mardi 17 septembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Caen |
| Section | Tribunal Administratif de Caen |
| N° Dossier | TA14-2400321 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Formation | 2ème chambre JU |
Vu la procédure suivante :
Par une saisine et un mémoire enregistrés le 6 février 2024 et le 13 mai 2024, le préfet du Calvados, défère l'association Normandy Beach Race et M. A Félix, son représentant, comme prévenus d'une contravention de grande voirie et conclut à ce que le tribunal constate que les faits établis par procès-verbal constituent une contravention de grande voirie prévue et réprimée par les articles L. 2122-1, L. 2132-2, L. 2132-26 du code général de la propriété des personnes publiques et 131-13 du code pénal et condamne par suite l'association Normandy Beach Race et M. Félix chacun au paiement d'une amende de cinquième classe.
Par des mémoires en défense, enregistrés le 9 mars 2024 et le 22 mai 2024, l'association Normandy Beach Race et M. Félix doivent être regardés comme concluant à la relaxe.
S'ils ne contestent pas avoir outrepassé les limites de l'autorisation d'occupation et d'utilisation temporaire du domaine public maritime délivrée par le préfet du Calvados le 11 septembre 2023 pour l'organisation de la " Normandy Beach Race " du 19 au 25 septembre 2023, ils soutiennent avoir été dans l'impossibilité matérielle de revoir l'organisation de l'événement compte tenu de son ampleur et de son impact économique et avoir décidé de maintenir le programme, après avoir constaté quelques jours avant la manifestation, après réception de l'arrêté préfectoral, que l'autorisation d'occupation et d'utilisation temporaire du domaine public maritime comportait une restriction de circulation sur le domaine public maritime des véhicules des participants aux créneaux horaires de 10H00 à 17H00 entrant en contradiction avec le programme de la manifestation communiqué au grand public et aux divers participants à l'organisation de l'événement, qu'ils avaient commis une erreur en présentant à l'administration un format tronqué de l'événement qu'ils voulaient identique à celui des deux précédentes éditions et que les engagements pris de rendre la plage propre ont été tenus.
Vu :
- le procès-verbal de contravention de grande voirie dressé le 9 janvier 2024 pour non-respect de la prescription de l'arrêté préfectoral portant autorisation d'occupation et d'utilisation temporaire du domaine public maritime en infraction aux dispositions des articles L. 2122-1 et L. 2132-1 du code général de la propriété des personnes publiques.
- le certificat constatant la notification du procès-verbal, comportant invitation à produire une défense écrite ;
- les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'environnement ;
- le code pénal ;
- le code général de la propriété des personnes publiques ;
- le décret n° 2003-172 du 25 février 2003 ;
- le code de justice administrative, notamment son article L. 774-1.
La présidente du tribunal a désigné Mme C en application de l'article L.774-1 du code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Après avoir, au cours de l'audience publique, présenté son rapport et entendu :
- les conclusions de M. Blondel, rapporteur public ;
- les observations de Mmes B et De Rosa, représentant le préfet du Calvados ;
- et les observations de M. Félix.
Considérant ce qui suit :
Sur l'action publique :
1. Aux termes de l'article L. 2122-1 du code général de la propriété des personnes publiques : " Nul ne peut, sans disposer d'un titre l'y habilitant, occuper une dépendance du domaine public d'une personne publique mentionnée à l'article L. 1 ou l'utiliser dans des limites dépassant le droit d'usage qui appartient à tous ". Aux termes de l'article L. 2111-4 du même code : " Le domaine public maritime naturel de L'Etat comprend : 1° Le sol et le sous-sol de la mer entre la limite extérieure de la mer territoriale et, côté terre, le rivage de la mer. / Le rivage de la mer est constitué par tout ce qu'elle couvre et découvre jusqu'où les plus hautes mers peuvent s'étendre en l'absence de perturbations météorologiques exceptionnelles ; () ". Aux termes de l'article L. 321-9 du code de l'environnement : " () / Sauf autorisation donnée par le préfet, après avis du maire, la circulation et le stationnement des véhicules terrestres à moteur autres que les véhicules de secours, de police et d'exploitation sont interdits, en dehors des chemins aménagés, sur le rivage de la mer et sur les dunes et plages appartenant au domaine public ou privé des personnes publiques lorsque ces lieux sont ouverts au public. / () ". Aux termes de l'article L. 2132-2 du code général de la propriété des personnes publiques : " Les contraventions de grande voirie sont instituées par la loi ou par décret, selon le montant de l'amende encourue, en vue de la répression des manquements aux textes qui ont pour objet, pour les dépendances du domaine public n'appartenant pas à la voirie routière, la protection soit de l'intégrité ou de l'utilisation de ce domaine public, soit d'une servitude administrative mentionnée à l'article L. 2131-1 / Elles sont constatées, poursuivies et réprimées par voie administrative ". Aux termes de l'article L. 2132-26 du code général de la propriété des personnes publiques : " Sous réserve des textes spéciaux édictant des amendes d'un montant plus élevé, l'amende prononcée pour les contraventions de grande voirie ne peut excéder le montant prévu par le 5° de l'article 131-13 du code pénal () ". Aux termes de l'article 1er du décret du 25 février 2003 relatif aux peines d'amende applicables aux infractions de grande voirie commises sur le domaine public maritime en dehors des ports : " Toute infraction en matière de grande voirie commise sur le domaine public maritime en dehors des ports, et autres que celles concernant les amers, feux, phares et centres de surveillance de la navigation maritime prévues par la loi du 27 novembre 1987 susvisée, est punie de la peine d'amende prévue par l'article 131-13 du code pénal pour les contraventions de la 5e classe ". Selon l'article 131-13 du code pénal, le montant des amendes pour les contraventions de cinquième classe s'élève à 1 500 euros au plus, ce montant peut être porté à 3 000 euros en cas de récidive.
