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Tribunal Administratif de Caen — Décision N° TA14-2503093

jeudi 1 octobre 2026

JuridictionTribunal Administratif de Caen
SectionTribunal Administratif de Caen
N° DossierTA14-2503093
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
Formation3ème Chambre
Avocat requérantDESMONTS

Texte intégral

Vu les procédures suivantes :

I. Par une requête enregistrée le 29 septembre 2025 sous le numéro 2503093, la société Agrial, représentée par Me Cloëz, demande au tribunal :

1°) d’annuler l’arrêté du 31 juillet 2025 par lequel la maire de la commune de Moult-Chicheboville a délivré à la société 3J Promotion un permis d’aménager n° 014 456 24 D0002 pour un lotissement de quarante-sept lots et deux macrolots (« Artémis 1 ») ;

2°) de mettre à la charge de la commune de Moult-Chicheboville et de la société 3J Promotion une somme de 5 000 euros au titre de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.

II. Par une requête enregistrée le 29 septembre 2025 sous le numéro 2503094, la société Agrial, représentée par Me Cloëz, demande au tribunal :

1°) d’annuler l’arrêté du 31 juillet 2025 par lequel la maire de la commune de Moult-Chicheboville a délivré à la société 3J Promotion un permis d’aménager n° 014 456 24 D0003 pour un lotissement de trente-quatre lots et trois macrolots (« Artémis 2 ») ;

2°) de mettre à la charge de la commune de Moult-Chicheboville et de la société 3J Promotion une somme de 5 000 euros au titre de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.

III. Par une requête enregistrée le 29 septembre 2025 sous le numéro 2503095, la société Agrial, représentée par Me Cloëz, demande au tribunal :

1°) d’annuler l’arrêté du 31 juillet 2025 par lequel la maire de la commune de Moult-Chicheboville a délivré à la société 3J Promotion un permis d’aménager n° 014 456 24 D0004 pour un lotissement de cinquante-sept lots et six macrolots (« Artémis 3 ») ;

2°) de mettre à la charge de la commune de Moult-Chicheboville et de la société 3J Promotion une somme de 5 000 euros au titre de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.

IV. Par une requête enregistrée le 29 septembre 2025 sous le numéro 2503096, la société Agrial, représentée par Me Cloëz, demande au tribunal :

1°) d’annuler l’arrêté du 31 juillet 2025 par lequel la maire de la commune de Moult-Chicheboville a délivré à la société 3J Promotion un permis d’aménager n° 014 456 24 D0005 pour un lotissement de trente-et-un lots (« Artémis 4 ») ;

2°) de mettre à la charge de la commune de Moult-Chicheboville et de la société 3J Promotion une somme de 5 000 euros au titre de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.

V. Par une requête enregistrée le 29 septembre 2025 sous le numéro 2503097, la société Agrial, représentée par Me Cloëz, demande au tribunal :

1°) d’annuler l’arrêté du 31 juillet 2025 par lequel la maire de la commune de Moult-Chicheboville a délivré à la société 3J Promotion un permis d’aménager n° 014 456 24 D0006 pour un lotissement de vingt-neuf lots et cinq macrolots (« Artémis 5 ») ;

2°) de mettre à la charge de la commune de Moult-Chicheboville et de la société 3J Promotion une somme de 5 000 euros au titre de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.

Dans chacune des requêtes susvisées, la société Agrial soutient que :
- le permis attaqué est entaché d’un vice de forme faute de comporter la mention de la répartition de la surface de plancher maximale entre les différents lots, en méconnaissance de l’article A. 424-10 du code de l’urbanisme ;
- il méconnaît l’article L. 153-11 du code de l’urbanisme ; la maire de la commune aurait dû surseoir à statuer sur la demande présentée par la société pétitionnaire, dont le projet compromet l’exécution du futur plan local d’urbanisme intercommunal ;
- il méconnaît l’article R. 111-2 du code de l’urbanisme ;
• le projet engendrera un flux d’eaux usées que le réseau existant ne peut absorber ; le risque pour la salubrité publique n’est pas limité par la prescription dont est assorti le permis ;
• le projet engendrera un trafic automobile supplémentaire sur la route départementale 40, qui est déjà saturée, et alors que la réalisation du giratoire prévu est incertaine ;
- il méconnaît l’article L. 111-11 du code de l’urbanisme dès lors que les réseaux d’eau potable et d’assainissement sont insuffisants pour répondre aux besoins générés par le projet et que la maire de la commune n’est pas en mesure de préciser dans quel délai les travaux de renforcement de ces réseaux pourront être réalisés ;
- il est entaché d’erreur manifeste d’appréciation au regard de l’article R. 111-26 du code de l’urbanisme dès lors qu’aucune mesure d’évitement de la destruction d’habitats des espèces protégées recensées sur le terrain d’assiette du projet n’est prévue ;
- l’étude d’impact du projet est entachée d’insuffisance et d’incomplétude au regard de l’article R. 122-5 du code de l’environnement ;
• elle ne comporte pas de présentation des solutions de substitution raisonnables ;
• elle procède à un fractionnement artificiel du projet sans tenir compte de l’opération d’aménagement du secteur sud de la commune dans son ensemble ;
- le projet est incompatible avec les objectifs du document d’orientation et d’objectifs du schéma de cohérence territoriale Caen-Métropole et méconnaît, de ce fait, l’article L. 142-1 du code de l’urbanisme ;
- le dossier de demande de permis d’aménager est incomplet au regard de l’article R. 441-4 du code de l’urbanisme ; le projet d’aménagement ne fait pas apparaître les plantations à conserver ou à créer ;
- le permis attaqué méconnaît l’article L. 421-6 du code de l’urbanisme dans la mesure où il est assorti d’une prescription illégale renvoyant à une instruction ultérieure la détermination des conditions de desserte du projet ;
- il méconnaît l’article 1 AU.3 du règlement du plan local d’urbanisme ;
- il méconnaît l’article 1 AU.13 du règlement du plan local d’urbanisme.

