2022. Par sa requête, la société Antemalex demande au tribunal d’annuler les quatre titres de perception émis à son encontre le 30 août 2022, d’annuler la décision rejetant sa réclamation et de la décharger de l’obligation de payer la somme de 31 616 euros.
Sur les conclusions aux fins d’annulation et de décharge de l’obligation de payer :
2. L’annulation d’un titre exécutoire pour un motif de régularité en la forme n’implique pas nécessairement, compte tenu de la possibilité d’une régularisation par l’administration, l’extinction de la créance litigieuse, à la différence d’une annulation prononcée pour un motif mettant en cause le bien-fondé du titre. Il en résulte que, lorsque le requérant choisit de présenter, outre des conclusions tendant à l’annulation d’un titre exécutoire, des conclusions aux fins de décharge de la somme correspondant à la créance de l’administration, il incombe au juge administratif d’examiner prioritairement les moyens mettant en cause le bien-fondé du titre qui seraient de nature, étant fondés, à justifier le prononcé de la décharge.
En ce qui concerne le titre exécutoire portant sur l’aide du mois d’octobre 2020 :
3. Aux termes de l’article 3-10 du décret n°2020-371 du 30 mars 2020 tel qu’applicable depuis son entrée en vigueur : « I.-Les entreprises mentionnées à l'article 1er du présent décret ayant fait l'objet d'une interdiction d'accueil du public intervenue entre le 25 septembre 2020 et le 31 octobre 2020 bénéficient, au titre de chaque période mensuelle considérée, d'une aide financière prenant la forme d'une subvention destinée à compenser la perte de chiffre d'affaires subie au cours de la période d'interdiction d'accueil du public lorsqu'elles remplissent les conditions suivantes : / (…) / 2° Lorsqu'elles contrôlent une ou plusieurs sociétés commerciales au sens de l'article L. 233-3 du code de commerce, la somme des salariés des entités liées respecte le seuil fixé au 5° du présent I ; / 3° Lorsqu'elles sont contrôlées par une société commerciale au sens de l'article L. 233-3 du code du commerce, la somme des salariés des entités liées respecte le seuil fixé au 5° du présent I ; / 4° Elles ont débuté leur activité avant le 31 août 2020 pour les pertes de septembre 2020 ou le 30 septembre 2020 pour les pertes d'octobre 2020 ; / 5° Leur effectif est inférieur ou égal à cinquante salariés. Ce seuil est calculé selon les modalités prévues par le I de l'article L. 130-1 du code de la sécurité sociale. / II.-Les entreprises mentionnées au I perçoivent une subvention égale au montant de leur perte de chiffre d'affaires dans la limite de 333 euros par jour d'interdiction d'accueil du public. / III.-La perte de chiffre d'affaires au sens du présent article est définie comme la différence entre, d'une part, le chiffre d'affaires au cours de la période d'interdiction d'accueil du public à l'exception du chiffre d'affaires réalisé sur les activités de vente à distance avec retrait en magasin ou livraison et, d'autre part, / -le chiffre d'affaires durant la même période de l'année précédente ; / -ou, si l'entreprise le souhaite, le chiffre d'affaires mensuel moyen de l'année 2019 et ramené sur le nombre de jours d'interdiction d'accueil du public ; (…) ».
4. Aux termes de l’article 3-12 de ce même décret, dans sa version applicable entre le 4 novembre 2020 et le 21 décembre 2020 : « I.-Les entreprises mentionnées à l'article 1er du présent décret bénéficient d'aides financières prenant la forme de subventions destinées à compenser la perte de chiffre d'affaires subie au cours du mois d'octobre 2020, lorsqu'elles remplissent les conditions suivantes : / 1° Elles ont subi une perte de chiffre d'affaires d'au moins 50 % durant la période comprise entre le 1er octobre 2020 et le 31 octobre 2020 ; / 2° Elles exercent leur activité principale dans un secteur mentionné à l'annexe 1 ou elles exercent leur activité principale dans un secteur mentionné à l'annexe 2 et ont subi une perte de chiffre d'affaires d'au moins 80 % durant la période comprise entre le 15 mars 2020 et le 15 mai 2020 par rapport à la même période de l'année précédente ou, si elles le souhaitent, par rapport au chiffre d'affaires mensuel moyen de l'année 2019 ramené sur deux mois ou, pour les entreprises créées après le 15 mars 2019, par rapport au chiffre d'affaires réalisé entre la date de création de l'entreprise et le 15 mars 2020 ramené sur deux mois. Cette condition de perte de chiffre d'affaires n'est pas applicable aux entreprises créées après le 10 mars 2020 ; / 3° Les personnes physiques ou, pour les personnes morales, leur dirigeant majoritaire ne sont pas titulaires, au 1er octobre 2020, d'un contrat de travail à temps complet ;6° Elles ont débuté leur activité avant le 30 septembre 2020 ; (…) / 7° Leur effectif est inférieur ou égal à cinquante salariés. Ce seuil est calculé selon les modalités prévues par le I de l'article L. 130-1 du code de la sécurité sociale. (…) / IV.-La demande d'aide au titre du présent article est réalisée par voie dématérialisée au plus tard le 31 décembre 2020. (…) ». Les dispositions de l’article 3-13 du même décret prévoient que les aides ouvertes au titre de ces deux articles ne sont pas cumulables et que les entreprises peuvent prétendre à l’aide qui est la plus favorable pour elles.
