vendredi 7 juillet 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Bastia |
| Section | Tribunal Administratif de Bastia |
| N° Dossier | TA20-2100473 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | 1ère chambre |
| Avocat requérant | PAOLINI |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés le 30 avril 2021 et le 24 juin 2022, Mme B A, représentée par Me Paolini, demande au tribunal :
1°) d'annuler, pour excès de pouvoir, l'avenant n° 2 du 5 mars 2021 au contrat à durée indéterminée du 10 août 2020 portant modification de sa rémunération sur la base du 8ème échelon du grade d'adjoint administratif avec un indice brut à 378 et un indice majoré à 348 ;
2°) de réévaluer sa rémunération conformément à son statut ;
3°) de condamner la collectivité de Corse à lui verser la somme de 49 021 euros au titre de la perte de revenus qu'elle estime avoir subie durant l'année 2020 et jusqu'au mois de février 2021 ;
4°) de mettre à la charge de la collectivité de Corse la somme de 2 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative ainsi que les dépens.
La requérante soutient que :
- alors qu'elle a été déclarée définitivement inapte à l'exercice de ses fonctions le 13 février 2020, aucun reclassement ne lui a été proposé et aucune invitation à demander son reclassement ne lui a été présentée ;
- le délai raisonnable qui s'impose à l'employeur pour lancer une procédure de reclassement à compter du constat de l'inaptitude physique n'a pas été respecté ;
- aucune information concernant le droit au reclassement ne lui a été notifiée et elle n'a reçu aucune convocation écrite pour l'entretien d'embauche sur son poste actuel ;
- elle devrait percevoir une rémunération équivalente à son ancien salaire perçu dans le cadre de ses fonctions d'assistante familiale ;
- le montant de sa rémunération devrait être fixé compte tenu de son ancien poste, de son ancienneté, de ses compétences et de la délibération de l'assemblée de Corse du 30 juin 2020 et non pas par rapport à la rémunération d'un fonctionnaire.
Par un mémoire en défense, enregistré le 12 mai 2022, la collectivité de Corse, représentée par Me Genuini, conclut au rejet de la requête et à ce qu'une somme de 2 500 euros soit mise à la charge de Mme A. La collectivité soutient que :
- les moyens tirés du vice de procédure et du défaut de motivation doivent être regardés comme étant dirigés contre la décision de passer le contrat initial du 10 août 2020 et non contre l'avenant n° 2 et sont par conséquent irrecevables car tardifs ;
- aucune procédure de licenciement n'a été engagée à l'encontre de Mme A qui a spontanément candidaté à une offre d'emploi dès le mois de juillet 2020 et qui n'a présenté aucune demande de reclassement ;
- six mois se sont écoulés entre la déclaration d'inaptitude de l'intéressée et la conclusion du contrat à durée indéterminée ;
- l'intéressée a fait le choix de candidater sur un poste offrant une rémunération inférieure à celle de son ancien poste ;
- aucune faute n'est imputable à la collectivité de Corse dès lors que Mme A a volontairement candidaté sur ce nouveau poste ;
- la requérante ne saurait soutenir avoir subi un préjudice dès lors que sa rémunération a bien été fixée par référence à celle d'un fonctionnaire placé dans la même situation conformément à l'article 3 de la délibération n° 20-091 du 30 juin 2020 de l'assemblée de Corse et qu'elle ne produit que ses bulletins de paie pour la seule année 2017 ce qui ne permet pas d'en déduire qu'elle percevait bien un revenu plus important.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la loi n° 83-634 du 13 juillet 1983 ;
- la loi n° 84-53 du 26 janvier 1984 ;
- le décret n° 88-145 du 15 février 1988 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Pauline Muller, conseillère ;
- les conclusions de M. Hanafi Halil, rapporteur public ;
- et les observations de Me Genuini, avocat de la collectivité de Corse.
