mardi 6 décembre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Bastia |
| Section | Tribunal Administratif de Bastia |
| N° Dossier | TA20-2001075 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | 1ère chambre |
| Avocat requérant | GOEURY-GIAMARCHI |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et des mémoires, enregistrés le 5 octobre 2020, le 6 septembre 2021 et le 23 février 2022, Mme F D, représentée par Me Goeury-Giamarchi, demande au tribunal, dans le dernier état de ses écritures :
1°) à titre principal, de condamner le centre hospitalier de Bastia à lui verser la somme de 69 384 euros en réparation du préjudice causé par l'intervention chirurgicale réalisée dans cet établissement le 21 août 2015 ;
2°) à titre subsidiaire, de condamner l'Office national d'indemnisation des accidents médicaux, des affections iatrogènes et des infections nosocomiales (ONIAM) à l'indemniser des conséquences dommageables de l'intervention chirurgicale résultant d'un accident médical non fautif ;
3°) de mettre à la charge du centre hospitalier de Bastia la somme de 2 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
La requérante soutient que :
- la responsabilité pour faute de l'hôpital est engagée à raison de la compression du nerf optique exercée par la pose d'une lame entraînant une cécité de son œil gauche ;
- le centre hospitalier de Bastia a également commis une faute résultant du défaut d'information préalable du risque de cécité de son œil gauche ;
- subsidiairement, ce préjudice résulte d'un accident médical non fautif, eu égard aux conséquences anormales de l'acte réalisé et au déficit fonctionnel permanent de 25 % qu'elle subit ;
- le préjudice qu'elle a subi, d'un montant de 69 384 euros, comporte des frais temporaires d'assistance par une tierce personne pour 720 euros, des frais permanents d'assistance par une tierce personne pour 3 744 euros, un déficit fonctionnel temporaire pour 920 euros, des souffrances endurées pour 25 000 euros, un déficit fonctionnel permanent pour 30 000 euros, un préjudice d'agrément pour 2 000 euros et un préjudice d'impréparation pour 7 000 euros.
Par des mémoires en défense, enregistrés le 10 août 2021, le 28 février 2022 et le 4 avril 2022, le centre hospitalier de Bastia et la société hospitalière d'assurances mutuelles (SHAM), représentés par Me Seatelli, concluent, à titre principal, au rejet de la requête et, à titre subsidiaire à ce qu'une perte de chance d'échapper aux séquelles de l'acte médical en cause à hauteur de 90 % soit retenue et à ce que la somme demandée par Mme D au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative soit ramenée à 2 000 euros. Ils soutiennent :
- que les moyens soulevés par Mme D ne sont pas fondés ;
- subsidiairement, qu'un taux de perte de chance de 90 % doit être retenu, l'expertise démontrant que la complication d'une sinusite qui est la cause la plus importante de survenue de la cécité.
Par des mémoires, enregistrés le 26 novembre 2020 et le 28 mars 2022, la caisse primaire d'assurance maladie (CPAM) de la Seine-Saint-Denis demande au tribunal, dans le dernier état de ses écritures, de condamner le centre hospitalier de Bastia à lui verser la somme de 21 903,78 euros, avec intérêts de droit à compter du jugement et de le condamner également à lui payer la somme de 1 114 euros au titre de l'indemnité forfaitaire de gestion. Elle soutient qu'elle a versé, à hauteur des sommes demandées, des prestations à la suite des faits objet du litige.
Par un mémoire, enregistré le 18 février 2022, l'ONIAM, représenté par la SELARL De la Grange et Fitoussi Avocats, conclut à ce qu'il soit mis hors de cause dans la présente instance et à ce que la somme de 1 500 euros soit mise à la charge de tout succombant au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative. Il soutient que les conditions de son intervention au titre de la solidarité nationale ne sont pas réunies.
Vu :
- les autres pièces du dossier ;
- l'ordonnance n° 1800728 du 16 janvier 2020, par laquelle le président du tribunal a taxé les frais de l'expertise réalisée par 2 595,86 euros.
Vu :
- le code civil ;
- le code de la santé publique ;
- le code de la sécurité sociale ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Jan Martin, premier conseiller ;
- les conclusions de Mme Christine Castany, rapporteure publique ;
- et les observations de Me Goeury-Giamarchi, avocate de Mme D, ainsi que celles de Me Gasquet-Seatelli substituant Me Seatelli, avocat du centre hospitalier de Bastia et de la SHAM.