5. Aux termes de l’article 40 du décret n° 2020-1310 du 29 octobre 2020 dans sa rédaction en vigueur entre le 30 octobre 2020 et le 19 mai 2021 : « I. - Les établissements relevant des catégories mentionnées par le règlement pris en application de l'article R. 123-12 du code de la construction et de l'habitation figurant ci-après ne peuvent accueillir du public : / 1° Etablissements de type N : Restaurants et débits de boisson ; (…) ».
6. L’administration fiscale, pour procéder à la récupération d’un indu de 2 664 euros versé au titre du mois d’octobre 2020, s’est fondée sur la circonstance que l’activité de débit de boissons n’est pas l’activité principale de la société Antemalex. Or, il résulte de l’instruction que la société Antemalex gère une activité de débit de boissons depuis 2013, qui a nécessairement fait l’objet d’une interdiction d’accueillir du public pendant le mois d’octobre 2020. Ainsi, en application des dispositions de l’article 3-10 précité, la requérante pouvait bénéficier d’une subvention égale au montant de la perte de chiffre d’affaires dans la limite de 333 euros par jour d’interdiction d’accueil du public. Par suite, la société requérante est fondée à soutenir que ces dispositions lui ouvraient droit à une aide, dont le montant n’est pas discuté par l’administration et, par voie de conséquence, à demander l’annulation du titre exécutoire en litige ainsi que la décharge de l’obligation de payer la somme de 2 664 euros réclamée par l’administration fiscale.
En ce qui concerne le titre exécutoire portant sur l’aide du mois de novembre 2020 :
7. Aux termes de l’article 3-14 du décret n° 2020-371 du 30 mars 2020, dans sa rédaction en vigueur au 4 novembre 2020 et reprise à compter du 1er janvier 2021 : « I.-Les entreprises mentionnées à l'article 1er du présent décret bénéficient d'aides financières prenant la forme de subventions destinées à compenser la perte de chiffre d'affaires subie au cours du mois de novembre 2020, lorsqu'elles remplissent les conditions suivantes : / 1° Elles ont fait l'objet d'une interdiction d'accueil du public intervenue entre le 1er novembre 2020 et le 30 novembre 2020 ; / 2° Ou elles ont subi une perte de chiffre d'affaires d'au moins 50 % durant la période comprise entre le 1er novembre 2020 et le 30 novembre 2020 ; (…) ».
8. L’administration fiscale, pour procéder à la récupération d’un indu au titre du mois de novembre 2020, a estimé que l’activité principale de la requérante n’avait pas fait l’objet d’une interdiction d’accueil du public pendant le mois de novembre 2020. Toutefois, et alors que l’administration fiscale reconnaît que la requérante a subi une perte de chiffre d’affaires de 62,87 % pendant cette période, il résulte de ce qui a été exposé précédemment que la société Antemalex était éligible à une aide dès lors que son activité de débit de boissons avait nécessairement fait l’objet d’une interdiction d’accueil du public en application de l’article 40 du décret du 29 octobre 2020. Par suite, la requérante est fondée à demander l’annulation du titre exécutoire en litige ainsi que la décharge de l’obligation de payer la somme de 8 500 euros.
En ce qui concerne le titre exécutoire portant sur l’aide du mois de mars 2021 :
9. Aux termes de l’article 3-24 du décret n° 2020-371 du mars 2020, dans sa version consolidée du 12 avril 2021 : « I.-A.-Les entreprises mentionnées à l'article 1er du présent décret, n'ayant pas fait l'objet d'un arrêté pris par le préfet de département ordonnant la fermeture de l'entreprise en application du troisième alinéa de l'article 29 du décret du 16 octobre 2020 susvisé ou du troisième alinéa de l'article 29 du décret du 29 octobre 2020 précité, bénéficient d'aides financières prenant la forme de subventions destinées à compenser la perte de chiffre d'affaires subie au cours du mois de mars 2021, lorsqu'elles remplissent les conditions suivantes : / 1° Elles ont fait l'objet : / a) D'une interdiction d'accueil du public sans interruption du 1er mars 2021 au 31 mars 2021 et ont subi une perte de chiffre d'affaires, y compris le chiffre d'affaires réalisé sur les activités de vente à distance, avec retrait en magasin ou livraison, ou sur les activités de vente à emporter, d'au moins 20 % durant la période comprise entre le 1er mars 2021 et le 31 mars 2021 ; / b) D'une interdiction d'accueil du public au cours d'une ou plusieurs périodes comprises entre le 1er mars 2021 et le 31 mars 2021 et ont subi une perte de chiffre d'affaires, y compris le chiffre d'affaires réalisé sur les activités de vente à distance, avec retrait en magasin ou livraison, ou sur les activités de vente à emporter, d'au moins 20 % durant la période comprise entre le 1er mars 2021 et le 31 mars 2021 ; (…) ».
