jeudi 20 juin 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Bastia |
| Section | Tribunal Administratif de Bastia |
| N° Dossier | TA20-2100525 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | Magistrat statuant seul |
| Avocat requérant | CABINET D'AVOCATS LEANDRI |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 12 mai 2021, M. D C, représenté par Me Leandri, demande au tribunal d'annuler la décision en date du 15 mars 2021 par laquelle le président du conseil exécutif de Corse a rejeté sa demande du 28 novembre 2020 contestant la décision du 10 septembre 2020 lui demandant de rembourser un indu de revenu de solidarité active (RSA) d'un montant de 8 345,43 euros et demandant de lui accorder une remise gracieuse de sa dette.
Le requérant soutient que :
- il justifie que les sommes qu'il a reçues de Mme A sont des prêts ;
- l'indu ne saurait excéder la somme de 77,04 euros correspondant aux intérêts de son Livret A et de son PEL.
Par un mémoire en défense, enregistré le 21 décembre 2021, la collectivité de Corse conclut au rejet de la requête. Elle soutient que les attestations sur l'honneur de la créancière et les reconnaissances de dettes ont été produites tardivement, ce qui conforte la suspicion de fraude.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'action sociale et des familles ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné M. Pierre Monnier, vice-président, pour statuer sur les litiges visés à l'article R. 222-13 du code de justice administrative.
En application des dispositions du 6° de l'article R. 732-1-1 du code de justice administrative, le magistrat désigné a dispensé la rapporteure publique de prononcer ses conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties le jour de l'audience.
Le rapport de M. Pierre Monnier a été entendu au cours de l'audience publique.
La clôture de l'instruction a été prononcée, en application de l'article R. 772-9 du code de justice administrative, après l'appel de l'affaire à l'audience.
Considérant ce qui suit :
1. M. C est bénéficiaire du revenu de solidarité active (RSA). Suite à un contrôle, la caisse d'allocations familiales de la Corse-du-Sud a estimé que M. C n'avait pas déclaré toutes les ressources du foyer au titre du calcul de l'allocation de RSA, notamment des aides financières versées par Mme A. A la suite de cette constatation, la caisse d'allocations familiales de la Corse-du-Sud a, par décision du 10 septembre 2020, mis à la charge de M. C un indu de RSA d'un montant de 8 345,43 €. Par courrier du 28 novembre 2020, le requérant a contesté auprès du président du conseil exécutif de Corse le bien-fondé de cet indu et a demandé la remise gracieuse de sa dette. M. C demande au tribunal d'annuler la décision du 15 mars 2021 rejetant sa demande du 28 novembre 2020.
Sur la décision refusant la demande de décharge partielle de l'indu de RSA :
2. Lorsque le recours dont il est saisi est dirigé contre une décision qui, remettant en cause des paiements déjà effectués, ordonne la récupération d'un indu de RSA, il entre dans l'office du juge d'apprécier, au regard de l'argumentation du requérant, le cas échéant, de celle développée par le défendeur et, enfin, des moyens d'ordre public, en tenant compte de l'ensemble des circonstances de fait qui résultent de l'instruction, la régularité comme le bien-fondé de la décision de récupération de l'indu. Il lui appartient, s'il y a lieu, d'annuler ou de réformer la décision ainsi attaquée, pour le motif qui lui paraît, compte tenu des éléments qui lui sont soumis, le mieux à même, dans l'exercice de son office, de régler le litige.
3. Aux termes de l'article L. 262-2 du code de l'action sociale et des familles : " Toute personne résidant en France de manière stable et effective, dont le foyer dispose de ressources inférieures à un montant forfaitaire, a droit au revenu de solidarité active dans les conditions définies au présent chapitre () ". Aux termes de l'article L. 262-3 du même code : " () L'ensemble des ressources du foyer, y compris celles qui sont mentionnées à l'article L. 132-1, est pris en compte pour le calcul du revenu de solidarité active, dans des conditions fixées par un décret en Conseil d'Etat qui détermine notamment : 1° Les ressources ayant le caractère de revenus professionnels ou qui en tiennent lieu ; () ". Aux termes de l'article R. 262-6 de ce code : " Les ressources prises en compte pour la détermination du montant du revenu de solidarité active comprennent, sous les réserves et selon les modalités figurant au présent chapitre, l'ensemble des ressources, de quelque nature qu'elles soient, de toutes les personnes composant le foyer () ". Enfin, aux termes de l'article R. 262-37 dudit code : " Le bénéficiaire de l'allocation de revenu de solidarité active est tenu de faire connaître à l'organisme chargé du service de la prestation toutes informations relatives à sa résidence, à sa situation de famille, aux activités, aux ressources et aux biens des membres du foyer ; il doit faire connaître à cet organisme tout changement intervenu dans l'un ou l'autre de ces éléments ". Il résulte de ces dispositions que pour déterminer ses droits au RSA, le demandeur doit déclarer l'ensemble des ressources que son foyer perçoit.
