jeudi 23 février 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Bastia |
| Section | Tribunal Administratif de Bastia |
| N° Dossier | TA20-2100160 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | 1ère chambre |
| Avocat requérant | CABINET LHERITIER |
Vu les procédures suivantes :
I. Sous le n° 2100160, par une requête et un mémoire, enregistrés le 8 février 2021 et le 11 août 2022, la SAS Clio Gestion, représentée par Me Lheritier, doit être regardée comme demandant au tribunal, dans le dernier état de ses écritures :
1°) de prononcer le remboursement d'une somme de 214 470 euros afférente à un crédit d'impôt sur les sociétés au titre de l'exercice clos le 31 décembre 2019 ;
2°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
La société requérante soutient que :
- les opérations de raccordement effectués par les sociétés GDSOL 49 et GDSOL 52 d'une centrale photovoltaïque au réseau public de distribution d'électricité sont des biens d'équipement amortissables selon le mode dégressif au sens de l'article 244 quater E du code général des impôts dès lors qu'elles constituent l'une des opérations de l'installation d'une centrale photovoltaïque :
- contrairement à ce qu'estime l'administration fiscale, l'achat de compresseur et de deux tracteurs et des matériels qualifiés d'unités centrales ainsi que les travaux de mise aux normes constituent un investissement initial ;
- la facture " Vox " relative à l'achat de micros et récepteurs ouvre droit au régime de l'amortissement dégressif au titre des machines de bureau ;
- les racks constituent des matériels de manutention ;
- c'est à tort que l'administration a estimé que les factures présentées par la société Kalliste bois industrie visaient à construire un bâtiment de stockage amortissable sur plus de quinze ans.
Par un mémoire en défense, enregistré le 9 juillet 2021, le directeur départemental des finances publiques de la Haute-Corse conclut au non-lieu à statuer à hauteur du remboursement de 181 100 euros intervenu en cours d'instance et au rejet du surplus des conclusions de la requête. Il soutient que les moyens soulevés par la société requérante ne sont pas fondés.
Un mémoire du directeur des finances publiques de la Haute-Corse a été enregistré le 16 septembre 2022, soit postérieurement à la clôture de l'instruction, fixée au 12 septembre 2022 par ordonnance en date du 12 août 2022.
II. Sous le n° 2101528, par une requête, enregistrée le 23 décembre 2021, la SAS Clio Gestion, représentée par Me Lheritier, doit être regardée comme demandant au tribunal :
1°) de prononcer la jonction avec sa requête n° 2100160 ;
2°) de prononcer le remboursement d'une somme de 214 470 euros afférente à un crédit d'impôt sur les sociétés au titre de l'exercice clos le 31 décembre 2019 ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
La société requérante soutient qu'en application de la règle non bis in idem, l'administration fiscale n'aurait pas dû traiter sa demande en tant que réclamation alors que cette demande, qui reprenait la même demande et les mêmes éléments que ce qui était invoqué dans l'affaire n° 2100160, faisait déjà l'objet d'un contentieux devant le tribunal administratif.
Par un mémoire en défense, enregistré le 3 mai 2022, le directeur départemental des finances publiques de la Haute-Corse conclut au rejet de la requête hormis la demande de jonction. Le directeur soutient que :
- la demande est irrecevable en tant qu'elle excède la somme de 214 470 euros ;
- il devait répondre à la nouvelle demande du 5 juillet 2021 ;
- la demande de jonction devra être accueillie ;
- à titre subsidiaire, les investissements en cause ne sont pas éligibles au crédit d'impôt en Corse.
Vu les autres pièces des dossiers.
Vu :
- le règlement (UE) n° 651/2014 de la Commission du 17 juin 2014 déclarant certaines catégories d'aides compatibles avec le marché intérieur en application des articles 107 et 108 du traité ;
- le code général des impôts et le livre des procédures fiscales ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Pierre Monnier, président ;
- et les conclusions de Mme Christine Castany, rapporteure publique.
