LogoMeilleurAvocats.fr
AvocatsAssistant IABlogPrix
ConnexionDéposer ma demande

Vous avez un problème juridique ?

Décrivez votre situation en 2 minutes — un avocat spécialisé vous répond sous 24h.

Déposer ma demandeJe suis avocat
Logo MeilleurAvocats.frMeilleurAvocats.fr

Mise en relation avocat–client par l'IA. Gratuit pour les particuliers.

Particuliers

  • Déposer une demande
  • Trouver un avocat
  • Assistant IA gratuit
  • Bibliothèque juridique
  • Guides pratiques
  • Jurisprudence

Avocats

  • Pour les avocats
  • Espace avocat
  • Tarifs et formules
  • Recevoir des leads
  • Programme d'affiliation
  • Contact commercial

Spécialités

  • Droit général
  • Droit du travail
  • Droit de la sécurité sociale et de la protection sociale
  • Droit fiscal et droit douanier
  • Droit de la famille, des personnes et de leur patrimoine
  • Droit immobilier

Légal

  • Mentions légales
  • Confidentialité
  • CGU
  • Cookies
  • Contact

Newsletter juridique hebdomadaire

Décisions clés, évolutions législatives, conseils pratiques — chaque semaine.

© 2026 MeilleurAvocats.fr— KONSEIL SAS. Tous droits réservés.

Mentions légales|Confidentialité|Cookies

BOB★La messagerie française & cryptée pour des échanges confidentiels entre avocats et clients.

En savoir +TéléchargerBOB
AccueilJurisprudence administrativeN° TA20-2001097

Tribunal Administratif de Bastia — Décision N° TA20-2001097

jeudi 8 décembre 2022

JuridictionTribunal Administratif de Bastia
SectionTribunal Administratif de Bastia
N° DossierTA20-2001097
TypeDécision
RecoursPlein contentieux
PublicationC
Formation1ère chambre
Avocat requérantPERES

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et un mémoire en réplique, enregistrés le 11 octobre 2020 et le 11 novembre 2022, M. D C et Mme B C, représentés par Me Peres, demandent au tribunal :

1°) de condamner la commune de Bastia à leur payer respectivement les sommes de 10 001 euros et de 11 589 euros, ainsi que les intérêts au taux légal et la capitalisation de ces intérêts, en réparation des préjudices qu'ils estiment avoir subis en raison du transfert d'une urne funéraire du cimetière communal de l'Ondina à celui de la commune de Biguglia ;

2°) de mettre à la charge de la commune de Bastia la somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Ils soutiennent que :

- la commune a commis une faute en accordant une concession pour le dépôt d'une urne funéraire alors qu'elle connaissait le risque d'effondrement du terrain du cimetière de l'Ondina ;

- le lien de causalité direct et certain entre la faute et les préjudices est établi ;

- ils ont chacun subi un préjudice moral du fait de la nouvelle inhumation de leur fils et neveu ;

- Mme C a subi des troubles dans les conditions d'existence ;

- elle a acquitté les frais d'une concession perpétuelle à Bastia.

Par un mémoire en défense, enregistré le 26 octobre 2022, la commune de Bastia, représentée par Me Muscatelli, conclut :

1°) à titre principal, au rejet de la requête ;

2°) à titre subsidiaire :

- à ce que l'indemnité susceptible d'être allouée à M. C soit fixée à de plus justes proportions ;

- au rejet des conclusions présentées par Mme C au titre du préjudice moral et des troubles dans les conditions d'existence ;

- à ce que la SARL Cabinet Blasini, la SARL Corse Européenne d'Entreprise et la SA Socotec soient condamnées à la garantir, respectivement à hauteur de 30 %, de 50 % et de 10 %, du montant des condamnations susceptibles d'être mises à sa charge ;

3°) à la condamnation solidaire de la SARL Cabinet Blasini, la SARL Corse Européenne d'Entreprise et la SA Socotec à lui verser la somme de 2 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

- l'emprise concédée ne présentait aucun désordre à la date de l'acquisition ;

- les requérants n'ont pas été contraints de transférer l'urne dans un autre cimetière, rien ne permettant d'apprécier l'état du caveau à la date de ce transfert, ni si le terrain concédé était concerné par les désordres, alors que l'expert n'a préconisé aucune mesure en ce qui concerne les caveaux existants ;

- l'évaluation du préjudice moral subi par le père du défunt est exagérée ;

- la tante du défunt ne justifie de l'existence ni d'un préjudice moral ni de troubles dans ses conditions d'existence ;

- la garantie décennale des constructeurs est engagée dès lors que les désordres affectant les dalles et les travaux, qui ne sont pas au nombre de ceux qui ont été réservés à la réception du cimetière, rendent l'ouvrage impropre à sa destination.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code civil ;

- le code général des collectivités territoriales ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de M. E,

- les conclusions de M. Halil, rapporteur public,

- et les observations de Me Giansily, substituant Me Muscatelli, représentant la commune de Bastia.

