vendredi 8 juillet 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Bastia |
| Section | Tribunal Administratif de Bastia |
| N° Dossier | TA20-2000936 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | 1ère chambre |
| Avocat requérant | FERRANDINI |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et des mémoires, enregistrés le 9 septembre 2020, le 28 juillet 2021 et le 6 octobre 2021, la SAS H.N. Landry, représentée par Me Ferrandini, doit être regardée comme demandant au tribunal
1°) de prononcer le remboursement d'une somme de 22 661 euros afférente à un crédit d'impôt sur les sociétés au titre de l'exercice clos le 31 décembre 2019 ;
2°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 2 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
La société requérante soutient que les investissements qu'elle a réalisés sont éligibles au crédit d'impôt prévu par les dispositions de l'article 244 quater E du code général des impôts dès lors que :
- les investissements relatifs aux installations et à l'aménagement des terrasses constituent des locaux commerciaux ouverts à la clientèle et doivent être regardés comme un investissement initial ;
- les investissements relatifs aux installations et à l'aménagement de la cuisine portent sur un local commercial ouvert à la clientèle et concernent du matériel de fabrication et de transformation alimentaire de nature industrielle bien qu'utilisé à titre commercial ;
- elle est fondée sur ces points à se prévaloir de la doctrine administrative.
Par des mémoires en défense, enregistrés les 16 février, 30 juillet et 18 octobre 2021, le directeur départemental des finances publiques de la Haute-Corse conclut au rejet de la requête. Il soutient que les moyens soulevés par la société requérante ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code général des impôts et le livre des procédures fiscales ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Pierre Monnier, président ;
- et les conclusions de M. Timothée Gallaud, rapporteur public.
Considérant ce qui suit :
1. La SAS H.N. Landry, qui exploite un fonds de commerce de débit de boissons sous l'enseigne " Le café de l'Orient " à Calvi, a procédé au cours de son exercice clos le 31 décembre 2019 à des investissements pour un montant total de 280 829 euros portant sur l'aménagement de la terrasse extérieure et sur l'acquisition de matériels et mobiliers de cuisine au titre desquels elle estimait pouvoir bénéficier du crédit d'impôt sur les investissements réalisés en Corse, soit un crédit d'impôt d'un montant de 84 249 euros. Elle a imputé à hauteur de 5 659 euros ce crédit sur son impôt sur les sociétés et sollicitait le 22 juin 2020 auprès de l'administration fiscale la restitution du reliquat. Par une décision du 10 juillet 2020, les services fiscaux ont accepté partiellement ses prétentions à hauteur d'un crédit d'impôt d'un montant de 50 559 euros. La société requérante demande, par la présente requête, le remboursement d'une somme de 22 661 euros afférente à un crédit d'impôt sur les sociétés au titre de l'exercice clos le 31 décembre 2019.
Sur l'application de la loi fiscale :
2. Aux termes de l'article 244 quater E du code général des impôts dans sa rédaction applicable aux années d'imposition en litige : " I. 1° Les petites et moyennes entreprises relevant d'un régime réel d'imposition peuvent bénéficier d'un crédit d'impôt au titre des investissements, autres que de remplacement, financés sans aide publique pour 25 % au moins de leur montant, réalisés jusqu'au 31 décembre 2020 et exploités en Corse pour les besoins d'une activité industrielle, commerciale, artisanale, libérale ou agricole () 3° Le crédit d'impôt prévu au 1° est égal à 20 % du prix de revient hors taxes : a. Des biens d'équipement amortissables selon le mode dégressif en vertu des 1 et 2 de l'article 39 A et des agencements et installations de locaux commerciaux habituellement ouverts à la clientèle créés ou acquis à l'état neuf () 3° bis Le taux mentionné au premier alinéa du 3° est porté à 30 % pour les entreprises qui ont employé moins de onze salariés et ont réalisé soit un chiffre d'affaires n'excédant pas 2 millions d'euros au cours de l'exercice ou de la période d'imposition () ". Selon l'article 39 A de ce code : " 1. L'amortissement des biens d'équipement, autres que les immeubles d'habitation, les chantiers et les locaux servant à l'exercice de la profession, acquis ou fabriqués à compter du 1er janvier 1960 par les entreprises industrielles, peut être calculé suivant un système d'amortissement dégressif, compte tenu de la durée d'amortissement en usage dans chaque nature d'industrie. Un décret en Conseil d'Etat fixe les modalités de l'amortissement dégressif () ". Enfin, aux termes de l'article 22 de l'annexe II au même code : " Les entreprises passibles de l'impôt sur les sociétés () peuvent amortir suivant un système dégressif () les immobilisations acquises () et énumérées ci-après : Matériels et outillages utilisés pour des opérations industrielles de fabrication, de transformation ou de transport () ".
