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AccueilJurisprudence administrativeN° TA14-2400288

Tribunal Administratif de Caen — Décision N° TA14-2400288

lundi 9 décembre 2024

JuridictionTribunal Administratif de Caen
SectionTribunal Administratif de Caen
N° DossierTA14-2400288
TypeOrdonnance
RecoursPlein contentieux
Avocat requérantSELARL JURIADIS

Résumé IA

Le Tribunal Administratif de Caen, par une ordonnance du 9 décembre 2024, a constaté le désistement d'office de Mme B et Mme C de leur requête en annulation d'un arrêté de péril imminent pris par le maire de Montsenelle. Ce désistement a été prononcé sur le fondement des articles R. 612-5-2 et R. 222-1 du code de justice administrative, les requérantes n'ayant pas confirmé le maintien de leur requête dans le délai d'un mois suivant le rejet de leur demande de suspension. En conséquence, le tribunal a donné acte de ce désistement et rejeté les conclusions de la commune tendant à l'application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 1er février 2024, Mme A B et Mme D C, représentées par la SCP Adjudicia, demandent au tribunal :

1°) d'annuler l'arrêté de péril imminent du 5 décembre 2023 par lequel le maire de la commune de Montsenelle a ordonné la démolition de l'immeuble situé 9 route de la Févrerie à Saint-Jores dans un délai de trente jours ;

2°) de mettre à la charge de la commune de Montsenelle une somme de 2 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, ainsi que les entiers dépens.

Par une lettre du 1er mars 2024, Mme B et Mme C ont été invitées, sur le fondement de l'article R. 612-5-2 du code de justice administrative, à indiquer si elles maintenaient leur requête.

Par un mémoire en défense, enregistré le 13 juin 2024, la commune de Montsenelle, qui demande qu'il soit pris acte du désistement d'office des requérantes, conclut au rejet de la requête et à ce qu'une somme de 1 000 euros soit mise à la charge des requérantes au titre des frais de l'instance.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu le code de justice administrative.

Considérant ce qui suit :

1. Aux termes de l'article R. 222-1 du code de justice administrative : " Les présidents de tribunal administratif () et les présidents de formation de jugement des tribunaux () peuvent, par ordonnance : / 1' donner acte des désistements ; () 5° Statuer sur les requêtes qui ne présentent plus à juger de questions autres que la condamnation prévue à l'article L. 761-1 ou la charge des dépens () ". L'article R. 612-5-2 du même code dispose : " En cas de rejet d'une demande de suspension présentée sur le fondement de l'article L. 521-1 au motif qu'il n'est pas fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision, il appartient au requérant, sauf lorsqu'un pourvoi en cassation est exercé contre l'ordonnance rendue par le juge des référés, de confirmer le maintien de sa requête à fin d'annulation ou de réformation dans un délai d'un mois à compter de la notification de ce rejet. A défaut, le requérant est réputé s'être désisté. / Dans le cas prévu au premier alinéa, la notification de l'ordonnance de rejet mentionne qu'à défaut de confirmation du maintien de sa requête dans le délai d'un mois, le requérant est réputé s'être désisté. ".

2. Par une lettre recommandée avec avis de réception du 1er mars 2024 notifiant l'ordonnance de référé suspension n° 2400354 du même jour, le tribunal a indiqué à Mme B qu'à défaut de produire, sous le numéro d'instance correspondant à sa requête au fond, un courrier confirmant le maintien de cette requête en annulation dans le délai d'un mois, elle serait regardée comme s'étant désistée de ladite requête. Mme B a accusé réception de ce pli le 4 mars 2024. En l'absence de confirmation expresse des conclusions de la requête en annulation dans le délai d'un mois imparti par cette lettre, Mme B est réputée s'être désistée de l'ensemble de ses conclusions.

3. Une lettre recommandée avec avis de réception, notifiant l'ordonnance de référé n° 2400354 du 1er mars 2024 et indiquant à Mme C qu'elle devait produire un écrit par lequel elle indiquait expressément vouloir maintenir ses conclusions au fond dans un délai d'un mois, a également été notifiée à Mme C. Ce pli, qui a été expédié le 4 mars 2024 à l'adresse postale fournie par Mme C, a été retourné au tribunal avec la mention " pli avisé et non réclamé ". Dans ces conditions, Mme C doit être regardée comme ayant reçu une notification régulière de cette lettre. En l'absence de confirmation expresse des conclusions de la requête dans le délai d'un mois imparti par cette lettre, Mme C est, elle aussi, réputée s'être désistée de l'ensemble de ses conclusions.

4. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de faire droit aux conclusions présentées par la commune de Montsenelle sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

O R D O N N E :

Article 1er : Il est donné acte du désistement d'office de Mme B et Mme C.

Article 2 : Les conclusions présentées par la commune de Montsenelle sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.

Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme A B, à Mme D C et à la commune de Montsenelle.

Fait à Caen, le 9 décembre 2024.

Le président de la 1ère chambre,

Signé

F. CHEYLAN

La République mande et ordonne au préfet de la Manche en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

Le greffier en chef,

D. Dubost

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