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AccueilJurisprudence administrativeN° TA14-2503379

Tribunal Administratif de Caen — Décision N° TA14-2503379

jeudi 6 novembre 2025

JuridictionTribunal Administratif de Caen
SectionTribunal Administratif de Caen
N° DossierTA14-2503379
TypeOrdonnance
RecoursExcès de pouvoir
Avocat requérantLEREVEREND

Résumé IA

Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de la décision du préfet du Calvados refusant un titre de séjour à M. B..., ressortissant béninois. Le juge a estimé que la condition d'urgence n'était pas remplie, car le requérant sollicitait un changement de statut et non un renouvellement de titre, et n'apportait aucun élément concret justifiant d'une atteinte grave et immédiate à sa situation. En conséquence, la requête a été rejetée selon la procédure simplifiée de l'article L. 522-3 du même code, sans examen des moyens de fond.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :


Par une requête enregistrée le 22 octobre 2025, M. C... B..., représenté par
Me Lerévérend, demande au juge des référés :

1°) de lui accorder, à titre provisoire, le bénéfice de l’aide juridictionnelle ;

2°) d’ordonner, sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, la suspension de l’exécution de la décision du 19 septembre 2025 par laquelle le préfet du Calvados a refusé de faire droit à sa demande de titre de séjour ;

3°) d’enjoindre au préfet du Calvados de lui délivrer un document provisoire de séjour l’autorisant à travailler, dans un délai de cinq jours à compter de la notification de l’ordonnance à intervenir, sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;

3°) de mettre à la charge de l’Etat une somme de 1 000 euros à verser à son conseil au titre de l’article L. 761-1 du code de justice administrative et de l’article 37 de la loi du 10 juillet 1991 ou à lui verser directement dans l’hypothèse où il ne bénéficierait pas de l’aide juridictionnelle.

Il soutient que :
- la condition d’urgence est présumée dès lors qu’il demande le renouvellement de son titre de séjour ;
- il existe un doute sérieux sur la légalité de la décision attaquée.

La présidente du tribunal a désigné Mme Thérèse Renault, vice-présidente, pour statuer sur les demandes de référé.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu le code de justice administrative.

Considérant ce qui suit :

M. B..., ressortissant béninois, a bénéficié de titres de séjour en qualité d’étudiant entre septembre 2021 et le 8 août 2023, puis a bénéficié d’autorisation provisoire de séjour le temps de l’instruction de sa demande de titre de séjour en qualité d’étudiant en recherche d’emploi, jusqu’au 13 février 2025. Il a sollicité, le 6 février 2025, la délivrance d’un titre de séjour au titre de sa vie privée et familiale, qui a été rejetée par décision du préfet du Calvados du 19 septembre 2025. Par la présente requête, M. B... demande à la juge des référés, saisie sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, de suspendre l’exécution de cette décision.

En vertu de l’article L. 521-1 du code de justice administrative : « Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision (…) ». L’article L. 522-3 du même code dispose toutefois que : « Lorsque la demande ne présente pas un caractère d’urgence ou lorsqu’il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu’elle est irrecevable ou qu’elle est mal fondée, le juge des référés peut la rejeter par une ordonnance motivée sans qu’il y ait lieu d’appliquer les deux premiers alinéas de l’article L. 522-1 ». Enfin aux termes du premier alinéa de l’article R. 522-1 dudit code : « La requête visant au prononcé de mesures d’urgence doit (...) justifier de l’urgence de l’affaire ».

Pour l’application des dispositions ci-dessus reproduites de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, l’urgence justifie que soit prononcée la suspension d’un acte administratif lorsque l’exécution de celui-ci porte atteinte, de manière suffisamment grave et immédiate, à un intérêt public, à la situation du requérant ou aux intérêts qu’il entend défendre. Il appartient au juge des référés, saisi d’une demande de suspension d’une décision refusant la délivrance d’un titre de séjour, d’apprécier et de motiver l’urgence compte tenu de l’incidence immédiate du refus de titre de séjour sur la situation concrète de l’intéressé. Cette condition d’urgence sera en principe constatée dans le cas d’un refus de renouvellement du titre de séjour, comme d’ailleurs d’un retrait de celui-ci. Dans les autres cas, il appartient au requérant de justifier de circonstances particulières caractérisant la nécessité pour lui de bénéficier à très bref délai d’une mesure provisoire dans l’attente d’une décision juridictionnelle statuant sur la légalité de la décision litigieuse.

Pour justifier de l’urgence à suspendre l’exécution de la décision attaquée, M. B... se borne à se prévaloir de la présomption d’urgence qui s’attache à une demande de renouvellement de titre de séjour. Toutefois, le requérant, qui a demandé un changement de statut, ne saurait se prévaloir d’une telle présomption et la condition d’urgence prévue par les dispositions de l’article L. 521-1 du code de justice administrative ne peut être regardée, en l’absence de tout élément permettant d’en apprécier concrètement la réalité, comme satisfaite.

Il résulte de ce qui précède qu’il y a lieu de rejeter la requête selon la procédure prévue à l’article L. 522-3 du code de justice administrative, en toutes ses conclusions, sans qu’il y ait lieu d’admettre M. B... au bénéfice de l’aide juridictionnelle à titre provisoire.





O R D O N N E :


Article 1er : M. B... n’est pas admis, à titre provisoire, au bénéfice de l’aide juridictionnelle.

Article 2 : La requête de M. B... est rejetée.

Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à M. C... B... et à Me Lerévérend.


Fait à Caen, le 6 novembre 2025.

La juge des référés,

Signé

Th. RENAULT

La République mande et ordonne au ministre de l’intérieur en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l’exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme
Le greffier en chef / La greffière,


M. A...

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