jeudi 23 février 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Bastia |
| Section | Tribunal Administratif de Bastia |
| N° Dossier | TA20-2100203 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | 1ère chambre |
| Avocat requérant | SCP RIBAUT-PASQUALINI |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 19 février 2021, M. B A, représenté par Me Ribaut-Pasqualini, demande au tribunal :
1°) de condamner l'administration à lui verser la somme de 5 000 euros en réparation du préjudice moral résultant de l'illégalité de la décision du 3 août 2018 par laquelle la commission de discipline du centre de détention de Casabianda a prononcé à son encontre une sanction de quatre jours de mise en cellule disciplinaire ;
2°) de mettre à la charge de l'Etat au profit de son conseil la somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 75-1 de la loi du 10 juillet 1991 sous réserve que son conseil se désiste de sa demande d'aide juridictionnelle.
Le requérant soutient que la décision illégale de la commission de discipline du 3 août 2018 le plaçant en cellule disciplinaire a entraîné son transfert vers un autre centre pénitentiaire, alors qu'il était sur le point d'être libéré, lui causant ainsi un préjudice moral.
Par un mémoire en défense, enregistré le 21 avril 2022, le garde des sceaux, ministre de la justice, conclut au rejet de la requête. Le ministre fait valoir que le moyen de la requête n'est pas fondé.
Vu :
- la décision du 28 janvier 2021 par laquelle le bureau d'aide juridictionnelle du tribunal judiciaire de Bastia a accordé à M. A le bénéfice de l'aide juridictionnelle totale ;
- les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de procédure pénale ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le décret n° 2020-1717 du 28 décembre 2020 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Jan Martin, premier conseiller ;
- les conclusions de Mme Christine Castany, rapporteure publique ;
- et les observations de Me Ribaut-Pasqualini, avocat de M. A.
Considérant ce qui suit :
1. A la suite d'un incident survenu le 30 juillet 2018, M. A, alors détenu au centre pénitentiaire de Casabianda, s'est vu infliger une sanction de quatre jours de mise en cellule disciplinaire. Par le jugement n° 1801175 du 7 juillet 2020, devenu définitif, le tribunal a annulé la décision implicite né du silence gardé par le directeur interrégional des services pénitentiaires de Marseille sur le recours hiérarchique de M. A contre cette sanction. Par une lettre notifiée le 2 octobre 2020, M. A a présenté une réclamation indemnitaire préalable à l'administration qui n'y a pas répondu. M. A demande au tribunal de condamner l'Etat à lui verser la somme de 5 000 euros en réparation du préjudice moral résultant de l'illégalité de la décision de sanction.
2. Lorsqu'une personne sollicite le versement d'une indemnité en réparation du préjudice subi du fait de l'illégalité, pour un vice de procédure, de la décision lui infligeant une sanction, il appartient au juge de plein contentieux, saisi de moyens en ce sens, de déterminer, en premier lieu, la nature de cette irrégularité procédurale puis, en second lieu, de rechercher, en forgeant sa conviction au vu de l'ensemble des éléments produits par les parties, si, compte tenu de la nature et de la gravité de cette irrégularité procédurale, la même décision aurait pu être légalement prise, s'agissant tant du principe même de la sanction que de son quantum, dans le cadre d'une procédure régulière.
3. En l'espèce, la commission de discipline a infligé à M. A la sanction de quatre jours de mise en cellule disciplinaire pour menaces et insultes à l'encontre d'un autre détenu. Par le jugement précité du 7 juillet 2020, le tribunal a annulé cette sanction au motif que les droits de la défense avaient été méconnus, la nature et la qualification des faits reprochés au détenu ayant été modifiées entre la décision de poursuite et la décision de sanction. Or, il résulte de l'instruction, il n'est d'ailleurs pas contesté par M. A, que cette sanction aurait pu être légalement prise, tant dans son principe que dans son quantum, à la suite d'une procédure régulière, sur le fondement des dispositions alors en vigueur des articles R. 57-7-2 et R. 57-7-47 du code de procédure pénale. Dans ces conditions, le préjudice qu'aurait subi le requérant du fait de l'illégalité de cette sanction ne peut être regardé comme la conséquence du vice dont cette décision était entachée.
4. Il résulte de ce qui précède que les conclusions indemnitaires de M. A doivent être rejetées, y compris les conclusions présentées au titre des frais non compris dans les dépens.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. A est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. B A et au garde des sceaux, ministre de la justice.
Délibéré après l'audience du 7 février 2023, à laquelle siégeaient :
M. Pierre Monnier président ;
M. Jan Martin, premier conseiller ;
Mme Pauline Muller, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 23 février 2023.
Le rapporteur,
Signé
J. MARTIN
Le président,
Signé
P. MONNIER
La greffière,
Signé
H. MANNONI
La République mande et ordonne au garde des sceaux, ministre de la justice, en ce qui la concerne et à tous les commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
H. MANNONI
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026