Dans chacune de ces instances, une mise en demeure a été adressée le 2 juin 2026 à la commune de Moult-Chicheboville et à la société 3J Promotion, qui n’ont pas produit de mémoire.

VI. Par une requête enregistrée le 30 septembre 2025 sous le numéro 2503102, la communauté de communes Val ès Dunes, la commune de Cagny, la commune de Frénouville, la commune de Vimont, la commune de Bellengreville, la commune de Condé-sur-Ifs, la commune de Saint-Pierre-du-Jonquet, la commune d’Argences, la commune de Janville, la commune de Saint-Sylvain, le pôle métropolitain Caen Normandie Métropole, la commune de Ouézy, la commune d’Emiéville, la commune de Saint-Ouen-du-Mesnil-Oger, la commune de Saint-Pair et la commune de Valambray, représentés par Me Soublin, demandent au tribunal :

1°) d’annuler les arrêtés du 31 juillet 2025 par lesquels la maire de la commune de Moult-Chicheboville a délivré à la société 3J Promotion des permis d’aménager nos 014 456 24 D0002, 014 456 24 D0003, 014 456 24 D0004, 014 456 24 D0005 et 014 456 24 D0006 pour des lotissements représentant un total de cent quatre-vingt-dix-huit lots et seize macrolots ;

2°) de mettre à la charge de la commune de Moult-Chicheboville une somme de 8 000 euros au titre de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elles soutiennent que :
- les arrêtés attaqués méconnaissent l’article R. 431-13 du code de l’urbanisme dès lors que les dossiers de demande de permis ne comportent pas l’accord du département du Calvados pour engager la procédure d’autorisation d’occupation temporaire du domaine public ;
- l’étude d’impact du projet est entachée d’insuffisances ;
• elle ne comporte pas les conclusions de l’étude d’optimisation de la densité des constructions prescrite par l’article L. 300-1-1 du code de l’urbanisme ;
• elle ne comporte pas de présentation des solutions de substitution raisonnables ;
• elle ne tient pas compte du cumul des incidences environnementales avec les projets de lotissements « La Traverse » et « La Fabrique » également situés au sud du territoire communal ;
• elle ne précise pas les mesures de protection de la nappe phréatique située dans le périmètre du projet ;
• elle est fondée sur des données relatives aux nuisances sonores obsolètes et ne comporte pas d’étude acoustique ;
- les arrêtés méconnaissent l’article L. 153-11 du code de l’urbanisme ; la maire de la commune aurait dû surseoir à statuer sur la demande présentée par la société pétitionnaire, dont le projet compromet l’exécution du futur plan local d’urbanisme intercommunal ;
- ils sont illégaux du fait de l’illégalité du plan local d’urbanisme de la commune de Moult-Chicheboville, qui est incompatible avec le schéma de cohérence territoriale Caen-Métropole ;
- ils méconnaissent l’article L. 142-1 du code de l’urbanisme dès lors que le projet est incompatible avec le schéma de cohérence territoriale Caen-Métropole ;
- ils méconnaissent l’article L. 152-1 du code de l’urbanisme dès lors que le projet est incompatible avec l’orientation d’aménagement et de programmation du plan local d’urbanisme de la commune de Moult-Chicheboville applicable au terrain d’assiette ;
- ils méconnaissent l’article L. 111-11 du code de l’urbanisme dès lors que les réseaux d’eau potable, d’assainissement et d’électricité sont insuffisants pour répondre aux besoins générés par le projet et que la maire de la commune n’est pas en mesure de préciser dans quel délai les travaux de renforcement de ces réseaux pourront être réalisés ;
- les prescriptions tendant à la réalisation d’un carrefour giratoire et de travaux sur le réseau d’assainissement sont illégales ;
- les arrêtés attaqués méconnaissent l’article R. 111-2 du code de l’urbanisme ;
• le projet porte atteinte à la sécurité publique en raison de ses conditions de desserte ;
• il porte atteinte à la salubrité publique en raison de l’insuffisance des réseaux d’eau potable et d’assainissement ;
• il porte atteinte à la tranquillité publique en raison des nuisances sonores auxquelles les habitants seront exposés.

