mardi 12 juillet 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Bastia |
| Section | Tribunal Administratif de Bastia |
| N° Dossier | TA20-2000600 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | 1ère chambre |
| Avocat requérant | ENGELHARD |
Vu la procédure suivante :
Par une ordonnance du 17 juin 2020, enregistrée le 1er juillet 2020, la présidente du tribunal administratif de Marseille a transmis au tribunal administratif de Bastia, en application de l'article R. 761-5 du code de justice administrative, la requête présentée par M. C B.
Par cette requête, enregistrée au greffe du tribunal administratif de Marseille le 5 juin 2020, et un mémoire enregistré le 22 février 2022, M. B, représenté par Me Le Landais, demande au tribunal de réformer l'article 2 de l'ordonnance du 7 février 2020 par laquelle la première vice-présidente du tribunal administratif de Marseille a mis à la charge des époux B la somme de 11 462,43 euros TTC correspondant aux frais et honoraires de l'expertise ordonnée à sa demande le 10 avril 2018 en mettant :
- à titre principal, à la charge de la Métropole Aix-Marseille-Provence le montant total de ces frais et honoraires,
- à titre subsidiaire, à la charge solidaire de la société Sade-Guiges-Bronzo et de la SA Service d'assainissement de Marseille Métropole (SERAMM) le montant total de ces frais et honoraires.
Il soutient que :
- l'expert a reconnu que la présence d'une pompe de refoulement installée par la Métropole Aix-Marseille-Provence est à l'origine de nuisances sonores et vibratoires lui causant un préjudice ;
- la Métropole ne conteste pas sa responsabilité dans le cadre des actions engagées au fond devant le tribunal administratif de Marseille ;
- tant pour des raisons d'équité qu'au vu des conclusions du rapport d'expertise, il ne peut assumer la charge des frais et honoraires de celle-ci.
Par des mémoires en défense, enregistrés le 30 janvier et 16 février 2022, M. A D de Azevedo Macedo, expert, s'en remet à la sagesse du tribunal.
Par un mémoire en défense, enregistré le 1er février 2022 ainsi qu'un mémoire enregistré le 28 mars 2022 et non communiqué, la SA Sade, la SAS Guigues et la SAS Bronzo TP, représentées par la SELARL Blum, Engelhard, Cazalet, concluent au rejet de la requête.
Elles soutiennent que :
- elles n'ont pas été condamnées dans une instance au fond de sorte que les frais et honoraires de l'expert ne peuvent être mis à leur charge ;
- en tout état de cause, leur responsabilité dans les nuisances subis par le requérant ne peut être retenue, les travaux ayant été réceptionnés sans réserve.
Par ordonnance du 7 mars 2022, la clôture d'instruction a été fixée au 28 mars 2022.
Un mémoire présenté pour la SA Sade, la SAS Guigues et la SAS Bronzo TP a été enregistré le 31 mars 2022.
La requête a été communiquée à la présidente du tribunal administratif de Marseille et à la Métropole Aix-Marseille-Provence qui n'ont pas produit de mémoire.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Hanafi Halil, conseiller ;
- les conclusions de Mme Christine Castany, rapporteure publique ;
- et les observations de Me Le Landais, avocat de M. B.
Considérant ce qui suit :
1. M. B et sa défunte épouse ont sollicité du tribunal administratif de Marseille que soit ordonnée, sur le fondement de l'article R. 532-1 du code de justice administrative, une expertise en vue de déterminer l'origine et les causes des nuisances sonores occasionnées par la pompe de refoulement installée par la métropole Aix-Marseille Provence, à proximité immédiate de leur domicile. Par une ordonnance du 10 avril 2018, le juge des référés du tribunal administratif de Marseille a désigné M. A D de Azevedo Macedo, en qualité d'expert. Par une ordonnance du 7 février 2020, la première vice-présidente du tribunal administratif de Marseille a liquidé et taxé à la somme de 11 462,43 euros TTC les frais et honoraires de l'expert et les a mis à la charge des époux B. M. B demande au tribunal de réformer cette ordonnance en tant seulement que par son article 2 elle met à sa charge le montant des frais et honoraires de l'expert.
