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AccueilJurisprudence administrativeN° TA14-2402802

Tribunal Administratif de Caen — Décision N° TA14-2402802

mercredi 30 octobre 2024

JuridictionTribunal Administratif de Caen
SectionTribunal Administratif de Caen
N° DossierTA14-2402802
TypeOrdonnance
RecoursPlein contentieux
Avocat requérantSELARL CONCEPT AVOCATS

Résumé IA

Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-3 du code de justice administrative, a rejeté la demande d’expulsion présentée par la commune de Rots à l’encontre de M. et Mme A, occupants d’un logement dépendant du domaine public. La commune invoquait l’urgence liée à son projet de rénovation du bâtiment, mais le juge a estimé que ce projet, bien qu’engagé depuis 2017, n’était pas suffisamment avancé ni caractérisé par une urgence particulière justifiant une mesure d’expulsion sans attendre un recours au fond. En conséquence, la condition d’urgence n’étant pas remplie, la requête a été rejetée sur le fondement de l’article L. 522-3 du même code.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 18 octobre 2024, la commune de Rots, représentée par la SELARL Concept Avocats, demande au juge des référés, statuant sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative :

1°) d'enjoindre à M. B A et Mme C A de libérer sans délai la maison attenante à une ancienne école située rue du Château ;

2°) de l'autoriser, passé un délai de vingt-quatre heures, à procéder à l'évacuation forcée du logement, avec le concours de la force publique, ou, à défaut, d'assortir l'injonction d'une astreinte de 250 euros par jour de retard ;

3°) de mettre à la charge de M. et Mme A la somme de 2 500 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

La commune de Rots soutient que :

- la juridiction administrative est compétente, dès lors que le logement en cause constitue une dépendance du domaine public ;

- la condition d'urgence est remplie, dès lors que l'occupation par M. et Mme A du logement fait obstacle à la réalisation du projet de rénovation de l'ancienne école ;

- la mesure sollicitée ne se heurte à aucune contestation sérieuse.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu le code de justice administrative.

La présidente du tribunal administratif de Caen a désigné, M. Marchand, président, pour statuer sur les demandes de référé.

Considérant ce qui suit :

1. Aux termes de l'article L. 521-3 du code de justice administrative : " En cas d'urgence et sur simple requête qui sera recevable même en l'absence de décision administrative préalable, le juge des référés peut ordonner toutes autres mesures utiles sans faire obstacle à l'exécution d'aucune décision administrative ". Lorsque le juge des référés est saisi, sur le fondement de ces dispositions, d'une demande d'expulsion d'un occupant du domaine public, il lui appartient de rechercher si, au jour où il statue, cette demande présente un caractère d'urgence et ne se heurte à aucune contestation sérieuse. Aux termes de l'article L. 522-3 du même code : " Lorsque la demande ne présente pas un caractère d'urgence ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée, le juge des référés peut la rejeter par une ordonnance motivée sans qu'il y ait lieu d'appliquer les deux premiers alinéas de l'article L. 522-1 ".

2. Pour justifier de l'urgence de la mesure d'expulsion qu'elle sollicite, la commune de Rots fait valoir, en substance, que son projet de rénovation du bâtiment comprenant la maison occupée par M. et Mme A a été initié dès 2017, qu'elle a lancé une consultation pour le choix d'un architecte et qu'elle a invité des associations à lui faire part de leurs besoins quant au projet. Toutefois, il ressort des pièces produites à l'appui de la requête que le projet d'affecter le bâtiment, après sa rénovation, à la mise à disposition de locaux à des associations n'a été définitivement arrêté qu'en septembre 2023. En outre, il ressort des termes du courrier adressé par le maire de Rots le 16 juillet 2024 aux associations qu'un retour de leur part demeurait, à cette date, nécessaire afin que les architectes désignés pour étudier le projet de rénovation puissent poursuivre leur mission. Enfin, et en tout état de cause, la commune de Rots n'établit pas ni même n'allègue que la réalisation de son projet revêtirait un caractère urgent. Dans ces conditions, la commune de Rots ne justifie pas de ce qu'en raison de la date prévisible du démarrage des travaux, une urgence particulière nécessiterait que le juge des référés ordonne l'expulsion de M. et Mme A de leur logement, sans que puisse être attendue l'issue d'un recours au fond introduit aux mêmes fins.

3. Il résulte de ce qui précède qu'il y a lieu de rejeter la requête selon la procédure prévue à l'article L. 522-3 du code de justice administrative, en toutes ses conclusions, faute pour la condition d'urgence d'être remplie.

O R D O N N E :

Article 1er : La requête de la commune de Rots est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à la commune de Rots.

Fait à Caen, le 30 octobre 2024.

Le juge des référés,

Signé

A. Marchand

La République mande et ordonne au préfet du Calvados en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

le greffier en chef,

D. Dubost

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