Une mise en demeure a été adressée le 2 juin 2026 à la commune de Moult-Chicheboville et à la société 3J Promotion, qui n’ont pas produit de mémoire.

VII. Par un déféré enregistré le 24 novembre 2025 sous le numéro 2503796, le préfet du Calvados demande au tribunal d’annuler l’arrêté du 31 juillet 2025 par lequel la maire de la commune de Moult-Chicheboville a délivré à la société 3J Promotion un permis d’aménager n° 014 456 24 D0002 pour un lotissement de quarante-sept lots et deux macrolots (« Artémis 1 »).

VIII. Par un déféré enregistré le 24 novembre 2025 sous le numéro 2503798, le préfet du Calvados demande au tribunal d’annuler l’arrêté du 31 juillet 2025 par lequel la maire de la commune de Moult-Chicheboville a délivré à la société 3J Promotion un permis d’aménager n° 014 456 24 D0003 pour un lotissement de trente-quatre lots et trois macrolots (« Artémis 2 »).

IX. Par un déféré enregistré le 24 novembre 2025 sous le numéro 2503800, le préfet du Calvados demande au tribunal d’annuler l’arrêté du 31 juillet 2025 par lequel la maire de la commune de Moult-Chicheboville a délivré à la société 3J Promotion un permis d’aménager n° 014 456 24 D0004 pour un lotissement de cinquante-sept lots et six macrolots (« Artémis 3 »).

X. Par un déféré enregistré le 24 novembre 2025 sous le numéro 2503802, le préfet du Calvados demande au tribunal d’annuler l’arrêté du 31 juillet 2025 par lequel la maire de la commune de Moult-Chicheboville a délivré à la société 3J Promotion un permis d’aménager n° 014 456 24 D0005 pour un lotissement de trente-et-un lots (« Artémis 4 »).

XI. Par un déféré enregistré le 24 novembre 2025 sous le numéro 2503805, le préfet du Calvados demande au tribunal d’annuler l’arrêté du 31 juillet 2025 par lequel la maire de la commune de Moult-Chicheboville a délivré à la société 3J Promotion un permis d’aménager n° 014 456 24 D0006 pour un lotissement de vingt-neuf lots et cinq macrolots (« Artémis 5 »).

Dans chacun des déférés susvisés, le préfet du Calvados soutient que :
- le permis attaqué est entaché d’un vice de forme faute de comporter la mention de la répartition de la surface de plancher maximale entre les différents lots, en méconnaissance de l’article A. 424-10 du code de l’urbanisme ;
- il méconnaît l’article L. 424-4 du code de l’urbanisme dès lors qu’il ne reprend pas, à titre de prescriptions, les mesures destinées à éviter les incidences notables du projet sur l’environnement ;
- il est insuffisamment motivé ;
- il méconnaît l’article L. 153-11 du code de l’urbanisme ; la maire de la commune aurait dû surseoir à statuer sur la demande présentée par la société pétitionnaire, dont le projet compromet l’exécution du futur plan local d’urbanisme intercommunal.

Dans chacune de ces instances, par un mémoire enregistré le 31 août 2026, la société 3J Promotion, représentée par Me Labrusse, conclut au rejet de la requête et à ce que soit mise à la charge de l’Etat une somme de 1 000 euros au titre de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle fait valoir qu’aucun des moyens soulevés n’est fondé.

Dans chacune de ces instances, une mise en demeure a été adressée le 2 juin 2026 à la commune de Moult-Chicheboville, qui n’a pas produit de mémoire.


Vu les autres pièces des dossiers.

Vu :
- le code de l’environnement ;
- le code de l’urbanisme ;
- le code de justice administrative.


Les parties ont été régulièrement averties du jour de l’audience.

Ont été entendus au cours de l’audience publique :
- le rapport de Mme Kremp-Sanchez, conseillère,
- les conclusions de Mme Remigy, rapporteure publique,
- et les observations de Me Soublin, représentant les requérantes dans l’instance n° 2503102, de Mme A..., représentant la commune de Moult-Chicheboville, et de Me Labrusse, représentant la société 3J Promotion.


Considérant ce qui suit :

1. Par des arrêtés du 31 juillet 2025, la maire de la commune de Moult-Chicheboville (Calvados) a délivré à la société 3J Promotion cinq permis d’aménager un lotissement baptisé « Artémis » comprenant un total de cent quatre-vingt-dix-huit lots et seize macrolots, sur un terrain composé des parcelles cadastrées section ZD nos 0019, 0260 et section A nos 0836 et 0677, situé rue du traité de Rome. Par onze requêtes et déférés, qu’il y a lieu de joindre pour y statuer par un seul jugement, la société Agrial, la communauté de communes Val ès Dunes, quatorze communes membres, le pôle métropolitain Caen Normandie Métropole et le préfet du Calvados demandent au tribunal d’annuler les permis d’aménager délivrés le 31 juillet 2025.

