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AccueilJurisprudence administrativeN° TA14-2301437

Tribunal Administratif de Caen — Décision N° TA14-2301437

jeudi 20 février 2025

JuridictionTribunal Administratif de Caen
SectionTribunal Administratif de Caen
N° DossierTA14-2301437
TypeOrdonnance
RecoursPlein contentieux

Résumé IA

Requête de Mme A contestant le rejet implicite de son recours contre la décision de l'Agence nationale de l'habitat (ANAH) refusant le solde de la prime de transition énergétique. Le Tribunal administratif de Caen rejette la requête par ordonnance, estimant que les moyens soulevés sont inopérants ou insuffisamment précis. La solution retenue est fondée sur l'article R. 222-1 du code de justice administrative, la requête ne comportant que des moyens manifestement non assortis de précisions suffisantes. Les faits allégués par la requérante (bug informatique) sont sans incidence sur le motif légal du refus, tiré de l'article 2 du décret n° 2020-26 du 14 janvier 2020, qui interdit l'octroi de la prime pour des travaux commencés avant le dépôt du dossier.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 8 juin 2023, Mme B A doit être regardée comme demandant au tribunal d'annuler la décision par laquelle l'Agence nationale de l'habitat a implicitement rejeté son recours administratif contre la décision d'octroi du solde de la prime de transition énergétique.

Par un mémoire enregistré le 29 septembre 2024, l'Agence nationale de l'habitat conclut au rejet de la requête.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le décret n° 2020-26 du 14 janvier 2020 ;

- le code de justice administrative.

Considérant ce qui suit :

1. Aux termes de l'article R. 222-1 du code de justice administrative : " () les présidents de formation de jugement des tribunaux () peuvent, par ordonnance : ()

7° Rejeter, après l'expiration du délai de recours (), les requêtes ne comportant que des moyens de légalité externe manifestement infondés, des moyens irrecevables, des moyens inopérants ou des moyens qui ne sont assortis que de faits manifestement insusceptibles de venir à leur soutien ou ne sont manifestement pas assortis des précisions permettant d'en apprécier le bien-fondé ". Aux termes de l'article R. 411-1 de ce même code : " La juridiction est saisie par requête. La requête () contient l'exposé des faits et moyens (). L'auteur d'une requête ne contenant l'exposé d'aucun moyen ne peut la régulariser par le dépôt d'un mémoire exposant un ou plusieurs moyens que jusqu'à l'expiration du délai de recours " et aux termes de l'article

R. 421-1 du même code : " La juridiction ne peut être saisie que par voie de recours formé contre une décision, et ce, dans les deux mois à partir de la notification ou de la publication de la décision attaquée. () ".

2. En vertu du premier alinéa de l'article 2 du décret du 14 janvier 2020 relatif à la prime de transition énergétique, seuls les travaux et prestations commencés après l'accusé de réception par l'Agence nationale de l'habitat de la demande de prime y ouvrent droit, cet accusé de réception ne valant toutefois pas décision d'octroi de la prime. Aux termes du deuxième alinéa de ce même article : " Par dérogation au premier alinéa du présent II : 1° Le directeur général de l'Agence nationale de l'habitat peut, à titre exceptionnel, accorder une prime lorsque le dossier a été déposé après le commencement des travaux ou prestations, notamment en cas de travaux ou prestations : / - urgents en raison d'un risque manifeste pour la santé ou la sécurité des personnes ; / - résultant de dommages causés par une catastrophe naturelle ou technologique, ou par effets du vent dû aux tempêtes, ouragans et cyclones, dûment constatés en application des articles L. 125-1, L. 122-7 et L. 128-1 du code des assurances ; / 2° Le bénéficiaire peut déposer une demande après avoir réalisé la prestation mentionnée au 8 ou au 15 bis de l'annexe 1 du présent décret. ", ces dernières prestations concernant la réalisation, en dehors des cas où la réglementation le rend obligatoire, d'un audit énergétique et la mission d'accompagnement par un opérateur agréé prévue à l'article L. 232-3 du code de l'énergie.

3. Mme B A conteste la deuxième décision de rejet implicite de sa réclamation et soutient qu'après avoir réalisé des travaux d'installation d'un poêle à granulés, l'ANAH a estimé qu'elle avait débuté les travaux avant la validation de " Ma Prime Rénov " alors que tel n'a pas été le cas, puisqu'elle a été confrontée à un " bug " informatique imputable aux serveurs du site de " Ma Prime Rénov " et qu'elle a donc dû créer un autre dossier, création alors postérieure à l'engagement des travaux. Mme A indique également avoir tenté, en vain, de prouver sa bonne foi par des captures d'écran et en détaillant ses actions. Toutefois, les faits dont se prévaut la requérante, d'une part, sont sans incidence sur le motif de la décision attaquée tiré de ce que les travaux ont commencé avant la validation du dossier pour l'octroi de la prime et, d'autre part, ne sont manifestement pas assortis des précisions suffisantes pour en apprécier le bien-fondé, aucune pièce n'étant produite par la requérante. Enfin, il ne résulte pas de l'instruction, et n'est d'ailleurs pas allégué, que les travaux réalisés relevaient des cas, exposés à l'article 2 du décret du 14 janvier 2020, dans lesquels le directeur de l'Agence peut, à titre exceptionnel, accorder une prime alors même que le dossier a été déposé après le commencement des travaux.

4. Il résulte de ce qui précède que la requête de Mme A, qui ne comprend que des moyens inopérant ou manifestement non assorti des précisions suffisantes, doit être rejetée par application des dispositions du 7° de l'article R. 222-1 du code de justice administrative.

O R D O N N E :

Article 1er : La requête de Mme B A est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme B A et à l'Agence nationale de l'habitat.

Fait à Caen, le 20 février 2025.

La présidente de la 3ème chambre

signé

A. MACAUD

La République mande et ordonne au préfet de l'Orne en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme

La greffière,

C. Bénis

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