Considérant ce qui suit :
1. La SAS Clio Gestion est un société holding tête de groupe fiscalement intégré composé notamment de la SASU GDSOL 49, de la SASU GDSOL 52, de la SASU Corstyrène, de la SASU Innostyre et de la SAS Kalliste bois industrie. Au titre de l'exercice clos le 31 décembre 2019, ces cinq filiales ont procédé à des investissements en Corse d'un montant total de 10 089 125 euros, représentant un crédit d'impôt d'un montant de 2 017 825 euros. Après avoir imputé la somme de 38 239 euros au titre de son impôt sur les sociétés dû au titre de l'exercice clos le 31 décembre 2019, la SAS Clio Gestion a adressé aux services fiscaux une demande tendant au remboursement immédiat du reliquat du crédit d'impôt sur les investissements réalisés par ses filiales au titre de l'exercice clos le 31 décembre 2019, soit un montant total de 1 979 586 euros. Par une décision du 8 décembre 2020, l'administration fiscale a admis cette réclamation à hauteur d'un montant de 1 584 016 euros mais l'a rejetée pour le surplus, soit la somme de 395 570 euros. Par la requête enregistrée le 8 février 2021, la SAS Clio Gestion a contesté cette décision. Le 5 juillet 2021, le directeur départemental des finances publiques de la Haute-Corse a fait droit à la demande de remboursement à hauteur d'un montant de 181 100 euros. Dans le dernier état de ses écritures, la SAS Clio Gestion doit être regardée comme demandant, dans sa requête enregistrée sous le n° 2100160, le remboursement d'une somme de 214 170 euros afférente à un crédit d'impôt sur les sociétés au titre de l'exercice clos le 31 décembre 2019. Par une nouvelle réclamation du 5 juillet 2021, la SAS Clio Gestion a de nouveau demandé le remboursement d'un montant de 395 570 euros de crédit d'impôt sur les investissements réalisés en Corse, au titre de l'exercice clos le 31 décembre 2019. Par la requête enregistrée sous le n° 2101528, elle conteste la décision du 18 octobre 2021 par laquelle les services fiscaux ont rejeté cette seconde réclamation. Les requêtes nos 2100160 et 2101528 présentent à juger des questions similaires et ont fait l'objet d'une instruction commune. Il y a lieu de les joindre pour statuer par un seul jugement.
Sur le moyen de la requête n° 2101528 tiré de l'application de la règle non bis in idem :
2. D'une part, en vertu de l'article 220 D du code général des impôts, le crédit d'impôt pour investissement en Corse défini à l'article 244 quater E est imputé sur l'impôt sur les sociétés dû par l'entreprise dans les conditions prévues à l'article 199 ter D. Aux termes de cet article 199 ter D : " I. Le crédit d'impôt défini à l'article 244 quater E est imputé sur l'impôt sur le revenu dû par le contribuable au titre de l'année au cours de laquelle les biens éligibles au dispositif sont acquis, créés ou loués. (..) Si le montant du crédit d'impôt excède l'impôt dû au titre de ladite année, l'excédent est utilisé pour le paiement de l'impôt sur le revenu dû au titre des neuf années suivantes. Le solde non utilisé est remboursé à l'expiration de cette période dans la limite de 50 % du crédit d'impôt et d'un montant de 300 000 euros () ".
3. D'autre part, aux termes de l'article L. 190 du livre des procédures fiscales : " Les réclamations relatives aux impôts, contributions, droits, taxes, redevances, soultes et pénalités de toute nature, établis ou recouvrés par les agents de l'administration, relèvent de la juridiction contentieuse lorsqu'elles tendent à obtenir soit la réparation d'erreurs commises dans l'assiette ou le calcul des impositions, soit le bénéfice d'un droit résultant d'une disposition législative ou réglementaire () ". Enfin, aux termes de l'article R. 198-10 du même livre : " L'administration des impôts ou l'administration des douanes et droits indirects, selon le cas, statue sur les réclamations dans le délai de six mois suivant la date de leur présentation () ".
4. La demande de remboursement d'une créance de crédit d'impôt présentée sur le fondement des dispositions de l'article 244 quater E du code général des impôts constitue une réclamation au sens de l'article L. 190 précité du livre des procédures fiscales. Il est loisible au contribuable, ainsi que la SAS Clio Gestion l'a fait, de présenter dans les délais requis une seconde réclamation même après avoir saisi le tribunal administratif du litige né du rejet de la première réclamation. Dans ce cas, l'administration fiscale, en application des dispositions de l'article R. 198-10 du livre des procédures fiscales citées au point 3, doit répondre à cette seconde réclamation, les services étant réputés l'avoir implicitement rejetée s'ils gardent le silence sur cette dernière pendant le délai de six mois. Contrairement à ce que soutient la SAS Clio Gestion, l'administration ne méconnaît pas la règle non bis in idem en rejetant cette seconde réclamation pour les mêmes motifs qu'elle avait rejeté la première alors même que le litige né de la première réclamation était pendant devant le tribunal. Par suite, le moyen susvisé doit être écarté.