Sur les conclusions à fin d’annulation :

En ce qui concerne le moyen tiré du vice de forme :

2. Aux termes de l’article A. 424-10 du code de l’urbanisme : « Lorsque le projet porte sur un lotissement, l'arrêté précise le nombre maximum de lots et la surface de plancher maximale dont la construction est autorisée dans l'ensemble du lotissement. Il précise, s'il y a lieu, la répartition de cette surface entre les différents lots ».

3. En l’espèce, il ressort des arrêtés attaqués que ceux-ci ne précisent pas la répartition de la surface de plancher maximale dont la construction est autorisée entre les différents lots. Dès lors, le moyen tiré du vice de forme doit être accueilli.

En ce qui concerne le moyen tiré de l’insuffisance de l’étude d’impact :

4. Aux termes de l’article R. 441-5 du code de l’urbanisme : « Le dossier joint à la demande de permis d'aménager comprend en outre, selon les cas : / 1° L'étude d'impact ou la décision de l'autorité chargée de l'examen au cas par cas dispensant le projet d'évaluation environnementale. (…) ».

5. Les inexactitudes, omissions ou insuffisances d’une étude d’impact ne sont susceptibles de vicier la procédure, et donc d’entraîner l’illégalité de la décision prise au vu de cette étude, que si elles ont pu avoir pour effet de nuire à l’information complète de la population ou si elles ont été de nature à exercer une influence sur la décision de l’autorité administrative.

6. En premier lieu, aux termes de l’article R. 122-5 du code de l’environnement : « I. – Le contenu de l'étude d'impact est proportionné à la sensibilité environnementale de la zone susceptible d'être affectée par le projet, à l'importance et la nature des travaux, installations, ouvrages, ou autres interventions dans le milieu naturel ou le paysage projetés et à leurs incidences prévisibles sur l'environnement ou la santé humaine. (…) / II. – En application du 2° du II de l'article L. 122-3, l'étude d'impact comporte les éléments suivants, en fonction des caractéristiques spécifiques du projet et du type d'incidences sur l'environnement qu'il est susceptible de produire : (…) / 5° Une description des incidences notables que le projet est susceptible d'avoir sur l'environnement résultant, entre autres : / e) Du cumul des incidences avec d'autres projets existants ou approuvés, en tenant compte le cas échéant des problèmes environnementaux relatifs à l'utilisation des ressources naturelles et des zones revêtant une importance particulière pour l'environnement susceptibles d'être touchées. / Les projets existants sont ceux qui, lors du dépôt du dossier de demande comprenant l'étude d'impact, ont été réalisés. / Les projets approuvés sont ceux qui, lors du dépôt du dossier de demande comprenant l'étude d'impact, ont fait l'objet d'une décision leur permettant d'être réalisés. / (…) ».

7. Le projet « Artémis » prévoit l’aménagement de 370 logements sur une superficie de 16,5 hectares, sur des parcelles agricoles au sein d’un secteur en cours d’urbanisation du sud de la commune de Moult-Chicheboville. Alors qu’il ressort des pièces du dossier que ce projet est implanté à proximité immédiate de deux autres lotissements existants ou approuvés, « La Traverse » et « La Fabrique », l’étude d’impact se borne à indiquer qu’aucun impact cumulé avec d’autres projets n’a été identifié, à part sur la filière agricole. Compte tenu de l’ampleur du projet litigieux et de ses potentielles incidences notables sur l’environnement, cette description n’est pas suffisamment détaillée s’agissant du cumul de ces incidences avec les deux opérations susmentionnées, ainsi que l’a d’ailleurs relevé l’autorité environnementale dans son avis du 14 novembre 2024.

8. En second lieu, aux termes de l’article L. 300-1-1 du code de l’urbanisme : « Toute action ou opération d'aménagement soumise à évaluation environnementale en application de l'article L. 122-1 du code de l'environnement doit faire l'objet : / (…) 2° D'une étude d'optimisation de la densité des constructions dans la zone concernée, en tenant compte de la qualité urbaine ainsi que de la préservation et de la restauration de la biodiversité et de la nature en ville. (…) ». Le VII de l’article R. 122-5 du code de l’environnement précise : « Pour les actions ou opérations d'aménagement mentionnées à l'article L. 300-1-1 du code de l'urbanisme, l'étude d'impact comprend en outre : / (…) 2° Les conclusions de l'étude d'optimisation de la densité des constructions dans la zone concernée ainsi qu'une description de la façon dont il en est tenu compte ».

