jeudi 22 septembre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Bastia |
| Section | Tribunal Administratif de Bastia |
| N° Dossier | TA20-2001223 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | 1ère chambre |
| Avocat requérant | LAURENT |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés le 12 novembre 2020 et le 30 avril 2021, M. B A, représenté par Me Laurent, demande au tribunal :
1°) d'annuler les douze ordres de recouvrer émis à son encontre par l'Agence de services et de paiement le 12 mars 2020, pour des montants de 2 315,99 euros, 51 721,36 euros, 35 264,55 euros, 2 579,10 euros, le 10 avril 2020 pour des montants de 8 809,76 euros, 2 584,76 euros, le 21 avril 2020 pour des montants de 9 603,06 euros, 2 314,19 euros, 60 498,21 euros, 37 047,29 euros, 1 298,94 euros et le 5 juin 2020 pour un montant de 2 315,01 euros ;
2°) de mettre à la charge de l'Agence de services et de paiement la somme de 3 400 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- l'Agence de services et de paiement n'était pas compétente pour émettre les ordres de recouvrer dès lors qu'en application de l'article L. 314-1 du code rural et de la pêche maritime, l'Office du développement agricole et rural de Corse exerce les compétences dévolues à l'Agence de services et de paiement ;
- le principe général des droits de la défense a été méconnu en ce qu'il n'a pas été mis en mesure de faire valoir ses observations avant le prononcé de la sanction et dès lors qu'aucune information ne lui a été communiquée préalablement à l'émission des titres exécutoires ;
- les ordres de recouvrer sont insuffisamment motivés ;
- les ordres de recouvrer procèdent au retrait illégal d'actes administratifs créateurs de droit dès lors que la sanction qui lui est infligée n'est prévue par aucun texte ;
- ce retrait est illégal dès lors que les décisions par lesquelles les aides bovines lui ont été versées sont définitives ;
- il intervient en méconnaissance de l'article 64 du règlement (UE) n° 1307/2013 du Parlement européen et du Conseil du 17 décembre 2013.
Par un mémoire en défense, enregistré le 11 février 2021, l'Agence de services et de paiement conclut au rejet de la requête et à ce qu'une somme de 3 000 euros soit mise à la charge de M. A au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- le moyen tiré de la méconnaissance du principe général des droits de la défense est inopérant ;
- les ordres de recouvrer ne sont pas au nombre des décisions devant être motivées en application du code des relations entre le public et l'administration ; en tout état de cause, les relevés de situation des campagnes 2015, 2016 et 2017 mis à la disposition de M. A sur la plateforme Télépac font état du détail des montants dus et il a été informé de la décision retirant ses aides et dont les ordres de recouvrer sont la conséquence ;
- le moyen tiré de l'incompétence de l'Agence de services et de paiement pour émettre les ordres de recouvrer n'est pas fondé.
Les parties ont été informées, en application des dispositions de l'article R. 611-7 du code de justice administrative, de ce que le jugement était susceptible d'être fondé sur un moyen relevé d'office tiré de ce que les nouveaux moyens soulevés dans le mémoire du 30 avril 2021 sont irrecevables comme relevant d'une cause juridique nouvelle invoquée après l'expiration du délai de recours contentieux.
Par un mémoire, enregistré le 30 août 2022, l'Agence de services et de paiement a présenté des observations en réponse à cette mesure d'information. Elle soutient, en outre, que les moyens soulevés dans le mémoire du 30 avril 2021 sont irrecevables comme relevant d'une cause juridique nouvelle invoquée après l'expiration du délai de recours contentieux.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le décret n° 2012-1246 du 7 novembre 2012 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Pauline Muller, conseillère ;
- et les conclusions de M. Hanafi Halil, rapporteur public.