4. Il résulte de l'instruction, notamment du rapport d'enquête, que M. C a reçu au cours des années 2019 et 2020 sur son compte courant des sommes de la part de Mme A. Après avoir déclaré au contrôleur qu'il s'agissait d'aides financières, il affirme désormais qu'il s'agit de prêts qu'il s'était engagé à rembourser dans un délai de cinq ans. Toutefois, les attestations sur l'honneur de la créancière et la reconnaissance de dettes qu'il produit à l'appui de son recours du 28 novembre 2020, qui ne précise aucune durée, taux, ni modalité de remboursement, ne sauraient suffire, alors même que M. C ne fait état d'aucun remboursement, à justifier que les versements effectués sont des prêts et non des aides financières. Dans ces conditions, M. C n'est pas fondé à contester le bien fondé de l'indu de RSA mis à sa charge d'un montant de 8 345,43 euros.
Sur la remise gracieuse de dette de RSA :
5. En vertu des dispositions combinées des articles L. 262-1, L. 262-13, L. 262-16, L. 262-25, L. 262-46 et R. 511-1-I-3° du code de l'action sociale et des familles, le revenu de solidarité active, qui a pour objet d'assurer à ses bénéficiaires des moyens convenables d'existence, de lutter contre la pauvreté et de favoriser l'insertion sociale et professionnelle, est attribué par le président du conseil exécutif de Corse ou, par délégation, par les caisses d'allocations familiales et par les caisses de mutualité sociale agricole, lesquelles en assurent également le service et le contrôle dans des conditions fixées par voie de convention.
6. Lorsque l'un des organismes mentionnés au point 5 décide de récupérer un paiement indu de revenu de solidarité active et que le bénéficiaire concerné, sans contester le principe ou la quotité de l'indu mis à sa charge, présente une demande de remise gracieuse de sa dette, le président du conseil exécutif de Corse peut décider d'accorder une remise totale ou de réduire le montant de la créance qu'il détient dans le cas où le débiteur est de bonne foi et que la précarité de sa situation le justifie. Les conditions tenant, d'une part, à la bonne foi du demandeur et, d'autre part, à la précarité de sa situation ne peuvent être regardées comme alternatives.
7. Statuant sur un recours dirigé contre une décision refusant ou ne faisant que partiellement droit à une telle demande, il appartient au juge administratif, eu égard tant à la finalité de son intervention qu'à sa qualité de juge de plein contentieux, non de se prononcer sur les éventuels vices propres de la décision attaquée, mais d'examiner si une remise gracieuse totale ou partielle est susceptible d'être accordée, en se prononçant lui-même sur la demande au regard des dispositions applicables et des circonstances de fait dont il est justifié par l'une et l'autre parties à la date de sa propre décision.
8. Il ne résulte pas de l'instruction, il n'est du reste même pas soutenu, que M. C serait dans un état de précarité tel qu'il se trouverait dans l'incapacité de rembourser la somme de 8 345,43 euros. Du reste, s'il a sollicité dans son courrier du 28 novembre 2020 " une remise gracieuse de la partie de la dette imputable aux dix versements bancaires qu'a effectués Mme B A vers son compte en banque entre janvier 2019 et août 2020 ", il ne conteste dans ce courrier ainsi que dans sa requête que le bien-fondé de l'indu de revenu de solidarité active correspondant au montant de ces versements.
9. Il résulte de ce qui précède que la requête de M. C doit être rejetée.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. C est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. D C et à la collectivité de Corse.
Copie en sera transmise à la caisse d'allocations familiales de la Corse-du-Sud.
Rendu public par mise à disposition du greffe le 20 juin 2024.
Le magistrat désigné,
Signé
P. MONNIERLa greffière,
Signé
H. MANNONI
La République mande et ordonne au préfet de la Corse-du-Sud en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
H. MANNONI
2
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026