2. Il résulte de l'instruction qu'un agent assermenté de la direction départementale des territoires et de la mer du Calvados a relevé, le 23 septembre 2023, de 19H30 à 20H00 la tenue de courses de voitures et de motos sur la plage de Ouistreham, dans l'enceinte de la manifestation Normandy Beach Race, alors que l'association Normandy Beach Race, représentée par M. Félix, a été autorisée par le préfet du Calvados à occuper et utiliser temporairement une partie du domaine public maritime de Ouistreham, du 19 au 25 septembre 2023, pour l'organisation d'exhibitions et de courses de véhicules anciens et que l'arrêté préfectoral du 11 septembre 2023 autorisait l'accès des véhicules participants sur le domaine public maritime, les 23 et 24 septembre 2023, et limitait leur autorisation d'y circuler aux créneaux horaires de 10H00 à 17H00. Ces faits constatés par un procès-verbal de contravention de grande voirie du 9 janvier 2024, dont la matérialité n'est pas contestée par M. Félix, président de l'association Normandy Beach Race, sont constitutifs d'une infraction aux règles relatives à l'utilisation du domaine public sanctionnée par une contravention de grande voirie. La circonstance que l'association aurait commis une erreur dans la formulation de sa demande alors qu'elle aurait entendu demander une autorisation permettant la tenue des courses dans la soirée du samedi et qu'elle avait déjà bénéficié d'une telle autorisation lors des deux éditions précédentes est sans incidence sur la caractérisation de cette infraction. M. Félix et l'association Normandy Beach Race ne peuvent utilement se prévaloir d'une impossibilité matérielle de revoir l'organisation de l'événement après avoir pris connaissance des limites de l'autorisation accordée, ni de l'impact économique de cette manifestation. Il résulte également de l'instruction qu'à la veille de l'événement l'administration avait rappelé à M. Félix en sa qualité de président de l'association organisatrice de l'événement les limites de l'autorisation accordée.
3. Aucune disposition applicable aux contraventions de grande voirie ne permet au juge administratif, dès lors qu'il a constaté la matérialité de ces infractions, de dispenser leur auteur de la condamnation aux amendes prévues par les textes et non frappées de prescription. Eu égard au principe d'individualisation des peines, il lui appartient cependant de fixer, dans les limites prévues par les textes applicables, le montant des amendes dues compte tenu de la gravité de la faute commise, qu'il apprécie au regard de la nature du manquement et de ses conséquences. Il ne saurait légalement condamner plusieurs prévenus solidairement au paiement de la même amende.
4. Dans les circonstances de l'espèce, il y a lieu de condamner au paiement d'une amende de 1 500 euros l'association Normandy Beach Race en sa qualité d'association organisatrice pour le compte de laquelle l'infraction a été commise. La circonstance que M. Félix ait été l'interlocuteur unique de l'administration est sans incidence sur la commission de l'infraction par l'association dont M. Félix, en qualité de dirigeant, est le mandataire. Il n'y a dès lors pas lieu d'infliger une amende à M. Félix en sa qualité de personne physique.
Sur l'action domaniale :
5. Dès qu'il est saisi par une autorité compétente, le juge doit se prononcer tant sur l'action publique que sur l'action domaniale, que lui soient ou non présentées des conclusions en ce sens. En l'espèce, il résulte de l'instruction que l'infraction constatée n'a pas porté atteinte à l'intégrité du domaine public maritime. Par suite, l'action domaniale est sans objet.
D E C I D E :
Article 1er : L'association Normandy Beach Race est condamnée à payer une amende de 1 500 euros.
Article 2 : M. Félix est relaxé des fins de la poursuite.
Article 3 : Il n'y a pas lieu de statuer sur l'action domaniale.
Article 4 : Le présent jugement sera notifié au préfet du Calvados pour notification à l'association Normandy Beach Race et à M. A Félix dans les conditions prévues à l'article L. 774-6 du code de justice administrative.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 17 septembre 2024.
La magistrate désignée,
Signé
M. C
Le greffier,
Signé
J. LOUNIS
La République mande et ordonne au préfet du Calvados en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Le greffier,
J. Lounis
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026