9. Il ressort des pièces des dossiers que l’étude d’impact indique, sous le titre « Favoriser la densité », que le projet respecte les objectifs réglementaires de densification grâce au parti d’aménagement retenu, consistant notamment en « une zone limite d’urbanisation », des « typologies de logements denses pour le secteur », « une bonne évolutivité des espaces », « un espace public optimisé » et « la création d’une ceinture verte ». Cette « synthèse », qui est extrêmement succincte, ne permet pas de connaître les conclusions de l’étude d’optimisation de la densité des constructions ni la façon dont le projet en tient compte, alors que celui-ci prévoit une importante consommation d’espaces pour la création de logements en majorité individuels et s’ajoute à deux autres lotissements également composés pour majorité de pavillons.

10. Les insuffisances relevées aux points 7 et 9 sont, compte tenu de l’ampleur du projet, de nature à avoir exercé une influence sur la décision de l’autorité administrative. Par suite, le moyen tiré de l’insuffisance de l’étude d’impact doit être accueilli.

En ce qui concerne le moyen tiré de l’erreur manifeste d’appréciation à n’avoir pas opposé de sursis à statuer :

11. Aux termes du dernier alinéa de l’article L. 153-11 du code de l’urbanisme : « L'autorité compétente peut décider de surseoir à statuer, dans les conditions et délai prévus à l'article L. 424-1, sur les demandes d'autorisation concernant des constructions, installations ou opérations qui seraient de nature à compromettre ou à rendre plus onéreuse l'exécution du futur plan dès lors qu'a eu lieu le débat sur les orientations générales du projet d'aménagement et de développement durable ». Le juge administratif exerce un contrôle restreint sur la décision de l’autorité compétente de ne pas surseoir à statuer en application de ces dispositions.

12. Il ressort des pièces des dossiers que l’élaboration du plan local d’urbanisme intercommunal de la communauté de communes Val ès Dunes a été prescrite par une délibération du 18 février 2021. Les débats sur les orientations générales du projet d’aménagement et de développement durables ont eu lieu les 27 juin 2024 et 27 février 2025, et le projet de plan local d’urbanisme intercommunal a été arrêté le 5 juin 2025.

13. D’une part, aux termes de l’article R. 151-22 du code de l’urbanisme : « Les zones agricoles sont dites " zones A ". Peuvent être classés en zone agricole les secteurs de la commune, équipés ou non, à protéger en raison du potentiel agronomique, biologique ou économique des terres agricoles ».

14. Il ressort du projet de règlement graphique que les terrains d’assiette des permis d’aménager nos 014 456 24 D0004 (« Artémis 3 »), 014 456 24 D0005 (« Artémis 4 ») et 014 456 24 D0006 (« Artémis 5 »), ont vocation à être classés en zone agricole par le futur plan local d’urbanisme intercommunal. Dès lors que la création de lotissements entre en contradiction manifeste avec l’objectif de protection des terres agricoles résultant des dispositions précitées de l’article R. 151-22 du code de l’urbanisme, les permis d’aménager litigieux doivent être regardés comme étant de nature à compromettre l’exécution du futur plan local d’urbanisme intercommunal.

15. D’autre part, aux termes de l’article L. 151-6-1 du code de l’urbanisme : « Les orientations d'aménagement et de programmation définissent, en cohérence avec le projet d'aménagement et de développement durables, un échéancier prévisionnel d'ouverture à l'urbanisation des zones à urbaniser et de réalisation des équipements correspondant à chacune d'elles, le cas échéant ». Aux termes de l’article L. 152-1 du même code : « L'exécution par toute personne publique ou privée de tous travaux, constructions, aménagements, plantations, affouillements ou exhaussements des sols, et ouverture d'installations classées appartenant aux catégories déterminées dans le plan sont conformes au règlement et à ses documents graphiques.
Ces travaux ou opérations sont, en outre, compatibles, lorsqu'elles existent, avec les orientations d'aménagement et de programmation ».

16. Le projet de plan local d’urbanisme intercommunal comporte une orientation d’aménagement et de programmation U1 portant échéancier d’ouverture à l’urbanisation, qui prévoit, afin de limiter l’étalement urbain et d’organiser l’extension et le renforcement des dessertes par les réseaux et les infrastructures, trois phases d’ouverture à l’urbanisation entre l’approbation du plan local d’urbanisme intercommunal et 2040. Cet échéancier est décliné par le projet de règlement, qui précise que « [l]es secteurs ou sous-secteurs sont numérotés en fonction de leur place dans l’échéancier d’ouverture à l’urbanisation inclus dans les OAP thématiques. Ainsi, leur (ré)urbanisation sera autorisable : / (…) - pour les secteurs AUG 2 : à partir de 2031 / - pour les secteurs AUG 3 : à partir de 2036 ».