Sur les conclusions à fin de remboursement :
5. Aux termes de l'article 244 quater E du code général des impôts dans sa rédaction applicable aux années d'imposition en litige : " I. 1° Les petites et moyennes entreprises relevant d'un régime réel d'imposition peuvent bénéficier d'un crédit d'impôt au titre des investissements, autres que de remplacement, financés sans aide publique pour 25 % au moins de leur montant, réalisés jusqu'au 31 décembre 2020 et exploités en Corse pour les besoins d'une activité industrielle, commerciale, artisanale, libérale ou agricole () 3° Le crédit d'impôt prévu au 1° est égal à 20 % du prix de revient hors taxes : a. Des biens d'équipement amortissables selon le mode dégressif en vertu des 1 et 2 de l'article 39 A et des agencements et installations de locaux commerciaux habituellement ouverts à la clientèle créés ou acquis à l'état neuf () ". Selon l'article 39 A de ce code : " 1. L'amortissement des biens d'équipement, autres que les immeubles d'habitation, les chantiers et les locaux servant à l'exercice de la profession, acquis ou fabriqués à compter du 1er janvier 1960 par les entreprises industrielles, peut être calculé suivant un système d'amortissement dégressif, compte tenu de la durée d'amortissement en usage dans chaque nature d'industrie. Un décret en Conseil d'Etat fixe les modalités de l'amortissement dégressif () 2. Les dispositions du 1 sont applicables dans les mêmes conditions : () 2° Aux bâtiments industriels dont la durée normale d'utilisation n'excède pas quinze années () ". Enfin, aux termes de l'article 22 de l'annexe II au même code : " Les entreprises passibles de l'impôt sur les sociétés () peuvent amortir suivant un système dégressif () les immobilisations acquises () et énumérées ci-après : Matériels et outillages utilisés pour des opérations industrielles de fabrication, de transformation ou de transport ; Matériels de manutention ; () Installations productrices de vapeur, chaleur ou énergie ; () ; Machines de bureau, à l'exclusion des machines à écrire ; () ".
En ce qui concerne la qualification d'investissement de remplacement :
6. Il résulte des dispositions de l'article 244 quater E citées au point précédent que le crédit d'impôt Corse ne saurait être accordé aux investissements autres que de remplacement, c'est-à-dire en principe ceux qui répondent à la définition de l'investissement initial prévue par le règlement (UE) n° 651/2014 de la Commission du 17 juin 2014 déclarant certaines catégories d'aides compatibles avec le marché intérieur en application des articles 107 et 108 du traité. Aux termes de l'article 2 de ce règlement : " Aux fins du présent règlement, on entend par : / () 49. " investissement initial " : / a) tout investissement dans des actifs corporels et incorporels se rapportant à la création d'un établissement, à l'extension des capacités d'un établissement existant, à la diversification de la production d'un établissement vers des produits qu'il ne produisait pas auparavant ou à un changement fondamental de l'ensemble du processus de production d'un établissement existant () ".
7. En premier lieu, il résulte de l'instruction que la société Corstyrène a fait l'acquisition, le 10 avril 2019 d'un compresseur à vis à vitesse variable de 75 kw ayant un débit de 13,15 m3/min sous 8 bars qui a remplacé le compresseur à vitesse fixe de 22 kw d'un débit de 2,8 m3/min qu'elle avait acquis en 2014 avant d'être cédé le 31 juillet 2019. Si la société fait valoir que cette modification lui a permis d'atteindre une consommation électrique plus faible et un usage plus adapté à ses productions, il ne résulte pas de l'instruction, contrairement à ce que soutient la SAS Clio Gestion, que ce nouveau compresseur ne serait pas utilisé comme le précédent. L'investissement qu'elle a ainsi réalisé doit être regardé comme un remplacement.
8. En deuxième lieu, il résulte de l'instruction que la société Corstyrène a acquis le 20 mai 2019 deux tracteurs en remplacement de deux autres tracteurs. La circonstance que l'acquisition de ces deux tracteurs permettrait d'améliorer les moyens de production est sans incidence dès lors que cette amélioration ne change pas fondamentalement l'ensemble du processus de production. La société requérante n'est donc pas fondée à soutenir que ces deux tracteurs, qui ne constituaient pas un investissement initial mais un remplacement, étaient éligibles au crédit d'impôt prévu par l'article 244 quater E du code général des impôts.
9. En troisième lieu, la SAS Clio Gestion demande à bénéficier du crédit d'impôt pour investissement en Corse au titre de travaux de mise aux normes électriques qu'elle a effectués au cours de l'année 2019 pour un montant de 63 662,34 euros HT. Toutefois, la circonstance que ces travaux auraient pour objet, comme elle le soutient, d'évaluer et d'optimiser son bilan énergétique ne permet pas de caractériser un investissement initial au sens des stipulations de l'article 2 du règlement de la Commission citée au point 6. Notamment, un tel investissement ne constitue pas un changement fondamental de l'ensemble du processus de production.