Considérant ce qui suit :
1. M. B A, exploitant agricole, a bénéficié d'aides agricoles du premier pilier de la politique agricole commune au titre des campagnes 2015, 2016 et 2017. Par un courrier du 11 juin 2020, l'Agence de services et de paiement a notifié à M. A douze titres de perception en vue du recouvrement d'indus d'aides aux jeunes agriculteurs, de paiement redistributif, de paiement du verdissement, de paiement de base et d'aides aux bovins allaitants. M. A demande au tribunal d'annuler ces douze ordres de recouvrer.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. Aux termes de l'article 24 du décret du 7 novembre 2012 relatif à la gestion budgétaire et comptable publique : " Dans les conditions prévues pour chaque catégorie d'entre elles, les recettes sont liquidées avant d'être recouvrées. La liquidation a pour objet de déterminer le montant de la dette des redevables. / (). Toute créance liquidée faisant l'objet d'une déclaration ou d'un ordre de recouvrer indique les bases de la liquidation () ".
3. L'administration ne peut mettre en recouvrement une créance sans indiquer, soit dans le titre de perception lui-même, soit par une référence précise à un document joint à ce titre ou précédemment adressé au débiteur, les bases et les éléments de calcul sur lesquels elle s'est fondée pour déterminer le montant de la créance.
4. Il résulte de l'instruction que les douze titres de perception émis à l'encontre de M. A mentionnent notamment que les créances sont relatives à des indus d'aides aux jeunes agriculteurs, de paiement de base, de paiement du verdissement et de paiement redistributif pour la campagne 2016, à des indus d'aides aux bovins allaitants, de paiement redistributif et d'aides aux jeunes agriculteurs pour la campagne 2017 et à des indus d'aides aux bovins allaitants, d'aides aux jeunes agriculteurs, de paiement redistributif, de paiement de base et de paiement du verdissement pour la campagne 2015. Ces titres de perception indiquent également les montants de ces créances. Ces seuls éléments ne permettent pas à M. A de connaître les bases et éléments de calculs sur lesquels l'Agence de services et de paiement s'est fondée pour déterminer les montants des créances. Enfin, il ne résulte pas de l'instruction que ces bases et éléments de calculs auraient été indiqués à M. A par une référence à un document joint à ces titres de perception ou qui lui aurait été précédemment adressé. Si l'Agence de services et de paiement soutient que M. A pouvait se référer aux relevés de situation des campagnes 2015, 2016 et 2017 mis à sa disposition sur la plateforme électronique Télépac, le courrier de notification du 11 juin 2020 et les ordres de recouvrer ne font pas référence à ces documents et la circonstance que M. A ait été informé de la décision retirant ses aides et dont les ordres de recouvrer sont la conséquence, ne permet pas de regarder ces derniers comme étant motivés. Il s'ensuit que M. A est fondé à soutenir que les titres de perception ne satisfont pas aux prescriptions de l'article 24 du décret du 7 novembre 2012.
5. Il résulte de ce qui précède que, sans qu'il soit besoin d'examiner les autres moyens de la requête, M. A est fondé à demander l'annulation des titres de perception émis à son encontre par l'Agence de services et de paiement.
Sur les frais liés au litige :
6. Dans les circonstances de l'espèce, il n'y a pas lieu de faire droit aux conclusions de M. A présentées sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
7. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de M. A, qui n'est pas dans la présente instance la partie perdante, la somme que demande l'Agence de services et de paiement au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er : Les titres de perception émis le 12 mars 2020, le 10 avril 2020, le 21 avril 2020 et le 5 juin 2020 par l'Agence de services et de paiement à l'encontre de M. A sont annulés.
Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 3 : Les conclusions de l'Agence de services et de paiement présentées sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 4 : Le présent jugement sera notifié à M. B A, à l'Agence de services et de paiement et au ministre de l'agriculture et de la souveraineté alimentaire.
Copie en sera transmise au préfet de Corse, préfet de la Corse-du-Sud.
Délibéré après l'audience du 8 septembre 2022 à laquelle siégeaient :
M. Thierry Vanhullebus, président,
Mme Christine Castany, première conseillère,
Mme Pauline Muller, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 22 septembre 2022.
La rapporteure,
Signé
P. MULLER
Le président,
Signé
T. VANHULLEBUS La greffière,
Signé
H. NICAISE
La République mande et ordonne au ministre de l'agriculture et de la souveraineté alimentaire ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
Signé
H. NICAISE
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026