vendredi 8 juillet 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Bastia |
| Section | Tribunal Administratif de Bastia |
| N° Dossier | TA20-2000855 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | 1ère chambre |
| Avocat requérant | CABINET LHERITIER |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 21 août 2020, la SARL Dépannage Location Mécanique Corse, représentée par Me Lheritier, doit être regardée comme demandant au tribunal de prononcer la décharge de la cotisation supplémentaire à laquelle elle a été assujettie au titre de l'impôt sur les sociétés de l'exercice 2016, mise en recouvrement par un avis du 16 septembre 2019 pour un montant de 46 891 euros en droits et 3 095 euros de pénalités de retard.
La société requérante soutient que :
- la procédure est irrégulière dès lors que l'administration fiscale a procédé le 16 septembre 2019 à la mise en recouvrement de l'imposition en litige alors qu'elle avait demandé, par courrier du 8 août 2019, une prorogation de trente jours afin de faire valoir ses observations ;
- la rectification de son impôt sur les sociétés méconnaît l'autorité de la chose jugée par le jugement du 27 décembre 2018 du tribunal administratif de Bastia.
Par un mémoire en défense, enregistré le 12 mars 2021, le directeur départemental des finances publiques de la Haute-Corse conclut au rejet de la requête. Le directeur fait valoir que les moyens de la requête ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code général des impôts et le livre des procédures fiscales ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Pierre Monnier, président ;
- et les conclusions de M. Timothée Gallaud, rapporteur public.
Considérant ce qui suit :
1. La SARL Dépannage Location Mécanique Corse, qui a pour activité le commerce de voitures, a effectué en 2016 des investissements dont elle a estimé qu'ils étaient éligibles au dispositif prévu à l'article 244 quater E du code général des impôts pour un montant de 84 144 euros. Elle a, d'une part, imputé à hauteur de 58 775 euros cette créance sur son impôt sur les sociétés de l'exercice 2016 et, d'autre part, demandé à l'administration fiscale par une réclamation, la restitution du reliquat, soit la somme de 25 369 euros. L'administration a partiellement fait droit à sa demande en considérant que les investissements réalisés d'une valeur de 59 420 euros étaient éligibles au crédit d'impôt, mais a exclu de la base de calcul l'achat d'une dépanneuse pour un montant de 361 300 euros. La société requérante a demandé au tribunal administratif de Bastia le remboursement du crédit d'impôt d'un montant de 72 260 euros correspondant à l'achat de cette dépanneuse. Par un jugement du 27 décembre 2018, confirmé par la cour administrative d'appel de Marseille dans son arrêt n° 19MA01064 du 13 octobre 2020, le tribunal administratif a rejeté cette demande. Par une proposition de rectification du 25 juillet 2019, l'administration fiscale a informé la SARL Dépannage Location Mécanique Corse, selon la procédure contradictoire prévu à l'article L. 55 du livre des procédures fiscales, que les dépenses d'acquisition de la dépanneuse n'étant pas éligibles au crédit d'impôt institué par les dispositions de l'article 244 quater E du code général des impôts, elle était redevable au titre de son impôt sur les sociétés de l'exercice 2016 d'un montant de 46 891 euros correspondant à la différence entre le montant de 58 775 euros de crédit d'impôt pour investissement en Corse qu'elle avait imputé sur son impôt sur les sociétés de l'année 2016 et le montant de 11 884 euros de crédit d'impôt dont le bien-fondé était reconnu par l'administration fiscale. Ce rappel, assorti des intérêts de retard visés à l'article 1727 du code général des impôts, a été mis en recouvrement par avis du 16 septembre 2019. La société Dépannage Location Mécanique Corse doit être regardée comme demandant la décharge de la somme de 49 986 euros résultant de cet avis de mise en recouvrement.
2. En premier lieu, aux termes de l'article L. 57 du livre des procédures fiscales : " L'administration adresse au contribuable une proposition de rectification qui doit être motivée de manière à lui permettre de formuler ses observations ou de faire connaître son acceptation. / Sur demande du contribuable reçue par l'administration avant l'expiration du délai mentionné à l'article L. 11, ce délai est prorogé de trente jours () ". Aux termes de l'article L. 11 du même livre : " A moins qu'un délai ne soit prévu par le présent livre, le délai accordé aux contribuables pour répondre aux demandes de renseignements, de justifications ou d'éclaircissements et, d'une manière générale, à toute notification émanant de l'administration des impôts est fixé à trente jours à compter de la réception de cette notification ". En application de ces dispositions, la première page de la proposition de rectification du 25 juillet 2019 indique que le contribuable dispose d'un délai de trente jours pour adresser les observations ou l'acceptation, et peut demander dans ce délai une prorogation de trente jours.
3. La SARL Dépannage location mécanique Corse soutient que la procédure est irrégulière dès lors que l'administration fiscale a procédé le 16 septembre 2019 à la mise en recouvrement de l'imposition en litige alors qu'elle avait demandé, par courrier du 8 août 2019, une prorogation de trente jours afin de faire valoir ses observations. Toutefois, il ne résulte pas de l'instruction, alors même que la copie de la lettre produite par la société requérante porte la mention " Lettre recommandée avec accusé de réception ", que ce courrier aurait été reçu par l'administration fiscale. Par suite, la SARL Dépannage Location Mécanique Corse n'est pas fondée à soutenir que la cotisation litigieuse a été mise en recouvrement alors que n'avait pas expiré le délai pour faire valoir ses observations en réponse à la proposition de rectification du 25 juillet 2019, notifiée le 29 juillet suivant.
4. En second lieu, la SARL Dépannage Location Mécanique Corse soutient que la rectification de son impôt sur les sociétés méconnaît l'autorité de la chose jugée par le jugement du 27 décembre 2018 mentionné au point 1. Toutefois, l'objet du présent litige porte sur la reprise d'un crédit imputé sur l'impôt sur les sociétés tandis que le jugement du 27 décembre 2018 a trait à une demande de remboursement au titre de ce crédit. En l'absence d'identité d'objet, la société requérante ne saurait se prévaloir de l'autorité de la chose jugée par le jugement du 27 décembre 2018. Elle n'est donc pas fondée à soutenir que l'administration fiscale ne pouvait remettre en cause l'imputation de crédit sur son impôt sur les sociétés avant que ce jugement ne soit devenu définitif.
5. Il résulte de ce qui précède que la société requérante n'est pas fondée à demander la décharge de la cotisation supplémentaire d'impôt sur les sociétés à laquelle elle a été assujettie au titre de l'exercice 2016.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de la SARL Dépannage Location Mécanique Corse est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à la SARL Dépannage Location Mécanique Corse et au directeur départemental des finances publiques de la Haute-Corse.
Délibéré après l'audience du 30 juin 2022, à laquelle siégeaient :
M. Pierre Monnier, président ;
Mme Christine Castany, première conseillère ;
Mme Pauline Muller, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 8 juillet 202Le rapporteur,
Signé.
P. MONNIER
La première conseillère,
Signé.
C. CASTANYLa greffière,
Signé.
H. NICAISE
La République mande et ordonne au ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
H. NICAISE
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
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Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
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