lundi 14 octobre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Caen |
| Section | Tribunal Administratif de Caen |
| N° Dossier | TA14-2302417 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Formation | 3ème chambre JU |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 14 septembre 2023, Mme C B demande au tribunal d'annuler la décision du 13 juillet 2023 par laquelle le président du conseil départemental de l'Orne a rejeté le recours administratif qu'elle avait formé le 23 janvier 2023 contre la décision de la mutualité sociale agricole Mayenne-Orne-Sarthe du 10 janvier 2023 lui notifiant un indu de revenu de solidarité active de 5 310,63 euros pour la période allant du 1er septembre 2021 au 30 novembre 2022.
Elle soutient qu'elle n'a pas reçu de libéralités de son beau-frère, de sa sœur ou de la société de M. B au cours de la période de janvier 2021 à juin 2022.
Par un mémoire enregistré le 11 octobre 2023, le département de l'Orne conclut au rejet de la requête.
Il soutient que :
- la requête est irrecevable dès lors qu'elle ne comporte aucun moyen ;
- la décision attaquée est légalement fondée.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'action sociale et des familles ;
- le code de la sécurité sociale ;
- le code de justice administrative.
La présidente du tribunal a désigné Mme Macaud, vice-présidente, en application de l'article R. 222-13 du code de justice administrative.
La magistrate désignée a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le rapport de Mme Macaud a été entendu au cours de l'audience publique, à l'issue de laquelle la clôture de l'instruction a été prononcée.
Considérant ce qui suit :
1. Aux termes de l'article L. 262-3 du code de l'action sociale et des familles : " () / L'ensemble des ressources du foyer, y compris celles qui sont mentionnées à l'article L. 132-1, est pris en compte pour le calcul du revenu de solidarité active, () ". Aux termes de l'article R. 262-6 du même code : " Les ressources prises en compte pour la détermination du montant du revenu de solidarité active comprennent, sous les réserves et selon les modalités figurant au présent chapitre, l'ensemble des ressources, de quelque nature qu'elles soient, de toutes les personnes composant le foyer () ". Aux termes de l'article R. 262-11 du même code : " Pour l'application de l'article R. 262-6, il n'est pas tenu compte : / () / 14° Des aides et secours financiers dont le montant ou la périodicité n'ont pas de caractère régulier ainsi que des aides et secours affectés à des dépenses concourant à l'insertion du bénéficiaire et de sa famille, notamment dans les domaines du logement, des transports, de l'éducation et de la formation ;/ () ". Aux termes de l'article R. 262-14 du même code : " Sur décision individuelle du président du conseil départemental au vu de la situation exceptionnelle du demandeur au regard de son insertion sociale et professionnelle, il n'est pas tenu compte des libéralités consenties aux membres du foyer. "
2. Il résulte des dispositions législatives et réglementaires citées ci-dessus que les aides apportées par des proches ne sauraient être assimilées ni à des " aides et secours financiers dont le montant et la périodicité n'ont pas de caractère régulier ", ni à des " aides et secours affectés à des dépenses concourant à l'insertion du bénéficiaire et de sa famille, notamment dans les domaines du logement, des transports, de l'éducation et de la formation " mentionnés au 14° de l'article R. 262-11 du code de l'action sociale et des familles, lequel vise, en application du 4° de l'article L. 262-3 du même code, des prestations et aides sociales à finalité sociale particulière, mais pourraient seulement relever, le cas échéant, des dispositions de l'article R. 262-14 de ce code.
3. Mme B soutient que les sommes non déclarées et versées régulièrement par sa sœur et son beau-frère qui s'élèvent à un montant global de 6 550 euros pour les années 2021 et 2022 correspondent à un prêt familial remboursable afin de subvenir à ses besoins. Au soutien de ses allégations, elle produit une attestation sur l'honneur signée par M. D et une reconnaissance de dettes signée par elle et son beau-frère établie le 19 janvier 2023 pour une somme totale restant due d'un montant de 2 450 euros, après un remboursement indiqué de 4 100 euros, laquelle comporte la mention écrite de la somme prêtée, l'identité détaillée du débiteur et du créancier, les modalités de versements des sommes prêtées ainsi que les modalités de remboursement. Toutefois, la requérante ne justifie pas avoir remboursé les sommes mentionnées dans cette reconnaissance de dette du 19 janvier 2023, qui, en outre, a été établie postérieurement au contrôle effectué par l'agent mandaté par la mutualité sociale agricole. Ainsi, et en l'absence notamment de tout document probant permettant d'établir que ce prêt a bien été remboursé par Mme B, cette dernière ne peut pas être regardée comme établissant que les versements pris en compte par le département de l'Orne constituaient un prêt accordé par un tiers et non une aide constitutive de ressources au sens des dispositions de l'article R. 262-6 du code de l'action sociale et des familles. De plus, si la requérante produit une attestation de M. A B, gérant de l'EURL Les jardins de Lô, pour justifier des virements effectués sur son compte, M. B se borne à y indiquer qu'il a utilisé le compte bancaire de la requérante de janvier 2021 à juin 2022 pour ses achats et règlements professionnels à la suite de problèmes bancaires affectant sa société, sans apporter toutefois d'éléments permettant d'établir cette situation et sans que la requérante ne justifie de la ventilation de ses fonds de son compte bancaire vers la société. Enfin, si Mme B soutient procéder à l'achat et la revente d'objets provenant de brocantes ou de vide-greniers, compte tenu des montants en cause, de la régularité des versements et sans autre justification de l'intéressée, le président du conseil départemental n'a pas commis d'erreur de droit ni d'erreur d'appréciation en réintégrant dans les ressources de l'intéressée le montant de ces ventes pour déterminer le droit au revenu de solidarité active de Mme B.
4. Il résulte de ce qui précède, et sans qu'il soit besoin de se prononcer sur la recevabilité de la requête, que Mme B n'est pas fondée à demander l'annulation de la décision du 13 juillet 2023 par laquelle le président du conseil départemental de l'Orne a rejeté son recours administratif dirigé contre la décision de la mutualité sociale agricole Mayenne-Orne-Sarthe du 10 janvier 2023 correspondant à un indu de revenu de solidarité active d'un montant de 5 310,63 euros couvrant la période du 1er septembre 2021 au 30 novembre 2022.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de Mme B est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme C B et au département de l'Orne.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 14 octobre 2024.
La magistrate désignée,
SIGNÉ
A. MACAUD
La greffière,
SIGNÉ
E. BLOYET
La République mande et ordonne au préfet de l'Orne en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme
La greffière,
E. Bloyet
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
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Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
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