mardi 14 mars 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Bastia |
| Section | Tribunal Administratif de Bastia |
| N° Dossier | TA20-2100238 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | 1ère chambre |
| Avocat requérant | BLONDIO-MONDOLONI |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire complémentaire, enregistrés les 3 et 4 mars 2021, M. B A, représenté par Me Blondio-Mondoloni, demande au tribunal :
1°) d'annuler les titres exécutoires en date des 15 octobre 2011, 31 août 2011, 30 septembre 2011, 15 octobre 2012, 31 août 2012, 30 septembre 2012, 30 septembre 2013, 31 août 2013, mentionnés dans la saisie administrative à tiers détenteur (SATD) n° 2100023 pour un montant total de 8 679 euros ;
2°) d'annuler le titre exécutoire en date du 31 octobre 2016 mentionné dans la SATD n° 2100025 pour un montant de 161 euros ;
3°) d'annuler les titres exécutoires en date des 31 octobre 2013, 31 décembre 2014, 31 août 2014, 31 octobre 2014, 31 août 2015, 30 septembre 2015, 31 août 2016, 31 octobre 2016, mentionnés dans la SATD n° 2100020 pour un montant total de 8 853 euros ;
4°) d'annuler les actes de recouvrement subséquents et notamment les SATD n°s 2100020, 2100023, 2100025, 2000006, 2100021, 2600003, 2000005, 2600002, 2100024, 2000004, 2600001, 2100019, 2600004, 2100026 et 2100022 ;
5°) d'annuler la décision du 4 janvier 2021 par laquelle la direction régionale des finances publiques de Corse et du département de la Corse-du-Sud a rejeté sa réclamation en date du 4 décembre 2020 ;
6°) d'ordonner la main levée de la SATD opérée les 17 et 19 novembre 2020 sur ses comptes ;
7°) d'enjoindre à la direction des finances publiques de lui rembourser la somme de 17 693 euros au principal augmentées des frais, soit une somme de 19 739,30 euros, sous astreinte de 150 euros par jour de retard à compter de la notification du jugement à intervenir ;
8°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 3 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, ainsi que la somme de 35 euros sur le fondement de l'article R. 761-1 du code de justice administrative.
Le requérant soutient que :
- la procédure est entachée d'une irrégularité substantielle dès lors qu'aucun titre exécutoire et aucun acte de recouvrement comportant les mentions obligatoires de l'émetteur du titre de recettes, de la liquidation de la créance et des voies de recours, ne lui a été notifié ;
- les sommes ne sont pas exigibles et celles retenues sur le fondement des titres exécutoires des années 2011, 2012, 2013, 2014, 2015 et 2016 sont prescrites.
Vu les autres pièces du dossier.
Les parties ont été informées, en application de l'article R. 611-7 du code de justice administrative, de ce que le jugement était susceptible d'être fondé sur les moyens relevés d'office suivants :
- incompétence de la juridiction administrative pour ordonner la main levée et pour statuer sur les moyens tirés de l'irrégularité en la forme des actes de recouvrement ;
- irrecevabilité du moyen d'exigibilité tiré de l'absence de notification du titre exécutoire dès lors que ce fait n'avait pas été présenté dans la réclamation préalable ainsi que l'exigent les dispositions de l'article R. 281-5 du livre des procédures fiscales ;
- irrecevabilité des conclusions dirigées contre les avis de mise en recouvrement dans le cadre d'un litige présenté sur le fondement de l'article L. 281 du livre des procédures fiscales ;
- irrecevabilité des conclusions à fin de décharge, faute de réclamation préalable ;
- irrecevabilité des conclusions tendant à l'annulation de la décision du 4 janvier 2021 statuant sur la réclamation du 4 décembre 2020 ;
- irrecevabilité des conclusions dirigées contre les saisies administratives à tiers détenteur émises auprès de la Banque postale faute d'un intérêt donnant qualité pour agir.
La directrice régionale des finances publiques de Corse et du département de la Corse-du-Sud a répondu par un mémoire en défense, enregistré le 21 novembre 2022, lequel a été présenté postérieurement à la clôture de l'instruction, fixée au 12 août 2022 par ordonnance en date du 11 juillet 2022.
Par un mémoire, enregistré le 29 novembre 2022, M. A a présenté des observations en réponse à cette mesure d'information.
Vu :
- le code général des impôts et le livre des procédures fiscales ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Pierre Monnier, président ;
- les conclusions de Mme Christine Castany, rapporteure publique ;
- et les observations de Me Blondio-Mondoloni, avocate de M. A.
