jeudi 11 avril 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Bastia |
| Section | Tribunal Administratif de Bastia |
| N° Dossier | TA20-2100915 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | 1ère chambre |
| Avocat requérant | CABINET D'AVOCATS BRIHI KOSKAS & ASSOCIES |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et des mémoires, enregistrés le 5 août 2021, le 13 décembre 2021 et le 15 février 2022, M. B A et l'union départementale des syndicats Force ouvrière de la Haute-Corse, représentés par le cabinet d'avocat Brihi Koskas et associés, demandent au tribunal :
1°) d'annuler le courrier du 30 novembre 2020 par laquelle le maire de Bastia a informé le syndicat requérant des modalités de rémunération de M. A au regard de ses activités syndicales et du fait qu'un titre de perception sera adressé à la fédération pour la prise en charge par cette dernière d'une partie de la rémunération de M. A ;
2°) d'annuler la décision du 16 juin 2021 par laquelle le directeur général des services de la commune de Bastia a rejeté la demande préalable par laquelle M. A a sollicité le retrait de la décision relative au calcul d'un trop-perçu de rémunération et le versement d'une indemnité en réparation du préjudice qu'il estime avoir subi en raison de la retenue illégalement opérée sur son traitement ;
3°) de condamner la commune de Bastia au remboursement à M. A des sommes indûment prélevées sur son traitement en application des décisions du 30 novembre 2020 et du 16 juin 2021 et à l'indemnisation des préjudices qu'il estime avoir subis en raison de l'illégalité fautive de ces décisions ;
4°) de mettre à la charge de la commune de Bastia la somme de 3 000 euros au profit de M. A et 1 500 euros au profit de l'union départementale des syndicats Force ouvrière de la Haute-Corse au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Les requérants soutiennent que :
- les décisions du 30 novembre 2020 et du 16 juin 2021 sont illégales ;
- en ne reconnaissant pas qu'il pouvait bénéficier d'une décharge totale d'activité entre le mois de janvier et le mois de juin 2020, la décision du 16 juin 2021 méconnaît le décret n° 85-397 du 3 avril 1985 dès lors que l'octroi d'une autorisation d'absence n'était encadré par aucune procédure et que M. A n'a pu exercer son mandat syndical durant la période de confinement.
Par des mémoires en défense enregistrés le 1er octobre 2021 et le 14 janvier 2022, la commune de Bastia conclut au rejet de la requête. La commune soutient que :
- les conclusions dirigées contre le courrier du 30 novembre 2020 sont tardives et par suite irrecevables ;
- la période litigieuse s'étend du 1er janvier 2020 au 31 juillet 2020 ;
- les autres moyens soulevés par les requérants ne sont pas fondés.
Les parties ont été informées, en application des dispositions de l'article R. 611-7 du code de justice administrative, de ce que le jugement était susceptible d'être fondé sur un moyen relevé d'office, tiré de l'irrecevabilité de la requête en tant qu'elle émane du syndicat en raison de l'absence d'intérêt pour agir d'un syndicat pour contester le courrier du 16 juin 2021 qui est une mesure individuelle défavorable à l'un de ses membres et eu égard au caractère du courrier du 30 novembre 2020 qui doit être qualifié de mesure préparatoire qui n'est pas susceptible de recours.
Une réponse des requérants a été enregistrée le 18 mars 2024.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la loi n° 84-53 du 26 janvier 1984 ;
- la loi n° 2020-290 du 23 mars 2020 ;
- le décret n° 85-397 du 3 avril 1985 ;
- le décret n° 85-552 du 22 mai 1985 ;
- le décret n° 2020-293 du 23 mars 2020 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Nathalie Sadat conseillère ;
- les conclusions de Mme Christine Castany, rapporteure publique ;
- et les observations de Me Triaki, avocat des requérants.