Considérant ce qui suit :
1. Le 21 août 2015, à la suite de maux de tête violents et d'un œdème supérieur et inférieur à l'œil gauche révélant une complication orbitaire d'une sinusite frontale, Mme D, alors âgée de 83 ans, a été admise au services des urgences du centre hospitalier de Bastia où, après avoir subi un scanner, elle a fait l'objet le lendemain d'un drainage de son abcès par voie sourcilière avec mise en place d'une lame. Puis, le 23 août 2015, elle a été prise en charge par le centre hospitalier de La Timone à Marseille pour une cécité de l'oeil gauche post-opératoire. Par l'ordonnance n° 1800728 du 7 août 2018 puis par celle 20 décembre 2018, le président du tribunal a prescrit une expertise qui a été réalisée par le docteur B, ophtalmologue, et le docteur A, oto-rhino-laryngologiste et sapiteur. Le rapport d'expertise du docteur B, auquel était joint celui du docteur A, a été déposé au greffe le 13 janvier 2020. Puis par une lettre du 30 juillet 2020, Mme D a formé une demande préalable au centre hospitalier de Bastia, qui est restée sans réponse. Par la présente requête, elle demande au tribunal de condamner le centre hospitalier de Bastia à réparer, à hauteur de 69 384 euros, les conséquences dommageables de sa prise en charge par cet hôpital. Enfin, la CPAM de la Seine-Saint-Denis demande au tribunal de condamner le centre hospitalier de Bastia, d'une part, à lui verser la somme de 21 903,78 euros, avec intérêts de droit à compter de sa demande, correspondant aux indemnités allouées à la victime et, d'autre part, à lui payer la somme de 1 114 euros au titre de l'indemnité forfaitaire de gestion.
Sur les conclusions indemnitaires :
En ce qui concerne la responsabilité :
S'agissant des manquements à une obligation d'information et défauts de consentement :
2. Aux termes de l'article L. 1111-2 du code de la santé publique : " Toute personne a le droit d'être informée sur son état de santé. Cette information porte sur les différentes investigations, traitements ou actions de prévention qui sont proposés, leur utilité, leur urgence éventuelle, leurs conséquences, les risques fréquents ou graves normalement prévisibles qu'ils comportent ainsi que sur les autres solutions possibles et sur les conséquences prévisibles en cas de refus. () Cette information incombe à tout professionnel de santé dans le cadre de ses compétences et dans le respect des règles professionnelles qui lui sont applicables. Seules l'urgence ou l'impossibilité d'informer peuvent l'en dispenser. Cette information est délivrée au cours d'un entretien individuel () ".
3. Un manquement des médecins à leur obligation d'information engage la responsabilité de l'hôpital dans la mesure où il a privé le patient d'une chance de se soustraire au risque lié à l'intervention en refusant qu'elle soit pratiquée. C'est seulement dans le cas où l'intervention était impérieusement requise, en sorte que le patient ne disposait d'aucune possibilité raisonnable de refus, que le juge peut nier l'existence d'une perte de chance.
4. Le centre hospitalier de Bastia ne rapporte pas la preuve que Mme D a reçu une information sur l'existence d'un risque de cécité en lien avec l'intervention chirurgicale réalisée le 22 août 2015, alors qu'il résulte du rapport d'expertise déposé le 13 janvier 2020 par le docteur B et n'est pas contesté en défense que la victime n'a pas bénéficié d'un consentement éclairé lors de son hospitalisation sur un tel risque. Dès lors, l'intéressée, dont il n'est ni établi ni même allégué que l'état de santé requérait impérieusement qu'une telle intervention fut réalisée, a été privée de la possibilité de se soustraire au risque de subir une cécité de l'oeil gauche post-opératoire, lors de son hospitalisation au centre hospitalier de Bastia.
S'agissant des fautes médicales :
5. L'article L. 1142-1 du code de la santé publique dispose que : " I. Hors le cas où leur responsabilité est encourue en raison d'un défaut d'un produit de santé, les professionnels de santé mentionnés à la quatrième partie du présent code, ainsi que tout établissement, service ou organisme dans lesquels sont réalisés des actes individuels de prévention, de diagnostic ou de soins ne sont responsables des conséquences dommageables d'actes de prévention, de diagnostic ou de soins qu'en cas de faute ".
