jeudi 10 novembre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Bastia |
| Section | Tribunal Administratif de Bastia |
| N° Dossier | TA20-2001245 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | 1ère chambre |
| Avocat requérant | RINGLE ROY & ASSOCIES |
Vu la procédure suivante :
Par une ordonnance du 13 novembre 2020, enregistrée le 16 novembre 2020 au greffe du tribunal, la présidente du tribunal administratif de Marseille a transmis au tribunal la requête présentée par Mme C B.
Par une requête, enregistrée au greffe du tribunal administratif de Marseille le 9 novembre 2020 et par un mémoire enregistré au greffe le 3 novembre 2021, Mme C B demande au tribunal de réformer l'ordonnance du 6 octobre 2020 par laquelle la première vice-présidente du tribunal administratif de Marseille a liquidé et taxé à la somme de 39 326,54 euros TTC les frais et honoraires de l'expertise prescrite par l'ordonnance n° 1605486 du 31 août 2016 du juge des référés.
Elle soutient que :
- sa mission était complexe et touchait à plusieurs disciplines transversales du domaine des géosciences ;
- son rapport de 165 pages comprend une partie permettant une lecture rapide et aisée et une partie justifiant scientifiquement le bien-fondé de l'avis émis ;
- la qualité de son travail et l'utilité des analyses géotechniques transdisciplinaires justifient que ses honoraires soient portés à la somme de 53 252,45 euros, eu égard à la difficulté des opérations effectuées et au temps qu'elle y a consacré ;
- le tribunal s'est d'ailleurs fondé sur son rapport pour statuer sur l'action au fond par un jugement n° 1605482 du 8 juillet 2021.
Par un mémoire en défense, enregistré le 15 novembre 2021, la société Eiffage Génie civil, précédemment dénommée Eiffage GC TP, représentée par la SELARL Ringlé - Roy et associés, conclut au rejet de la requête.
Elle soutient qu'il a été fait appel du jugement n° 1605482 du 8 juillet 2021 devant la cour administrative d'appel de Marseille sous le n° 21MA03853.
La requête a été communiquée au département des Bouches-du-Rhône qui n'a pas présenté de mémoire.
Vu les autres pièces du dossier ;
Vu le code de justice administrative ;
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. D,
- et les conclusions de M. Halil, rapporteur public.
Considérant ce qui suit :
1. Par un marché conclu le 18 décembre 2012, le département des Bouches-du-Rhône a confié à un groupement d'entreprises, dont la société Eiffage était mandataire, les travaux de démolition et de reconstruction de l'ouvrage d'art dénommé " Passage Inférieur d'Orgon " situé sur la route départementale n°7N et le raccordement des rampes d'accès de chaque côté de l'ouvrage entre les carrefours des routes départementales 73c et 73d pour un montant de 7 892 447,44 euros TTC. Après réception des travaux, la société Eiffage a adressé au maître d'œuvre son décompte final, qui incluait dix-huit postes de réclamation, dont celui relatif aux fondations profondes chiffré par la société Eiffage à la somme de 450 000 euros hors taxes. A la suite du rejet de son mémoire en réclamation, la société Eiffage a saisi le tribunal administratif de Marseille d'une requête n° 1605482 tendant à la condamnation du département des Bouches-du-Rhône à lui verser la somme réclamée. Le juge des référés du même tribunal a, par une ordonnance n° 1605486 du 31 août 2016, prescrit une expertise confiée à M. A. Mme B a été désignée en qualité de sapitrice par une ordonnance du 4 mai 2017. Celle-ci a déposé son rapport le 8 juillet 2019, ainsi qu'un état de ses vacations, frais et débours, le 17 juillet 2019, pour un montant total de 53 252,54 euros TTC. Par un courrier du 1er septembre 2020, la première vice-présidente du tribunal administratif de Marseille, chargée des expertises, a informé Mme B qu'elle envisageait de fixer sa rémunération à un montant inférieur au montant demandé et l'a invitée formuler ses observations. Mme B demande au tribunal de réformer l'ordonnance du 6 octobre 2020 liquidant et taxant ses frais et honoraires à la somme de 39 326,54 euros TTC.