Considérant ce qui suit :
1. M. A, agent de la commune de Bastia, est représentant syndical au sein du comité d'hygiène, de sécurité et des conditions de travail, de la commission administrative paritaire et du comité technique de la mairie de Bastia. Par un courrier du 30 novembre 2020, le maire de Bastia a informé le syndicat Force ouvrière de la Haute-Corse des modalités de rémunération de M. A au regard de ses activités syndicales et du fait qu'un titre de perception sera adressé à la fédération pour la prise en charge par cette dernière d'une partie de la rémunération de M. A. Par un courrier du 16 juin 2021, M. A a été informé par le directeur général des services de la commune de ce qu'il était redevable de la somme de 6 163,33 euros correspondant à un trop-perçu de rémunération versée en 2020 en raison d'un service non-fait au cours des journées pour lesquelles il ne disposait pas d'une décharge d'activité syndicale. Par la présente requête, M. A et le syndicat auquel il appartient demandent au tribunal d'annuler les décisions du 30 novembre 2020 et du 16 juin 2021 et de condamner la commune au remboursement des sommes qu'ils estiment illégalement prélevées et à indemniser M. A des préjudices qu'il estime avoir subis.
Sur la recevabilité :
2. En premier lieu, le courrier du 30 novembre 2020 ne constitue pas une décision susceptible de faire l'objet d'un recours pour excès de pouvoir mais une simple mesure préparatoire à l'émission d'un titre de perception, qui ne fait pas grief. Par suite, les conclusions dirigées contre ce courrier doivent être écartées comme irrecevables sans qu'il soit besoin d'examiner la tardiveté opposée par la commune de Bastia.
3. En second lieu, si le syndicat requérant est recevable à intervenir le cas échéant à l'appui d'une demande d'annulation d'une décision par laquelle une administration procède à des retenues sur traitement présentée devant le juge administratif par le fonctionnaire intéressé, il n'a pas qualité pour en solliciter lui-même l'annulation. Dès lors, les conclusions du syndicat requérant dirigées contre la décision du 16 juin 2021 adressées à M. A sont irrecevables.
Sur le surplus des conclusions de la requête :
En ce qui concerne les congés pour formation syndicale :
4. Aux termes de l'article 57 de la loi du 26 janvier 1984 portant dispositions statutaires relatives à la fonction publique de l'Etat dans sa version applicable au litige : " Le fonctionnaire en activité a droit : () 7° Au congé pour formation syndicale avec traitement d'une durée maximum de douze jours ouvrables par an () ". Et aux termes de l'article 2 du décret du 22 mai 1985 relatif à l'attribution aux agents de la fonction publique territoriale du congé pour formation syndicale : " La demande de congé doit être faite par écrit à l'autorité territoriale au moins un mois avant le début du stage ou de la session. / A défaut de réponse expresse au plus tard le quinzième jour qui précède le début du stage ou de la session, le congé est réputé accordé. / Les décisions de rejet sont communiquées à la commission administrative paritaire lors de sa plus prochaine réunion ".
5. M. A a bénéficié de six jours de formation syndicale au cours l'année 2020 dont une journée au mois de mars 2020. Or il n'allègue pas avoir présenté d'autres demandes permettant de justifier ses absences en raison d'un congé pour formation syndicale. Au surplus, il ne peut utilement se prévaloir des dispositions du code du travail pour soutenir qu'il dispose d'un droit à l'octroi de tels congés. Dès lors, sa contestation afférente aux congés pour formation syndicale n'est pas fondée.