Considérant ce qui suit :
1. Mme A a été recrutée en qualité d'assistante familiale non titulaire au sein de l'ancien conseil départemental de la Corse-du-Sud par un contrat à durée indéterminée conclu le 8 juin 2007. Elle a été placée en congé de maladie du 24 juin 2018 au 13 février 2020, date à laquelle le médecin de prévention de la collectivité de Corse a estimé que son état de santé était incompatible avec le poste d'assistante familiale en précisant qu'un reclassement était demandé sur tout poste au sein de la collectivité. Mme A a ensuite, le 6 juillet 2020, déposé sa candidature au poste d'assistante administrative et comptable au sein de la direction générale adjointe en charge de l'éducation, l'enseignement, la formation et la langue corse. Sa candidature ayant été retenue, un contrat à durée indéterminée a été conclu le 10 août 2020 entre Mme A et la collectivité de Corse. Un avenant n° 1 à ce contrat en date du 4 février 2021 a modifié l'article 3 du contrat conclu le 10 août 2020 en prévoyant que Mme A percevrait une rémunération mensuelle calculée sur la base du 8ème échelon du grade d'adjoint administratif avec un indice brut de 370 et un indice majoré de 342. Suite à un avenant n° 2 du 5 mars 2021, prenant effet au 1er janvier 2021, sa rémunération mensuelle est désormais calculée sur la base du 8ème échelon du grade d'adjoint administratif avec un indice brut de 378 et un indice majoré de 348. Mme A demande au tribunal d'annuler l'avenant n° 2 au contrat à durée indéterminé conclu le 10 août 2020.
2. En premier lieu, si Mme A soutient qu'elle a été déclarée définitivement inapte à l'exercice de ses fonctions le 13 février 2020 et que la collectivité de Corse n'a pas cherché à la reclasser dans un autre emploi et ne lui a pas proposé un emploi compatible avec son état de santé, que le délai raisonnable qui s'impose à l'employeur pour lancer une procédure de reclassement à compter du constat de l'inaptitude physique n'a pas été respecté, qu'aucune information concernant le droit au reclassement ne lui a été notifiée et qu'elle n'a reçu aucune convocation écrite pour l'entretien d'embauche du poste qu'elle occupe depuis le 10 août 2020, ces circonstances sont toutefois sans incidence sur la légalité de l'avenant n° 2 au contrat à durée indéterminée du 10 août 2020, dont la requérante demande l'annulation, et qui se borne à fixer, à compter du 1er janvier 2021, une rémunération mensuelle calculée sur la base du 8ème échelon du grade d'adjoint administratif avec un indice brut de 378 et un indice majoré de 348. Par ailleurs, à supposer que la requérante ait entendu exciper de l'illégalité du contrat de recrutement à durée indéterminée conclu le 10 août 2020 et qu'elle puisse exciper de l'illégalité de ce contrat, la circonstance qu'aucun reclassement ne lui a été proposé et aucune invitation à demander son reclassement ne lui a été présentée après le constat de son inaptitude physique est sans incidence sur la validité de ce contrat.
3. En deuxième lieu, aux termes de l'article 33 du décret du 15 février 1988 pris pour l'application de l'article 136 de la loi du 26 janvier 1984 modifiée portant dispositions statutaires relatives à la fonction publique territoriale et relatif aux agents contractuels de la fonction publique territoriale, dans sa rédaction applicable au litige : " L'agent contractuel physiquement apte à reprendre son service à l'issue d'un congé de maladie, de grave maladie, d'accident du travail, de maladie professionnelle, de maternité, de paternité, d'accueil d'un enfant ou d'adoption, d'un congé pour élever un enfant, d'un congé de proche aidant, d'un congé pour convenances personnelles, pour création d'entreprise ou pour formation professionnelle est admis, s'il remplit toujours les conditions requises, à reprendre son emploi dans la mesure où les nécessités du service le permettent. Il en est de même des agents libérés du service national ainsi que de ceux qui arrivent au terme d'une période d'activité dans la réserve opérationnelle mentionnés à l'article 20. / Dans le cas où l'intéressé ne pourrait être réaffecté dans son précédent emploi, il bénéficie d'une priorité pour occuper un emploi similaire assorti d'une rémunération équivalente () ".