6. Il résulte de l'instruction, notamment du rapport d'expertise du docteur B, qu'à la suite de son admission au service des urgences du centre hospitalier de Bastia le 21 août 2015, Mme D a fait l'objet d'un scanner du sinus dont le docteur C n'a pas consulté les résultats, avant de réaliser, en urgence, un drainage de son abcès à l'œil gauche par voie sourcilière avec mise en place d'une lame de 4,5 à 5 centimètres. Si le rapport précité de l'expert indique, contrairement à celui du sapiteur, que la cécité à l'œil gauche de la victime a été seulement causée par le mauvais positionnement de cette lame, il est néanmoins constant que cette lame a exercé une compression orbitaire gauche entraînant une lésion du nerf optique qui est à l'origine du dommage subi par la victime, révélant une erreur dans l'exécution du geste médical, ainsi que le révèle également le rapport d'expertise rendu le 19 décembre 2016 par le docteur E, ophtalmologue, pour le compte de la société d'assurance de Mme D. Une telle faute médicale engage la responsabilité pour faute de ce centre hospitalier.
S'agissant de la demande de mise hors de cause de l'ONIAM :
7. Aux termes de l'article L. 1142-1 du code de la santé publique : " () II. Lorsque la responsabilité d'un professionnel, d'un établissement, service ou organisme mentionné au I ou d'un producteur de produits n'est pas engagée, un accident médical, une affection iatrogène ou une infection nosocomiale ouvre droit à la réparation des préjudices du patient, et, en cas de décès, de ses ayants droit au titre de la solidarité nationale, lorsqu'ils sont directement imputables à des actes de prévention, de diagnostic ou de soins et qu'ils ont eu pour le patient des conséquences anormales au regard de son état de santé comme de l'évolution prévisible de celui-ci et présentent un caractère de gravité, fixé par décret, apprécié au regard de la perte de capacités fonctionnelles et des conséquences sur la vie privée et professionnelle mesurées en tenant notamment compte du taux d'incapacité permanente ou de la durée de l'incapacité temporaire de travail.() ".
8. Ainsi qu'il a été dit au point 6, l'intervention chirurgicale pratiquée le 21 août 2015 au centre hospitalier de Bastia est entachée d'une erreur dans l'exécution du geste médical, de nature à engager la responsabilité pour faute dudit centre. Dès lors, l'ONIAM est fondé à demander sa mise hors de cause.
En ce qui concerne le lien de causalité :
9. Dans le cas où la faute commise lors de la prise en charge ou du traitement d'un patient a compromis ses chances d'obtenir une amélioration de son état de santé ou d'échapper à son aggravation, le préjudice résultant directement de la faute commise par l'établissement et qui doit être intégralement réparé, n'est pas le dommage corporel constaté, mais la perte de chance d'éviter que ce dommage soit advenu. La réparation qui incombe à l'hôpital doit alors être évaluée à une fraction du dommage déterminée en fonction de l'ampleur de la chance perdue.
10. Il résulte de l'instruction, notamment du rapport d'expertise judiciaire, que la faute médicale citée au point 6 a fait perdre à la victime une chance d'éviter une cécité à son œil gauche. Il s'ensuit qu'il convient de fixer le taux de perte de chance d'éviter un tel dommage à 90 %.
En ce qui concerne les préjudices :
S'agissant des préjudices patrimoniaux temporaires :
11. En application des dispositions de l'article L. 376-1 du code de la sécurité sociale, saisi d'un recours de la victime d'un dommage corporel et d'un recours subrogatoire d'un organisme de sécurité sociale, le juge doit, pour chacun des postes de préjudices patrimoniaux et personnels, déterminer le montant du préjudice en précisant la part qui a été réparée par des prestations de sécurité sociale et celle qui est demeurée à la charge de la victime. Il lui appartient ensuite de fixer l'indemnité mise à la charge de l'auteur du dommage au titre du poste de préjudice en tenant compte, lorsque c'est le cas, de ce que le tiers n'est déclaré responsable que d'une partie des conséquences dommageables de l'accident, la somme que ce dernier doit réparer au titre d'un poste de préjudice devant être attribuée par préférence à la victime, le solde étant, le cas échéant, attribué aux tiers subrogés.
