jeudi 16 février 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Bastia |
| Section | Tribunal Administratif de Bastia |
| N° Dossier | TA20-2100065 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | 1ère chambre |
| Avocat requérant | EON |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 18 janvier 2021, M. B A, représenté par Me Eon, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 14 avril 2020 par laquelle la ministre des armées a rejeté sa demande de révision de pension militaire d'invalidité pour la reconnaissance d'une nouvelle infirmité de lombosciatalgies gauches intermittentes, ainsi que la décision du 18 novembre 2020 par laquelle la commission de recours de l'invalidité a rejeté son recours administratif préalable obligatoire du 16 juillet 2020 ;
2°) d'ordonner, avant dire droit, une expertise médicale confiée à un spécialiste, lequel aura pour mission de déterminer le taux d'invalidité résultant de l'infirmité " Lombosciatalgies gauches " au 14 septembre 2017, date de sa demande ;
3°) de mettre les dépens à la charge de l'Etat.
Il soutient que :
- la décision du 14 avril 2020 est entachée d'incompétence ;
- une infirmité aussi invalidante ne saurait donner lieu à un taux d'invalidité de 3% comme le soutiennent l'administration et l'expert.
Par des mémoires en défense, enregistrés le 6 mai 2021 et le 18 octobre 2022, le ministre des armées conclut au rejet de la requête.
Il soutient que :
- la requête est irrecevable en ce qu'elle est dirigée contre la décision du 14 avril 2020 ;
- la décision du 18 novembre 2020 de la commission de recours d'invalidité s'étant substituée à la décision du 14 avril 2020, seule la décision du 18 novembre 2020 est susceptible d'être contestée ;
- les vices propres dont serait entachée la décision du 14 avril 2020 sont sans incidence sur l'issue du litige ;
- en tout état de cause, le moyen tiré de l'incompétence de l'auteur de la décision du 14 avril 2020 n'est pas fondé ;
- M. A développe des arguments identiques à ceux qui ont été présentés devant la commission de recours de l'invalidité et aucun nouveau document d'ordre médical n'est produit ;
- l'évaluation du degré d'invalidité de 3% résulte des avis concordants émis par le médecin expert, le médecin chargé des pensions militaires d'invalidité et la commission consultative médicale ;
- les éventuelles répercussions de l'infirmité sur la carrière du requérant et l'impossibilité de pratiquer une activité sportive ou un loisir, ne constituent pas des éléments objectifs permettant d'apprécier la gêne fonctionnelle, qui doit être évaluée, selon les indications du guide-barème des invalidités ;
- les ordonnances produites qui sont postérieures à la date du dépôt de la demande de pension du 14 septembre 2017 ne peuvent être prises en compte.
M. A a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 23 février 2021.
Vu les autres pièces du dossier ;
Vu :
- le code des pensions militaires d'invalidité et des victimes de guerre ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Pauline Muller, conseillère ;
- les conclusions de M. Hanafi Halil, rapporteur public ;
- et les observations de Me Eon, avocat de M. A.
Considérant ce qui suit :
1. M. B A, qui était auparavant militaire de carrière parmi les forces spéciales de l'armée de terre au sein du premier régiment parachutiste d'infanterie marine puis au sein du centre parachutiste d'entrainement aux opérations maritimes, est titulaire d'une pension militaire d'invalidité au taux de 40% concédée par un arrêté du 6 juin 2016, avec entrée en jouissance à compter du 26 août 2015, en raison des infirmités suivantes : " Séquelles de traumatisme de la cheville gauche. Raideur très sévère avec flexion dorsale " et " Subluxation de l'épaule gauche sur lésion du bourrelet, algies et raideur ". Le 14 septembre 2017, M. A a sollicité la révision de sa pension pour la reconnaissance de nouvelles infirmités à savoir un " syndrome post-traumatique " et une " sciatalgie gauche et lombalgie bilatérale ". Cette demande a été rejetée en ce qui concerne l'infirmité de " Lombosciatalgies gauches intermittentes " par une décision de la ministre des armées du 14 avril 2020. L'intéressé a alors formé, le 16 juillet 2020, un recours administratif préalable obligatoire contre cette décision, lequel a été rejeté par une décision de la commission de recours de l'invalidité du 18 novembre 2020. M. A demande au tribunal d'annuler les décisions du 14 avril 2020 et du 18 novembre 2020.
Sur la fin de non-recevoir opposée par le ministre des armées :
2. Aux termes de l'article L. 711-2 du code des pensions militaires d'invalidité et des victimes de guerre : " Les recours contentieux contre les décisions individuelles prises en application du livre Ier et des titres Ier à III du livre II sont précédés d'un recours administratif préalable exercé dans des conditions fixées par décret en Conseil d'Etat ". Aux termes de l'article R. 711-1 du même code : " Tout recours contentieux formé à l'encontre des décisions individuelles prises en application des dispositions du livre Ier et des titres Ier à III du livre II du présent code est précédé, à peine d'irrecevabilité, d'un recours administratif préalable obligatoire examiné par la commission de recours de l'invalidité, placée conjointement auprès du ministre de la défense et du ministre chargé du budget () ".