17. Il résulte de la lecture combinée de l’orientation d’aménagement et de programmation U1 et de l’orientation d’aménagement et de programmation sectorielle applicable à la zone sud de la commune de Moult-Chicheboville que les terrains d’assiette des permis d’aménager nos 014 456 24 D0002 (« Artémis 1 ») et 014 456 24 D0003 (« Artémis 2 ») ont vocation à être ouverts à l’urbanisation en phases 2 et 3 de l’échéancier, soit à compter de 2031 et 2035 respectivement. Ils sont, de ce fait, classés en zone AUG2b et en zone AUG3b par le règlement graphique. Or, les permis d’aménager attaqués, qui sont exécutoires depuis la date de leur délivrance, le 31 juillet 2025, autorisent, dès à présent, l’urbanisation de ces parcelles, en méconnaissance de l’échéancier prévu par l’orientation d’aménagement et de programmation U1 et repris par le règlement écrit. Ces permis doivent dès lors être regardés comme manifestement incompatibles avec les orientations d’aménagement et de programmation du futur plan local d’urbanisme et, par suite, de nature à compromettre l’exécution de ce document.

18. Il résulte de ce qui précède que les requérants sont fondés à soutenir que la maire de la commune de Moult-Chicheboville a commis une erreur manifeste d’appréciation en n’opposant pas, en application de l’article L. 153-11 du code de l’urbanisme, de sursis à statuer aux demandes de permis d’aménager dont elle était saisie.

En ce qui concerne le moyen tiré de la méconnaissance de l’article L. 111-11 du code de l’urbanisme :

19. Aux termes du premier alinéa de l’article L. 111-11 du code de l’urbanisme : « Lorsque, compte tenu de la destination de la construction ou de l'aménagement projeté, des travaux portant sur les réseaux publics de distribution d'eau, d'assainissement ou de distribution d'électricité sont nécessaires pour assurer la desserte du projet, le permis de construire ou d'aménager ne peut être accordé si l'autorité compétente n'est pas en mesure d'indiquer dans quel délai et par quelle collectivité publique ou par quel concessionnaire de service public ces travaux doivent être exécutés ».

20. Les lotissements, qui constituent des opérations d’aménagement ayant pour but l’implantation de constructions, doivent respecter les règles tendant à la maîtrise de l’occupation des sols édictées par le code de l’urbanisme ou les documents locaux d’urbanisme, même s’ils n’ont pour objet ou pour effet, à un stade où il n’existe pas encore de projet concret de construction, que de permettre le détachement d’un lot d’une unité foncière. Il appartient, en conséquence, à l’autorité compétente de refuser le permis d’aménager sollicité ou de s’opposer à la déclaration préalable notamment lorsque, compte tenu de ses caractéristiques telles qu’elles ressortent des pièces du dossier qui lui est soumis, un projet de lotissement permet l’implantation de constructions dont la compatibilité avec les règles d’urbanisme ne pourra être ultérieurement assurée lors de la délivrance des autorisations d’urbanisme requises. Il en va également ainsi, comme il résulte des termes mêmes de l’article L. 111-11 du code de l’urbanisme, lorsque, compte tenu de la destination de l’aménagement projeté, des travaux portant sur les réseaux publics de distribution d’eau, d’assainissement ou de distribution d’électricité sont nécessaires pour assurer la desserte du projet et que l’autorité compétente n’est pas en mesure d’indiquer dans quel délai et par quelle collectivité publique ou par quel concessionnaire de service public ces travaux doivent être exécutés.

21. En premier lieu, il ressort des pièces des dossiers, notamment de l’avis défavorable émis le 26 septembre 2024 par la communauté de communes Val ès Dunes, que le réseau d’assainissement nécessite des travaux afin de pouvoir accueillir les effluves du projet « Artémis », le système de collecte ne permettant pas, en l’état, de garantir leur transfert jusqu’au système de traitement. Si la commune de Moult-Chicheboville s’est engagée à prendre en charge les frais nécessaires à l’adaptation du réseau, il ne ressort d’aucune des pièces du dossier que de tels travaux soient prévus, ni même envisagés par la communauté de communes Val ès Dunes, qui en assure la gestion.

22. En deuxième lieu, il ressort des pièces des dossiers, notamment des avis émis les 26 août et 3 octobre 2024 par le syndicat Eau du bassin caennais, chargé de la production d’eau potable, et la société Saur, qui en assure la distribution, que l’alimentation pérenne du projet ne peut être assurée au regard de la limitation actuelle des capacités de production et de l’augmentation significative des besoins induites par la création de 370 logements. Or, il ne ressort pas de ces avis, ni d’aucune autre pièce des dossiers, que des travaux permettant le renforcement des capacités de production d’eau potable soient prévus dans un délai compatible avec l’exécution des permis d’aménager délivrés le 31 juillet 2025.

23. En dernier lieu, il ressort des pièces du dossier, en particulier de l’avis émis le 24 septembre 2024 par la société Enedis, que le raccordement du projet au réseau d’électricité nécessite des travaux d’extension de celui-ci. Or, il ne ressort d’aucune des pièces des dossiers que l’autorité compétente soit en mesure d’indiquer dans quels délais ces travaux pourront être exécutés.

