mardi 10 décembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Bastia |
| Section | Tribunal Administratif de Bastia |
| N° Dossier | TA20-2100271 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | 1ère chambre |
| Avocat requérant | GIANSILY |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et des mémoires, enregistrés le 11 mars 2021, les 4 mars et 12 avril 2022, les 27 mars et 28 juin 2023 et le 22 août 2024, Mme B A, représentée par Me Giansily, demande au tribunal :
1°) de condamner le centre hospitalier de Bastia à lui verser la somme de 18 739,50 euros au titre de l'indemnité de précarité qu'elle estime lui être due pour la période allant du mois de janvier 2017 au mois de janvier 2021, assortie des intérêts au taux légal à compter de la réception de sa réclamation préalable, le 7 décembre 2020 et, de la capitalisation des intérêts ;
2°) de mettre à la charge du centre hospitalier de Bastia la somme de 2 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- le centre hospitalier de Bastia était tenu de lui verser les indemnités de fin de contrat en application des dispositions combinées des articles R. 6152-418 du code de la santé publique et L. 1243-8 du code du travail ;
- elle est fondée à obtenir le paiement de la somme de 18 739, 50 euros correspondant à 10% de la somme de 187 394,29 euros de rémunération brute perçue du centre hospitalier de Bastia pour la période allant du mois de janvier 2017 au mois de janvier 2021 ;
- la somme au paiement de laquelle le centre hospitalier de Bastia doit être condamné est indemnitaire et ne doit être soumise ni aux cotisations sociales ni à aucune retenue.
Par des mémoires en défense, enregistrés les 3 mars et 21 avril 2022 et le 29 juin 2023, le centre hospitalier de Bastia, représenté par Me Canazzi, conclut, dans le dernier état de ses écritures, à titre principal, au non-lieu à statuer à hauteur de 16 733,54 euros, au rejet du surplus des conclusions de la requête et à ce que la somme de 1 500 euros soit mise à la charge du centre hospitalier de Bastia au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il fait valoir que :
- il a procédé au paiement de la somme de 16 733,54 euros en exécution de l'ordonnance n° 2100439 du 23 juillet 2021 du juge des référés du tribunal qui, sur le fondement des dispositions de l'article R. 541-1 du code de justice administrative, l'a condamné à verser ladite somme à titre de provision, assortie des intérêts au taux légal à compter du 8 décembre 2020, cette ordonnance ayant été confirmée par l'ordonnance n° 21MA03025 et 21MA03266 du 18 novembre 2021 du juge des référés de la cour administrative d'appel de Marseille ;
- s'agissant des indemnités de fin de contrat pour la période postérieure au 30 septembre 2020, le contrat conclu le 6 octobre 2020 est en cours de prolongation par avenants et n'a donc pas pris fin de telle sorte qu'il ne peut faire l'objet d'une demande de paiement au titre de l'indemnité de précarité ;
- à titre subsidiaire, la somme au paiement de laquelle le centre hospitalier de Bastia pourrait être condamné est une créance de rémunération et doit être soumise aux cotisations sociales et à l'impôt sur le revenu.
L'affaire a été renvoyée de l'audience du 27 juin 2023 à celle du 21 novembre 2024.
Vu :
- l'ordonnance n° 2100439 du juge des référés du tribunal du 23 juillet 2021 ;
- l'ordonnance n° 21MA03205, 21MA03266 du juge des référés de la cour administrative d'appel de Marseille du 18 novembre 2021 ;
- les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de la santé publique ;
- le code du travail ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Zerdoud ;
- les conclusions de Mme Castany, rapporteure publique ;
- les observations de Me Muscatelli substituant Me Giansily, avocat de Mme A.
