LogoMeilleurAvocats.fr
AvocatsAssistant IABlogPrix
ConnexionDéposer ma demande

Vous avez un problème juridique ?

Décrivez votre situation en 2 minutes — un avocat spécialisé vous répond sous 24h.

Déposer ma demandeJe suis avocat
Logo MeilleurAvocats.frMeilleurAvocats.fr

Mise en relation avocat–client par l'IA. Gratuit pour les particuliers.

Particuliers

  • Déposer une demande
  • Trouver un avocat
  • Assistant IA gratuit
  • Bibliothèque juridique
  • Guides pratiques
  • Jurisprudence

Avocats

  • Pour les avocats
  • Espace avocat
  • Tarifs et formules
  • Recevoir des leads
  • Programme d'affiliation
  • Contact commercial

Spécialités

  • Droit général
  • Droit du travail
  • Droit de la sécurité sociale et de la protection sociale
  • Droit fiscal et droit douanier
  • Droit de la famille, des personnes et de leur patrimoine
  • Droit immobilier

Légal

  • Mentions légales
  • Confidentialité
  • CGU
  • Cookies
  • Contact

Newsletter juridique hebdomadaire

Décisions clés, évolutions législatives, conseils pratiques — chaque semaine.

© 2026 MeilleurAvocats.fr— KONSEIL SAS. Tous droits réservés.

Mentions légales|Confidentialité|Cookies

BOB★La messagerie française & cryptée pour des échanges confidentiels entre avocats et clients.

En savoir +TéléchargerBOB
AccueilJurisprudence administrativeN° TA20-2000726

Tribunal Administratif de Bastia — Décision N° TA20-2000726

jeudi 22 septembre 2022

JuridictionTribunal Administratif de Bastia
SectionTribunal Administratif de Bastia
N° DossierTA20-2000726
TypeDécision
RecoursPlein contentieux
PublicationC
Formation1ère chambre
Avocat requérantPOLI

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 28 juillet 2020, la SARL Transports Tiberi, représentée par Me Poli, demande au tribunal :

1°) de condamner la collectivité de Corse, venant aux droits du département de la Haute-Corse, à lui verser la somme de 1 104 300 euros ainsi que les intérêts au taux légal à compter du 30 décembre 2019 et la capitalisation de ces intérêts à compter du 30 décembre 2020, à titre d'indemnité en réparation du préjudice qu'elle estime avoir subi à la suite de la résiliation des marchés n° 20, 21 et 44 conclus respectivement pour les lots de lignes de transport scolaire n° 78, 80 et 82 ;

2°) de mettre à la charge de la collectivité de Corse la somme de 4 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

- le défaut de versement de la somme due au titre de la réévaluation prévue par le cahier des clauses administratives particulières des trois marchés résiliés constitue une faute engageant la responsabilité de la collectivité de Corse ;

- ce préjudice est évalué à 600 000 euros ;

- la résiliation des trois marchés pour un motif étranger à l'intérêt général et l'émission de bons de commande au profit de la société concurrente au cours de l'année scolaire 2013-2014, alors que le juge des référés avait enjoint la reprise de la procédure de mise en concurrence, présentent un caractère fautif ;

- la perte de chiffre d'affaires en ayant résulté est évaluée à 291 300 euros ;

- les frais de mise au chômage technique du personnel affecté aux marchés résiliés se sont élevés à la somme de 213 000 euros.

Par un mémoire en défense, enregistré le 8 mars 2022, la collectivité de Corse, représentée par Me Lelièvre, conclut :

1°) à titre principal, au rejet de la requête ;

2°) à titre subsidiaire, à ce qu'il soit sursis à statuer jusqu'à ce que la cour administrative d'appel de Marseille ait statué sur la requête n° 21MA01311 ;

3°) à ce que le versement de la somme de 1 500 euros soit mis à la charge de la SARL Transports Tiberi au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

- la demande est irrecevable en tant qu'elle est relative au défaut d'actualisation, en l'absence d'exercice du recours préalable prévu à l'article 34-1 du cahier des clauses administratives générales (CCAG) applicable aux marchés de fournitures courantes et de service ;

- cette demande n'est au demeurant pas fondée au vu de l'accord intervenu entre les parties le 10 juin 2014 ;

- la demande d'indemnisation en lien avec la résiliation est irrecevable pour avoir été présentée au-delà du délai d'un mois à compter de la date de notification de résiliation, en méconnaissance des dispositions combinées des articles 24 et 31 du CCAG ;

- cette résiliation a été prononcée pour un motif d'intérêt général et a concerné l'ensemble des opérateurs titulaires ;

- la société requérante ne justifie pas de la réalité d'une perte de chiffre d'affaires ;

- à la supposer établie, la créance relative aux frais de mise au chômage technique du personnel est prescrite en vertu de l'article 1er de la loi n° 68-1250 du 31 décembre 1968 ;

- le département n'a commis aucune faute ;

- le chef de préjudice relatif aux frais de mise au chômage technique du personnel ne concerne pas la ligne n° 78 dont le juge des référés n'avait pas été saisi ;

- l'évaluation du préjudice n'est pas justifiée.

