mercredi 7 mai 2025
| Juridiction | Tribunal Administratif de Caen |
| Section | Tribunal Administratif de Caen |
| N° Dossier | TA14-2303149 |
| Type | Ordonnance |
| Recours | Plein contentieux |
| Avocat requérant | SELARL BAUGAS-CRAYE |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et des mémoires, enregistrés les 2 décembre 2023, 7 février 2024 et
3 avril 2024, M. B A demande au juge des référés, sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, dans le dernier état de ses écritures :
1°) d'annuler la décision du maire de Bréhal rejetant implicitement sa demande du
26 novembre 2023 tendant à ce qu'il exerce ses pouvoirs de police ;
2°) d'enjoindre au maire de Bréhal, conformément aux articles 640 du code civil,
R. 141-2 du code de la voirie routière et L. 2122-21 du code général des collectivités territoriales, de s'assurer du libre écoulement des eaux sous la route du Village Trottin afin de respecter la servitude d'écoulement des eaux en nettoyant les buses se trouvant sous la route du village ;
3°) d'enjoindre au maire de Bréhal, conformément aux articles L. 211-7 et L. 215-7 du code de l'environnement et au 5° de l'article L. 2122-2 du code général des collectivités territoriales, de mettre en œuvre ses pouvoirs de police de l'eau afin de rétablir le libre écoulement des eaux sur son terrain et sous la route du Village Trottin de telle sorte que l'étang revienne dans son lit et que les parcelles environnantes cessent d'être inondées ;
4°) de mettre à la charge de la commune de Bréhal une somme de 600 euros à en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Par des mémoires enregistrés les 17 janvier 2024 et 28 février 2024, la commune de Bréhal, représentée par Me Baugas, conclut au rejet de la requête et à ce que soit mise à la charge de M. A une somme de 2 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
La présidente du tribunal a désigné Mme Audrey Macaud, vice-présidente, pour statuer sur les demandes de référé.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code civil ;
- le code de l'environnement ;
- le code général des collectivités territoriales ;
- le code de la voierie routière ;
- le code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1. Aux termes de l'article L. 521-3 du code de justice administrative : " En cas d'urgence et sur simple requête qui sera recevable même en l'absence de décision administrative préalable, le juge des référés peut ordonner toutes autres mesures utiles sans faire obstacle à l'exécution d'aucune décision administrative. ". Saisi sur le fondement de ces dispositions d'une demande qui n'est pas manifestement insusceptible de se rattacher à un litige relevant de la compétence du juge administratif, le juge des référés peut prescrire, à des fins conservatoires ou à titre provisoire, toutes mesures que l'urgence justifie, notamment sous forme d'injonctions adressées à l'administration, à la condition que ces mesures soient utiles et ne se heurtent à aucune contestation sérieuse. En outre, il ne saurait faire obstacle à l'exécution d'une décision administrative, même celle refusant la mesure demandée, à moins qu'il ne s'agisse de prévenir un péril grave.
2. Il résulte de l'instruction que M. B A a constaté une montée des eaux de ruissellement sur sa parcelle cadastrée ZH65 à Bréhal, sur laquelle se trouve un étang bordé à l'Ouest par la route communale du Village Trottin, et a contacté les services de la commune qui se sont déplacés le 17 novembre 2023 pour constater la situation. Aucune démarche n'ayant été entreprise par le maire de Bréhal, M. A lui a adressé, le 28 novembre 2023, une mise en demeure, reçue le 29 novembre suivant, d'user de ses pouvoirs afin de rétablir le libre écoulement des eaux. Contrairement à ce que soutient M. A, une décision administrative est née du fait du silence gardé par le maire de Bréhal sur sa demande tendant à ce qu'il fasse usage de ses pouvoirs pour rétablir l'écoulement des eaux. Dans ces conditions, et en l'absence de péril grave résultant de l'augmentation du niveau de l'eau, à supposer cette augmentation établie, la demande de M. A, qui ferait obstacle à l'exécution d'une décision administrative, ne peut qu'être rejetée.
3. Au surplus, les mesures demandées par M. A se heurtent à une contestation sérieuse dès lors qu'il ne résulte pas de l'instruction qu'un busage appartenant au domaine public serait, comme le soutient M. A, la cause des désordres dont il se plaint.
4. Il résulte de ce qui précède que les conclusions de M. A à fin d'injonction ne peuvent qu'être rejetées.
5. S'agissant des frais de l'instance, les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de la commune de Bréhal, qui n'est pas partie perdante, la somme demandée par M. A. En outre, dans les circonstances de l'espèce, il y a lieu de rejeter les conclusions de la commune de Bréhal formulées au même titre.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête de M. A est rejetée.
Article 2 : Les conclusions de la commune de Bréhal tendant au bénéfice de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à M. B A et à la commune de Bréhal.
Fait à Caen, le 7 mai 2025.
La juge des référés
SIGNÉ
A. MACAUD
La République mande et ordonne au préfet de la Manche en ce qui le concerne, et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente ordonnance.
Pour expédition conforme,
La greffière
E. Bloyet
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026