Considérant ce qui suit :
1. Mme A a été recrutée par le centre hospitalier de Bastia en qualité de praticien hospitalier contractuel, à temps plein, au sein du pôle " urgences et soins continus " de l'unité fonctionnelle des urgences, par un premier contrat conclu le 26 décembre 2016, pour une durée de trois mois à compter du 1er janvier 2017. Ce contrat a été renouvelé du 1er avril 2017 au 30 juin 2017 puis du 1er juillet au 30 septembre 2017 puis prolongé par avenants successifs jusqu'au 31 mars 2019. Un nouveau contrat à durée déterminée, à temps partiel, conclu le 19 décembre 2019, au sein de la même unité fonctionnelle, sera prolongé par avenants jusqu'au 5 octobre 2020. Enfin, le 30 septembre 2020, un nouveau contrat à durée déterminée était conclu et sera prolongé jusqu'au 30 juin 2022. Par un courrier reçu le 7 décembre 2020, Mme A a demandé au centre hospitalier de Bastia de lui verser les indemnités de précarité qu'elle estime lui être dues pour la période allant du mois de janvier 2017 au mois de janvier 2021. Une décision implicite de rejet est née du silence gardé par l'administration sur cette demande. Mme A demande au tribunal de condamner le centre hospitalier de Bastia à lui verser la somme de 18 739,50 euros au titre de l'indemnité de précarité qu'elle estime lui être due pour la période allant du mois de janvier 2017 au mois de janvier 2021, assortie des intérêts au taux légal à compter de la réception de sa réclamation préalable et de la capitalisation des intérêts.
Sur l'exception de non-lieu à statuer :
2. Les décisions du juge des référés sont exécutoires et, en vertu de l'autorité qui s'attache aux décisions de justice, obligatoires et n'ont pas, au principal, l'autorité de la chose jugée. Ainsi en application des dispositions de l'article R. 541-1 du code de justice administrative, la décision par laquelle le juge des référés accorde une provision, a le caractère provisoire d'une mesure prononcée en référé, et ne s'impose pas à la juridiction éventuellement saisie du litige au principal. Il incombe en effet au juge du fond, éventuellement saisi, de statuer tant sur le principe que, le cas échéant, sur le montant de la dette. Par suite, la circonstance que le centre hospitalier de Bastia a versé la somme de 16 733, 54 euros à titre de provision, en exécution de l'ordonnance n° 2100439 du 23 juillet 2021 du juge des référés du tribunal, ne rend pas sans objet la requête de Mme A en ce qu'elle tend au versement des indemnités de fin de contrat qu'elle estime lui être dues pour la période antérieure au 30 septembre 2020. Par suite, l'exception de non-lieu soulevée en défense ne peut, en tout état de cause, qu'être écartée.
Sur les conclusions tendant au versement des indemnités de fin de contrat :
3. Aux termes de l'article L. 1243-8 du code du travail, rendu applicable aux praticiens contractuels par l'article R. 6152-418 du code de la santé publique : " Lorsque, à l'issue d'un contrat de travail à durée déterminée, les relations contractuelles de travail ne se poursuivent pas par un contrat à durée indéterminée, le salarié a droit, à titre de complément de salaire, à une indemnité de fin de contrat destinée à compenser la précarité de sa situation. / Cette indemnité est égale à 10 % de la rémunération totale brute versée au salarié. / Elle s'ajoute à la rémunération totale brute due au salarié. Elle est versée à l'issue du contrat en même temps que le dernier salaire et figure sur le bulletin de salaire correspondant ".
4. Il résulte des dispositions de l'article L. 1243-8 du code du travail, citées au point précédent, que l'indemnité de fin de contrat doit être versée à la fin de chaque contrat. Il résulte de l'instruction que Mme A a bénéficié d'un premier contrat à durée déterminée conclu le 26 décembre 2016 pour une durée de trois mois à compter du 1er janvier 2017, puis d'un deuxième contrat conclu pour une durée de trois mois du 1er avril 2017 au 30 juin 2017 et d'un troisième contrat conclu du 1er juillet 2017 au 30 septembre 2017 et prolongé par avenants jusqu'au 31 mars 2019. Enfin, un nouveau contrat à durée déterminée a été conclu le 19 septembre 2019 à compter du 6 janvier 2020 prolongé par avenants jusqu'au 5 octobre 2020. En sa qualité de praticien hospitalier contractuel relevant des dispositions précitées du code de la santé publique, Mme A dont les relations de travail avec le centre hospitalier de Bastia ne se sont pas poursuivies par un contrat de travail à durée indéterminée, est dès lors fondée à solliciter la condamnation du centre hospitalier de Bastia à lui verser les indemnités de fin de contrat relatives à l'expiration des contrats conclus pour la période allant du 1er janvier 2017 au 5 octobre 2020. Mme A, qui sollicite la condamnation du centre hospitalier de Bastia à lui verser l'indemnité de fin de contrat qu'elle estime lui être due pour la période allant du mois de janvier 2017 au mois de janvier 2021, n'est toutefois pas fondée à solliciter la condamnation de ce dernier à lui verser une indemnité de fin de contrat s'agissant du contrat à durée déterminée conclu le 30 septembre 2020 à compter du 6 octobre 2020 qui a fait l'objet d'une prolongation par avenants jusqu'au 30 juin 2022.