2. Aux termes de l'article R. 621-11 du code de justice administrative : " Les experts et sapiteurs () ont droit à des honoraires, sans préjudice du remboursement des frais et débours. / Chacun d'eux joint au rapport un état de ses vacations, frais et débours. / Dans les honoraires sont comprises toutes sommes allouées pour étude du dossier, frais de mise au net du rapport, dépôt du rapport et, d'une manière générale, tout travail personnellement fourni par l'expert ou le sapiteur et toute démarche faite par lui en vue de l'accomplissement de sa mission. / Le président de la juridiction, après consultation du président de la formation de jugement, () fixe par ordonnance, conformément aux dispositions de l'article R. 761-4, les honoraires en tenant compte des difficultés des opérations, de l'importance, de l'utilité et de la nature du travail fourni par l'expert ou le sapiteur et des diligences mises en œuvre pour respecter le délai mentionné à l'article R. 621-2. Il arrête sur justificatifs le montant des frais et débours qui seront remboursés à l'expert. / S'il y a plusieurs experts, ou si un sapiteur a été désigné, l'ordonnance mentionnée à l'alinéa précédent fait apparaître distinctement le montant des frais et honoraires fixés pour chacun. / () " Le premier alinéa de l'article R. 621-13 du même code prévoit que " Lorsque l'expertise a été ordonnée sur le fondement du titre III du livre V, le président du tribunal (), après consultation, le cas échéant, du magistrat délégué, () en fixe les frais et honoraires par une ordonnance prise conformément aux dispositions des articles R. 621-11 et R. 761-4. () " Aux termes du premier alinéa de l'article R. 761-4 du même code : " La liquidation des dépens, y compris celle des frais et honoraires d'expertise définis à l'article R. 621-11, est faite par ordonnance du président de la juridiction, après consultation du président de la formation de jugement ou, en cas de référé ou de constat, du magistrat délégué. " Enfin, il résulte des dispositions de l'article R. 761-5 du même code que les parties ainsi que, le cas échéant, l'expert, peuvent contester l'ordonnance mentionnée à l'article R. 761-4 devant la juridiction compétente conformément au tableau d'attribution arrêté par le président de la section du contentieux du Conseil d'Etat et que ce recours est exercé dans le délai d'un mois à compter de la notification de l'ordonnance mentionnée à l'article R. 761-4.
3. La sapitrice a évalué à 127 heures le temps d'étude et à 178,50 heures le temps de rédaction du rapport, des réponses aux observations des parties et des notes techniques. La magistrate chargée des expertises a décidé, compte tenu du caractère limité de la mission se rapportant à l'examen du seul poste de réclamation relatif aux fondations profondes sur pieux, de ramener les temps d'étude et de rédaction à chacun 100 heures.
4. Ainsi qu'il a été indiqué au point 1, l'expertise a porté tout particulièrement sur les travaux de fondations profondes. L'ordonnance du 31 août 2016 du juge des référés a notamment donné mission à l'expert de fournir au tribunal tous les éléments permettant, en premier lieu, d'apprécier si les conditions initiales d'exécution prévues lors de l'appel d'offres ont été modifiées et si des difficultés ou sujétions imprévues sont survenues en cours d'exécution, en deuxième lieu, de chiffrer les conséquences relatives aux conditions de réalisation des pieux et, en troisième lieu, d'apprécier les responsabilités encourues à l'occasion de l'exécution du marché. Les trois points de la mission prescrite par le juge des référés ont été traités aux chapitres II à IV de la première partie du rapport de la sapitrice. Celle-ci a développé son argumentation dans la seconde partie de son rapport en se référant notamment aux documents contractuels, aux pièces techniques et aux comptes rendus de chantier. Il ne résulte pas de l'instruction que la sapitrice aurait accompli de manière incomplète ou insatisfaisante sa mission alors, au demeurant, que le tribunal administratif de Marseille s'est expressément fondé sur le rapport de Mme B, aux points 6 à 8 du jugement n° 1605482 du 8 juillet 2021 par lequel il a statué sur la requête de la société Eiffage Génie civil tendant à la condamnation du département des Bouches-du-Rhône à lui verser une somme de 1 490 859,60 euros TTC au titre du solde du marché de travaux. Si la société Eiffage Génie civil fait valoir qu'il a été fait appel du jugement du 8 juillet 2021 du tribunal administratif de Marseille, cette circonstance ne peut être utilement invoquée dans la présente instance. Eu égard à la circonstance que le différend relatif aux fondations sur pieux constitue le plus important des points de la mission d'expertise, notamment au regard de son enjeu financier, compte tenu également du nombre et de la nature des documents analysés par la sapitrice et de la complexité des points techniques que la société Eiffage Génie civil avait d'ailleurs relevée pour justifier l'utilité de sa demande d'expertise dans l'instance n° 1605486, il ne résulte pas de l'instruction que l'évaluation faite par Mme B du temps d'étude ne serait pas justifiée par le travail personnellement fourni en vue de l'accomplissement de sa mission. Il suit de là que Mme B est fondée à soutenir que le temps d'étude et de recherche, qui a été réduit à 100 heures, soit porté aux 127 heures mentionnées par l'intéressée dans son état de frais.
