lundi 21 octobre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Caen |
| Section | Tribunal Administratif de Caen |
| N° Dossier | TA14-2300460 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Formation | 3ème Chambre |
| Avocat requérant | PARME AVOCATS |
Vu les procédures suivantes :
I- Par une requête, enregistrée le 22 février 2023 sous le numéro 2300460, la société Manche Télécom, représentée par Me Feldman, demande au tribunal :
1°) d'annuler le titre de recettes n° 72/2022 émis par le syndicat mixte Manche numérique pour le recouvrement de la somme de 97 568,07 euros correspondant à la redevance variable de premier étage due pour l'exercice comptable 2021 prévue dans la convention de délégation de service public portant, notamment, sur la prise en charge de l'infrastructure de transport et de collecte constituant l'Infrastructure de communications électroniques construite par Manche numérique ;
2°) de la décharger du paiement de la somme de 97 568,07 euros ;
3°) de mettre à la charge du syndicat mixte Manche numérique une somme de 2 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- les dispositions du 4° de l'article L. 1617-5 du code général des collectivités territoriales ont été méconnues ;
- le titre ne mentionne ni les bases de calcul de son montant ni une référence à un courrier portant calcul de celui-ci ;
- le quantum de la somme réclamée est erroné ; le montant de la redevance s'établit à 68 120,51 euros et non 97 568,07 euros.
Par un mémoire enregistré le 19 octobre 2023, le syndicat mixte Manche numérique, représenté par Me Noël et Me Cocquel, conclut au rejet de la requête et à ce que soit mise à la charge de la société Manche Télécom une somme de 3 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- la requête est irrecevable du fait de sa tardiveté ;
- les moyens soulevés par la requérante ne sont pas fondés.
II- Par une requête, enregistrée le 16 mai 2023 sous le numéro 2301232, la société Manche Télécom, représentée par Me Feldman, demande au tribunal de condamner le syndicat mixte Manche numérique à lui verser la somme de 1 314 165,29 euros, assortie des intérêts au taux légal à compter du 17 mars 2022, à titre d'indemnité pour la valeur non amortie en fin de délégation de service public des investissements des travaux de raccordement qu'elle a réalisés jusqu'au 31 décembre 2021.
III- Par une requête, enregistrée le 10 octobre 2023 sous le numéro 2302648, la société Manche Télécom, représentée par Me Feldman, demande au tribunal :
1°) d'annuler le titre de recettes n° 70/2023 émis par le syndicat mixte Manche numérique pour le recouvrement de la somme de 484 024,20 euros correspondant à la composante variable de la redevance complémentaire 2021 prévue dans la convention de délégation de service public portant, notamment, sur la prise en charge de l'infrastructure de transport et de collecte constituant l'Infrastructure de communications électroniques construite par Manche numérique ;
2°) de la décharger du paiement de la somme de 484 024,20 euros ;
3°) de mettre à la charge du syndicat mixte Manche numérique une somme de 2 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- le titre de recettes a été signé par une autorité incompétente ;
- les dispositions du 4° de l'article L. 1617-5 du code général des collectivités territoriales ont été méconnues ;
- la créance invoquée devait être intégrée dans le décompte contractuel des parties et ne pouvait faire l'objet d'un titre de recettes ;
- le quantum de la somme réclamée est erroné.
IV- Par une requête, enregistrée le 17 juillet 2024 sous le numéro 2401859, le syndicat mixte Manche numérique, représenté par Me Coquel, et la société Manche Télécom, représentée par Me Feldman, demandent au tribunal d'homologuer le protocole qu'ils ont signé le 7 juin 2024.
Ils soutiennent que les conditions sont remplies pour que le protocole transactionnel soit homologué.
Vu les autres pièces des dossiers.
Vu :
- le code civil ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Macaud, rapporteure,
- les conclusions de Mme Remigy, rapporteure publique,
- et les observations de Me Coquel, représentant le syndicat mixte Manche numérique, et de Me Feldman, représentant la société Manche Télécom.
Considérant ce qui suit :
1. Le syndicat mixte Manche numérique, dont la mission est l'aménagement numérique du territoire manchois, a conclu, le 27 janvier 2006, avec la société Manche Télécom une convention de délégation de service public, pour une durée de quinze ans, aux fins de confier au délégataire la prise en charge de l'infrastructure de transport et de collecte constituant l'Infrastructure de communications électroniques construite par le syndicat mixte, la conception et la réalisation des extensions de l'infrastructure remise et des boucles locales, la conception et l'établissement d'un réseau local de communications électroniques intégrant les extensions et boucles locales ainsi que l'exploitation technique et commerciale du réseau local de communications électroniques ainsi constitué en vue de la fourniture des services aux opérateurs et utilisateurs de réseaux indépendants. L'exécution de la convention a donné lieu à trois litiges distincts, le premier, objet de la requête n° 2300460, portant sur la redevance qui serait due par la société Manche Télécom au titre de la mise à disposition des ouvrages de premier établissement, le deuxième, objet de la requête n° 2302648, concernant la redevance qui serait due par la société au titre de l'avenant n° 9 qui a ajouté une redevance complémentaire au titre des biens de retour amortis, le dernier litige, enregistré sous le n° 2301232, portant sur le régime applicable aux investissements afférents aux raccordements non amortis exécutés à la demande des clients usagers du réseau. Afin de trouver une issue amiable à ces trois litiges et de prévenir tout litige s'agissant du décompte des parties, la société Manche Télécom et le syndicat mixte se sont rapprochés et sont parvenus à conclure un protocole transactionnel, qu'ils demandent au tribunal, dans la requête n° 2401859, d'homologuer.
