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AccueilJurisprudence administrativeN° TA14-2301917

Tribunal Administratif de Caen — Décision N° TA14-2301917

lundi 9 décembre 2024

JuridictionTribunal Administratif de Caen
SectionTribunal Administratif de Caen
N° DossierTA14-2301917
TypeDécision
RecoursPlein contentieux
PublicationC
Formation1ère chambre JU

Résumé IA

Le Tribunal Administratif de Caen a rejeté la requête de M. B, qui demandait l’annulation du refus implicite du principal du collège André Miclot de lui communiquer des documents relatifs à une cérémonie de remise des brevets. Le tribunal a constaté que les documents sollicités n’existaient pas, comme l’a confirmé l’administration en défense. Il a rappelé que le droit à communication prévu par les articles L. 300-2 et L. 311-1 du code des relations entre le public et l’administration ne porte que sur des documents existants, et ne peut contraindre l’administration à en créer. Les moyens soulevés par le requérant, notamment sur une prétendue faute ou un manquement au principe de neutralité, ont été écartés comme inopérants.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et un mémoire, enregistrés les 17 juillet et 18 août 2023, M. C B demande au tribunal d'annuler la décision implicite par laquelle le principal du collège André Miclot, situé à Port-Bail-sur-Mer, a rejeté sa demande tendant à la communication de plusieurs documents relatifs à l'organisation d'une cérémonie de remise des brevets des collèges le 18 novembre 2022.

Il soutient que :

- la décision en litige contrevient à l'avis favorable émis par la commission d'accès aux documents administratifs (CADA) le 1er juin 2023 ;

- l'absence de réponse à sa demande l'a contraint à saisir la CADA et le tribunal alors qu'il était aisé pour le principal du collège André Miclot de préciser que les documents sollicités n'existaient pas ;

- l'inexistence des documents sollicités révèle une faute commise par les services du collège André Miclot ;

- la présence du maire de la commune à la remise de diplômes organisée le 18 novembre 2022 constitue un manquement au principe de neutralité du service public de l'éducation.

Par un mémoire en défense, enregistré le 4 août 2023, le principal du collège André Miclot informe la juridiction que les documents dont la communication est sollicitée n'existent pas.

Par un mémoire en défense, enregistré le 19 novembre 2024, l'académie de Normandie, représentée par la rectrice, conclut au rejet de la requête.

Elle soutient qu'aucun des moyens de la requête n'est fondé.

Vu :

- les autres pièces du dossier ;

-l'avis favorable n° 20232174 émis par la commission d'accès aux documents administratifs le 1er juin 2023.

Vu le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné M. A en application de l'article R. 222-13 du code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de M. A,

- les conclusions de M. Bonneu, rapporteur public.

Les parties n'étaient ni présentes, ni représentées.

Considérant ce qui suit :

1. A l'occasion d'une cérémonie de remise des brevets des collèges organisée le 18 novembre 2022 par le collège André Miclot, le maire de la commune de Port-Bail-sur-Mer a procédé à la remise des diplômes aux anciens élèves du collège. Par une lettre du 7 mars 2023, M. B a sollicité la communication des documents relatifs à l'organisation de cette cérémonie, tels que les échanges entre le directeur de l'établissement et le maire de la commune concernant l'organisation de la cérémonie, les autorisations parentales concernant la capture de l'image des anciens élèves de l'établissement avec le maire de la commune lors de la cérémonie et la lettre par laquelle un média local a été invité à couvrir l'évènement en présence du maire de Port-Bail-sur-Mer. En l'absence de réponse à cette demande, une décision implicite de rejet est intervenue. M. B a saisi la commission d'accès aux documents administratifs d'une demande d'avis le 10 avril 2023. Par un avis émis le 1er juin 2023, la commission a considéré que les documents sollicités étaient communicables au requérant sous réserve des dispositions de l'article L. 311-6 du code relations entre le public et l'administration. Par sa requête, M. B demande au tribunal d'annuler la décision par laquelle le directeur d'établissement a implicitement rejeté sa demande de communication.

2. Aux termes de l'article L. 300-2 du code des relations entre le public et l'administration : " Sont considérés comme documents administratifs, au sens des titres Ier, III et IV du présent livre, quels que soient leur date, leur lieu de conservation, leur forme et leur support, les documents produits ou reçus, dans le cadre de leur mission de service public, par l'Etat, les collectivités territoriales ainsi que par les autres personnes de droit public (). Constituent de tels documents notamment les dossiers, (), correspondances, () et décisions () ". Aux termes de l'article L. 311-1 du même code : " Sous réserve des dispositions des articles L. 311-5 et L. 311-6, les administrations mentionnées à l'article L. 300-2 sont tenues de () communiquer les documents administratifs qu'elles détiennent aux personnes qui en font la demande, dans les conditions prévues par le présent livre ".

3. Si une autorité administrative est tenue de communiquer les documents administratifs qu'elle détient aux personnes qui en font la demande, ce droit à communication ne s'applique toutefois qu'à des documents existants et n'a ni pour objet, ni pour effet, de contraindre l'administration à établir un document qui n'existe pas, l'administration n'étant pas davantage tenue d'établir un document en vue de procurer les renseignements ou l'information souhaités. La communication d'un document inexistant est toutefois imposée dans l'hypothèse où celui-ci peut être obtenu par un traitement automatisé d'usage courant.

4. Dans ses écritures en défense, le principal du collège André Miclot informe le tribunal que les documents dont la communication est sollicitée n'existent pas. Le requérant, qui soutient que la présence du maire de la commune lors de la cérémonie du 18 novembre 2022 révèle l'existence d'une décision portant atteinte au principe de neutralité du service public de l'éducation et que l'absence d'autorisation parentale permettant la capture de l'image des anciens élèves en présence du maire est de nature à établir une faute commise par le directeur de l'établissement, ne conteste pas l'inexistence des documents sollicités. Par suite, les moyens soulevés par le requérant, qui n'ont aucune incidence sur la légalité de la décision en litige, ne peuvent qu'être écartés.

5. Il résulte de ce qui précède, sans qu'il soit besoin d'examiner les fins de non-recevoir soulevées par le recteur de la région académique de Normandie, que les conclusions aux fins d'annulation présentées par M. B doivent être rejetées.

D E C I D E :

Article 1er : La requête de M. B est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. C B, au directeur du collège André Miclot et au recteur de la région académique de Normandie.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 9 décembre 2024.

Le magistrat désigné,

signé

F. ALa greffière,

signé

F. LEBOSSE

La République mande et ordonne au préfet de la Manche, en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente ordonnance.

Pour expédition conforme,

La greffière,

C. Bénis

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