jeudi 7 décembre 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Bastia |
| Section | Tribunal Administratif de Bastia |
| N° Dossier | TA20-2100688 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | 1ère chambre |
| Avocat requérant | CABINET TOMASI-VACCAREZZA-BRONZINI DE CARAFFA-TABOUREAU-GENUINI-LUISI |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 11 juin 2021, Mme A C née D, représentée par l'AARPI Tomasi, Vaccarezza, Bronzini de Caraffa, Taboureau, Genuini, Luisi, demande au tribunal :
1°) de condamner le centre hospitalier de Bastia et la société hospitalière d'assurances mutuelles (SHAM), devenue la société Relyens Mutual Insurance, à lui verser la somme de 28 736,62 euros en réparation du préjudice qu'il lui a causé suite à sa prise en charge dans cet établissement le 5 février 2017.
2°) de mettre à la charge du centre hospitalier de Bastia la somme de 2 200 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Par un mémoire, enregistré le 1er juin 2023, la caisse primaire d'assurance maladie (CPAM) de la Haute-Corse demande au tribunal de condamner le centre hospitalier de Bastia à lui verser la somme de 10 255,80 euros sous réserve d'autres paiements non encore connus et de condamner ledit centre à lui payer la somme de 1 162 euros au titre de l'indemnité forfaitaire de gestion. Elle soutient qu'elle a versé, à hauteur des sommes demandées, des prestations à la suite des faits objet du litige.
Par une lettre, enregistrée le 2 juin 2023, le centre hospitalier de Bastia, représenté par Me Seatelli, informe le tribunal qu'une transaction est intervenue avec Mme C née D dans le cadre de la médiation ordonnée par le tribunal.
Vu :
- l'ordonnance n° 1800955 du 29 novembre 2019, par laquelle le président du tribunal a taxé les frais de l'expertise réalisée par le docteur B.
- les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de la santé publique ;
- le code de la sécurité sociale ;
- l'arrêté du 15 décembre 2022 relatif aux montants de l'indemnité forfaitaire de gestion prévue aux articles L. 376-1 et L. 454-1 du code de la sécurité sociale ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Jan Martin, premier conseiller ;
- les conclusions de Mme Christine Castany, rapporteure publique ;
- et les observations de Me Gasquet-Seatelli, substituant Me Seatelli, avocat du centre hospitalier de BastiaBastia et de la société Relyens Mutual Insurance.
Considérant ce qui suit :
1. Mme C née D a été admise le 5 février 2017 au centre hospitalier de Bastia à la suite de violentes douleurs abdominales accompagnées de vomissements. Dans la nuit qui a suivi, elle a subi une exérèse d'une portion du grêle distal nécrosé. Par l'ordonnance de référé n° 1800955 du 8 juillet 2019, le président du tribunal a désigné le docteur B, expert, à l'effet de déterminer si des fautes ont été commises par le centre hospitalier de Bastia à l'occasion de sa prise en charge. Le rapport d'expertise a été déposé au greffe du tribunal le 12 novembre 2019. Mme C a demandé au tribunal de condamner le centre hospitalier de Bastia à réparer les conséquences dommageables de sa prise en charge par cet hôpital. Pour sa part, la CPAM de la Haute-Corse demande au tribunal de condamner le centre hospitalier de Bastia, d'une part, à lui verser la somme de 10 255,80 euros correspondant aux indemnités allouées à la victime et, d'autre part, à lui payer la somme de 1 162 euros au titre de l'indemnité forfaitaire de gestion.
Sur les
conclusions présentées par Mme C née D :
2. En application de l'article R. 612-5-1 du code de justice administrative, par un courrier du 5 juin 2023 adressé à son avocat, Mme C a été invitée à confirmer expressément le maintien de sa requête et a été informée de ce que, à défaut de confirmation dans le délai d'un mois, elle serait réputée s'être désistée d'office. Ce courrier a été réceptionné par son conseil le 12 juin 2023. La requérante, qui n'a pas répondu dans le délai précité à l'invitation qui lui était faite, doit être réputée s'être désistée de sa requête. Il y a lieu dès lors de donner acte de ce désistement.
Sur les conclusions de la CPAM de la Haute-Corse :
En ce qui concerne la faute du centre hospitalier de Bastia :
3. L'article L. 1142-1 du code de la santé publique dispose que : " I. - Hors le cas où leur responsabilité est encourue en raison d'un défaut d'un produit de santé, les professionnels de santé mentionnés à la quatrième partie du présent code, ainsi que tout établissement, service ou organisme dans lesquels sont réalisés des actes individuels de prévention, de diagnostic ou de soins ne sont responsables des conséquences dommageables d'actes de prévention, de diagnostic ou de soins qu'en cas de faute ".
4. Il résulte de l'instruction, notamment du rapport d'expertise judiciaire, que Mme C a été admise le 5 février 2017, à une heure et demie de l'après-midi, au service des urgences du centre hospitalier de Bastia alors qu'elle était prise de violentes douleurs abdominales accompagnées de vomissements. Alors que l'examen clinique de la patiente aurait dû permettre d'identifier une occlusion intestinale aiguë du grêle et d'effectuer une simple coelioscopie, un délai de 2 heures s'est écoulé entre cette admission et la pose d'une sonde gastrique, ainsi que la sollicitation d'un avis chirurgical, suivi d'un second délai de 6 heures avant que l'intéressée ne subisse, en urgence, l'exérèse d'une portion de grêle distal nécrosé. A ces retards et erreurs de diagnostics s'ajoute un refus non justifié de l'équipe de radiologie de réaliser un scanner de la victime. Des lors, de telles fautes médicales sont de nature à engager la responsabilité du centre hospitalier de Bastia.
