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AccueilJurisprudence administrativeN° TA14-2301206

Tribunal Administratif de Caen — Décision N° TA14-2301206

mardi 15 octobre 2024

JuridictionTribunal Administratif de Caen
SectionTribunal Administratif de Caen
N° DossierTA14-2301206
TypeDécision
RecoursPlein contentieux
Formation3ème Chambre

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et des mémoires, enregistrés le 12 mai 2023, le 11 octobre 2023 et le 29 juillet 2024, la société par actions simplifiée Sterela (SAS Sterela) doit être regardée comme demandant au tribunal :

1°) d'annuler les titres de recettes nos 427, 428, 429 et 430 émis le 9 février 2023 par le département du Calvados d'un montant total de 22 876 euros correspondant à des pénalités de retard appliquées pour l'exécution du marché à bons de commande relatif à la mise en œuvre de boucles de comptages routiers ;

2°) de prononcer la décharge de la somme réclamée par le département du Calvados ;

3°) à titre subsidiaire, de limiter le montant des pénalités dues à la somme maximale de 3 733,72 euros ou de retenir la date du 6 décembre 2022 comme point de départ pour le calcul des pénalités de retard et une exécution des travaux les 6, 7 et 8 décembre 2022.

Elle soutient que :

- les retards constatés sont principalement imputables au département qui a annulé, à deux reprises, les quatre interventions qu'elle avait planifiées ; il serait inéquitable de retenir, pour le calcul du montant des pénalités de retard, la date du 15 octobre 2022 correspondant à la date de prolongation des délais qui a été fixée unilatéralement par le département et en contradiction avec ses engagements ; le délai de trois mois pour l'exécution des travaux devrait courir à compter de la date de la seconde annulation des interventions, soit le 6 septembre 2022 ;

- le montant des pénalités de retard est supérieur au montant facturé sur les prestations concernées.

Par des mémoires, enregistrés le 26 septembre 2023, le 26 juillet 2024 et le 31 juillet 2024, le département du Calvados conclut au rejet de la requête au motif que les moyens soulevés par la société requérante ne sont pas fondés.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de la commande publique ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme Sénécal, rapporteure,

- et les conclusions de Mme Remigy, rapporteure publique.

Considérant ce qui suit :

1. Par un accord-cadre du 8 octobre 2020, le département du Calvados a conclu avec la SAS Sterela un marché à bons de commande sans minimum ni maximum ayant pour objet la mise en œuvre de boucles de comptage routier. Par un courrier du 10 mai 2022, il lui a adressé treize bons de commande pour l'installation de boucles de comptage routier sur treize sites différents, à réaliser dans un délai contractuel de trois mois. Le 9 février 2023, le département du Calvados a émis quatre titres de recettes nos 427, 428, 429 et 430 d'un montant total de 22 876 euros, correspondant à des pénalités de retard pour l'exécution de quatre bons de commande. La SAS Sterela demande l'annulation de ces titres de recettes et à être déchargée des pénalités de retard ou, subsidiairement, d'en réduire le montant.

2. L'article 3.4 de l'acte d'engagement des parties stipule que : " le délai d'exécution des prestations sera fixé par chaque bon de commande (). La durée maximale d'exécution des bons de commande sera de 3 mois ". En vertu de l'article 1.6 du cahier des clauses administratives particulières applicable au contrat en cause : " Le délai d'exécution commence à courir à compter de la date de notification du bon de commande. () Les délais d'exécution devront être respectés sous peine d'application de pénalités ". Aux termes de l'article 8.1 du cahier des clauses administratives particulières applicable au contrat en cause : " Par dérogation aux dispositions de l'article 20.1 du CCAG Travaux, en cas de retard de l'exécution des travaux prévus par un bon de commande, il est appliqué une pénalité journalière de 100 euros. Les pénalités sont encourues du simple fait de la constatation du retard par le maître d'œuvre ".

3. Il résulte de l'instruction que la SAS Sterela a reçu, le 11 mai 2022, les treize bons de commande à réaliser dans un délai contractuel de trois mois. Par suite, en application de l'article 1.6 du cahier des clauses administratives particulières précité, le délai initial d'exécution des travaux expirait le 11 août 2022. Si neuf bons de commande ont été exécutés dans le respect de ce délai, les bons de commande n° 2022-003, 2022-009, 2022-010 et 2022-011 ont été exécutés en décembre 2022 et ont fait l'objet d'un constat d'achèvement des travaux le 8 décembre 2022, soit plus de trois mois après le délai imparti. Toutefois, il résulte de l'instruction que la société Sterela a adressé un premier planning aux fins d'intervention du 4 au 27 juillet 2022 par un courriel du 27 juin 2022 qui n'a toutefois pas été reçu par le département du Calvados dès lors que le patronyme du destinataire n'a pas été correctement orthographié, qu'un deuxième planning d'intervention a été adressé le 27 juin 2022 pour une exécution entre le 1er et le 10 août 2022, puis un troisième le 13 juillet 2022 pour une exécution dans le délai contractuel initial. Il résulte par ailleurs de l'instruction que le département du Calvados a annulé le 26 juillet 2022 les interventions prévues pour la semaine du 1er août 2022 et a demandé à la société Sterela, le 3 août 2022, de programmer une intervention dans la semaine du 12 au 16 septembre 2022, soit en dehors du délai contractuel initial. Alors même que la société Sterela s'est conformée à sa demande, le département du Calvados a une nouvelle fois annulé les interventions prévues aux dates qu'il avait pourtant fixées. Il résulte de l'ensemble de ces éléments que le département de l'Orne doit être regardé comme étant à l'origine du non-respect du délai d'exécution des travaux, le département ne pouvant par ailleurs utilement se prévaloir des décisions du 9 janvier 2023, au demeurant postérieures à l'exécution des travaux, par lesquelles il a décidé de prolonger unilatéralement le délai d'exécution des quatre bons de commande en litige jusqu'au 15 octobre 2022. Dans ces conditions, c'est à tort que le département du Calvados a infligé des pénalités de retard à la société Sterela.

4. Il résulte de tout ce qui précède que la société Sterela est fondée à demander l'annulation des quatre titres exécutoires émis à son encontre par le département du Calvados et à être déchargée de la totalité des pénalités de retard qui lui ont été appliquées.

D E C I D E :

Article 1er : Les titres de recettes nos 427, 428, 429 et 430 émis à l'encontre de la société Sterela sont annulés.

Article 2 : La société Sterela est déchargée de l'obligation de payer la somme de 22 876 euros.

Article 3 : Le présent jugement sera notifié à la société Sterela et au département du Calvados.

Délibéré après l'audience du 1er octobre 2024 à laquelle siégeaient :

- Mme Macaud, présidente,

- Mme Ducos de Saint Barthélémy de Gélas, première conseillère,

- Mme Sénécal, première conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 15 octobre 2024.

La rapporteure,

SIGNÉ

I. SENECAL

La présidente,

SIGNÉ

A. MACAUD

La greffière,

SIGNÉ

E. BLOYET

La République mande et ordonne au préfet du Calvados en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

La greffière,

E. BLOYET

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