En ce qui concerne les autorisations spéciales d'absence :
6. Aux termes de l'article 59 de la loi du 26 janvier 1984 dans sa version applicable au litige : " Des autorisations spéciales d'absence qui n'entrent pas en compte dans le calcul des congés annuels sont accordées : / 1° Aux représentants dûment mandatés des syndicats pour assister aux congrès professionnels syndicaux fédéraux, confédéraux et internationaux et aux réunions des organismes directeurs des unions, fédérations ou confédérations dont ils sont membres élus. Les organisations syndicales qui sont affiliées à ces unions, fédérations ou confédérations disposent des mêmes droits pour leurs représentants () ". Aux termes de l'article 12 du décret du 3 avril 1985 : " A la suite de chaque renouvellement général des comités techniques, la collectivité territoriale, l'établissement public ou le centre de gestion attribue un crédit de temps syndical aux organisations syndicales, compte tenu de leur représentativité. () Le crédit de temps syndical comprend deux contingents : 1° Un contingent d'autorisations d'absence ; 2° Un contingent de décharges d'activité de service ". Aux termes de l'article 14 du décret du 3 avril 1985 relatif à l'exercice du droit syndical dans la fonction publique territoriale : " Le contingent d'autorisations d'absence mentionné au 1° de l'article 12 est calculé au niveau de chaque comité technique, à l'exclusion des comités techniques facultatifs, proportionnellement au nombre d'électeurs inscrits sur la liste électorale du comité technique, à raison d'une heure d'autorisation d'absence pour 1 000 heures de travail accomplies par ceux-ci.() Les agents bénéficiaires sont désignés par les organisations syndicales parmi leurs représentants en activité dans la collectivité ou l'établissement concerné ou, en cas d'application du deuxième alinéa, dans les collectivités et établissements mentionnés à ce même alinéa ".
7. Les décharges d'activité de service permettent à un agent public d'exercer, pendant ses heures de service, une activité syndicale aux lieu et place de son activité administrative. Les autorisations spéciales d'absence ont pour seul objet de permettre aux représentants des organisations syndicales, mandatés pour y assister, de se rendre aux congrès syndicaux ou aux réunions des organismes directeurs dont ils sont membres élus. Sur la demande de l'agent justifiant d'une convocation à l'une de ces réunions et présentée à l'avance dans un délai raisonnable, l'administration doit, dans la limite du contingent éventuellement applicable, accorder cette autorisation en l'absence d'un motif s'y opposant tiré des nécessités du service, qui ne saurait être utilisé pour faire obstacle à l'exercice de la liberté syndicale.
8. M. A, qui ne justifie pas avoir présenté des demandes d'octroi d'autorisations spéciales d'absence entre le 1er janvier et le 31 juillet 2020, ne peut utilement se prévaloir de la circonstance, à la supposer établie qu'une telle procédure n'a pas été mise en place au sein de la collectivité. Dès lors, il n'est pas fondé à soutenir que c'est à tort que la commune de Bastia a qualifié ces périodes de services non-faits.
En ce qui concerne la période d'éloignement du service entre le 17 mars 2020 et le 2 juin 2020 :
9. Ni la loi du 23 mars 2020 d'urgence pour faire face à l'épidémie de covid-19 ni le décret du 23 mars 2020 prescrivant les mesures générales nécessaires pour faire face à l'épidémie de covid-19 dans le cadre de l'état d'urgence sanitaire n'ont interdit aux représentants syndicaux d'exercer leur mandat. Ainsi la commune a pu légalement considérer que le requérant devait fournir un travail au cours de cette période dans le cadre de sa décharge d'activité. Dès lors, le requérant n'est pas fondé à soutenir que c'est à tort qu'elle a qualifié de services non-faits des périodes non travaillées entre les mois de mars et juin 2020.
10. Il résulte de ce qui précède que M. A n'est pas fondé à soutenir que la décision du 16 juin 2021 est entachée d'illégalité fautive. Par voie de conséquence, ses conclusions tendant à ce que la commune de Bastia soit condamnée à lui verser une somme d'argent doivent être rejetées.
Sur les frais liés au litige :
11. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que la commune de Bastia, qui n'a pas la qualité de partie perdante, verse aux requérants une quelconque somme qu'ils réclament au titre des frais exposés par eux et non compris dans les dépens.
D É C I D E :
Article 1er : La requête est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. B A, à l'union départementale des syndicats force ouvrière de la Haute-Corse et à la commune de Bastia.
Délibéré après l'audience du 21 mars 2024, où siégeaient :
- M. Pierre Monnier, président ;
- M. Jan Martin, premier conseiller ;
- Mme Nathalie Sadat, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 11 avril 2024.
La rapporteure
Signé
N. SADATLe président,
Signé
P. MONNIER
La greffière,
Signé
H. MANNONI
La République mande et ordonne au préfet de la Haute-Corse en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
H. MANNONI
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026