Considérant ce qui suit :
1. M. A a été destinataire de 16 correspondances, datées des 17 et 19 novembre 2020, valant notification de saisies administratives à tiers détenteur (SATD) auprès de l'agent comptable de l'établissement national des invalides de la marine (ENIM), de la Banque postale, de la banque Société générale ainsi que de la compagnie d'assurance vie et de capitalisation (SOGECAP) de cette dernière banque, pour quatre créances fiscales portant sur des montants de 166 euros, 6 822 euros, 8 853 euros et 8 679 euros. Par une lettre en date du 4 décembre 2020, M. A a adressé au directeur régional des finances publiques de Corse et du département de la Corse-du-Sud un mémoire en réclamation portant sur les quatre SATD n°s 2100019, 21000020, 21000021 et 21000022 émis auprès de la banque Société générale. L'administration fiscale a rejeté cette opposition à poursuite par une décision en date du 4 janvier 2021.
2. Aux termes de l'article L. 273 A du livre des procédures fiscales : " I. Les créances de l'Etat ou celles qu'il est chargé de recouvrer pour le compte de tiers sur la base d'un titre de perception délivré par lui en application de l'article L. 252 A peuvent être recouvrées par voie de saisie à tiers détenteur./ La saisie à tiers détenteur est notifiée, avec mention des voies et délais de recours, au débiteur ainsi qu'aux personnes physiques ou morales qui détiennent des fonds pour son compte, qui ont une dette envers lui ou qui lui versent une rémunération () ". L'article L. 281 du même livre prévoit que : " Les contestations relatives au recouvrement des impôts, taxes, redevances et sommes quelconques dont la perception incombe aux comptables publics compétents mentionnés à l'article L. 252 doivent être adressées à l'administration dont dépend le comptable qui exerce les poursuites. Les contestations relatives au recouvrement ne peuvent pas remettre en cause le bien-fondé de la créance. Elles peuvent porter : 1° Soit sur la régularité en la forme de l'acte ; 2° Soit sur l'existence de l'obligation de payer, sur le montant de la dette compte tenu des paiements effectués, sur l'exigibilité de la somme réclamée, ou sur tout autre motif ne remettant pas en cause l'assiette et le calcul de l'impôt. Les recours contre les décisions prises par l'administration sur ces contestations sont portés dans le cas prévu au 1°, devant le juge de l'exécution. Dans le cas prévu au 2, ils sont portés : a) Pour les créances fiscales, devant le juge de l'impôt tel qu'il est prévu à l'article L. 199 ( )". Enfin, aux termes de l'article R. 281-4 de ce livre : " Le chef de service se prononce dans un délai de deux mois à partir du dépôt de la demande, dont il doit accuser réception. / Si aucune décision n'a été prise dans ce délai ou si la décision rendue ne lui donne pas satisfaction, le redevable doit, à peine de forclusion, porter l'affaire devant le juge compétent tel qu'il est défini à l'article L. 281. Il dispose pour cela de deux mois à partir : / a) soit de la notification de la décision du chef de service ; / b) soit de l'expiration du délai de deux mois accordé au chef de service pour prendre sa décision. / La procédure ne peut, à peine d'irrecevabilité, être engagée avant ces dates. / Elle doit être dirigée contre le comptable chargé du recouvrement ".
Sur la compétence de la juridiction administrative :
3. Il résulte des dispositions de l'article L. 281 du livre des procédures fiscales citées au point précédent que seul le juge de l'exécution est compétent pour se prononcer sur la régularité en la forme d'un acte de poursuite et apprécier la manière dont les poursuites sont menées à bien. Par suite, les conclusions de la requête demandant l'annulation des SATD des 17 et 19 novembre 2020 et des actes de poursuite antérieurs en raison de leur irrégularité en la forme et tendant à ce que soit ordonnée la main levée des sommes éventuellement saisies sont entachées d'incompétence.
Sur la recevabilité :
En ce qui concerne les conclusions tendant à l'annulation des titres exécutoires :
4. Aux termes de l'article L. 190 du livre des procédures fiscales : " Les réclamations relatives aux impôts, contributions, droits, taxes, redevances, soultes et pénalités de toute nature, établis ou recouvrés par les agents de l'administration, relèvent de la juridiction contentieuse lorsqu'elles tendent à obtenir soit la réparation d'erreurs commises dans l'assiette ou le calcul des impositions, soit le bénéfice d'un droit résultant d'une disposition législative ou réglementaire () " et selon les dispositions de l'article R. 190-1 du même livre, le contribuable qui désire contester tout ou partie d'un impôt qui le concerne doit d'abord adresser une réclamation à l'administration fiscale.