En ce qui concerne le lien de causalité :
5. Dans le cas où la faute commise lors de la prise en charge ou le traitement d'un patient dans un établissement public hospitalier a compromis ses chances d'obtenir une amélioration de son état de santé ou d'échapper à son aggravation, le préjudice résultant directement de la faute commise par l'établissement et qui doit être intégralement réparé n'est pas le dommage corporel constaté, mais la perte de chance d'éviter la survenue de ce dommage. La réparation qui incombe à l'hôpital doit alors être évaluée à une fraction du dommage corporel déterminée en fonction de l'ampleur de la chance perdue.
6. Il résulte de l'instruction que les erreurs et retards de diagnostic du 5 février 2017 ont retardé l'intervention chirurgicale et contraint le centre hospitalier de Bastia à réaliser, en urgence, l'exérèse d'une portion de grêle distal nécrosé, contraignant Mme C à demeurer hospitalisée jusqu'au 13 février 2017. Ainsi qu'il résulte de l'expertise judiciaire, de telles fautes ont fait perdre à la victime une chance d'être traitée par simple coelioscopie. Dans les circonstances de l'espèce, le taux de la perte de chance d'éviter les conséquences dommageables de la faute commise par le centre hospitalier de Bastia doit être fixé à 80 %.
En ce qui concerne les débours :
7. D'une part, la CPAM de la Haute-Corse justifie de débours passés d'un montant total de 11 236,62 euros correspondant à des frais médicaux, pharmaceutiques et d'hospitalisation, entre le 5 février et le 19 octobre 2017, à la suite des manquements du centre hospitalier de Bastia. D'autre part, il ne résulte pas de l'instruction que Mme C aurait conservé des dépenses de santé à sa charge. Il y a par suite lieu de mettre la somme totale de 8 989,30 euros à la charge du centre hospitalier, après application du taux de perte de chance de la victime fixé au point précédent.
Sur les frais liés au litige :
En ce qui concerne l'indemnité forfaitaire de gestion :
8. Il résulte des dispositions du neuvième alinéa de l'article L. 376-1 du code de la sécurité sociale que le montant de l'indemnité forfaitaire qu'elles instituent est égal au tiers des sommes dont le remboursement a été obtenu, dans les limites d'un plafond dont le montant est révisé chaque année par arrêté des ministres chargés de la sécurité sociale et du budget.
9. Aux termes de l'article 1er 1de l'arrêté du 15 décembre 2022 relatif aux montants de l'indemnité forfaitaire de gestion : " Les montants minimal et maximal de l'indemnité forfaitaire de gestion prévue aux articles L. 376-1 et L. 454-1 du code de la sécurité sociale sont fixés respectivement à 115 € et 1 162 € au titre des remboursements effectués au cours de l'année 2022 ".
10. En application de ces dispositions, et eu égard au montant de la somme allouée à la CPAM de la Haute-Corse au titre de ses débours, il y a lieu de mettre à la charge du centre hospitalier de Bastia le versement d'une somme de 1 162 euros à raison des frais engagés pour obtenir le remboursement des prestations servies à Mme C.
En ce qui concerne les dépens :
11. Il y a lieu de mettre à la charge définitive du centre hospitalier de Bastia les frais et honoraires d'expertise du docteur B liquidés et taxés à la somme de 1 620 euros par l'ordonnance n° 1800955 du président du tribunal du 29 novembre 2019.
D E C I D E :
Article 1er : Il est donné acte du désistement d'instance de Mme C née D.
Article 2 : Le centre hospitalier de Bastia est condamné à verser à la caisse primaire d'assurance maladie de la Haute-Corse une somme de 8 989,30 euros.
Article 3 : Le centre hospitalier de Bastia versera à la caisse primaire d'assurance maladie de la Haute-Corse une somme de 1 162 euros au titre du neuvième alinéa de l'article L. 376-1 du code de la sécurité sociale.
Article 4 : Les frais de l'expertise prescrite par le juge des référés, liquidés et taxés à la somme de 1 620 euros, sont mis à la charge définitive du centre hospitalier de Bastia.
Article 5 : Le présent jugement sera notifié à Mme A C née D, à la caisse primaire d'assurance-maladie de la Haute-Corse, au centre hospitalier de Bastia et à la société hospitalière d'assurances mutuelles, devenue la société Relyens Mutual Insurance.
Délibéré après l'audience du 14 novembre 2023, à laquelle siégeaient :
M. Pierre Monnier, président ;
M. Jan Martin, premier conseiller ;
Mme Nathalie Sadat, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 7 décembre 2023.
Le rapporteur,
Signé
J. MARTIN
Le président,
Signé
P. MONNIER
Le greffier,
Signé
A. AUDOUIN
La République mande et ordonne au ministre de la santé et de la prévention en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Le greffier,
A. AUDOUIN
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026