Vu les autres pièces du dossier ;

Vu :

- le code des marchés publics ;

- le décret n° 77-699 du 27 mai 1977 ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de M. A,

- les conclusions de M. Halil, rapporteur public,

- et les observations de Me Lelièvre, représentant la collectivité de Corse.

Considérant ce qui suit :

1. Le département de la Haute-Corse a attribué à la SARL Transports Tiberi, selon la procédure de marché négocié après appel d'offres infructueux, trois marchés de transport régulier routier de voyageurs assurant à titre principal la desserte des établissements scolaires, référencés n° 20, 21 et 44 correspondant respectivement aux lots n° 78, 80 et 82, en vertu d'actes d'engagement du 1er février 2007 pour les deux premiers et du 5 octobre 2007 pour le troisième. Ces marchés ont été résiliés par trois décisions du 7 juin 2013 du pouvoir adjudicateur. Par un avis publié le 12 juin 2013, le département de la Haute-Corse a lancé une nouvelle procédure ouverte pour l'attribution d'un marché de transport régulier routier de voyageurs assurant à titre principal la desserte des établissements scolaires, comportant 101 lots de consultation. Par une ordonnance n° 1300746 du 2 octobre 2013, le juge des référés du tribunal, saisi sur le fondement des dispositions de l'article L. 551-1 du code de justice administrative, a annulé la décision d'attribution à une société concurrente du lot n° 44, correspondant aux précédents lots n° 80 et 82. Par une requête, enregistrée sous le n° 1800220 le 17 février 2018, la SARL Transports Tiberi a demandé au tribunal de condamner la collectivité de Corse, venant aux droits du département de la Haute-Corse, à lui verser une somme de 448 801,56 euros correspondant au montant dû au titre des clauses d'actualisation de la rémunération énoncées à l'article 7-7 des cahiers des clauses administratives particulières (CCAP) des marchés des lots n° 78, 80 et 82 conclus en 2007, compte tenu du versement d'une somme de 111 561,51 euros déjà effectué par le département de la Haute-Corse. Cette demande a été rejetée par un jugement du 4 février 2021 dont la SARL Transports Tiberi a fait appel le 4 avril 2021 sous le n° 21MA01311. Cette société demande au tribunal, dans la présente instance, de condamner la collectivité de Corse, venant aux droits du département de la Haute-Corse, à lui verser la somme de 1 104 300 euros à titre d'indemnité en réparation du préjudice qu'elle estime avoir subi à la suite de la résiliation des marchés n° 20, 21 et 44 conclus respectivement pour les lots de lignes de transport scolaire n° 78, 80 et 82.

Sur la faute relative à l'actualisation :

2. Le paragraphe 24.1 de l'article 24 du cahier des clauses administratives générales (CCAG) applicables aux marchés de fournitures courantes et de service, qui est au nombre des documents contractuels indiqués à l'article 2 du cahier des clauses administratives particulières (CCAP) des marchés conclus en 2007, prévoit que la personne publique peut à tout moment, qu'il y ait ou non faute du titulaire, mettre fin à l'exécution des prestations faisant l'objet du marché avant l'achèvement de celles-ci, par une décision de résiliation du marché et que, sauf dans les cas de résiliation prévus aux articles 25 à 28, inapplicables en l'espèce, le titulaire a droit à être indemnisé du préjudice qu'il subit du fait de cette décision comme il est dit à l'article 31. Aux termes du paragraphe 31.1 de cet article : " Si, en application de l'article 24, le titulaire peut prétendre à indemnité, il doit présenter une demande écrite, dûment justifiée dans le délai d'un mois à compter de la notification de la décision de résiliation. " L'article 8 du même cahier stipule que " 8.7. Cas de résiliation du marché : En cas de résiliation du marché, quelle qu'en soit la cause, une liquidation des comptes est effectuée ; les sommes restant dues par le titulaire sont immédiatement exigibles. " Selon le paragraphe 30.1 de l'article 30 : " Le marché résilié est liquidé en tenant compte, d'une part des prestations terminées et admises et, d'autre part, des prestations en cours d'exécution dont la personne responsable du marché accepte l'achèvement. / Le décompte de liquidation du marché qui contient éventuellement l'indemnité fixée à l'article 31 est arrêté par décision de la personne publique et notifié au titulaire. "

3. Il résulte des stipulations des articles 8, paragraphe 8.7, et 30 du CCAG des marchés publics de fournitures courantes et de services qu'en cas de résiliation du marché, il incombe à la personne responsable du marché d'arrêter le décompte de liquidation du marché et de le notifier au titulaire. En application de l'article 34 de ce même CCAG, un mémoire de réclamation doit être présenté dans le délai de trente jours suivant la remise du décompte au titulaire à peine d'irrecevabilité de la saisine du juge du contrat.