5. Les avis de mise en recouvrement, titres exécutoires mentionnés dans les SATD, constituent le dernier acte de la procédure d'assiette. Leur contestation s'analyse en une remise en cause du bien-fondé de l'imposition et n'est donc pas recevable à l'appui d'une opposition aux poursuites. Elle relève de la seule compétence du juge de l'impôt, selon les dispositions des articles L 190. et R 190-1. du livre des procédures fiscales citées au point précédent. Du reste, la requête ne comporte aucun moyen tendant à contester le bien-fondé des impositions et n'a pas été précédée de la réclamation prévue à l'article R. 190-1 du livre des procédures fiscales. Par suite, les conclusions tendant à l'annulation des avis de mise en recouvrement sont en tout état de cause irrecevables.
En ce qui concerne les conclusions tendant à l'annulation des actes de recouvrement subséquents et notamment les SATD n°s 2100020, 2100023, 2100025, 2000006, 2100021, 2600003, 2000005, 2600002, 2100024, 2000004, 2600001, 2100019, 2600004, 2100026 et 2100022 :
6. Il résulte des dispositions citées au point 2 que la requête dirigée contre un acte de recouvrement, notamment une SATD, est irrecevable faute de contestation préalable auprès du comptable compétent. Il résulte de l'instruction que le requérant n'a formé une opposition à poursuite auprès du comptable qu'à l'encontre des SATD n°s 2100019, 2100020, 2100021 et 2100022 émises le 19 novembre 2020 auprès de la banque Société générale. En l'absence de contestation préalable auprès du comptable, procédure qui ne saurait être régularisée en cours d'instance, la requête est entachée d'irrecevabilité en tant qu'elle vise d'autres actes de recouvrement que les SATD n°s 2100019, 2100020, 2100021 et 2100022 émises le 19 novembre 2020 auprès de la banque Société générale.
En ce qui concerne les conclusions tendant à l'annulation de la décision du 4 janvier 2021 par laquelle la direction régionale des finances publiques de Corse et du département de la Corse-du-Sud a rejeté la réclamation en date du 4 décembre 2020 :
7. Les décisions par lesquelles l'administration statue sur les réclamations préalables des contribuables ne constituent pas des actes détachables de la procédure de recouvrement. Elles ne peuvent, en conséquence, être déférées à la juridiction administrative par la voie du recours pour excès de pouvoir et ne peuvent faire l'objet de recours contentieux qu'au titre de la procédure fixée par les articles L. 281, R. 281 et suivants du livre des procédures fiscales. Dès lors, les conclusions de M. A tendant à l'annulation ou à la réformation de la décision par laquelle la direction des finances publiques de Corse et du département de la Corse-du-Sud a statué sur sa réclamation préalable, sont irrecevables.
En ce qui concerne le moyen tiré de ce que la dette ne serait pas exigible faute de notification des titres exécutoires :
8. Aux termes des dispositions du premier alinéa l'article R. 281-5 du livre des procédures fiscales : " Le juge se prononce exclusivement au vu des justifications qui ont été présentées au chef de service. Les redevables qui l'ont saisi ne peuvent ni lui soumettre des pièces justificatives autres que celles qu'ils ont déjà produites à l'appui de leurs mémoires, ni invoquer des faits autres que ceux exposés dans ces mémoires ". Si ces dispositions ne font pas obstacle à ce que le contribuable soulève devant le tribunal administratif, jusqu'à la clôture de l'instruction, des moyens de droit nouveaux, c'est à la condition que ces derniers n'impliquent pas l'appréciation de pièces justificatives ou de circonstances de fait qu'il lui eût appartenu de produire ou d'exposer dans sa demande au chef de service.
9. M. A soutient que la dette visée par les SATD contestées n'est pas exigible faute de notification préalable de titres exécutoires. Toutefois, s'il se prévaut dans sa réclamation préalable de l'irrégularité en la forme des SATD faute d'avoir au préalable effectué des mises en demeure et sans avoir fait parvenir un courrier indiquant l'avis à tiers détenteur, il n'a pas entendu ainsi se prévaloir du fait qu'aucun avis de mise en recouvrement ne lui avait été notifié. Par suite, le moyen de sa requête tiré du défaut d'exigibilité est fondé sur un fait, l'absence d'avis de mise en recouvrement valant titre exécutoire, qui n'était pas exposé dans la réclamation. Par suite, ce moyen doit être écarté comme irrecevable.
Sur le surplus des conclusions et des moyens de la requête :
En ce qui concerne les conclusions tendant à la décharge de l'obligation de payer résultant des SATD du 19 novembre 2020 émises auprès de la banque Société générale :
10. Aux termes de l'article L. 274 du livre des procédures fiscales : " Les comptables publics des administrations fiscales qui n'ont fait aucune poursuite contre un redevable pendant quatre années consécutives à compter du jour de la mise en recouvrement du rôle ou de l'envoi de l'avis de mise en recouvrement sont déchus de tous droits et de toute action contre ce redevable () ".