2. Aux termes de l'article R. 621-13 du code de justice administrative : " Lorsque l'expertise a été ordonnée sur le fondement du titre III du livre V, le président du tribunal () en fixe les frais et honoraires par une ordonnance prise conformément aux dispositions des articles R. 621-11 et R. 761-4. Cette ordonnance désigne la ou les parties qui assumeront la charge de ces frais et honoraires. Elle est exécutoire dès son prononcé, et peut être recouvrée contre les personnes privées ou publiques par les voies de droit commun. Elle peut faire l'objet, dans le délai d'un mois à compter de sa notification, du recours prévu à l'article R. 761-5 () ". Aux termes de l'article R. 761-1 de ce code : " Les dépens comprennent les frais d'expertise, d'enquête et de toute autre mesure d'instruction dont les frais ne sont pas à la charge de l'Etat. / Sous réserve de dispositions particulières, ils sont mis à la charge de toute partie perdante sauf si les circonstances particulières de l'affaire justifient qu'ils soient mis à la charge d'une autre partie ou partagés entre les parties () ". Enfin, aux termes de l'article R. 761-5 du même code : " Les parties () peuvent contester l'ordonnance mentionnée à l'article R. 761-4 devant la juridiction à laquelle appartient l'auteur de l'ordonnance () ".
3. Il résulte des dispositions ci-dessus rappelées de l'article R. 621-13 du code de justice administrative, dérogeant sur ce point à l'article R. 761-1 du même code, que la répartition des frais et honoraires de l'expert entre les parties intervient, dans les circonstances de l'espèce, compte tenu notamment de l'utilité de l'expertise pour ces parties, sans que cette répartition soit déterminée par la seule circonstance qu'une de ces parties l'a demandée ou, à l'inverse, en a contesté le bien fondé.
4. D'une part, il résulte de l'instruction que l'expertise a permis de confirmer la réalité des nuisances sonores et vibratoires invoquées par le requérant, d'en préciser l'intensité et d'en décrire l'origine et la cause. A cet égard, l'expert relève que ces nuisances sont directement liées " à la mise en route de la ou des deux pompe(s) du système de relevage implanté sous la chaussée devant la maison de M. B ". Il évalue également les préjudices subis par le requérant. Ainsi, l'expertise apporte des éléments qui permettront à la juridiction saisie du fond de déterminer les responsabilités encourues. Elle a, dès lors, été utile à M. B.
5. D'autre part, la seule circonstance que la Métropole Aix-Marseille-Provence ne conteste pas sa responsabilité dans le cadre de l'action au fond que l'intéressé à introduite devant le tribunal administratif de Marseille ne suffit pas, dans les circonstances de l'espèce, à priver d'utilité l'expertise qu'il a obtenue.
6. Enfin, il ne résulte pas des dispositions citées au point 2 que l'équité puisse être prise en compte dans la répartition des frais et honoraires de l'expert. En tout état de cause, le requérant n'établit pas son impécuniosité.
7. Il résulte de tout ce qui précède que M. B n'est pas fondé à demander la réformation de l'ordonnance qu'il attaque.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. B est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. C B, à la Métropole Aix-Marseille-Provence, à la SA Sade, à la SAS Guigues, à la SAS Bronzo TP et au garde des sceaux, ministre de la justice.
Copie en sera adressée à la présidente du tribunal administratif de Marseille.
Délibéré après l'audience du 28 juin 2022, à laquelle siégeaient :
M. Thierry Vanhullebus, président ;
M. Jan Martin, premier conseiller ;
M. Hanafi Halil, conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 12 juillet 2022.
Le rapporteur,
signé
H. HALIL
Le président,
signé
T. VANHULLEBUS
La greffière,
signé
H. MANNONI
La République mande et ordonne au garde des sceaux, ministre de la justice, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
H. MANNONI
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026