Considérant ce qui suit :

1. La commune de Bastia a fait aménager, de 2011 à 2014, un nouveau cimetière équipé d'un site cinéraire, sur un terrain en pente situé lieudit Ondina. A la suite du décès de Ghjuvan Battista, son père, M. C, et Mme A se sont vu accorder le 27 avril 2017 une concession perpétuelle dans le cimetière de l'Ondina où l'urne cinéraire a été inhumée le 22 mai 2017. Des désordres étant apparus et le terrain présentant un risque d'effondrement, l'urne a été exhumée et transférée le 22 octobre 2018 au cimetière de la commune de Biguglia. M. C et Mme C, tante du défunt, demandent au tribunal de condamner la commune de Bastia à leur payer respectivement les sommes de 10 001 euros et de 11 589 euros en réparation des préjudices qu'ils estiment avoir subis du fait de ce transfert.

2. L'article L. 2223-1 du code général des collectivités territoriales prescrit que chaque commune dispose d'au moins un cimetière comprenant un terrain consacré à l'inhumation des morts et, dans les communes de 2 000 habitants et plus, d'au moins un site cinéraire destiné à l'accueil des cendres des personnes décédées dont le corps a donné lieu à crémation. L'article L. 2223-2 prévoit que le site cinéraire destiné à l'accueil des cendres des personnes décédées dont le corps a donné lieu à crémation comprend un espace aménagé pour leur dispersion et doté d'un équipement mentionnant l'identité des défunts, ainsi qu'un columbarium ou des espaces concédés pour l'inhumation des urnes. Il résulte des dispositions des articles L. 2223-13 et L. 2223-14 que les communes peuvent accorder dans leurs cimetières des concessions perpétuelles pour l'inhumation des urnes.

3. Il résulte de l'instruction que des caveaux notamment ont été endommagés par l'effondrement d'un talus au mois de mars 2015. Le président du tribunal, saisi en référé par la commune de Bastia, a ordonné le 7 septembre 2015 une expertise portant notamment sur les causes et origines des désordres et malfaçons qui affectent l'ensemble des ouvrages hormis le crématorium. La commune ne pouvait pas ignorer, avant même la note technique n° 3 du 13 juillet 2018 de l'expert, l'étendue des désordres à la date du 27 avril 2017 à laquelle elle a accordé une concession à M. C. Il ne résulte au demeurant pas de l'instruction qu'une information préalable aurait été délivrée sur les risques d'atteinte, du fait de ces désordres, à l'intégrité des monuments funéraires ou, pour des motifs de sécurité, au libre accès au lieu de recueillement que constitue le cimetière. La délivrance d'une concession dans ces conditions présente un caractère fautif. Cette faute est de nature à engager la responsabilité de la commune.

4. Les requérants soutiennent que le terrain de l'emplacement concédé s'est affaissé et que des fissures sont apparues dans les murs de soutènement voisins de la tombe. Eu égard à la finalité d'une inhumation et aux craintes légitimes qu'ont pu éprouver les requérants du fait de ces désordres, qui étaient à terme de nature à porter atteinte au respect dû aux morts garanti par l'article 16-1-1 du code civil, ils ont ressenti une obligation de faire procéder à une nouvelle inhumation de l'urne cinéraire dans un autre cimetière. Le transfert de l'urne n'étant pas directement consécutif à l'existence de désordres affectant l'emplacement concédé mais ayant été décidé dans la perspective de l'éventuelle survenance de tels désordres, la commune de Bastia ne peut utilement se prévaloir ni de ce que l'état du caveau ne justifiait pas un tel transfert, ni de ce que l'expert ne l'avait pas invitée à cesser l'octroi de concessions funéraires avant l'été 2018.