5. Le second alinéa de l'article L. 1243-8 du code du travail dispose que l'indemnité de fin de contrat est égale à 10 % de la rémunération totale brute versée. Il résulte de l'instruction que la rémunération totale brute versée à Mme A s'élève à 19 064,64 euros au titre du contrat du 26 décembre 2016 ayant pris fin le 31 mars 2017, à 21 519,94 euros au titre du contrat du 9 mars 2017 ayant pris fin le 30 juin 2017, à 112 435,43 euros au titre du contrat signé le 30 juin 2017 prolongé par trois avenants et à 28 669,72 euros au titre du contrat signé le 19 décembre 2019 ayant pris fin le 5 octobre 2020. Les indemnités de fin de contrat correspondantes sont ainsi fixées respectivement à 1 906,46 euros, à 2 151,99 euros, à 11 243,54 euros et à 2 866,97 euros.
6. Il résulte de ce qui précède que Mme A est fondée à demander la condamnation du centre hospitalier de Bastia à lui verser des indemnités de fin de contrat équivalentes à 10% de la rémunération totale brute perçue pour les contrats à durée déterminée conclus pour la période allant du 1er janvier 2017 au 5 octobre 2020, soit une somme totale de 18 168,96 euros, cette somme constituant une créance de rémunération sera soumise aux cotisations salariales et à l'impôt sur le revenu. La provision d'un montant de 16 733,54 versée suite à l'ordonnance du tribunal en date du 23 juillet 2021, confirmée par celle de la cour administrative d'appel de Marseille, en date du 18 novembre 2021, doit en être déduite.
Sur les intérêts et la capitalisation des intérêts :
7. L'indemnité allouée à Mme A doit être augmentée des intérêts au taux légal à compter du 7 décembre 2020, date de réception de sa réclamation indemnitaire. La capitalisation des intérêts a été demandée le 11 mars 2021. Il y a lieu de faire droit à cette demande à compter du 11 mars 2022, date à laquelle était due, pour la première fois, une année d'intérêts, ainsi qu'à chaque échéance annuelle à compter de cette date.
Sur les frais liés au litige :
8. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de Mme A, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance, la somme que le centre hospitalier de Bastia demande au titre des frais exposés et non compris dans les dépens. Il y a lieu, en revanche, de faire application de ces dispositions et de mettre à la charge du centre hospitalier de Bastia une somme de 1 500 euros au titre des frais exposés par Mme A et non compris dans les dépens.
D E C I D E :
Article 1er : Le centre hospitalier de Bastia est condamné à verser à Mme A la somme de 18 168,96 euros au titre des indemnités de fin de contrat, déduction devant être faite, d'une part, de la provision de 16 733,54 euros versée et, d'autre part, du montant des cotisations sociales devant être prélevées sur cette somme, pour le calcul duquel la requérante est renvoyée devant le centre hospitalier.
Article 2 : Cette somme sera assortie des intérêts au taux légal à compter du 7 décembre 2020. Les intérêts échus à la date du 11 mars 2022 puis à chaque échéance annuelle à compter de cette date seront capitalisés à chacune de ces dates pour produire eux-mêmes intérêts.
Article 3 : Le centre hospitalier de Bastia versera à Mme A la somme de 1 500 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 4 : Le surplus des conclusions des parties est rejeté.
Article 5 : Le présent jugement sera notifié à Mme B A et au centre hospitalier de Bastia.
Délibéré après l'audience du 21 novembre 2024 à laquelle siégeaient :
Mme Baux, présidente,
Mme Sadat, conseillère,
Mme Zerdoud, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 10 décembre 2024.
La présidente,
Signé
A. Baux
La rapporteure,
Signé
I. Zerdoud
La greffière,
Signé
H. Nicaise
La République mande et ordonne à la ministre de la santé et de l'accès aux soins en ce qui la concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
H. Mannoni
1
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026