Site expérimental.Les contenus sont rédigés avec l'aide d'une intelligence artificielle, qui peut se tromper. Si vous voyez une information fausse, merci de nous prévenir à contact@meilleuravocats.fr : nous corrigeons rapidement. Notre objectif est d'aider les avocats et les professionnels, jamais de leur nuire.

Tribunal Administratif de Caen — Décision N° TA14-2603375

jeudi 1 octobre 2026

JuridictionTribunal Administratif de Caen
SectionTribunal Administratif de Caen
N° DossierTA14-2603375
TypeOrdonnance
RecoursExcès de pouvoir
Avocat requérantVERDIER

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 27 septembre 2026, l’association Vigie liberté, représentée par Me Verdier, demande au juge des référés, sur le fondement des dispositions de l’article L. 521-2 du code de justice administrative :

1°) de suspendre l’exécution de l’arrêté du 25 septembre 2026 par lequel le préfet du Calvados a autorisé le groupement de gendarmerie départemental à procéder à la captation, l’enregistrement et la transmission d’images au moyen de caméras installées sur deux aéronefs télépilotés et deux hélicoptères sur l’ensemble du territoire du département dans le cadre du secours aux personnes pendant une durée de trois mois ;

2°) de mettre à la charge de l’Etat la somme de 2 000 euros en application de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :
- elle justifie d’un intérêt pour agir, l’arrêté contesté affectant directement la protection des données personnelles des individus que l’association Vigie Liberté s’est donnée pour objectif de défendre ;
- l’urgence est caractérisée dès lors que :
• l’arrêté attaqué met en œuvre un traitement de données personnelles couvrant la totalité du département du Calvados ;
• l’entrée en application immédiate d’un dispositif de surveillance particulièrement intrusif prive les personnes exposées de toute garantie procédurale effective, alors que la mesure autorise, sans discontinuité, la captation, l’enregistrement et la transmission d’images sur l’ensemble du territoire du département ;
• les atteintes portées au droit au respect de la vie privée et familiale présentent un caractère grave, immédiat, continue et irréversible ;
- il existe des moyens propres à créer un doute sérieux quant à la légalité de l’arrêté dès lors que :
• l’arrêté méconnaît le droit au respect de la vie privée, incluant le droit à la protection des données personnelles, au regard des dispositions combinées des articles L. 242-1 et suivants du code la sécurité intérieure et des articles 6 et 88 de la loi du 6 janvier 1978 relative à l’informatique, aux fichiers et aux libertés, dès lors qu’il se fonde sur des éléments insuffisamment circonstanciés pour justifier, sur la base d’une appréciation précise et concrète de la nécessité et de la proportionnalité de la mesure, que le service ne peut employer, dans la zone territoriale qu’il couvre et sur toute l’étendue de son périmètre, d’autres moyens moins intrusifs au regard du respect de la vie privée ;
• le préfet ne justifie pas de ce que le groupement de gendarmerie départementale du Calvados ne disposerait pas de moyens moins intrusifs pour le respect de la vie privée pour parvenir au but recherché ;
• en cas d’urgence le préfet ne démontre pas l’impossibilité de recourir à l’article 42 de la Loi Ripost en vigueur depuis le 20 août 2026 ;
• l’arrêté attaqué méconnaît les dispositions de l’article L. 242-5 du code de la sécurité intérieure dès lors que le nombre de caméras autorisées n’apparaît pas conforme au regard des caractéristiques techniques des drones utilisés par le service ;
• le préfet a méconnu les dispositions du paragraphe IV de l’article L. 242-5 du code de la sécurité intérieure dès lors qu’il n’a pas circonscrit son autorisation dans l’espace.

Par un mémoire en défense, enregistré le 30 septembre 2026, le préfet du Calvados conclut au non-lieu à statuer sur la requête.

Il fait valoir que, par un arrêté en date du 30 septembre 2026, il a retiré l’arrêté contesté.

Par un mémoire, enregistré à 1h08 le 1er octobre 2026, l’association Vigie liberté confirme que la requête a perdu son objet et demande que la somme de 800 euros soit mise à la charge de l’État au titre de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :
- la décision du Conseil constitutionnel n° 2022-834 DC du 20 janvier 2022 ;
- le code de la sécurité intérieure ;
- le code de justice administrative.

La présidente du tribunal a désigné Mme Havas, première conseillère, pour statuer sur les demandes de référé.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l’audience.

Au cours de l’audience publique qui s’est tenue le 1er octobre 2026 à 11h en présence de Mme Legrand, greffière d’audience, Mme Havas a lu son rapport.

Les parties n’étaient ni présentes ni représentées.

La juge des référés, à l’issue de l’audience, a prononcé la clôture de l’instruction.



Considérant ce qui suit :

1. Par un arrêté du 25 septembre 2026, le préfet du Calvados a autorisé, pour une durée de trois mois, la captation, l’enregistrement et la transmission d’images au moyen de caméras installées sur des aéronefs au bénéfice du groupement de gendarmerie départementale du Calvados sur l’ensemble du territoire du département du Calvados au titre du secours aux personnes. L’association Vigie Liberté demande au juge des référés, statuant sur le fondement de l’article L. 521-2 du code de justice administrative, de suspendre l’exécution de cet arrêté.

2. Par un arrêté du 30 septembre 2026, le préfet du Calvados a retiré l’arrêté du 25 septembre 2026, privant de tout objet les conclusions aux fins de suspension dirigées contre l’arrêté initial. Par suite, il n’y a plus lieu de statuer sur les conclusions aux fins de suspension présentées par l’association Vigie Liberté.

3. Il n’y a pas lieu, dans les circonstances de l’espèce, de faire droit aux conclusions de l’association Vigie Liberté présentées au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.


O R D O N N E :


Article 1er : Il n’y a pas lieu de statuer sur les conclusions aux fins de suspension présentées par l’association Vigie Liberté.

Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.

Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à l'association Vigie Liberté et au ministre de l'intérieur.

Copie en sera adressée au préfet du Calvados.

Fait à Caen, le 1er octobre 2026.


La juge des référés,
Signé

N. HAVAS

La République mande et ordonne au ministre de l’intérieur, en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées de pourvoir à l’exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,
La greffière,


E. Legrand