10. Il résulte de l’instruction que la société requérante gère en partie une activité de débit de boissons, qui a fait l’objet d’une interdiction d’accueillir du public pendant le mois de mars 2021. Or, même si cette activité ne constitue pas son activité principale, les dispositions précitées de l’article 3-24 ne conditionnent pas l’octroi d’une subvention à une interdiction frappant la seule activité principale de l’entreprise bénéficiaire de l’aide. Par suite, la requérante est fondée à faire valoir qu’elle pouvait bénéficier d’une aide du fonds de solidarité au titre du mois du mars 2021 et, dès lors, à demander l’annulation du titre exécutoire en litige ainsi que la décharge de l’obligation de payer la somme de 9 721 euros.
En ce qui concerne le titre exécutoire portant sur l’aide du mois d’avril 2021 :
11. Aux termes de l’article 3-26 du décret n°2020-371 du 30 mars 2020 en vigueur à compter du 7 mai 2021 et repris dans sa version modifiée du 1er juillet 2021 : « I.-A.-Les entreprises mentionnées à l'article 1er du présent décret, n'ayant pas fait l'objet d'un arrêté pris par le préfet de département ordonnant la fermeture de l'entreprise en application du troisième alinéa de l'article 29 du décret du 16 octobre 2020 précité ou du troisième alinéa de l'article 29 du décret du 29 octobre 2020 précité, bénéficient d'aides financières prenant la forme de subventions destinées à compenser la perte de chiffre d'affaires subie au cours du mois d'avril 2021, lorsqu'elles remplissent les conditions suivantes : / 1° Elles ont fait l'objet : / a) D'une interdiction d'accueil du public sans interruption du 1er avril 2021 au 30 avril 2021 et ont subi une perte de chiffre d'affaires, y compris le chiffre d'affaires réalisé sur les activités de vente à distance, avec retrait en magasin ou livraison, ou sur les activités de vente à emporter, d'au moins 20 % durant la période comprise entre le 1er avril 2021 et le 30 avril 2021 ; / b) D'une interdiction d'accueil du public entre le 1er avril 2021 et le 30 avril 2021 et ont subi une perte de chiffre d'affaires, y compris le chiffre d'affaires réalisé sur les activités de vente à distance, avec retrait en magasin ou livraison, ou sur les activités de vente à emporter, d'au moins 20 % durant la période comprise entre le 1er avril 2021 et le 30 avril 2021. (…) ».
12. Ainsi qu’il a déjà été exposé, la société Antemalex exerce une activité de débit de boissons qui a nécessairement fait l’objet d’une interdiction d’accueillir du public pendant le mois d’avril 2021 en application des dispositions précitées de l’article 40 du décret du 29 octobre 2020. Ainsi que l’indique l’administration fiscale en défense, la société requérante a subi une perte de chiffre d’affaires de 23,90 % au titre du mois d’avril 2021, lui ouvrant droit au bénéfice de l’aide en application des dispositions de l’article 3-26 précité. Par suite, la société Antemalex est fondée à demander l’annulation du titre exécutoire en litige et la décharge de l’obligation de payer la somme de 10 731 euros.
13. Il résulte de tout ce qui précède que la société Antemalex est fondée à demander l’annulation des titres exécutoires émis à son encontre le 30 août 2022, ainsi que la décharge de l’obligation de payer la somme totale de 31 616 euros mise en recouvrement par ces titres.
Sur les frais liés à l’instance :
14. Il y a lieu, dans les circonstances de l’espèce, de mettre à la charge de l’Etat la somme de 1 500 euros en application des dispositions de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er : Les titres exécutoires émis le 30 août 2022 par la direction départementale des finances publiques du Calvados pour un montant total de 31 616 euros, sont annulés.
Article 2 : La société Antemalex est déchargée de l’obligation de payer la somme de 31 616 euros mise en recouvrement par ces titres.
Article 3 : L’Etat versera à la société Antemalex la somme de 1 500 euros sur le fondement de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 4 : Le présent jugement sera notifié à la société Antemalex et au ministre de l’économie, des finances et de la souveraineté industrielle, énergétique et numérique.
Copie en sera transmise à la direction départementale des finances publiques du Calvados.
Délibéré après l’audience du 6 novembre 2025, à laquelle siégeaient :
M. Cheylan, président,
Mme Groch, première conseillère,
Mme Marlier, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 21 novembre 2025.
Le président-rapporteur,
Signé
F. CHEYLAN
L’assesseure la plus ancienne,
Signé
N. GROCH
La greffière,
Signé
E. LEGRAND
La République mande et ordonne au ministre de l’économie, des finances et de la souveraineté industrielle, énergétique et numérique, en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l’exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
E. Legrand