11. Le requérant soutient que sa dette fiscale est éteinte par l'effet de la prescription encourue par le comptable qui n'entreprend aucune poursuite pendant quatre années consécutives, en vertu des dispositions de l'article L. 274 du livre des procédures fiscales précitées de la mise en recouvrement des impositions, faute pour l'administration fiscale de justifier d'un acte interruptif de prescription.
12. En premier lieu, la SATD n° 2100022 du 19 novembre 2020, d'un montant de 166 euros, correspond à une taxe d'habitation de l'année 2019 mise en recouvrement le 31 octobre 2019. Par suite, le moyen tiré de la prescription ne saurait être accueilli pour cette SATD.
13. En deuxième lieu, s'agissant de la SATD n° 2100021 d'un montant de 6 822 euros, il résulte de l'instruction que seule la cotisation non majorée, d'un montant de 146 euros, mise en recouvrement le 31 octobre 2016, relative à la taxe d'habitation enrôlée sous le n°16/78001, a été mise en recouvrement plus de quatre ans avant le 19 novembre 2020. Par suite, M. A n'est fondé à demander la décharge de l'obligation de payer cette SATD qu'à hauteur d'un montant de 146 euros.
14. En troisième lieu, s'agissant de la SATD n° 2100020 d'un montant de 8 853 euros, il résulte de l'instruction que seule la majoration de 103 euros, mise en recouvrement le 15 décembre 2016, relative à la taxe d'habitation enrôlée sous le n°16/78001, n'est pas frappée par la prescription quadriennale. Par suite, M. A est seulement fondé à demander la décharge de l'obligation de payer cette SATD à hauteur de 8 750 euros.
15. En quatrième et dernier lieu, s'agissant de la SATD n° 2100019 d'un montant de 8 679 euros, il résulte de l'instruction que la mise en recouvrement la plus tardive des cotisations y afférentes, celle relative à la majoration de 125 euros au titre de la taxe foncière de l'année 2013, date du 15 octobre 2013. Dans ces conditions, M. A est fondé à soutenir que les cotisations restant en litige doivent être regardées comme atteintes de prescription.
16. Il résulte de ce qui précède que M. A est seulement fondé à demander à être déchargé de l'obligation de payer un montant de 17 575 euros, correspondant au total des sommes de 146 euros, de 8 750 euros et de 8 679 euros procédant, respectivement des SATD n°s 2100021, 2100020 et 2100019, délivrées le 19 novembre 2020 à la banque Société générale.
En ce qui concerne les conclusions à fin de remboursement sous astreinte :
17. Il résulte de l'instruction qu'en exécution des SATD n°s 2100022, 2100021, 2100020 et 2100019, la somme de 1 497,12 euros a été prélevée sur le compte de M. A à la Banque Société générale. Toutefois, dès lors que M. A reste redevable de la somme de 6 827 euros au titre de cotisations non prescrites, il n'y a pas lieu de faire droit à sa demande de remboursement.
Sur les frais liés au litige :
18. En premier lieu, il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de l'Etat une quelconque somme au titre des frais exposés par M. A et non compris dans les dépens.
19. En second lieu, la présente instance n'ayant pas donné lieu à dépens, les conclusions de M. A au titre de l'article R. 761-1 du code de justice administrative ne sauraient être accueillies.
D E C I D E :
Article 1er : M. A est déchargé de l'obligation de payer résultant de la saisie administrative à tiers détenteur n° 2100019 émise le 19 novembre 2020 auprès de la banque Société générale pour un montant total de 8 679 euros.
Article 2 : M. A est déchargé, à hauteur d'un montant de 8 750 euros, de l'obligation de payer résultant de la saisie administrative à tiers détenteur n° 2100020 émises le 19 novembre 2020 auprès de la banque Société générale.
Article 3 : M. A est déchargé, à hauteur d'un montant de 146 euros, de l'obligation de payer résultant de la saisie administrative à tiers détenteur n° 2100021 émises le 19 novembre 2020 auprès de la banque Société générale.
Article 4 : Le surplus des conclusions de la requête de M. A est rejeté.
Article 5 : Le présent jugement sera notifié à M. B A et à la directrice régionale des finances publiques de la Corse et du département de la Corse-du-Sud.
Délibéré après l'audience du 21 février 2023, à laquelle siégeaient :
M. Pierre Monnier, président ;
M. Jan Martin, premier conseiller ;
M. Hanafi Halil, conseiller.
Rendu public par mise à disposition du greffe le 14 mars 2023.
Le président-rapporteur,
Signé
P. MONNIER
L'assesseur le plus ancien
dans l'ordre du tableau,
signé
J. MARTIN La greffière,
Signé
H. MANNONI
La République mande et ordonne au ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
H. MANNONI
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026