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AccueilJurisprudence administrativeN° TA14-2400294

Tribunal Administratif de Caen — Décision N° TA14-2400294

jeudi 13 février 2025

JuridictionTribunal Administratif de Caen
SectionTribunal Administratif de Caen
N° DossierTA14-2400294
TypeDécision
RecoursPlein contentieux
Formation3ème chambre JU

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et un mémoire enregistrés le 2 février 2024 et le 31 janvier 2025, Mme B A demande au tribunal d'annuler la décision du 8 janvier 2024 par laquelle la caisse d'allocations familiales de la Manche a rejeté sa demande de remise de dette correspondant à un indu de prime d'activité d'un montant initial de 837,33 euros, dont le solde s'élève à 537,33 euros, pour la période du 1er septembre 2021 au 31 mai 2022.

Elle soutient qu'elle doit pouvoir obtenir une remise de dette compte tenu de sa situation financière actuelle.

Par des mémoires enregistrés le 14 mars 2024 et le 5 février 2025, la caisse d'allocations familiales de la Manche conclut au rejet de la requête au motif que la décision attaquée est légalement fondée.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de la sécurité sociale ;

- le code de justice administrative.

La présidente du tribunal a désigné Mme Macaud, vice-présidente, en application de l'article R. 222-13 du code de justice administrative.

La magistrate désignée a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Le rapport de Mme Macaud a été entendu au cours de l'audience publique, à l'issue de laquelle la clôture de l'instruction a été prononcée.

Considérant ce qui suit :

1. Mme B A est bénéficiaire de la prime d'activité depuis le 1er janvier 2016. Par courrier du 20 juin 2023, la caisse d'allocations familiales de la Manche lui a notifié un indu de prime d'activité de 837,33 euros, pour la période du 1er septembre 2021 au 31 mai 2022. Par courrier du 23 septembre 2023, Mme A a sollicité la remise de sa dette, dont le solde s'élevait à 537,33 euros. La caisse d'allocations familiales de la Manche a rejeté sa demande par une décision du 8 janvier 2024, dont elle demande l'annulation.

2. Aux termes de l'article L. 842-1 du code de la sécurité sociale : " Toute personne résidant en France de manière stable et effective qui perçoit des revenus tirés d'une activité professionnelle a droit à une prime d'activité, dans les conditions définies au présent titre ". Aux termes de l'article L. 843-1 de ce code : " La prime d'activité est attribuée, servie et contrôlée, pour le compte de l'Etat, par les caisses d'allocations familiales et par les caisses de mutualité sociale agricole pour leurs ressortissants ". Aux termes de l'article R. 846-5 du même code : " Le bénéficiaire de la prime d'activité est tenu de faire connaître à l'organisme chargé du service de la prestation toutes informations nécessaires à l'établissement et au calcul des droits, relatives à sa résidence, à sa situation de famille, aux activités, aux ressources et aux biens des membres du foyer. Il doit faire connaître à cet organisme tout changement intervenu dans l'un ou l'autre de ces éléments ". Enfin, aux termes de l'article L. 845-3 de ce code : " Tout paiement indu de revenu de prime d'activité est récupéré par l'organisme chargé de son service () / La créance peut être remise ou réduite par l'organisme mentionné au premier alinéa du présent article, en cas de bonne foi ou de précarité de la situation du débiteur, sauf si cette créance résulte d'une manœuvre frauduleuse ou d'une fausse déclaration ".

3. Lorsqu'il statue sur un recours dirigé contre une décision refusant ou ne faisant que partiellement droit à une demande de remise gracieuse d'un indu d'une allocation versée au titre de l'aide ou de l'action sociale, il appartient au juge administratif, eu égard tant à la finalité de son intervention qu'à sa qualité de juge de plein contentieux, non de se prononcer sur les éventuels vices propres de la décision attaquée, mais d'examiner si une remise gracieuse totale ou partielle est justifiée et de se prononcer lui-même sur la demande en recherchant si, au regard des circonstances de fait dont il est justifié par l'une et l'autre parties à la date de sa propre décision, la situation de précarité du débiteur et sa bonne foi justifient que lui soit accordée une remise ou une réduction supplémentaire.

4. Il résulte de l'instruction que l'indu de prime d'activité qui a été notifié à Mme A le 20 juin 2023, dans la limite de la prescription biennale, résulte de la minoration de ses revenus pour l'année 2021, révélée par ses déclarations de ressources auprès de l'administration fiscale. Mme A indique être à la recherche d'un emploi et évalue ses ressources à un montant d'environ 1 100 euros provenant de ses indemnités chômage et de l'allocation logement tout en devant honorer des charges de logement de 400 euros, procéder à un remboursement de crédit pour l'achat d'un véhicule le 24 janvier 2025 et payer diverses charges usuelles, dont la plupart ne sont pas justifiées. Elle a également perçu la somme de 280 euros en décembre 2024 pour un poste d'agent d'entretien. Au regard de l'ensemble de ces éléments, Mme A ne peut être regardée, à la date du présent jugement, comme étant dans une situation de précarité telle qu'elle ne puisse faire face au remboursement de l'indu mis à sa charge, dont le solde s'élève à 426,33 euros, la requérante conservant la possibilité, si elle s'y croit fondée, de demander à la caisse d'allocations familiales de la Manche un échelonnement pour le remboursement de la créance.

5. Il résulte de tout ce qui précède que Mme A n'est pas fondée à demander une remise de sa dette correspondant à l'indu de prime d'activité mis à sa charge.

D E C I D E :

Article 1er : La requête de Mme A est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme B A et à la ministre du travail, de la santé, des solidarités et des familles.

Copie en sera adressée, pour information, à la caisse d'allocations familiales de la Manche.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 13 février 2025.

La magistrate désignée,

SIGNÉ

A. MACAUD

La greffière,

SIGNÉ

E. BLOYET

La République mande et ordonne à la ministre du travail, de la santé, des solidarités et des familles en ce qui la concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme

La greffière,

E. Bloyet

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