24. Il résulte de ce qui précède que les requérants sont fondés à soutenir que la maire de la commune de Moult-Chicheboville aurait dû refuser les permis d’aménager demandés en application des dispositions de l’article L. 111-11 du code de l’urbanisme.

En ce qui concerne le moyen tiré de la méconnaissance de l’article R. 111-2 du code de l’urbanisme :

25. Aux termes de l’article R. 111-2 du code de l’urbanisme : « Le projet peut être refusé ou n'être accepté que sous réserve de l'observation de prescriptions spéciales s'il est de nature à porter atteinte à la salubrité ou à la sécurité publique du fait de sa situation, de ses caractéristiques, de son importance ou de son implantation à proximité d'autres installations ».

26. En premier lieu, il ressort des pièces des dossiers de demande de permis que l’accès au lotissement « Artémis » se fera par la rue du traité de Rome, qui débouche elle-même sur la route départementale n° 40. Le département du Calvados, gestionnaire de cette voie, a émis un avis défavorable au projet le 10 octobre 2024 au motif que l’aménagement actuel de l’intersection entre la route départementale n° 40 et la rue du traité de Rome, consistant en un tourne-à-gauche-par-la-droite, n’était pas adapté à l’importance du projet et à l’augmentation du trafic induite par la création de 370 logements. S’il ressort également des pièces des dossiers de demande de permis que la société pétitionnaire prévoit la création d’un giratoire au niveau de cette intersection, le département du Calvados n’a finalement émis un avis favorable le 26 novembre 2024 que sous réserve, d’une part, de la faisabilité technique de l’ouvrage et, d’autre part, de l’acquisition par la commune ou la société pétitionnaire des parcelles nécessaires à sa réalisation. Dans ces conditions, la création du giratoire apparaît, à la date des permis attaqués, particulièrement incertaine. Par suite, les requérants sont fondés à soutenir que le projet est, en l’état, de nature à porter atteinte à la sécurité publique.

27. En second lieu, il ressort de ce qui a été dit au point 21 du présent jugement que le réseau d’assainissement n’est pas en mesure d’accueillir les effluves du projet Artémis, qui est, dans ces conditions, de nature à créer d’importants risques en termes de salubrité publique. La circonstance que les permis d’aménager attaqués ne permettraient pas, par eux-mêmes, la création, à brève échéance, d’habitations est sans incidence sur l’appréciation du risque d’atteinte à la salubrité publique.

28. Il résulte de ce qui précède que le moyen tiré de la méconnaissance de l’article R. 111-2 du code de l’urbanisme doit être accueilli.

En ce qui concerne le moyen tiré de l’incompatibilité du projet avec le schéma de cohérence territoriale :

29. Aux termes de l’article L. 142-1 du code de l’urbanisme : « Sont compatibles avec le document d'orientation et d'objectifs du schéma de cohérence territoriale : / (…) 4° Les opérations foncières et les opérations d'aménagement définies par décret en Conseil d'Etat ; (…) ». L’article R. 142-1 du même code précise : « Les opérations foncières et les opérations d'aménagement mentionnées au 4° de l'article L. 142-1 sont : / (…) 3° Les lotissements, les remembrements réalisés par des associations foncières urbaines et les constructions soumises à autorisations, lorsque ces opérations ou constructions portent sur une surface de plancher de plus de 5 000 mètres carrés ; (…) ».

30. D’une part, le document d’orientation et d’objectifs du schéma de cohérence territoriale Caen-Métropole approuvé le 18 octobre 2019 prévoit un objectif de limitation de la consommation foncière entraînant l’allocation à chaque établissement public de coopération intercommunale membre d’une enveloppe foncière annuelle. Il ressort des pièces du dossier qu’alors que l’enveloppe foncière annuelle allouée à la communauté de communes Val ès Dunes pour l’habitat est de 5,5 hectares, le projet « Artémis » prévoit la consommation d’une surface de 16,5 hectares au titre d’une seule année. Il apparaît dès lors incompatible avec l’objectif de limitation de la consommation foncière, comme l’a d’ailleurs relevé le pôle métropolitain Caen Normandie Métropole dans son avis du 19 septembre 2024.

31. D’autre part, le document d’orientation et d’objectifs susmentionné prévoit également un objectif de préservation de la ressource en eau, qui implique de « justifier de l’adéquation d’un projet de développement avec la capacité de production et de distribution d’eau potable ». Or, il résulte de ce qui a été dit au point 22 du présent jugement que les ressources en eau potable ne permettent pas d’assurer une alimentation pérenne du projet « Artémis », qui ne saurait, dès lors, être regardé comme en adéquation avec les capacités du territoire.

32. Il résulte de ce qui précède que les requérants sont fondés à soutenir que l’opération litigieuse est incompatible avec le document d’orientation et d’objectifs du schéma de cohérence territoriale Caen-Métropole.

