mardi 18 février 2025
| Juridiction | Tribunal Administratif de Caen |
| Section | Tribunal Administratif de Caen |
| N° Dossier | TA14-2500420 |
| Type | Ordonnance |
| Recours | Plein contentieux |
| Avocat requérant | GERVAL |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 13 février 2025, Mme B A, représentée par
Me Gerval, demande au juge des référés, sur le fondement de l'article L. 521-2 du code de justice administrative, d'enjoindre à la commune de Villerville :
1°) de prendre immédiatement toute mesure que le juge des référés estimera utile pour limiter le risque de glissement de terrain sur l'intégralité du Chemin des Fondrières à Villerville et pour préserver la sécurité des personnes et des biens sur l'intégralité du chemin ;
2°) d'achever la dépose complète de la route provisoire du Chemin des Fondrières ;
3°) de procéder à la remise en état d'origine, avant travaux préparatoires au confortement de la falaise, du Chemin des Fondrières ;
4°) de fermer la circulation à tout véhicule, privé ou public, et à tout piéton sur l'intégralité du chemin ;
5°) et de mettre à la charge de la commune de Villerville la somme de 1 500 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Mme A soutient que :
- l'urgence absolue de la situation est reconnue par la commune de Villerville, qui a activé un plan communal de sauvegarde, et le département du Calvados qui a pris un arrêté de fermeture temporaire au public dès le début du mois de janvier 2025 ;
- l'atteinte à son droit de propriété est avérée au vu des nombreux dommages survenus sur sa maison et son terrain dès le début des travaux préparatoires au confortement de la falaise ; la fragilisation du terrain environnant sa maison justifie que des mesures soient prises pour éviter que davantage de dommages ne surviennent ;
- l'atteinte à son droit de propriété est grave et manifestement illégale ; malgré la localisation éloignée des travaux de confortement, elle a continuellement subi des troubles et des désordres avérés ; en outre, la commune a décidé d'édifier des toilettes sur la parcelle 648 alors que les travaux de confortement de la falaise avaient déjà généré des troubles et désordres, ayant donné lieu à un référé expertise ; l'intégralité du Chemin des Fondrières doit être condamnée, en ce compris sa partie médiane également située à flan du cirque du Parc des Graves ; la dépose complète de la route provisoire en sera facilitée et mettra un terme aux infiltrations d'eau qui se produisent le long de la clôture de sa parcelle 1300, qui est plus exposée aux glissements de terrain depuis que les travaux de confortement de la falaise sont achevés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu le code de justice administrative.
La présidente du tribunal a désigné Mme Macaud, vice-présidente, pour statuer sur les demandes de référé.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus, au cours de l'audience publique du 17 février 2025 à 11 heures 30, en présence de M. Dubost, greffier d'audience :
- le rapport de Mme Macaud ;
- et les observations de Me Gerval, représentant Mme A, qui conclut aux mêmes fins par les mêmes moyens, en insistant sur le fait qu'il faut condamner, à titre provisoire, le Chemin des Fondrières dans son intégralité pour procéder à la dépose de la route, que la commune doit respecter son engagement en remettant la route dans son état initial, que la route a été fragilisée pendant deux ans par la circulation des engins de chantier pour les travaux de confortement de la falaise ; qu'en outre, une plateforme a été édifiée par le département du Calvados pour la réalisation des travaux ; que celle-ci n'est plus censée être présente, qu'il est certain qu'elle sera utilisée pour un autre objet et que le Chemin des Fondrières sera alors emprunté pour accéder à cette plateforme.
Pour illustrer ses propos, Me Gerval a activé plusieurs vidéos montrant le Chemin des Fondrières, les véhicules de chantier qui l'empruntent, notamment un tracteur qui ne parvient pas à remonter le chemin, la plateforme, l'état du chemin après la réalisation des travaux sur la route et le " fossé " qui longe cette route.
Après avoir constaté que le maire de la commune de Villerville n'était ni présent, ni représenté, la clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience publique.
Considérant ce qui suit :
1. Aux termes de l'article L. 521-2 du code de justice administrative : " Saisi d'une demande en ce sens justifiée par l'urgence, le juge des référés peut ordonner toutes mesures nécessaires à la sauvegarde d'une liberté fondamentale à laquelle une personne morale de droit public ou un organisme de droit privé chargé de la gestion d'un service public aurait porté, dans l'exercice d'un de ses pouvoirs, une atteinte grave et manifestement illégale. Le juge des référés se prononce dans un délai de quarante-huit heures ".
2. D'une part, l'usage par le juge des référés des pouvoirs qu'il tient des dispositions précitées est subordonné à la condition qu'une urgence particulière rende nécessaire l'intervention dans les quarante-huit heures d'une mesure destinée à la sauvegarde d'une liberté fondamentale.
3. Mme A fait valoir qu'il est urgent que le Chemin des Fondrières soit intégralement fermé à toute circulation, y compris piétonne, afin d'éviter une plus ample fragilisation de la route qui vient de subir un glissement de terrain important. Il résulte de l'instruction qu'à la suite de cet évènement, la commune de Villerville a activé un plan communal de sauvegarde tandis que le président du conseil départemental du Calvados a, le 10 janvier 2025, pris un arrêté d'interdiction au public, jusqu'à la fin des travaux de sécurisation, de l'accès à la plage du Grand Bec, situé sur la commune de Villerville dans l'espace naturel sensible des Roches Noires - Pointe du Heurt. Si Mme A soutient que sa maison et son terrain ont subi de nombreux dommages du fait des travaux de confortement de la falaise, avec le passage incessant, pendant deux années, de véhicules de plusieurs tonnes sur le chemin précité, elle ne justifie pas, à la date d'enregistrement de sa requête, d'une situation d'urgence impliquant qu'une mesure visant à sauvegarder une liberté fondamentale doive être prise dans un délai de quarante-huit heures.
4. D'autre part, il résulte tant des termes de l'article L. 521-2 du code de justice administrative que du but dans lequel la procédure qu'il instaure a été créée que doit exister un rapport direct entre l'illégalité relevée à l'encontre de l'autorité administrative et la gravité de ses effets au regard de l'exercice de la liberté fondamentale en cause.
5. Mme A fait valoir que la commune de Villerville a porté une atteinte grave à son droit de propriété en précisant que la clôture de sa parcelle a été endommagée au cours des travaux préparatoires au confortement de la falaise, un fossé étant, par ailleurs, apparu sur la route, le long de sa clôture en raison de la surélévation du Chemin des Fondrières. Toutefois, Mme A se borne à faire état de la zone rouge du plan de prévention des risques sans préciser quelle illégalité la commune de Villerville aurait commise. Dans ces conditions, les demandes tendant à ce qu'il soit enjoint à la commune de Villerville de faire cesser une atteinte grave et manifestement illégale au droit de propriété de Mme A ne peuvent qu'être rejetées.
6. Il résulte de tout ce qui précède qu'il y a lieu de rejeter la requête de Mme A, y compris les conclusions présentées au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête de Mme A est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme B A et à la commune de Villerville.
Copie en sera adressée pour information au département du Calvados.
Fait à Caen, le 18 février 2025.
La juge des référés
Signé
A. MACAUD
La République mande et ordonne au préfet du Calvados en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente ordonnance.
Pour expédition conforme,
Le greffier en chef
D. Dubost
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026