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AccueilJurisprudence administrativeN° TA14-2500695

Tribunal Administratif de Caen — Décision N° TA14-2500695

mercredi 24 septembre 2025

JuridictionTribunal Administratif de Caen
SectionTribunal Administratif de Caen
N° DossierTA14-2500695
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
Formation2ème chambre
Avocat requérantLEBRIQUIR

Résumé IA

Le Tribunal Administratif de Caen a rejeté la requête de Mme D, ressortissante sri-lankaise, qui contestait un arrêté du préfet du Calvados refusant son admission exceptionnelle au séjour sur le fondement de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. La requérante invoquait une erreur manifeste d'appréciation des conséquences de cette décision sur sa situation personnelle, en raison de son emploi et de sa vie en couple. Le tribunal a estimé que le préfet n'avait pas commis d'erreur manifeste, compte tenu notamment du maintien irrégulier de Mme D sur le territoire après une précédente mesure d'éloignement et de la situation de son compagnon, également sous le coup d'une obligation de quitter le territoire. En conséquence, l'ensemble des conclusions de la requête, y compris les demandes d'injonction et de frais de justice, ont été rejetées.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 7 mars 2025, Mme D, représentée par Me Lebriquir, demande au tribunal :

1°) d'annuler l'arrêté du 20 février 2025 par lequel le préfet du Calvados a refusé de lui délivrer un titre de séjour, l'a obligée à quitter le territoire français dans le délai de trente jours, a fixé le pays d'éloignement et lui a interdit de revenir sur le territoire français pour une durée d'un an ;

2°) d'enjoindre au préfet du Calvados de lui délivrer un titre de séjour " salarié " dans le délai d'un mois à compter de la date de notification du jugement à intervenir, sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;

3°) de mettre à la charge de l'État une somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Mme B soutient que l'arrêté du 20 février 2025 est entaché d'une erreur manifeste d'appréciation de ses conséquences sur sa situation personnelle.

Par un mémoire en défense, enregistré le 31 mars 2025, le préfet du Calvados conclut au rejet de la requête.

Il fait valoir que le moyen exposé dans la requête n'est pas fondé.

Par une ordonnance du 10 mars 2025 la clôture de l'instruction a été fixée au 10 avril 2025.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code de justice administrative.

La présidente de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Le rapport de Mme Pillais a été entendu au cours de l'audience publique.

Considérant ce qui suit :

1. Mme D ressortissante sri-lankaise, a demandé le 20 juin 2024 la délivrance d'un titre de séjour sur le fondement de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Par un arrêté du 20 février 2025, le préfet du Calvados a rejeté sa demande, l'a obligée à quitter le territoire français dans un délai de trente jours, a fixé le pays d'éloignement et lui a interdit de revenir sur le territoire français pendant une durée d'un an. Mme. B demande l'annulation de cet arrêté.

Sur les conclusions à fin d'annulation :

2. Aux termes de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger dont l'admission au séjour répond à des considérations humanitaires ou se justifie au regard des motifs exceptionnels qu'il fait valoir peut se voir délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " salarié ", " travailleur temporaire " ou " vie privée et familiale ", sans que soit opposable la condition prévue à l'article L. 412-1. / Lorsqu'elle envisage de refuser la demande d'admission exceptionnelle au séjour formée par un étranger qui justifie par tout moyen résider habituellement en France depuis plus de dix ans, l'autorité administrative est tenue de soumettre cette demande pour avis à la commission du titre de séjour prévue à l'article L. 432-14. () ".

3. Mme B soutient être entrée en France régulièrement, en qualité d'étudiante, en 2016, travailler dans la restauration en qualité de serveuse et bénéficier d'une promesse d'embauche en contrat à durée indéterminée dans un restaurant deauvillais, disposer d'un logement en location, et vivre désormais en couple avec un compatriote qui réside également en France. Il ressort toutefois des pièces du dossier qu'à l'échéance de son dernier titre de séjour étudiant Mme B, célibataire et sans enfants, a sollicité en vain un titre de séjour en qualité de salariée et s'est maintenue sur le territoire sans exécuter une première mesure d'éloignement prononcée le 15 novembre 2019. Son compagnon, en outre, fait également l'objet d'une mesure d'éloignement. Dans ces conditions, Mme B n'est pas fondée à soutenir que le préfet du Calvados, en refusant de l'admettre au séjour sur le fondement de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, aurait entaché sa décision d'une erreur manifeste d'appréciation de ses conséquences sur sa situation personnelle.

4. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation présentées par Mme B doivent être rejetées ainsi que, par voie de conséquence, ses conclusions aux fins d'injonction et d'astreinte et celles tendant à l'application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

D E C I D E :

Article 1er : La requête de Mme. B est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme D et au préfet du Calvados.

Délibéré après l'audience du 9 septembre 2025, à laquelle siégeaient :

Mme. Renault, présidente,

Mme Pillais, première conseillère,

M. Pringault, conseiller.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 24 septembre 2025.

La rapporteure,

Signé

M. PILLAIS

La présidente,

Signé

Th. RENAULTLa greffière,

Signé

M. A

La République mande et ordonne au préfet du Calvados, en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice, à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

La greffière,

M. A

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