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AccueilJurisprudence administrativeN° TA14-2400361

Tribunal Administratif de Caen — Décision N° TA14-2400361

jeudi 13 février 2025

JuridictionTribunal Administratif de Caen
SectionTribunal Administratif de Caen
N° DossierTA14-2400361
TypeDécision
RecoursPlein contentieux
Formation3ème chambre JU

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et un mémoire enregistrés le 12 février 2024 et le 11 mars 2024, Mme B A demande au tribunal d'annuler la décision du 10 janvier 2024 en tant que la caisse d'allocations familiales de l'Orne ne lui a accordé qu'une remise de 976,46 euros sur un indu d'aide personnelle au logement d'un montant de 1 301,94 euros pour la période du 1er mars 2021 au 31 août 2021.

Elle soutient que :

- elle n'a jamais vécu dans le logement situé rue Charles Peggy à Alençon ;

- elle est dans l'incapacité de procéder au règlement du solde de la dette compte tenu de sa situation financière.

Par un mémoire enregistré le 22 février 2024, la caisse d'allocations familiales de l'Orne conclut au rejet de la requête au motif que la décision attaquée est légalement fondée.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de la construction et de l'habitation ;

- le code de la sécurité sociale ;

- le code de justice administrative.

La présidente du tribunal a désigné Mme Macaud, vice-présidente, en application de l'article R. 222-13 du code de justice administrative.

La magistrate désignée a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Le rapport de Mme Macaud a été entendu au cours de l'audience publique, à l'issue de laquelle la clôture de l'instruction a été prononcée.

Par un acte enregistré le 12 février 2025, Mme A doit être regardée comme se désistant de sa requête.

Considérant ce qui suit :

1. Par courrier du 4 novembre 2021, la caisse d'allocations familiales de l'Orne a notifié à Mme B A un indu d'aide personnelle au logement d'un montant de 1 301,94 euros pour la période du 1er mars 2021 au 31 août 2021. Mme A a sollicité, le 13 octobre 2023, une remise de la dette. Par la décision attaquée du 2 janvier 2024, la caisse d'allocations familiales de l'Orne lui a accordé une remise partielle de 976,46 euros. Mme A sollicite la remise totale de la dette.

2. Aux termes de l'article L. 821-1 du code de la construction et de l'habitation : " Les aides personnelles au logement () sont régies par le présent livre. / Les aides personnelles au logement comprennent : 1° L'aide personnalisée au logement ; 2° Les allocations de logement : a) L'allocation de logement familiale ; b) L'allocation de logement sociale ". Aux termes de l'article R. 822-2 du même code : " Les ressources prises en compte pour le calcul de l'aide personnelle au logement sont celles perçues par le bénéficiaire, son conjoint et les personnes vivant habituellement au foyer ". L'article L. 825-3 de ce code dispose : " Le directeur de l'organisme payeur statue, dans des conditions fixées par voie réglementaire, sur : () 2° Les demandes de remise de dettes présentées à titre gracieux par les bénéficiaires des aides personnelles au logement ". Aux termes de l'article L. 823-9 du même code : " Les articles L. 161-1-5 et L. 553-2 du code de la sécurité sociale sont applicables au recouvrement des montants d'aide personnelle au logement indûment versés ". Aux termes de l'article L. 553-2 du code de la sécurité sociale : " Toutefois, par dérogation aux dispositions des alinéas précédents, la créance de l'organisme peut être réduite ou remise en cas de précarité de la situation du débiteur, sauf en cas de manœuvre frauduleuse ou de fausses déclarations ".

3. Lorsqu'il statue sur un recours dirigé contre une décision refusant ou ne faisant que partiellement droit à une demande de remise gracieuse d'un indu d'une allocation versée au titre de l'aide ou de l'action sociale, il appartient au juge administratif, eu égard tant à la finalité de son intervention qu'à sa qualité de juge de plein contentieux, non de se prononcer sur les éventuels vices propres de la décision attaquée, mais d'examiner si une remise gracieuse totale ou partielle est justifiée et de se prononcer lui-même sur la demande en recherchant si, au regard des circonstances de fait dont il est justifié par l'une et l'autre parties à la date de sa propre décision, la situation de précarité du débiteur et sa bonne foi justifient que lui soit accordée une remise ou une réduction supplémentaire.

4. Il résulte de l'instruction que l'indu d'aide personnelle au logement de 1 301,94 euros, qui a été notifié à Mme A, est consécutif à la rectification des ressources du foyer, l'intéressée ayant déclaré initialement, à plusieurs reprises, être séparée, avant de se rétracter en septembre 2021. La circonstance que Mme A n'a jamais résidé dans un autre logement situé rue Charles Peggy à Alençon est sans incidence sur le bien-fondé de l'indu qui lui est réclamé, la prise en compte de la vie maritale et de l'ensemble des ressources du foyer ne permettant pas à Mme A de bénéficier de droits à l'aide personnelle au logement sur la période de mars à août 2021. En outre, il résulte de l'instruction que Mme A dispose de ressources provenant d'une pension dont le montant annuel s'élevait à 3 890 euros en 2022 et perçoit l'aide personnalisée au logement pour un montant de 229 euros depuis janvier 2024, Mme A devant honorer un loyer de 261,25 euros et diverses charges de la vie courante. Au regard de l'ensemble de ces éléments, Mme A, qui a déjà obtenu une remise partielle de 75 % sur l'indu d'aide personnelle au logement pour tenir compte de ses difficultés financières, ne peut être regardée, à la date du présent jugement, comme étant dans une situation de précarité telle qu'elle ne puisse faire face au remboursement de l'indu restant à sa charge, et dont le solde actuel s'élève, selon la caisse d'allocations familiales de l'Orne, à 95,71 euros.

5. Il résulte de ce qui précède que Mme A n'est pas fondée à demander une remise supplémentaire ou totale de sa dette correspondant à l'indu d'aide personnelle au logement restant à sa charge.

D E C I D E :

Article 1er : La requête de Mme A est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme B A et à la caisse d'allocations familiales de l'Orne.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 13 février 2025.

La magistrate désignée,

SIGNÉ

A. MACAUD

La greffière,

SIGNÉ

E. BLOYET

La République mande et ordonne au ministre de l'aménagement du territoire et de la décentralisation en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme

La greffière,

E. Bloyet

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