mercredi 18 octobre 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Caen |
| Section | Tribunal Administratif de Caen |
| N° Dossier | TA14-2302678 |
| Type | Ordonnance |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Avocat requérant | CABINET NDIAYE |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 16 octobre 2023 à 13 h 55, M. A B, représenté par Me Ndiaye, demande au juge des référés :
1°) de lui accorder le bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire ;
2°) sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-2 du code de justice administrative, d'enjoindre au préfet du Calvados de lui délivrer un récépissé de demande de renouvellement de sa carte de résident avec autorisation de travail, dans un délai de vingt-quatre heures à compter de la notification de l'ordonnance à intervenir et sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 900 euros à verser à son conseil en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.
Il soutient que :
Sur l'urgence :
- il a déjà bénéficié de deux cartes de résident de dix ans ;
- il a déposé la demande de renouvellement de son titre de séjour le 23 février 2023 et obtenu un récépissé valable jusqu'au 6 septembre 2023 ;
- ce récépissé lui a permis de poursuivre sa formation en immersion au sein du service culturel de la mairie de Honfleur, à l'issue de laquelle la ville de Honfleur a proposé de l'embaucher en contrat à durée indéterminée dès le début du mois d'octobre en qualité d'agent polyvalent au sein des services des musées de la ville de Honfleur ;
- il a déposé le 22 août 2023 une demande de renouvellement de son récépissé ;
- la signature de son contrat de travail est suspendue dans l'attente de son titre de séjour ou d'un récépissé ;
- alors qu'il percevait 1 100 euros par mois au titre de l'indemnisation par Pôle emploi, il a été radié de la liste des demandeurs d'emploi à l'expiration de son récépissé et ne perçoit plus aucun revenu ;
- il est père de quatre enfants.
Sur l'atteinte grave et manifestement illégale à une liberté fondamentale :
- le refus de la préfecture de délivrer un nouveau récépissé porte une atteinte grave à sa liberté de mener une vie privée et familiale normale et à son droit d'exercer une activité professionnelle ;
- le préfet est tenu de lui délivrer un récépissé en application des articles R. 311-4 et R. 311-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
Par un mémoire en défense, enregistré le 17 octobre 2023, le préfet du Calvados informe le tribunal que le requérant a été convoqué pour la délivrance d'un récépissé le 18 octobre 2023 à 8 h 45.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné M. C pour statuer sur les demandes de référé.
Au cours de l'audience publique qui s'est tenue le 18 octobre 2023 à 11 heures en présence de Mme Bénis, greffière d'audience, M. C a lu son rapport et entendu les observations :
- de Me Ndiaye, pour M. B, qui reprend les termes de sa requête. Il précise que M. B a obtenu un récépissé l'autorisant à travailler ;
- de M. B.
Le préfet du Calvados, dûment convoqué, n'était pas représenté.
La clôture de l'instruction est intervenue à l'issue de l'audience en application du premier alinéa de l'article R. 522-8 du code de justice administrative.
Sur l'aide juridictionnelle provisoire :
1. Aux termes de l'article 20 de la loi ci-dessus mentionnée du 10 juillet 1991 : " Dans les cas d'urgence, sous réserve de l'application des règles relatives aux commissions ou désignations d'office, l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut être prononcée soit par le président du bureau ou de la section compétente du bureau d'aide juridictionnelle, soit par la juridiction compétente ou son président () ". Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, d'accorder à M. B le bénéfice de l'aide juridictionnelle à titre provisoire.
Sur les conclusions présentées sur le fondement de l'article L. 521-2 du code de justice administrative :
2. Aux termes de l'article L. 521-2 du code de justice administrative : " Saisi d'une demande en ce sens justifiée par l'urgence, le juge des référés peut ordonner toutes mesures nécessaires à la sauvegarde d'une liberté fondamentale à laquelle une personne morale de droit public ou un organisme de droit privé chargé de la gestion d'un service public aurait porté, dans l'exercice d'un de ses pouvoirs, une atteinte grave et manifestement illégale. Le juge des référés se prononce dans un délai de quarante-huit heures. ".
3. Il résulte de l'instruction que M. A B, ressortissant marocain, a sollicité le 23 février 2023 le renouvellement de sa carte de résident qui arrivait à expiration le 22 mai suivant. Il a obtenu le 7 mars 2023 un récépissé de demande de renouvellement de titre de séjour, valable jusqu'au 6 septembre 2023. M. B a demandé le 22 août 2023 le renouvellement de ce récépissé. Par une lettre du 7 août 2023, le directeur de l'agence Pôle emploi Normandie a informé M. B qu'en l'absence de titre de séjour ou de récépissé, il serait radié de la liste des demandeurs d'emploi. Par la présente requête, M. B, qui est titulaire d'une promesse d'embauche en contrat à durée indéterminée sur un poste d'agent polyvalent au musée municipal de Honfleur, demande qu'il soit enjoint au préfet du Calvados de lui délivrer un nouveau récépissé de demande de renouvellement de titre de séjour avec autorisation de travail.
4. Par un courriel du 16 octobre 2023 expédié à 17 h 25, soit postérieurement à l'introduction de la requête, M. B a été convoqué pour la délivrance d'un récépissé le 18 octobre 2023 à 8 h 45. Le requérant a indiqué à l'audience avoir obtenu, à l'issue de cet entretien, un récépissé l'autorisant à travailler. Dans ces conditions, les conclusions aux fins d'injonction sous astreinte présentées par M. B sur le fondement de l'article L. 521-2 du code de justice administrative sont devenues sans objet. Il n'y a plus lieu d'y statuer.
Sur les frais liés au litige :
5. M. B est admis, à titre provisoire, à l'aide juridictionnelle. Par suite, son avocat peut se prévaloir des dispositions des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce et sous réserve que Me Ndiaye renonce à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'Etat, de mettre à la charge de l'Etat le versement à Me Ndiaye de la somme de 500 euros. Dans le cas où l'aide juridictionnelle ne serait pas accordée par le bureau d'aide juridictionnelle, la somme de 500 euros sera versée à M. B.
O R D O N N E :
Article 1er : M. B est admis, à titre provisoire, à l'aide juridictionnelle.
Article 2 : Il n'y a pas lieu de statuer sur les conclusions présentées par M. B sur le fondement de l'article L. 521-2 du code de justice administrative.
Article 3 : Sous réserve que Me Ndiaye renonce à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'Etat, l'Etat versera à Me Ndiaye une somme de 500 euros sur le fondement de l'article 37 alinéa 2 de la loi du 10 juillet 1991. Dans le cas où l'aide juridictionnelle ne serait pas accordée par le bureau d'aide juridictionnelle, la somme de 500 euros sera versée à M. B.
Article 4 : La présente ordonnance sera notifiée à M. A B, à Me Ndiaye et au ministre de l'intérieur et des outre-mer.
Copie en sera transmise au préfet du Calvados.
Fait à Caen, le 18 octobre 2023.
Le magistrat désigné,
Signé
F. C
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer, en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente ordonnance.
Pour expédition conforme,
La greffière,
C. Bénis
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026