5. Le temps de rédaction évalué par Mme B à 178,50 heures comprend 39,50 vacations pour la rédaction de notes techniques, 67 vacations pour les réponses aux dires et observations des parties et 72 vacations pour la rédaction du rapport final. Il résulte toutefois de l'instruction que le rapport de 165 pages déposé par l'intéressée, hors les six annexes, se compose de nombreuses pages reproduisant des documents techniques provenant notamment du dossier de consultation des entreprises, du mémoire technique du groupement, du dossier des ouvrages exécutés, de pièces du marché, de normes techniques, de plans de localisation des sondages, de notes de calcul, de photographies, de plusieurs comptes rendus de chantier et fiches techniques. Ainsi, il y a lieu, pour évaluer le nombre de vacations correspondant à la rédaction du rapport de distinguer le temps raisonnablement consacré à la rédaction effective de ce rapport, de celui représenté par la reproduction des documents déjà mentionnés. Dans ces conditions, en ramenant à 100 le nombre de vacations correspondant à la rédaction des notes techniques, des réponses aux dires et observations des parties et du rapport final, la première vice-présidente du tribunal administratif de Marseille n'a pas fait une évaluation insuffisante des honoraires dues à Mme B à ce titre.
6. Il résulte de ce qui précède que le nombre d'heures d'études est porté de 100 à 127 heures, tandis que le temps de rédaction est maintenu à 100 heures. Il suit de là que le montant des honoraires, qui a été fixé à 31 346,50 euros hors taxes, doit être majoré de 27 vacations à 110 euros chacune, soit de la somme de 2 970 euros hors taxes. Le montant des honoraires rectifié par le présent jugement s'élève ainsi à 34 316,50 euros hors taxes, soit 36 822,12 euros hors taxes après ajout des frais de déplacement pour 1 080 euros et des autres frais pour 1 425,62 euros. Par suite, Mme B est seulement fondée à réclamer que le montant des frais et honoraires qui lui sont dus au titre de la mission qu'elle a accomplie en qualité de sapitrice soit liquidé et taxé à la somme de 44 186,54 euros TTC.
D É C I D E :
Article 1er : Les frais et honoraires de l'expertise confiée à Mme B par l'ordonnance n° 1605486-1608226-1609079 du 4 mai 2017 du premier vice-président du tribunal administratif de Marseille, chargé des expertises, sont liquidés et taxés à la somme de 44 186,54 euros TTC
Article 2 : L'article 1er de l'ordonnance du 6 octobre 2020 de la première vice-présidente du tribunal administratif de Marseille est modifié conformément à l'article 1er du présent jugement.
Article 3 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 4 : Le présent jugement sera notifié à Mme C B, à la présidente du tribunal administratif de Marseille, à la société Eiffage Génie civil et au département des Bouches-du-Rhône.
Délibéré après l'audience du 21 octobre 2022, où siégeaient :
- M. Vanhullebus, président,
- Mme Castany, première conseillère,
- M. Martin, premier conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 10 novembre 2022.
Le président-rapporteur,
Signé
T. DL'assesseure la plus ancienne
dans l'ordre du tableau,
signé
C. CASTANY
La greffière,
Signé
H. MANNONI
La République mande et ordonne au préfet des Bouches-du-Rhône en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
H. MANNONI
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026