12. En premier lieu, d'une part, il résulte de l'instruction, notamment de l'attestation produite par la CPAM de la Seine-Saint-Denis, que, avant la date de consolidation de l'état de santé de Mme D fixée par l'expertise judiciaire au 21 novembre 2015, des frais médicaux et pharmaceutiques ont été supportés par l'organisme de sécurité sociale auquel est affiliée l'intéressée, pour un montant de 21 641,33 euros, alors que la victime ne fait valoir aucune dépense laissée à sa charge à ce titre. Dès lors, après application du taux de perte de chance de la victime d'éviter une cécité de l'œil gauche, il y a lieu de mettre la somme de 19 477,20 euros à la charge du centre hospitalier de Bastia, au titre des dépenses de santé actuelles exposées par cette caisse.
13. En second lieu, au titre des frais divers, il résulte de l'instruction que, d'une part, la CPAM de la Seine-Saint-Denis justifie la prise en charge de frais de transport, en lien avec le dommage subi par Mme D le 21 août 2015, d'un montant de 262,45 euros. D'autre part, il résulte du rapport de l'expertise judiciaire réalisée que l'état de santé de la victime causé par ce dommage a nécessité une aide par une tierce personne à hauteur de deux heures par jour durant 20 jours à compter du 4 septembre 2015, pour un montant de 722,40 euros. Par suite, le montant total de ce chef de préjudice s'élève à 984,85 euros. Compte tenu du taux de perte de chance, ce montant doit être ramené à 886,36 euros. Dès lors, une somme de 722,40 euros doit être accordée à la victime, le solde, de 163,96 euros, devant être versé à la CPAM.
S'agissant des préjudices patrimoniaux permanents :
14. Il résulte de l'instruction que Mme D a continué à bénéficier, postérieurement à la date de consolidation de son état de santé résultant du dommage litigieux, d'une assistance par tierce personne à domicile de quatre heures par semaine durant un an, dont il sera fait une juste appréciation en l'évaluant à 3 756 euros. Dès lors, eu égard à la perte de chance, l'indemnité doit être ramenée à 3 380 euros.
S'agissant des préjudices personnels temporaires :
15. En premier lieu, il résulte de l'instruction, notamment du rapport d'expertise judiciaire, que Mme D a subi, à la suite du dommage survenu le 21 août 2015, un déficit fonctionnel temporaire de 100 % du 23 août 2015 au 4 septembre 2015, puis partiel au taux de 30 % jusqu'au 21 novembre 2015, date de consolidation de son état de santé. Dès lors, ce chef de préjudice s'établit à 1 483 euros. Compte tenu de la perte de chance, le montant de l'indemnité s'élève à 1 335 euros.
16. En second lieu, il résulte de l'instruction, notamment du rapport d'expertise judiciaire, que la victime a enduré des souffrances résultant de la faute commise par le centre hospitalier de Bastia dont l'intensité est évaluée à 2 sur une échelle de 7, dont il sera fait une juste appréciation en les évaluant à 2 700 euros, compte tenu de la perte de chance.
S'agissant des préjudices personnels permanents :
17. En premier lieu, il résulte de l'instruction, notamment du rapport d'expertise judiciaire, que Mme D subit, à la suite de la faute commise le 21 août 2015 et postérieurement à la consolidation de son état de santé, un déficit fonctionnel permanent de 25 %. Compte tenu de l'âge de la victime à la date de cette consolidation, il sera fait une juste appréciation de ce chef de préjudice en l'évaluant à 25 200 euros, après déduction de la perte de chance.
18. En deuxième lieu, si la requérante invoque un préjudice d'agrément résultant de l'impossibilité de pratiquer des activités sportives ludiques et culturelles, elle ne produit aucun justificatif à l'appui de ses allégations, alors qu'il est constant que l'intéressée a conservé une acuité visuelle de 10/10 à l'œil droit. Il s'ensuit que l'indemnisation d'un tel chef de préjudice doit être écartée.
19. En troisième et dernier lieu, Mme D soutient qu'elle a subi un préjudice moral d'impréparation résultant de l'absence d'information du centre hospitalier de Bastia sur le risque encouru de cécité. Il sera fait une juste appréciation de ce préjudice en lui allouant à ce titre une somme de 2 000 euros.
20. Il résulte de ce qui précède que Mme D est fondée à demander la condamnation du centre hospitalier de Bastia à lui verser une somme globale de 35 337,40 euros à titre d'indemnité en réparation des préjudices qu'elle a subis. Pour sa part, la CPAM de la Seine-Saint-Denis est fondée à demander la condamnation de ce centre à lui verser une somme de 19 641,16 euros.
