lundi 18 mars 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Caen |
| Section | Tribunal Administratif de Caen |
| N° Dossier | TA14-2400678 |
| Type | Ordonnance |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Avocat requérant | PAPINOT |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 15 mars 2024 à 16 h 08, Mme D A et M. C A, agissant en leur qualité de représentants légaux de leur enfant B A, représentés par Me Papinot, demandent au juge des référés :
1°) de l'admettre provisoirement à l'aide juridictionnelle provisoire ;
2°) sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-2 du code de justice administrative, de suspendre la décision du 21 février 2024 prise par l'Office français de l'immigration et de l'intégration (OFII) à l'encontre de l'enfant B A, portant refus du bénéfice des conditions matérielles d'accueil ;
3°) d'enjoindre à l'OFII de rétablir les conditions matérielles d'accueil comprenant l'allocation pour demandeur d'asile et un hébergement adapté à sa situation familiale jusqu'à ce qu'il ait été statué définitivement sur sa demande d'asile, dans le délai de trois jours suivant la notification de l'ordonnance et sous astreinte de 100 euros par jour de retard ; à titre subsidiaire, d'enjoindre à l'OFII de réexaminer la situation de la famille dans le délai de cinq jours et sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;
4°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 200 euros à verser à son conseil en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.
Ils soutiennent que :
Sur l'urgence :
- ils ne sont pas autorisés à travailler et se trouvent avec leur enfant dans une situation de très grande vulnérabilité ;
- la famille, sans ressource et sans hébergement stable, doit se voir délivrer sans délai les conditions matérielles d'accueil ; si le Cada Itinéraires tolère encore la famille, cette situation peut prendre fin à tout moment ; le Cada leur a demandé de quitter les lieux le 15 mars 2024 ;
- la jeune B est demandeuse d'asile et sa demande d'asile est en cours d'instruction ;
Sur l'atteinte grave et manifestement illégale à une liberté fondamentale :
- lorsque l'enfant qui peut être regardé comme demandeur d'asile est titulaire d'une attestation de demande d'asile sur laquelle il n'a pas été statué, et que ses parents ont accepté les conditions matérielles d'accueil, l'OFII est tenu, jusqu'à ce qu'il ait été statué sur sa demande, d'héberger cet enfant avec ses parents et de lui verser, par l'intermédiaire de ses parents, l'allocation pour demandeur d'asile ;
- la privation du bénéfice des mesures prévues par la loi afin de garantir aux demandeurs d'asile des conditions matérielles d'accueil décentes, jusqu'à ce qu'il ait été statué sur leur demande, est susceptible de constituer une atteinte grave et manifestement illégale à la liberté fondamentale que constitue le droit d'asile ;
- la décision attaquée méconnaît l'intérêt supérieur de l'enfant et l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
La présidente du tribunal a désigné M. E pour statuer sur les demandes de référé.
Considérant ce qui suit :
1. Aux termes de l'article L. 521-2 du code de justice administrative : " Saisi d'une demande en ce sens justifiée par l'urgence, le juge des référés peut ordonner toutes mesures nécessaires à la sauvegarde d'une liberté fondamentale à laquelle une personne morale de droit public ou un organisme de droit privé chargé de la gestion d'un service public aurait porté, dans l'exercice d'un de ses pouvoirs, une atteinte grave et manifestement illégale. Le juge des référés se prononce dans un délai de quarante-huit heures ". En vertu de l'article L. 522-3 du même code, le juge des référés peut, par une ordonnance motivée, rejeter une requête sans instruction ni audience lorsque la condition d'urgence n'est pas remplie ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée.
2. Lorsqu'un requérant fonde son action sur la procédure particulière instituée par l'article L. 521-2 du code de justice administrative, il lui appartient de justifier de circonstances caractérisant une situation d'urgence qui implique, sous réserve que les autres conditions posées par cette disposition soient remplies, qu'une mesure visant à la sauvegarde d'une liberté fondamentale soit prise dans les quarante-huit heures. Il appartient au juge des référés d'apprécier concrètement la gravité des troubles invoqués par le requérant pour caractériser la situation d'urgence, au vu de l'ensemble des circonstances de l'espèce et compte tenu des justifications apportées par le requérant et par l'administration.
3. Mme D A et M. C A, de nationalité albanaise, ont déposé le 7 octobre 2022 des demandes d'asile, en leur nom et celui de leurs quatre enfants mineurs. Ils ont obtenu le même jour le bénéfice des conditions matérielles d'accueil. Par des décisions du 6 septembre 2023, l'Office français de protection des réfugiés et apatrides a rejeté leurs demandes au motif que le discours tenu était superficiel et peu cohérent au sujet des craintes invoquées. Les recours contre ces décisions ont été rejetés par deux ordonnances de la Cour nationale du droit d'asile du 8 décembre 2023. Par un courrier du 21 février 2024, la directrice territoriale de Caen de l'OFII a notifié à Mme et M. A la cessation des conditions matérielles d'accueil, au motif qu'ils avaient sollicité le réexamen de leurs demandes d'asile. Les requérants font valoir que la préfecture a refusé d'enregistrer, comme première demande, la demande d'asile présentée pour leur enfant née le 12 octobre 2023. Ils n'apportent toutefois aucun justificatif à l'appui de leur allégation. S'il ressort des pièces produites que la sortie de leur logement était prévue le 15 mars 2024, il est indiqué dans la requête que la présence de la famille est tolérée dans ce logement. Dans ces conditions, les circonstances invoquées par les requérants ne permettent pas de caractériser une situation d'urgence de nature à justifier l'intervention du juge des référés dans les très brefs délais prévus par l'article L. 521-2 du code de justice administrative. Par suite, il y a lieu de rejeter l'ensemble des conclusions de Mme et M. A selon la procédure prévue par l'article L. 522-3 du code de justice administrative. Par ailleurs, la condition d'urgence n'étant pas remplie, la demande de Mme et M. A tendant au bénéfice de l'aide juridictionnelle à titre provisoire doit également être rejetée.
O R D O N N E :
Article 1er : La demande d'aide juridictionnelle provisoire présentée par les requérants est rejetée.
Article 2 : La requête Mme et M. A est rejetée.
Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme D A et M. C A, et à Me Papinot.
Fait à Caen, le 18 mars 2024.
Le juge des référés,
Signé
F. E
Pour expédition conforme,
La greffière,
C. BENIS
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026