mercredi 30 octobre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Caen |
| Section | Tribunal Administratif de Caen |
| N° Dossier | TA14-2402802 |
| Type | Ordonnance |
| Recours | Plein contentieux |
| Avocat requérant | SELARL CONCEPT AVOCATS |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 18 octobre 2024, la commune de Rots, représentée par la SELARL Concept Avocats, demande au juge des référés, statuant sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative :
1°) d'enjoindre à M. B A et Mme C A de libérer sans délai la maison attenante à une ancienne école située rue du Château ;
2°) de l'autoriser, passé un délai de vingt-quatre heures, à procéder à l'évacuation forcée du logement, avec le concours de la force publique, ou, à défaut, d'assortir l'injonction d'une astreinte de 250 euros par jour de retard ;
3°) de mettre à la charge de M. et Mme A la somme de 2 500 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
La commune de Rots soutient que :
- la juridiction administrative est compétente, dès lors que le logement en cause constitue une dépendance du domaine public ;
- la condition d'urgence est remplie, dès lors que l'occupation par M. et Mme A du logement fait obstacle à la réalisation du projet de rénovation de l'ancienne école ;
- la mesure sollicitée ne se heurte à aucune contestation sérieuse.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu le code de justice administrative.
La présidente du tribunal administratif de Caen a désigné, M. Marchand, président, pour statuer sur les demandes de référé.
Considérant ce qui suit :
1. Aux termes de l'article L. 521-3 du code de justice administrative : " En cas d'urgence et sur simple requête qui sera recevable même en l'absence de décision administrative préalable, le juge des référés peut ordonner toutes autres mesures utiles sans faire obstacle à l'exécution d'aucune décision administrative ". Lorsque le juge des référés est saisi, sur le fondement de ces dispositions, d'une demande d'expulsion d'un occupant du domaine public, il lui appartient de rechercher si, au jour où il statue, cette demande présente un caractère d'urgence et ne se heurte à aucune contestation sérieuse. Aux termes de l'article L. 522-3 du même code : " Lorsque la demande ne présente pas un caractère d'urgence ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée, le juge des référés peut la rejeter par une ordonnance motivée sans qu'il y ait lieu d'appliquer les deux premiers alinéas de l'article L. 522-1 ".
2. Pour justifier de l'urgence de la mesure d'expulsion qu'elle sollicite, la commune de Rots fait valoir, en substance, que son projet de rénovation du bâtiment comprenant la maison occupée par M. et Mme A a été initié dès 2017, qu'elle a lancé une consultation pour le choix d'un architecte et qu'elle a invité des associations à lui faire part de leurs besoins quant au projet. Toutefois, il ressort des pièces produites à l'appui de la requête que le projet d'affecter le bâtiment, après sa rénovation, à la mise à disposition de locaux à des associations n'a été définitivement arrêté qu'en septembre 2023. En outre, il ressort des termes du courrier adressé par le maire de Rots le 16 juillet 2024 aux associations qu'un retour de leur part demeurait, à cette date, nécessaire afin que les architectes désignés pour étudier le projet de rénovation puissent poursuivre leur mission. Enfin, et en tout état de cause, la commune de Rots n'établit pas ni même n'allègue que la réalisation de son projet revêtirait un caractère urgent. Dans ces conditions, la commune de Rots ne justifie pas de ce qu'en raison de la date prévisible du démarrage des travaux, une urgence particulière nécessiterait que le juge des référés ordonne l'expulsion de M. et Mme A de leur logement, sans que puisse être attendue l'issue d'un recours au fond introduit aux mêmes fins.
3. Il résulte de ce qui précède qu'il y a lieu de rejeter la requête selon la procédure prévue à l'article L. 522-3 du code de justice administrative, en toutes ses conclusions, faute pour la condition d'urgence d'être remplie.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête de la commune de Rots est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à la commune de Rots.
Fait à Caen, le 30 octobre 2024.
Le juge des référés,
Signé
A. Marchand
La République mande et ordonne au préfet du Calvados en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
le greffier en chef,
D. Dubost
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026