4. Si la requérante soutient qu'elle devrait bénéficier, en application des dispositions de l'article 33 du décret n° 88-145 du 15 février 1988, d'une rémunération équivalente à celle qu'elle percevait dans son ancien emploi, il ressort des pièces du dossier que son recrutement en qualité d'assistante administrative et comptable ne résulte pas d'une affectation par l'administration sur un emploi similaire à son précédent emploi non assortie d'une rémunération équivalente mais de la circonstance que l'intéressée a, de sa propre initiative, déposé sa candidature à cet emploi. Si elle soutient par ailleurs qu'un agent reclassé doit bénéficier d'une rémunération équivalente à son ancienne rémunération, en tout état de cause son recrutement en tant qu'assistante administrative et comptable n'est pas intervenu dans le cadre d'un reclassement.
5. En troisième et dernier lieu, aux termes de l'article 1-2 du décret du 15 février 1988 pris pour l'application de l'article 136 de la loi du 26 janvier 1984 modifiée portant dispositions statutaires relatives à la fonction publique territoriale et relatif aux agents contractuels de la fonction publique territoriale : " Le montant de la rémunération est fixé par l'autorité territoriale en prenant en compte, notamment, les fonctions occupées, la qualification requise pour leur exercice, la qualification détenue par l'agent ainsi que son expérience () ".
6. Il ressort des pièces du dossier que le montant de la rémunération versée à Mme A tient compte de son expérience dès lors que cette rémunération mensuelle est calculée sur la base du 8ème échelon du grade d'adjoint administratif. Par ailleurs, dès lors que cette rémunération est, en application de la délibération de l'assemblée de Corse du 30 juin 2020 approuvant le tableau des effectifs de la collectivité de Corse, versée par référence à celle d'un fonctionnaire placé dans la même situation, son montant tient nécessairement compte des fonctions occupées et de la qualification requise pour leur exercice. Enfin, il ne ressort pas des pièces du dossier que la rémunération versée à Mme A dans le cadre de ses fonctions d'assistante administrative et comptable ne tiendrait pas compte de la qualification détenue par l'intéressée.
7. Il résulte de ce qui précède que Mme A n'est pas fondée à demander l'annulation de l'avenant n° 2 du 5 mars 2021 au contrat à durée indéterminée du 10 août 2020 portant modification de sa rémunération. Par suite, ses conclusions tendant à ce que sa rémunération soit réévaluée conformément à son statut et qu'une somme lui soit versée à ce titre ne sauraient être accueillies.
Sur les frais liés au litige :
8. En premier lieu, aucun dépens n'ayant été exposé au cours de l'instance, il s'ensuit que les conclusions tendant à ce que les dépens soient mis à la charge de la collectivité de Corse ne peuvent qu'être rejetées.
9. En deuxième lieu, les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de la collectivité de Corse, qui n'est pas, dans la présente instance, la partie perdante, la somme que demande Mme A au titre des frais exposés par elle et non compris dans les dépens.
10. En troisième et dernier lieu, dans les circonstances de l'espèce, il n'y a pas lieu de faire droit aux conclusions de la collectivité de Corse présentées sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de Mme A est rejetée.
Article 2 : Les conclusions présentées par la collectivité de Corse au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à Mme B A et à la collectivité de Corse.
Délibéré après l'audience du 27 juin 2023, à laquelle siégeaient :
M. Pierre Monnier, président ;
Mme Christine Castany, première conseillère ;
Mme Pauline Muller, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 7 juillet 2023.
La rapporteure,
Signé
P. MULLER
Le président,
Signé
P. MONNIER
La greffière,
Signé
H. MANNONI
La République mande et ordonne au préfet de Corse ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
H. MANNONI
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026