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AccueilJurisprudence administrativeN° TA14-2400435

Tribunal Administratif de Caen — Décision N° TA14-2400435

jeudi 13 février 2025

JuridictionTribunal Administratif de Caen
SectionTribunal Administratif de Caen
N° DossierTA14-2400435
TypeDécision
RecoursPlein contentieux
Formation3ème chambre JU

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et un mémoire enregistrés le 19 février 2024 et le 5 février 2025, Mme A B demande au tribunal d'annuler la décision du 29 janvier 2024 par laquelle la caisse d'allocations familiales de l'Orne ne lui a accordé qu'une remise de 200,50 euros sur un indu d'aide personnelle au logement d'un montant de 401 euros pour la période du 1er janvier 2023 au 31 octobre 2023.

Elle soutient que :

- la caisse d'allocations familiales est responsable de l'erreur commise ;

- elle est dans l'incapacité de procéder au règlement du solde de la dette compte tenu de sa situation financière.

Par des mémoires enregistrés le 30 avril 2024 et le 6 février 2025, la caisse d'allocations familiales de l'Orne conclut au rejet de la requête au motif que la décision attaquée est légalement fondée.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de la construction et de l'habitation ;

- le code de la sécurité sociale ;

- le code de justice administrative.

La présidente du tribunal a désigné Mme Macaud, vice-présidente, en application de l'article R. 222-13 du code de justice administrative.

La magistrate désignée a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Le rapport de Mme Macaud a été entendu au cours de l'audience publique, à l'issue de laquelle la clôture de l'instruction a été prononcée.

Considérant ce qui suit :

1. Par courrier du 18 novembre 2023, la caisse d'allocations familiales de l'Orne a notifié à Mme A B un indu d'aide personnelle au logement d'un montant de 401 euros pour la période du 1er janvier 2023 au 31 octobre 2023. Mme B a sollicité une remise de la dette. Par la décision attaquée du 29 janvier 2024, la caisse d'allocations familiales de l'Orne lui a accordé une remise partielle de 200,50 euros. Mme B sollicite la remise totale de la dette.

2. Aux termes de l'article L. 821-1 du code de la construction et de l'habitation : " Les aides personnelles au logement () sont régies par le présent livre. / Les aides personnelles au logement comprennent : 1° L'aide personnalisée au logement ; 2° Les allocations de logement : a) L'allocation de logement familiale ; b) L'allocation de logement sociale ". Aux termes de l'article R. 822-2 du même code : " Les ressources prises en compte pour le calcul de l'aide personnelle au logement sont celles perçues par le bénéficiaire, son conjoint et les personnes vivant habituellement au foyer ". L'article L. 825-3 de ce code dispose : " Le directeur de l'organisme payeur statue, dans des conditions fixées par voie réglementaire, sur : () 2° Les demandes de remise de dettes présentées à titre gracieux par les bénéficiaires des aides personnelles au logement ". Aux termes de l'article L. 823-9 du même code : " Les articles L. 161-1-5 et L. 553-2 du code de la sécurité sociale sont applicables au recouvrement des montants d'aide personnelle au logement indûment versés ". Aux termes de l'article L. 553-2 du code de la sécurité sociale : " Toutefois, par dérogation aux dispositions des alinéas précédents, la créance de l'organisme peut être réduite ou remise en cas de précarité de la situation du débiteur, sauf en cas de manœuvre frauduleuse ou de fausses déclarations ".

3. Lorsqu'il statue sur un recours dirigé contre une décision refusant ou ne faisant que partiellement droit à une demande de remise gracieuse d'un indu d'une allocation versée au titre de l'aide ou de l'action sociale, il appartient au juge administratif, eu égard tant à la finalité de son intervention qu'à sa qualité de juge de plein contentieux, non de se prononcer sur les éventuels vices propres de la décision attaquée, mais d'examiner si une remise gracieuse totale ou partielle est justifiée et de se prononcer lui-même sur la demande en recherchant si, au regard des circonstances de fait dont il est justifié par l'une et l'autre parties à la date de sa propre décision, la situation de précarité du débiteur et sa bonne foi justifient que lui soit accordée une remise ou une réduction supplémentaire.

4. Il résulte de l'instruction que l'indu d'aide personnelle au logement est imputable, contrairement à ce qu'elle soutient, à Mme B qui a minoré, dans sa déclaration du 4 janvier 2023, le montant de sa pension alimentaire perçue en 2022. Mme B, qui a déjà obtenu une remise partielle de sa dette à hauteur de 50 %, fait valoir qu'elle est dans l'incapacité de procéder au règlement du solde de la dette, soit 200,50 euros, compte tenu de sa situation financière. En l'espèce, Mme B, qui indique être actuellement en arrêt de travail, perçoit des ressources mensuelles de 1 250 euros, une pension alimentaire de 150 euros par mois et bénéficie d'un droit à prestations familiales. Elle vit en couple depuis le 1er décembre 2023, avec trois enfants, dont deux en résidence alternée, son conjoint exerçant une activité salariée qui lui procure, selon la caisse d'allocations familiales, des revenus d'environ 1 550 euros. Le foyer doit honorer un loyer de 743 euros par mois ainsi que diverses charges usuelles. Au regard de l'ensemble de ces éléments, Mme B ne peut être regardée, à la date du présent jugement, comme étant dans une situation de précarité telle qu'elle ne puisse faire face au remboursement du solde de l'indu restant à sa charge.

5. Il résulte de ce qui précède que Mme B n'est pas fondée à demander une remise supplémentaire ou totale de sa dette correspondant à l'indu d'aide personnelle au logement restant à sa charge.

D E C I D E :

Article 1er : La requête de Mme B est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme A B et à la caisse d'allocations familiales de l'Orne.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 13 février 2025.

La magistrate désignée,

SIGNÉ

A. MACAUD

La greffière,

SIGNÉ

E. BLOYET

La République mande et ordonne au ministre de l'aménagement du territoire et de la décentralisation en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme

La greffière,

E. Bloyet

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