vendredi 7 juillet 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Bastia |
| Section | Tribunal Administratif de Bastia |
| N° Dossier | TA20-2000639 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | Magistrat statuant seul |
| Avocat requérant | PERES |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et des mémoires, enregistrés les 9 juillet 2020, 30 novembre 2021 et 25 mars 2022, M. B A, représenté par Me Peres, demande au tribunal, dans le dernier état de ses écritures :
1°) d'annuler le titre de pension qui lui a été concédé par arrêté du ministre de l'action et des comptes publics le 14 avril 2020 en tant qu'il fixe à 16 % le taux de la rente viagère d'invalidité dont il bénéficie ;
2°) d'enjoindre à l'Etat de prendre un nouveau titre de pension tenant compte des séquelles psychiatriques de l'accident de service du 14 juin 2017 ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- la décision attaquée est entachée d'une erreur de fait voire de droit en ce qu'elle ne tient pas compte, pour fixer à 16 % le taux d'invalidité, de la pathologie de nature psychique dont il souffre et qui est en lien direct et certain avec l'accident de service du 14 juin 2017 ;
- le taux d'incapacité permanente partielle a été évaluée à 7%, s'agissant de la pathologie psychique dont il est atteint, par le sapiteur désigné par le président du tribunal administratif de Bastia le 14 septembre 2020.
Par des mémoires en défense, enregistrés les 22 septembre 2020 et 21 décembre 2021, le ministre de l'économie, des finances et de la relance conclut au rejet de la requête.
Il soutient que
- le taux retenu de la rente viagère d'invalidité résulte de l'application de la règle de la validité restante, dite règle de " Balthazard ", qui ne rémunère que la nouvelle invalidité de l'agent laquelle est indépendante de l'infirmité ayant ouvert droit à une allocation temporaire ;
- la pathologie de nature psychique dont souffre le requérant n'a pas été évoquée lors de la procédure de radiation des cadres ;
- il n'est pas démontré que cette pathologie serait imputable à l'accident de service du 14 juin 2017 ou, plus généralement, au service.
Vu :
- la décision par laquelle le président du tribunal a désigné M. Hanafi Halil, conseiller, pour statuer sur les litiges mentionnés à l'article R. 222-13 du code de justice administrative ;
- les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code des pensions civiles et militaires de retraite ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Hanafi Halil, conseiller ;
- et les conclusions de Mme Christine Castany, rapporteure publique.
Considérant ce qui suit :
1. M. A, brigadier-chef de police, a été victime, en dernier lieu le 14 juin 2017, d'un accident de service. Le 3 décembre 2019, la commission de réforme a constaté l'inaptitude absolue et définitive de M. A à exercer ses fonctions. Par un arrêté du 28 février 2020, le ministre de l'intérieur a radié M. A des cadres et l'a admis à la retraite pour invalidité à compter du 1er mars 2020. Sa pension a été liquidée avec effet au 1er mars 2020 par un titre de pension concédé par le ministre de l'action et des comptes publics du 14 avril 2020 qui a fixé à 16 % le taux de sa rente viagère d'invalidité. M. A demande au tribunal d'annuler ce titre de pension en tant qu'il fixe à 16 % ce taux de rente viagère qui ne tient pas compte d'une infirmité de nature psychique.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. Aux termes du premier alinéa de l'article L. 27 du code des pensions civiles et militaires de retraite : " Le fonctionnaire civil qui se trouve dans l'incapacité permanente de continuer ses fonctions en raison d'infirmités résultant de blessures ou de maladie contractées ou aggravées soit en service, soit en accomplissant un acte de dévouement dans un intérêt public () peut être radié des cadres par anticipation soit sur sa demande, soit d'office () ". Aux termes du premier alinéa de l'article L. 28 du même code : " Le fonctionnaire civil radié des cadres dans les conditions prévues à l'article L. 27 a droit à une rente viagère d'invalidité cumulable, selon les modalités définies à l'article L. 30 ter, avec la pension rémunérant les services. " Enfin, aux termes de l'article R. 38 de ce code : " Le bénéfice de la rente viagère d'invalidité prévue à l'article L. 28 est attribuable si la radiation des cadres ou le décès en activité surviennent avant la limite d'âge et sont imputables à des blessures ou maladies résultant par origine ou aggravation d'un fait précis et déterminé de service ou de l'une des autres circonstances énumérées à l'article L. 27. / La rente est due à compter de la même date que la pension. "