En ce qui concerne les investissements relatifs aux installations et à l'aménagement de la terrasse pour un crédit total de 5 861 euros :
3. Il résulte de l'instruction que les travaux en cause portent sur le terrassement et la réalisation d'une dalle en béton ainsi que de plots et d'une platine octogonale pour parasols. S'agissant des travaux réalisés sur la terrasse extérieure, il résulte de l'instruction qu'ils ont été entrepris sur un espace totalement ouvert qui ne peut être regardé comme constituant un local commercial au sens des dispositions précitées de l'article 244 quater E du code général des impôts. Les prétentions de la SAS H.N. Landry au titre de ces investissements doivent donc être rejetées sans qu'il soit besoin de s'interroger sur leur caractère d'investissement initial contesté par l'administration fiscale.
En ce qui concerne les investissements relatifs aux installations et à l'aménagement de la cuisine prise en crédit-bail :
4. En premier lieu, il résulte des termes du a. du 3° de l'article 244 quater E précité du code général des impôts que seuls les aménagements relatifs à des agencements et installations de locaux commerciaux habituellement ouverts à la clientèle sont susceptibles d'ouvrir droit au bénéfice du crédit d'impôt. Les agencements et installations ouvrant droit au crédit d'impôt s'entendent des travaux, dispositifs ou éléments destinés à mettre les locaux commerciaux en état d'utilisation et faisant corps avec eux. Si la société requérante soutient que la cuisine est assimilable à un local commercial habituellement ouvert à la clientèle dès lors qu'elle se trouve à proximité immédiate et permet d'exploiter ses locaux ouverts à sa clientèle, les matériels de cuisine ne peuvent être regardés comme des travaux, dispositifs ou éléments destinés à mettre les locaux commerciaux en état d'utilisation et faisant corps avec eux.
5. En second lieu, les dispositions précitées de l'article 244 quater E précité du code général des impôts autorisent les entreprises dont les résultats entrent dans la catégorie des bénéfices industriels et commerciaux à amortir suivant un mode dégressif les seuls biens d'équipement acquis par elles, limitativement énumérés par l'article 22 précité de l'annexe II au code général des impôts, qui sont normalement utilisés dans leur activité productive par des entreprises industrielles. Si la société requérante soutient que les équipements en matériel de cuisine qu'elle a pris en crédit-bail concernent du matériel de fabrication et de transformation alimentaire de nature industrielle, il ne résulte pas de l'instruction qu'il s'agirait de matériels utilisés dans le cadre d'une activité productive de nature industrielle, ni au titre des matériels utilisés pour des opérations industrielles de fabrication ou de transformation.
Sur l'application de la doctrine :
6. Aux termes de l'article L. 80 A du livre des procédures fiscales : " Il ne sera procédé à aucun rehaussement d'impositions antérieures si la cause du rehaussement poursuivi par l'administration est un différend sur l'interprétation par le redevable de bonne foi du texte fiscal et s'il est démontré que l'interprétation sur laquelle est fondée la première décision a été, à l'époque, formellement admise par l'administration. () Lorsque le redevable a appliqué un texte fiscal selon l'interprétation que l'administration avait fait connaître par ses instructions ou circulaires publiées et qu'elle n'avait pas rapportée à la date des opérations en cause, elle ne peut poursuivre aucun rehaussement en soutenant une interprétation différente () ".
7. La garantie prévue par ces dispositions ne peut être invoquée que pour contester les rehaussements d'impositions auxquels procède l'administration. Ainsi, la SAS H.N. Landry ne peut se prévaloir de la doctrine administrative pour contester le refus de l'administration de faire droit à sa demande tendant au bénéfice du crédit d'impôt institué par les dispositions de l'article 244 quater E du code général des impôts.
8. Il résulte de ce qui précède que la SAS H.N. Landry n'est pas fondée à soutenir que c'est à tort que l'administration a refusé de faire droit à sa demande de restitution d'un reliquat d'un montant de 22 661 euros de crédit d'impôt sur les investissements en Corse réalisés au titre de l'exercice clos le 31 décembre 2019. Sa requête doit être dès lors rejetée y compris en tant qu'elle comporte des conclusions tendant à l'application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de la SAS H.N. Landry est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à la SAS H.N. Landry et au directeur départemental des finances publiques de la Haute-Corse.
Délibéré après l'audience du 30 juin 2022, à laquelle siégeaient :
M. Pierre Monnier, président ;
Mme Christine Castany, première conseillère ;
Mme Pauline Muller, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 8 juillet 2022.
Le rapporteur,
Signé.
P. MONNIER
La première conseillère,
Signé.
C. CASTANYLa greffière,
Signé.
H. NICAISE
La République mande et ordonne au ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
H. NICAISE
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026