En ce qui concerne le moyen tiré de l’illégalité de la prescription relative au giratoire :

33. Aux termes de l’article L. 421-6 du code de l’urbanisme : « Le permis de construire ou d’aménager ne peut être accordé que si les travaux projetés sont conformes aux dispositions législatives ou réglementaires relatives à l’utilisation des sols, à l’implantation, la destination, les dimensions, l’assainissement, des constructions et à l’aménagement de leurs abords et s’ils ne sont pas incompatibles avec une déclaration d’utilité publique ». Il résulte de ces dispositions que l’autorité qui délivre le permis d’aménager, si elle peut assortir celui-ci, au terme de l’instruction de la demande, de prescriptions précises n’affectant pas substantiellement le projet, ne peut en revanche s’abstenir de prendre parti sur un projet dont les caractéristiques essentielles sont définitivement déterminées, soit en assortissant l’autorisation délivrée de conditions trop imprécises, soit en prescrivant le renvoi à une concertation ou à une instruction complémentaire ultérieures.

34. Les permis d’aménager attaqués sont assortis d’une prescription tendant à la création d’un giratoire à l’intersection entre la rue du traité de Rome et la route départementale n° 40, afin d’assurer la desserte du lotissement conformément à l’avis émis le 26 novembre 2024 par le département du Calvados. Toutefois, il ressort des termes mêmes de cet avis et de la prescription litigieuse que les caractéristiques essentielles de cet aménagement n’étaient pas définitivement déterminées à la date de la décision attaquée et que la faisabilité technique, juridique et financière même de l’ouvrage était incertaine, de sorte que sa réalisation suppose nécessairement le renvoi à une instruction complémentaire. Dans ces conditions, les requérants sont fondés à soutenir que la prescription litigieuse est illégale.

35. Pour l’application de l’article L. 600-4-1 du code de l’urbanisme, aucun autre moyen n’est susceptible de fonder l’annulation des actes attaqués.

36. Il résulte de tout ce qui précède que les permis d’aménager du 31 juillet 2025 sont entachés de vices tenant à la méconnaissance de l’article A. 424-10 du code de l’urbanisme, à l’insuffisance de l’étude d’impact, à la méconnaissance des articles L. 153-11, L. 111-11 et R. 111-2 du code de l’urbanisme, à l’incompatibilité du projet avec le document d’orientation et d’objectifs du schéma de cohérence territoriale et à l’illégalité de la prescription relative au giratoire.

37. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions à fin d’annulation des arrêtés du 31 juillet 2025 doivent être accueillies.

Sur les frais d’instance :

38. D’une part, dans les instances nos 2503093, 2503094, 2503095, 2503096, 2503097, il y a lieu, dans les circonstances de l’espèce, de mettre à la charge tant de la commune de Moult-Chicheboville que de la société 3J Promotion une somme de 2 000 euros, pour l’ensemble de ces instances, à verser à la société Agrial au titre des frais qu’elle a exposés.

39. D’autre part, dans l’instance n° 2503102, il y a lieu de mettre à la charge de la commune de Moult-Chicheboville une somme globale de 1 500 euros à verser aux communes et établissements publics de coopération intercommunale requérants au titre des frais qu’ils ont exposés.

40. Enfin, dans les instances nos 2503796, 2503798, 2503800, 2503802 et 2503805, les dispositions de l’article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce qu’une somme soit mise à la charge de l’Etat, qui n’est pas partie perdante, au titre des frais exposés par la société 3J Promotion.



D E C I D E :



Article 1er : Les arrêtés du 31 juillet 2025 par lesquels la maire de la commune de Moult-Chicheboville a délivré à la société 3J Promotion les permis d’aménager nos 014 456 24 D0002, 014 456 24 D0003, 014 456 24 D0004, 014 456 24 D0005 et 014 456 24 D0006 sont annulés.

Article 2 : La commune de Moult-Chicheboville et la société 3J Promotion verseront, chacune, une somme de 2 000 euros à la société Agrial au titre de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.

Article 3 : La commune de Moult-Chicheboville versera une somme de 1 500 euros aux requérants de l’instance n° 2503102 au titre de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.

Article 4 : Les conclusions présentées par la société 3J Promotion au titre de l’article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.

Article 5 : Le présent jugement sera notifié à la société Agrial, à la communauté de communes Val ès Dunes, représentante unique dans l’instance n° 2503102, au préfet du Calvados, à la commune de Moult-Chicheboville et à la société 3J Promotion.

Copie en sera adressée au procureur de la République près le tribunal judiciaire de Caen.


Délibéré après l'audience du 15 septembre 2026, à laquelle siégeaient :
- Mme Macaud, présidente,
- Mme Fanget, conseillère,
- Mme Kremp-Sanchez, conseillère.



Rendu public par mise à disposition au greffe le 1er octobre 2026.

La rapporteure,

SIGNÉ

M. KREMP-SANCHEZ

La présidente,

SIGNÉ

A. MACAUD

La greffière,


SIGNÉ

E. BLOYET


La République mande et ordonne au préfet du Calvados en ce qui le concerne, et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,
La greffière,


E. Bloyet