Sur la requête n° 2401859 à fin d'homologation du protocole signé le 7 juin 2024 :
2. Selon l'article 2044 du code civil, la transaction est un contrat par lequel les parties terminent une contestation née ou préviennent une contestation à naître. En vertu de l'article 2052 de ce code, un tel contrat de transaction a entre les parties l'autorité de la chose jugée en dernier ressort. Il est exécutoire de plein droit, sans qu'y fassent obstacle, notamment, les règles de la comptabilité publique. Toutefois, les parties à une instance en cours devant le juge administratif peuvent présenter à celui-ci, y compris à l'occasion d'un pourvoi en cassation, des conclusions tendant à l'homologation d'une transaction par laquelle elles mettent fin à la contestation initialement portée devant la juridiction administrative. Il appartient alors au juge administratif, qui se prononce en tant que juge de l'homologation, de vérifier que les parties consentent effectivement à la transaction, que l'objet de celle-ci est licite, qu'elle ne constitue pas de la part de la collectivité publique une libéralité et ne méconnaît pas d'autres règles d'ordre public. En cas d'homologation de la transaction, le juge administratif doit constater le non-lieu à statuer sur la requête ou, dans le cas où la partie requérante aurait subordonné son désistement à l'homologation de la transaction, donner acte de ce désistement. En revanche, le refus d'homologation entraînant la nullité de la transaction, il appartient dans cette hypothèse au juge de statuer sur la requête.
3. Il résulte de l'instruction que, par une délibération du 3 juin 2024, le comité syndical du syndicat mixte Manche numérique a approuvé le protocole transactionnel portant sur les modalités de résolution des litiges relatifs au règlement financier de la délégation de service public précitée et autorisé le président du syndicat à signer le protocole et ses annexes. En outre, le président de la société Manche Télécom a été autorisé, par délibération du comité stratégique du 31 mai 2024, à signer le protocole, qui a, par ailleurs, été transmis au contrôle de légalité de la préfecture de la Manche le 17 juin 2024. En outre, il résulte du protocole ainsi signé que son objet est licite, que son contenu respecte l'ordre public et qu'il comporte des concessions réciproques qui n'apparaissent pas manifestement déséquilibrées au détriment de l'une ou l'autre partie. Par suite, rien ne s'oppose à son homologation.
Sur les requêtes n° 2300460, 2301232 et 2302648 :
4. Dès lors que le protocole transactionnel conclu le 7 juin 2024 est homologué et que ce protocole prévoit, en son article 7, que la société Manche Télécom s'engage à se désister des requêtes susvisées après le prononcé de l'homologation du protocole, rien ne s'oppose à ce qu'il soit donné acte du désistement de la société de ces requêtes.
5. Enfin, il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de rejeter les conclusions du syndicat mixte Manche numérique tendant au bénéfice de l'article L. 761-1 du code justice administrative formulées dans l'instance n° 2300460.
D E C I D E :
Article 1er : Le protocole transactionnel conclu le 7 juin 2024 entre le syndicat mixte Manche numérique et la société Manche Télécom est homologué.
Article 2 : Il est donné acte du désistement de la société Manche Télécom de ses requêtes enregistrées sous les numéros 2300460, 2301232 et 2302648.
Article 3 : Les conclusions du syndicat mixte Manche numérique tendant au bénéfice de l'article L. 761-1 du code justice administrative formulées dans l'instance n° 2300460 sont rejetées.
Article 4 : Le présent jugement sera notifié au syndicat mixte Manche numérique et à la société Manche Télécom.
Copie en sera donnée pour information au préfet de la Manche.
Délibéré après l'audience du 15 octobre 2024 à laquelle siégeaient :
- Mme Macaud, présidente,
- Mme Ducos de Saint Barthélémy de Gélas, première conseillère,
- Mme Sénécal, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 21 octobre 2024.
La Présidente-rapporteure,
SIGNÉ
A. MACAUD
L'assesseure la plus ancienne,
SIGNÉ
C. DUCOS DE SAINT BARTHELEMY DE GELAS
La greffière,
SIGNÉ
E. BLOYET
La République mande et ordonne au préfet de la Manche en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
E. BLOYET
Nos 2300460 - 2301232 - 2302648 - 2401859
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026