mercredi 10 janvier 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Caen |
| Section | Tribunal Administratif de Caen |
| N° Dossier | TA14-2300267 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | D |
| Formation | 3ème chambre JU |
| Avocat requérant | TOUCAS |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire enregistrés le 2 février 2023 et le 20 février 2023, M. B C et Mme D A, représentés par Me Toucas, demandent au tribunal :
1°) de leur accorder l'aide juridictionnelle à titre provisoire ;
2°) d'annuler la décision du 5 décembre 2022, rendue après avis de la commission de recours amiable du 17 novembre 2022, par laquelle le directeur de la caisse d'allocations familiales de l'Orne a confirmé le bien-fondé d'un indu d'allocation de logement familiale d'un montant de 10 230 euros pour la période allant du 1er juin 2019 au 31 décembre 2021 ;
3°) de prononcer la décharge de l'indu notifié le 10 juin 2022 ;
4°) de mettre à la charge de la caisse d'allocations familiales une somme de 1 000 euros en application des dispositions de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.
Ils soutiennent que la décision est entachée d'une erreur d'appréciation puisque le local loué constituait leur résidence principale et non un local professionnel ; que les déclarations du propriétaire ne reposent sur aucun élément probant.
Par un mémoire enregistré le 17 mai 2023, la caisse d'allocations familiales de l'Orne conclut au rejet de la requête au motif que la décision d'indu d'allocation de logement familiale est fondée.
M. C a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 27 juin 2023.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de la construction et de l'habitation ;
- le code de la sécurité sociale ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné Mme Macaud, vice-présidente, en application de l'article R. 222-13 du code de justice administrative.
La magistrate désignée a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le rapport de Mme Macaud a été entendu au cours de l'audience publique, à l'issue de laquelle la clôture de l'instruction a été prononcée.
Considérant ce qui suit :
1. M. B C a perçu l'allocation de logement familiale à compter du 1er juillet 2014 pour un logement situé à Moussonvilliers (Orne). A la suite d'un contrôle, la caisse d'allocations familiales de l'Orne a considéré que le logement occupé par M. C et Mme D A était un local destiné à un usage professionnel et a notifié à M. C, le 10 juin 2022, un indu d'allocation de logement familiale d'un montant de 10 360,96 euros pour la période allant du 1er juin 2019 au 31 mai 2022. Par courrier du 4 août 2022, M. C a exercé le recours administratif préalable obligatoire, qui a été rejeté par une décision du 5 décembre 2022 du directeur de la caisse d'allocations familiales de l'Orne, rendue après avis de la commission de recours amiable du 17 novembre 2022. M. C et Mme A demandent l'annulation de cette décision et à être déchargés du paiement de l'indu qui leur a été notifié.
2. Aux termes de l'article L. 821-1 du code de la construction et de l'habitation : " Les aides personnelles au logement ainsi que les primes accordées aux bénéficiaires de ces aides afin qu'ils déménagent pour s'assurer des conditions de logement plus adaptées sont régies par le présent livre. / Les aides personnelles au logement comprennent : () a) L'allocation de logement familiale. () ". Aux termes de l'article L. 821-2 du même code : " Les aides personnelles au logement sont accordées au titre de la résidence principale. ". Aux termes de l'article L. 821-7 du code de la sécurité sociale : " L'action pour le paiement de l'aide personnelle au logement et pour le recouvrement des sommes indument payées se prescrit dans les conditions prévues à l'article L. 553-1 du code de la sécurité sociale. / La prescription est interrompue par l'une des causes prévues par le code civil. ".
