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AccueilJurisprudence administrativeN° TA14-2401770

Tribunal Administratif de Caen — Décision N° TA14-2401770

jeudi 10 octobre 2024

JuridictionTribunal Administratif de Caen
SectionTribunal Administratif de Caen
N° DossierTA14-2401770
TypeOrdonnance
RecoursPlein contentieux
Avocat requérantPAPINOT

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 9 juillet 2024, M. B C, représenté par Me Papinot, demande au juge des référés :

1°) de l'admettre au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire ;

2°) d'ordonner au préfet du Calvados, sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, de lui donner un rendez-vous pour la remise d'un récépissé de demande de titre de séjour, dans le délai de sept jours suivant la notification de l'ordonnance à intervenir et sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;

3°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 000 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

- il se trouve dans l'impossibilité d'obtenir un récépissé de demande de titre de séjour, alors qu'il justifie des démarches effectuées pour obtenir un titre de séjour pour raisons médicales ;

- l'impossibilité d'obtenir un récépissé l'empêche de justifier de son droit à séjourner en France le temps de l'instruction de sa demande et l'expose à une mesure d'éloignement ;

- l'étranger sollicitant un titre de séjour pour raisons médicales peut obtenir un récépissé après transmission de son rapport par le médecin au collège de médecins ;

- en dépit de ses relances, il n'a pas été convoqué pour la remise d'un récépissé ;

- le préfet, en refusant de lui délivrer une convocation dans un délai raisonnable afin qu'il puisse déposer sa demande, a nécessairement porté une atteinte grave et manifestement illégale à sa liberté d'aller et venir et à sa vie privée et familiale ;

- l'injonction faite à la préfecture du Calvados de délivrer un récépissé ne fait pas obstacle à l'exécution d'une décision administrative.

Par un mémoire en défense, enregistré le 12 juillet 2024, le préfet du Calvados informe le tribunal que le requérant a été convoqué le 16 juillet 2024 à la préfecture pour la remise d'un récépissé.

M. C a déposé une demande d'aide juridictionnelle le 16 juillet 2024.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;

- le code de justice administrative.

La présidente du tribunal a désigné M. A pour statuer sur les demandes de référé.

Considérant ce qui suit :

Sur l'aide juridictionnelle provisoire :

1. Aux termes de l'article 20 de la loi du 10 juillet 1991 : " Dans les cas d'urgence, sous réserve de l'application des règles relatives aux commissions ou désignations d'office, l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut être prononcée soit par le président du bureau ou de la section compétente du bureau d'aide juridictionnelle, soit par la juridiction compétente ou son président. () ". Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, d'accorder à M. C le bénéfice de l'aide juridictionnelle à titre provisoire.

Sur les conclusions présentées sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative :

2. Aux termes de l'article L. 521-3 du code de justice administrative : " En cas d'urgence et sur simple requête qui sera recevable même en l'absence de décision administrative préalable, le juge des référés peut ordonner toutes autres mesures utiles sans faire obstacle à l'exécution d'aucune décision administrative. ". Saisi sur ce fondement d'une demande qui n'est pas manifestement insusceptible de se rattacher à un litige relevant de la compétence du juge administratif, le juge des référés peut prescrire, à des fins conservatoires ou à titre provisoire, toutes mesures que l'urgence justifie, notamment sous forme d'injonctions adressées à l'administration, à la condition que ces mesures soient utiles et ne se heurtent à aucune contestation sérieuse.

3. Il résulte de l'instruction que le préfet du Calvados, par un courriel du 12 juillet 2024 postérieur à l'introduction de la requête, a invité M. C à se présenter le 16 juillet 2024 en préfecture. Il n'est pas contesté que le requérant a obtenu à cette date un récépissé de demande de titre de séjour. Dans ces conditions, les conclusions aux fins d'injonction présentées par M. C sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative sont devenues sans objet. Il n'y a plus lieu d'y statuer.

Sur les frais liés à l'instance :

4. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce de mettre à la charge de l'Etat le versement à M. C de la somme de 500 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

O R D O N N E :

Article 1er : M. C est admis à titre provisoire à l'aide juridictionnelle.

Article 2 : Il n'y a pas lieu de statuer sur les conclusions présentées par M. C sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative.

Article 3 : L'Etat versera à M. C la somme de 500 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Article 4 : La présente ordonnance sera notifiée à M. B C et au ministre de l'intérieur.

Copie en sera transmise, pour information, au préfet du Calvados et au bureau d'aide juridictionnelle près le tribunal judiciaire de Caen.

Fait à Caen, le 10 octobre 2024.

Le juge des référés,

Signé

F. A

La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur, en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente ordonnance.

Pour expédition conforme,

La greffière,

C. Bénis

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