3. L'institution par les dispositions ci-dessus rappelées d'un recours administratif, préalable obligatoire à la saisine du juge, a pour effet de laisser à l'autorité compétente pour en connaître le soin d'arrêter définitivement la position de l'administration. Il s'ensuit que la décision prise à la suite de ce recours se substitue en principe à la décision initiale et qu'elle est seule susceptible d'être déférée au juge.
4. M. A demande l'annulation tant de la décision du 14 avril 2020 de la ministre des armées que de la décision du 18 novembre 2020 par laquelle la commission de recours de l'invalidité a rejeté son recours administratif dirigé contre la décision précédente. La décision du 18 novembre 2020 arrêtant définitivement la position de l'administration s'est entièrement substituée à la décision initiale. Ainsi, les conclusions de M. A tendant à l'annulation de cette dernière décision sont irrecevables et doivent être rejetées.
Sur les droits à pension de M. A :
5. Aux termes de l'article L. 121-4 du code des pensions militaires d'invalidité et des victimes de guerre : " () Aucune pension n'est concédée en deçà d'un taux d'invalidité de 10 % ". Aux termes de l'article L. 121-5 de ce code : " La pension est concédée : / 1° Au titre des infirmités résultant de blessures, si le taux d'invalidité qu'elles entraînent atteint ou dépasse 10 % ; () ".
6. Il résulte de l'instruction et notamment du rapport de l'expertise réalisée à la demande de l'administration le 28 août 2019, que l'expert fait notamment état de ce que l'intéressé présente une légère scoliose dorsale avec gibbosité à gauche, que la palpation des apophyses épineuse est douloureuse, qu'il présente un signe de Lasègue de 70° à droite et de 40° à gauche et qu'il allègue une sciatalgie gauche tronquée et une cruralgie droite. Cet expert qui, contrairement à ce que soutient le requérant, n'a pas relevé l'existence d'un intervalle de temps entre l'accident et les premières constatations médicales mais après avoir pris en compte le certificat médical du 20 octobre 2009, jour de l'accident, a ensuite noté l'existence d'un intervalle de temps sans nouvelles constatations médicales jusqu'au mois de juin 2010, relève par ailleurs l'absence de contracture para-vertébrale, de troubles sensitifs, d'éléments pathologique d'allure traumatique et la présence de réflexes rotuliens symétriques et d'une force normale aux membres inférieurs et a proposé un taux d'invalidité de 3%. De plus, dans son avis du 20 décembre 2019, le médecin chargé des pensions militaires d'invalidité de la sous-direction des pensions est en accord avec l'expert au motif que l'expertise médicale met en évidence un déficit fonctionnel avec absence de raideur rachidienne et radiculalgies intermittentes et estime également que le taux d'invalidité est inférieur à 10% conformément au guide-barème des invalidités. La commission médicale consultative, par son avis du 13 janvier 2020, a, quant à elle, estimé que les séquelles fonctionnelles sont minimes et justifient un taux d'invalidité de 3%. Pour contester ce taux, le requérant soutient que malgré les conditions de service auxquelles il a été soumis, il n'a jamais souffert de lombalgies, que les contrôles d'aptitudes n'ont jamais révélé de faiblesse à ce niveau, qu'il s'est toujours distingué par l'excellence de ses résultats et que postérieurement à son accident de service survenu le 20 octobre 2009, il a subi des arrêts de travail pour lombosciatalgies ainsi que de nombreux examens et traitements médicamenteux, a été déclaré inapte à la plongée et a été contraint de renoncer à son projet de reconversion professionnelle. Ces éléments ainsi que les pièces que le requérant produit, dont certaines sont postérieures à la date de demande de révision de pension, ne permettent toutefois pas de remettre en cause le taux d'invalidité proposé par l'expert consulté par l'administration. Il s'ensuit que l'infirmité " Lombosciatalgies gauches intermittentes " dont le taux d'invalidité n'atteint pas 10% n'ouvrait pas droit à la révision de la pension concédée à M. A pour la prise en compte de cette nouvelle infirmité.
7. Il résulte de ce qui précède que, sans qu'il soit besoin d'ordonner l'expertise sollicitée, M. A n'est pas fondé à demander l'annulation de la décision qu'il attaque.
Sur les frais liés au litige :
8. Aucun dépens n'ayant été exposé au cours de l'instance, il s'ensuit que les conclusions tendant à ce que les dépens soient mis à la charge de l'Etat ne peuvent qu'être rejetées.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. A est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. B A et au ministre des armées.
Délibéré après l'audience du 2 février 2023, à laquelle siégeaient :
M. Thierry Vanhullebus, président ;
Mme Christine Castany, première conseillère ;
Mme Pauline Muller, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 16 février 2023.
La rapporteure,
Signé
P. MULLER
Le président,
Signé
T. VANHULLEBUS
La greffière,
Signé
H. NICAISE
La République mande et ordonne au ministre des armées en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
Signé
H. NICAISE
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026