3. Lorsque le recours dont il est saisi est dirigé contre une décision qui, remettant en cause des paiements déjà effectués, ordonne la récupération d'un indu d'allocation de logement, il entre dans l'office du juge d'apprécier, au regard de l'argumentation du requérant, le cas échéant, de celle développée par le défendeur et, enfin, des moyens d'ordre public, en tenant compte de l'ensemble des circonstances de fait qui résultent de l'instruction, la régularité comme le bien-fondé de la décision de récupération d'indu. Il lui appartient, s'il y a lieu, d'annuler ou de réformer la décision ainsi attaquée, pour le motif qui lui paraît, compte tenu des éléments qui lui sont soumis, le mieux à même, dans l'exercice de son office, de régler le litige.
4. M. C a formulé une demande d'aide au logement le 6 octobre 2014 pour un logement dont il est locataire depuis le 1er juillet 2014, en spécifiant n'utiliser aucune pièce de ce logement à des fins professionnelles. Il résulte de l'instruction, en particulier du rapport d'enquête du 30 mai 2022 établi par un agent de la caisse d'allocations familiales de l'Orne et dont les constatations font foi jusqu'à preuve du contraire, qu'un bail signé le 12 juin 2014 entre M. C et le propriétaire du bien porte sur la location d'un local professionnel, avec une partie habitation mais que, lors d'un entretien téléphonique du 21 mars 2022, le propriétaire du bien a indiqué aux services de la caisse d'allocations familiales qu'il avait signé avec M. C un bail commercial et non un bail d'habitation. M. C conteste cette affirmation en précisant que le bien loué constitue leur résidence principale, que les quittances de loyer font état d'un logement et qu'ils sont en conflit avec le propriétaire ce qui expliquerait le comportement mensonger de ce dernier. Si le propriétaire du bien a déposé une plainte contre les requérants au motif que le bail d'habitation dont se prévalent les requérants serait un faux et que cette plainte a fait l'objet d'un classement sans suite, il ressort d'un article de presse locale, qui relate une agression qui s'est déroulée le 21 mai 2022 entre les différents protagonistes, que cette agression était liée à " un local commercial " précisant que M. C était mécanicien et Mme A spécialiste en sellerie. En outre, le jugement correctionnel du 25 mai 2022, qui portait sur les faits précités, évoque un désaccord s'agissant de locaux commerciaux, la taxe foncière établie pour l'immeuble en cause portant, par ailleurs, sur un local professionnel. Il résulte également de l'instruction que Mme A a créé une auto-entreprise en 2019 à l'adresse du bien avec un petit atelier de sellerie automobile. Enfin, des échanges de courriers électroniques des 15 février 2019, 2 juin 2019 et 3 juin 2019 entre les requérants et le propriétaire évoquent les incidences de la qualification du local en usage d'habitation sur les aides de la caisse d'allocations familiales auxquelles ils pourraient prétendre. Au regard de l'ensemble de ces éléments, le bien loué par M. C doit être regardé comme étant à usage professionnel et M. C ne pouvait, dès lors, prétendre au bénéfice d'une aide personnelle au logement pour ce local. Dans ces conditions, la caisse d'allocations familiales de l'Orne n'a pas commis d'erreur d'appréciation ni de droit en lui notifiant un indu d'allocation de logement familiale d'un montant de 10 230 euros pour la période allant du 1er juin 2019 au 31 décembre 2021.
5. Il résulte de ce qui précède que M. C et Mme A ne sont pas fondés à demander l'annulation de la décision du 5 décembre 2022 par laquelle la caisse d'allocations familiales de l'Orne a confirmé le trop-perçu. Il y a lieu, par voie de conséquence, de rejeter les conclusions à fins de décharge ainsi que celles relatives aux frais de l'instance.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. C et de Mme A est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. B C et Mme D A et à la caisse d'allocations familiales de l'Orne.
Copie en sera adressée pour information au bureau d'aide juridictionnelle.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 10 janvier 2024.
La magistrate désignée,
Signé
A. MACAUD
La greffière,
Signé
E. BLOYET
La République mande et ordonne au ministre de la transition écologique et de la cohésion des territoires en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme
La greffière,
E. Bloyet
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026