10. En quatrième et dernier lieu, la facture émise le 27 mai 2019 par la société Kalliste bois industrie pour l'achat d'unités centrales porte la mentions " remplacements d'unités centrales ". En se bornant à soutenir que l'administration fiscale ne saurait assimiler ces acquisitions a du remplacement sans caractériser l'utilisation qui a été faite de ces immobilisations, la SAS Clio Gestion n'apporte aucun élément permettant d'infirmer qu'il s'agissait d'un investissement autre qu'un remplacement.
11. Il résulte de ce qui précède que la SAS Clio Gestion n'est pas fondée à soutenir que c'est à tort que l'administration fiscale a qualifié de remplacement les investissements que la SASU Corstyrène et la SAS Kaliste bois industrie ont réalisés au cours de l'année 2019 pour un montant total de 250 445,20 euros, correspondant à un crédit d'impôt de 50 089 euros.
En ce qui concerne la condition liée au caractère dégressif de l'amortissement :
12. En premier lieu, la SAS Clio Gestion soutient que bénéficient d'un amortissement dégressif, et sont donc éligibles au crédit d'impôt, les frais de raccordements au réseau EDF des centrales photovoltaïques que les sociétés GDSOL 49 et GDSOL 52 ont exposés, pour des montants de respectivement 390 000 euros et 380 000 euros, en exécution de contrats de raccordement que ces deux sociétés ont conclu avec la société générale du solaire. Toutefois, faute de fournir des factures ou les conventions de raccordement précisant quels sont les travaux réalisés, la société requérante n'apporte aucun élément probant à l'appui de son affirmation selon laquelle le matériel, qui est nécessaire au processus de production d'électricité, entre dans la catégorie des matériels et outillages utilisés pour des opérations industrielles de fabrication, de transformation et de transport énoncée à l'article 22 de l'annexe II au code général des impôts et que c'est à tort que l'administration fiscale avait considéré que les immobilisations en cause ne pouvaient être assimilées à des installations productrices d'énergie au sens du même article.
13. En deuxième lieu, la facture d'un montant de 1 902,10 euros émise par la société italienne Vox porte la mention manuscrite " Micro pour visite usine " et " linéaire 5 ans ". En se bornant à affirmer que ces immobilisations servent également d'avertisseur, la SAS Clio Gestion ne contredit pas sérieusement l'affirmation de l'administration fiscale selon laquelle cet investissement n'est pas assimilable à une machine de bureau au sens des dispositions de l'article 22 de l'annexe II au code général des impôts.
14. En troisième lieu, en se bornant à affirmer que les racks sont " traditionnellement " considérés comme des matériels de manutention, la SAS Clio Gestion ne contredit pas sérieusement l'affirmation de l'administration fiscale selon laquelle les racks de stockage, dont l'objet est de permettre le rangement des planches de bois produites par la société Kalliste bois industrie et non leur livraison ou leur transport, ne constituent pas un matériel de manutention.
15. En quatrième et dernier lieu, il résulte de l'instruction que l'administration fiscale a refusé le remboursement de factures relatives à des travaux de terrassements, de systèmes de rayonnages à bras portants extrêmement résistants et ayant une grande longévité, et de pose de couvertures en estimant qu'elles étaient afférentes à la construction d'un hangar de stockage dont la durée normale d'utilisation excède quinze années. La société requérante n'apporte aucun élément de preuve tel que des photographies ou le permis de construire, permettant de contredire cette affirmation de l'administration fiscale.
16. Il résulte de ce qui précède que, sans qu'il soit besoin d'examiner la fin de non-recevoir opposée par l'administration fiscale, les requêtes de la SAS Clio Gestion ne peuvent qu'être rejetées, y compris leurs conclusions au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er : Les requêtes n° 2100160 et n° 2101528 de la SAS Clio Gestion sont rejetées.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à la SAS Clio Gestion et au directeur départemental des finances publiques de la Haute-Corse.
Délibéré après l'audience du 7 février 2023, à laquelle siégeaient :
M. Pierre Monnier, président ;
M. Jan Martin, premier conseiller ;
Mme Pauline Muller, conseillère.
Rendu public par mise à disposition du greffe le 23 février 2023.
Le président,
Signé
P. MONNIER
L'assesseur le plus ancien
dans l'ordre du tableau,
signé
J. MARTINLa greffière,
Signé
H. MANNONI
La République mande et ordonne au ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
H. MANNONI
Nos 2100160 et 2101528
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026