4. Comme il a été indiqué au point 1, le président du conseil général du département de la Haute-Corse a résilié les marchés par trois décisions du 7 juin 2013. Ainsi que le tribunal l'a jugé le 4 février 2021 par une décision à laquelle se réfère expressément la collectivité de Corse, le département a émis le 10 juin 2014 un état liquidatif d'un montant de 111 561,51 euros TTC qui fait application de la formule de réévaluation annuelle prévue au paragraphe 7-7 de l'article 7 des CCAP, telle que modifiée par les avenants du 16 juin 2011. Cet état liquidatif en date du 10 juin 2014 doit être regardé comme effectuant la liquidation des comptes prévue, en cas de résiliation, par le paragraphe 8.7 de l'article 8, cité au point 2, du CCAG applicable aux marchés.

5. Aux termes de l'article 34 du CCAG : " 34.1. Tout différend entre le titulaire et la personne responsable du marché doit faire l'objet de la part du titulaire d'un mémoire de réclamation qui doit être communiqué à la personne responsable du marché dans le délai de trente jours compté à partir du jour où le différend est apparu. "

6. Il résulte de l'instruction que l'état liquidatif a été remis par le département de la Haute-Corse le 10 juin 2014 à la SARL Transports Tiberi qui l'a revêtu de sa signature et de son timbre. La collectivité de Corse soutient sans être contredite que la société requérante n'a pas contesté ce décompte au moyen d'un mémoire en réclamation présenté dans un délai de trente jours suivant sa remise, conformément aux prescriptions du paragraphe 34.1 du CCAG citées au point précédent. La collectivité de Corse est dès lors fondée à soutenir que les conclusions de la requête de la SARL Transports Tiberi tendant au versement d'une somme de 600 000 euros en indemnisation du préjudice qu'elle estime avoir subi en raison d'un refus du département d'appliquer la clause d'actualisation de la rémunération doivent être rejetées.

Sur la faute relative à la résiliation :

7. Il résulte de l'instruction que le conseil général de la Haute-Corse a adopté par délibérations du 20 décembre 2012 et du 12 février 2013 respectivement un nouveau règlement départemental ainsi qu'un nouveau schéma départemental des transports scolaires. La collectivité de Corse fait valoir sans être contredite, d'une part, que l'application de ces documents rendait nécessaire la résiliation des marchés publics de transport scolaire que le département avait conclus en 2007 et, d'autre part, que tous les marchés en cours d'exécution ont été résiliés, quels qu'en soient les opérateurs. Il suit de là que le moyen tiré de ce que la résiliation des lots n° 78, 80 et 82 n'aurait pas été décidée dans l'intérêt général doit être écarté.

8. Par ailleurs, à l'article 2 de son ordonnance du 2 octobre 2013 annulant la décision du 23 août 2013 de la commission d'appel d'offres du département de la Haute-Corse d'attribution du lot n° 44 du marché de transports scolaires à la société Mondoloni Voyages, le juge des référés a enjoint à cette collectivité de décider si elle reprenait la procédure de passation du lot n° 44 du marché de transports scolaires ou si elle reprenait entièrement la procédure. La SARL Transports Tiberi ne peut dès lors pas sérieusement prétendre que le département de la Haute-Corse aurait méconnu l'autorité de la chose ainsi ordonnée en décidant de recourir à la procédure de marchés par bons de commande pour assurer la continuité du service public des transports scolaires.

9. Il résulte de ce qui a été indiqué aux deux points précédents que la société requérante n'établit pas que le département de la Haute-Corse aurait eu un comportement fautif de nature à engager sa responsabilité. Elle n'est dès lors pas fondée à demander la réparation des préjudices qu'elle estime avoir subis en raison d'une perte de chiffre d'affaires et des frais de mise au chômage technique du personnel affecté aux marchés résiliés.

10. Il résulte de tout ce qui précède que la requête de la SARL Transports Tiberi doit être rejetée, y compris les conclusions qu'elle a présentées sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

11. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de la SARL Transports Tiberi la somme de 1 500 euros au titre des frais exposés par la collectivité de Corse et non compris dans les dépens.

D É C I D E :

Article 1er : La requête de la SARL Transports Tiberi est rejetée.

Article 2 : La SARL Transports Tiberi versera à la collectivité de Corse une somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Article 3 : Le présent jugement sera notifié à la SARL Transports Tiberi et à la collectivité de Corse.

Délibéré après l'audience du 8 septembre 2022, où siégeaient :

- M. Vanhullebus, président,

- Mme Castany, première conseillère,

- Mme Muller, conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 22 septembre 2022.

Le président-rapporteur,

Signé

T. AL'assesseure la plus ancienne

dans l'ordre du tableau,

Signé

C. CASTANY

La greffière,

Signé

H. NICAISE

La République mande et ordonne au préfet de Corse, préfet de la Corse-du-Sud, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

La greffière,

Signé

H. NICAISE

Décisions similaires

TA13Plein contentieux

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110

Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.

01/06/2026

TA13Plein contentieux

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580

Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.

01/06/2026

TA14Plein contentieux

Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609

Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.

01/06/2026

TA25Plein contentieux

Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163

Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.

01/06/2026

← Retour aux décisions