3. Il résulte de l'instruction, en particulier du rapport de l'expertise diligentée par l'administration dans le cadre de la procédure d'admission à la retraite pour invalidité de M. A et des écritures en défense du ministre, que le taux de la rente viagère d'invalidité, fixé à 16 %, a été déterminé en tenant compte des seules séquelles de lombosciatique paralysante du membre inférieur droit résultant de l'accident de service du 14 juin 2017, ayant consisté en un traumatisme lombaire après un effort de soulèvement. Il résulte cependant de l'instruction, notamment du rapport du 24 juillet 2021 d'un sapiteur, spécialiste en psychiatrie, désigné par le président du tribunal administratif de Bastia, qu'à la suite de cet accident de service du 14 juin 2017, M. A a progressivement souffert de troubles psychologiques et dépressifs, associés à une péjoration de l'estime de soi, à un sentiment d'incapacité et à une perte de statut familial et social. Il a ainsi, à compter du mois d'octobre 2019, été régulièrement suivi par un médecin psychiatre lequel a mis en place une psychothérapie de soutien et un traitement pharmacologique. Le sapiteur relève, au cours de l'entretien qu'il a eu avec l'intéressé, que l'évocation de l'accident de service du 14 juin 2017 entraîne un envahissement émotionnel douloureux et que le discours est marqué par des éléments mélancoliformes de type auto-dévalorisation, d'absence de valeur de soi-même, de dégradation de l'image de soi et la présence de pensées d'inutilité et d'incapacité. Si le sapiteur fait état d'une dégradation de la situation personnelle et financière de l'agent, celle-ci est, selon ce sapiteur, la conséquence de son état dépressif réactionnel. Enfin, le sapiteur ne fait état d'aucun antécédent de nature psychique. Dans ces conditions, M. A doit être regardé comme apportant la preuve d'un lien de causalité direct et certain entre les troubles de nature psychique dont il est atteint et l'accident de service du 14 juin 2017. Par suite, alors même que ces éléments n'ont pas été évoqués lors de la procédure de radiation des cadres, c'est par une application erronée des dispositions citées au point précédent que le ministre de l'action et des comptes publics a fixé à 16 % le taux de la rente viagère d'invalidité de M. A.
4. Il résulte de ce qui précède que M. A est fondé à demander l'annulation du titre de pension qu'il attaque en tant que celui-ci fixe à 16 % le taux de la rente viagère d'invalidité.
Sur les conclusions à fin d'injonction :
5. Le motif d'annulation retenu au point 3 implique qu'il soit enjoint au ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique, de procéder, le cas échéant après saisine du conseil médical mentionné à l'article L. 28 du code des pensions civiles et militaires de retraite, au réexamen du taux de la rente viagère d'invalidité concédé à M. A afin de tenir compte de l'affection de nature psychique dont il souffre, sur la base du rapport du sapiteur psychiatre du 24 juillet 2021. Un délai de quatre mois, à compter de la notification du présent jugement, est accordé au ministre pour y procéder.
Sur les frais liés au litige :
6. L'Etat étant la partie perdante dans la présente instance, il y a lieu de mettre à sa charge la somme demandée par M. A au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
DECIDE :
Article 1er : Le titre de pension concédé à M. A le 14 avril 2020 est annulé en tant qu'il fixe à 16 % le taux de sa rente viagère d'invalidité.
Article 2 : Il est enjoint au ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique de procéder, dans un délai de quatre mois à compter de la notification du présent jugement, au réexamen du taux de la rente viagère d'invalidité concédé à M. A après saisine, le cas échéant, du conseil médical mentionné à l'article L. 28 du code des pensions civiles et militaires de retraite.
Article 3 : L'Etat versera à M. A la somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 4 : Le présent jugement sera notifié à M. B A et au ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 7 juillet 2023.
Le magistrat désigné,
Signé
H. HALIL
La greffière,
Signé
R. ALFONSI
La République mande et ordonne au ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
R. ALFONSI
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026