5. L'obligation qu'ont ressentie les requérants de faire procéder au transfert des cendres de leur fils et neveu en raison de la délivrance d'une concession perpétuelle dans un cimetière dont l'instabilité du sol est apparue dès les premières années suivant sa construction, a été à l'origine pour chacun d'eux d'un préjudice moral. Il résulte de l'instruction que Mme C était particulièrement proche de son neveu, qu'elle a acquitté les frais de concession et qu'elle se rendait fréquemment au cimetière se recueillir sur le lieu d'inhumation de l'urne cinéraire. Dans les circonstances de l'espèce, il sera fait une juste appréciation du préjudice moral que M. C et Mme C ont subi en condamnant la commune de Bastia à leur verser respectivement les sommes de 3 000 euros et de 2 000 euros.

6. La seule production d'un certificat d'une psychologue du centre hospitalier de Bastia indiquant suivre en consultation Mme C depuis le mois de juillet 2018 ne suffit pas à établir que la requérante aurait éprouvé des troubles dans ses conditions d'existence en raison de la faute commise par la commune de Bastia.

7. Si le titre provisoire de recettes établi le 27 avril 2017 correspondant à la délivrance d'une concession perpétuelle d'une surface de 2,5 m² dans le cimetière de l'Ondina pour la somme de 1 588 euros a été établi au nom de M. C et de Mme A, il résulte de la mesure d'instruction prescrite par le tribunal que cette somme a été acquittée par Mme C elle-même. Cette dernière est dès lors fondée à réclamer une indemnité au titre des frais inutilement exposés pour l'attribution d'une concession dans le cimetière de l'Ondina.

8. Il résulte de tout ce qui précède que M. C et Mme C sont fondés à demander la condamnation de la commune de Bastia à leur verser, respectivement, les sommes de 3 000 euros et 3 588 euros à titre d'indemnité.

9. Les requérants ont droit aux intérêts au taux légal correspondant à ces indemnités à compter du 11 février 2020, date de réception de leur demande par la commune de Bastia. La capitalisation des intérêts a été demandée le 11 octobre 2020. Il y a lieu de faire droit à cette demande à compter du 11 février 2021, date à laquelle était due, pour la première fois, une année d'intérêts, ainsi qu'à chaque échéance annuelle à compter de cette date.

10. Il résulte de ce qui a été indiqué au point 3 que la responsabilité de la commune de Bastia est engagée en raison de la faute qu'elle a commise lors de la délivrance d'une concession perpétuelle dans le cimetière de l'Ondina en dépit de la connaissance qu'elle avait des désordres qu'il présentait et de leur aggravation possible. Cette faute n'est dès lors pas directement imputable aux travaux de construction du cimetière. Il suit de là qu'en l'absence d'un lien de causalité direct et certain entre les travaux et les préjudices subis par les requérants, la commune de Bastia n'est en tout état de cause pas fondée à demander que le maître d'œuvre, l'entrepreneur et le contrôleur technique soient condamnés à la garantir du paiement des indemnités mises à sa charge par le présent jugement.

11. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de la commune de Bastia la somme de 1 500 euros au titre des frais exposés par M. C et Mme C et non compris dans les dépens.

12. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que la SARL Cabinet Blasini, la SARL Corse Européenne d'Entreprise et la SA Socotec, qui n'ont pas la qualité de parties perdantes, versent à la commune de Bastia une somme que celle-ci réclame au titre des frais exposés par elle et non compris dans les dépens.

D É C I D E :

Article 1er : La commune de Bastia est condamnée à verser à M. C et à Mme C les sommes respectives de 3 000 euros et 3 588 euros, avec intérêts au taux légal à compter du 11 février 2020. Les intérêts échus le 11 février 2021 seront capitalisés à cette date pour produire eux-mêmes intérêts.

Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.

Article 3 : La commune de Bastia versera à M. C et Mme C une somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Article 4 : Les conclusions présentées par la commune de Bastia sont rejetées.

Article 5 : Le présent jugement sera notifié à M. D C, à Mme B C et à la commune de Bastia.

Délibéré après l'audience du 17 novembre 2022, où siégeaient :

- M. Vanhullebus, président,

- Mme Castany, première conseillère,

- Mme Muller, conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 8 décembre 2022.

Le président-rapporteur,

Signé

T. EL'assesseure la plus ancienne

dans l'ordre du tableau,

Signé

C. CASTANY

La greffière,

Signé

H. NICAISE

La République mande et ordonne au préfet de la Haute-Corse en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

La greffière,

Signé

H. NICAISE

Décisions similaires

TA13Plein contentieux

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110

Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.

01/06/2026

TA13Plein contentieux

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580

Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.

01/06/2026

TA14Plein contentieux

Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609

Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.

01/06/2026

TA25Plein contentieux

Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163

Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.

01/06/2026

← Retour aux décisions