Sur les intérêts :
21. La somme de 19 641,16 euros, accordée au point précédent, à la CPAM de la Seine-Saint-Denis sera assortie des intérêts au taux légal à compter du 26 novembre 2020, date de la première demande devant le tribunal.
Sur les frais liés à l'instance :
22. En premier lieu, il résulte des dispositions du neuvième alinéa de l'article L. 376-1 du code de la sécurité sociale que le montant de l'indemnité forfaitaire qu'elles instituent est égal au tiers des sommes dont le remboursement a été obtenu, dans les limites d'un plafond dont le montant est révisé chaque année par arrêté des ministres chargés de la sécurité sociale et du budget.
23. Aux termes de l'article 1er de l'arrêté du 14 décembre 2021 relatif aux montants de l'indemnité forfaitaire de gestion : " Les montants minimal et maximal de l'indemnité forfaitaire de gestion prévue aux articles L. 376-1 et L. 454-1 du code de la sécurité sociale sont fixés respectivement à 110 € et 1 114 € au titre des remboursements effectués au cours de l'année 2022 ".
24. En application de ces dispositions et eu égard au montant de la somme allouée à la CPAM de la Seine-Saint-Denis au titre de ses débours, il y a lieu de mettre à la charge du centre hospitalier de Bastia le versement d'une somme de 1 114 euros à raison des frais engagés par cette caisse pour obtenir le remboursement des prestations servies à Mme D.
25. En deuxième lieu, il y a lieu de mettre les frais et honoraires de l'expertise confiée aux docteurs B et A, liquidés et taxés à la somme globale de 2 595,86 euros par l'ordonnance du juge des référés du tribunal du 16 janvier 2020, à la charge définitive du centre hospitalier de Bastia.
26. En troisième et dernier lieu, d'une part, il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge du centre hospitalier de Bastia une somme de 1 500 euros au titre des frais exposés par Mme D et non compris dans les dépens. D'autre part, il y a lieu de mettre à la charge de Mme D, partie perdante, la somme de 1 500 euros au titre des frais exposés par l'ONIAM et non compris dans les dépens.
D E C I D E :
Article 1er : L'ONIAM est mis hors de cause.
Article 2 : Le centre hospitalier de Bastia est condamné à verser à Mme D une somme de 35 337,40 euros.
Article 3 : Le centre hospitalier de Bastia est condamné à verser à la caisse primaire d'assurance maladie de la Seine-Saint-Denis une somme de 19 641,16 euros. Cette somme portera intérêts au taux légal à compter du 26 novembre 2020.
Article 4 : Le centre hospitalier de Bastia versera à la caisse primaire d'assurance maladie de la Seine-Saint-Denis une somme de 1 114 euros au titre du neuvième alinéa de l'article L. 376-1 du code de la sécurité sociale.
Article 5 : Les frais et honoraires de l'expertise précitée, taxés et liquidés à la somme de 2 595,86 euros, sont mis à la charge définitive du centre hospitalier de Bastia.
Article 6 : Le centre hospitalier de Bastia versera à Mme D une somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 7 : Mme D versera à l'ONIAM une somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 8 : Le surplus des conclusions des parties est rejeté.
Article 9 : Le présent jugement est déclaré commun à la caisse primaire centrale d'assurance maladie de la Haute-Corse et à la caisse primaire d'assurance maladie de la Seine-Saint-Denis.
Article 10 : Le présent jugement sera notifié à Mme F D, à la société hospitalière d'assurances mutuelles, au centre hospitalier de Bastia, à la caisse primaire d'assurance maladie de la Seine-Saint-Denis, à la caisse primaire d'assurance maladie de la Haute-Corse et à l'Office national d'indemnisation des accidents médicaux, des affections iatrogènes et des infections nosocomiales.
Délibéré après l'audience du 18 novembre 2022, à laquelle siégeaient :
M. Pierre Monnier, président ;
M. Jan Martin, premier conseiller ;
M. Hanafi Halil, conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 6 décembre 2022.
Le rapporteur,
signé
J. MARTIN
Le président,
signé
P. MONNIER
La greffière,
signé
H. MANNONI
La République mande et ordonne à la ministre de la santé et de la prévention en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
H. MANNONI
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026